L'attentat d'Ahvaz est une attaque terroriste survenue le en Iran. Elle est menée lors d'un défilé militaire du Corps des Gardiens de la révolution islamique commémorant le début de la guerre Iran-Irak. L'attentat fait 29 morts, dont 24 parmi les Gardiens de la révolution.
Cette attaque est la plus meurtrière survenue en Iran depuis l' en .
Contexte L'attentat a lieu dans un contexte de tensions entre l'Iran et les États-Unis après la rupture en de l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien par le président Donald Trump et l'intensification des sanctions économiques américaines contre la République islamique.. Il intervient également vingt-quatre heures avant le départ prévu du président de la République islamique, Hassan Rohani, pour l'assemblée générale de l'ONU à New-York.
L'Iran fait face en à Téhéran à des attentats suicide revendiqués par l’État Islamique. En , dix gardiens de la révolution sont tués à Dari (district de Marivan), dans le Kurdistan iranien lors d'une attaque d'insurgés.
Déroulement L'attentat se produit lors d'un défilé militaire commémorant le début de la guerre Iran-IrakIran : une attaque terroriste lors d’un défilé militaire fait au moins 29 morts, Le Monde, 22 septembre 2018.. À 9 heures, cinq hommes armés vêtus de treillis ouvrent le feu sur la foule. Les militaires participant au défilé sont armés de fusils, mais leurs chargeurs sont vides. La fusillade dure entre 10 et 15 minutesClémentine Rebillat, L'Iran promet une réponse "terrible" après un attentat meurtrier, AFP, 22 septembre 2018.. D'après le témoignage à l'AFP de Behrad Ghassemi, un photographe local, les assaillants atteindre. Les cinq assaillants sont abattus ou mortellement blessésAttentat d'Ahvaz: l'enquête iranienne sur la piste de l'EI, AFP, 25 septembre 2018..
Bilan humain Selon les bilans de l'Iranian Students' News Agency (ISNA) et de la télévision d'État donnés le , l'attentat fait au moins 29 morts et 53 blessés. Les victimes sont en grande partie des membres du Corps des Gardiens de la révolution islamique, mais des civils sont également tués, dont des femmes et un enfant de quatre ans, nommé Taha EghdamiBenjamin Barthe, Ghazal Golshiri et Louis Imbert, L’Iran ébranlé par l’attentat meurtrier d’Ahvaz, Le Monde, 24 septembre 2018.. Le lendemain, le bilan est cependant revu à la baisse par l'ISNA et les autorités locales et passe à 24 morts et 60 blessés, le gouverneur Alami Neysi évoquant une « erreur » dans le décompte des victimesIran/Attentat d'Ahvaz: bilan revu à la baisse, la piste séparatiste arabe privilégiée, AFP, 23 septembre 2018.Attentat en Iran. Le nombre de victimes revu à la baisse au lendemain de l’attaque, Ouest-France, 23 septembre 2018..
Les funérailles des victimes ont lieu le , en présence de milliers de personnes à la mosquée Sarollah, dans le centre d'AhvazAttentat d'Ahvaz en Iran: des milliers de personnes pour les funérailles, AFP, 24 septembre 2018..
Réactions en Iran Avant la revendication de l'État islamique, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, met en cause un « régime étranger » et les États-Unis : .
Ramezan Sharif, le porte-parole du Corps des Gardiens de la révolution islamique, accuse quant à lui un groupe séparatiste arabe : . Les Gardiens de la Révolution promettent également une .
Le président Hassan Rohani promet pour sa part que Attaque terroriste en Iran : le président Rohani promet une « réponse terrible », Le Monde, 22 septembre 2018.. Le Guide de la Révolution, l'ayatollah Ali Khamenei, affirme quant à lui voir dans l'attentat .
Le , jour des funérailles des victimes, le général de brigade Hossein Salami, commandant en second du Corps des Gardiens de la révolution islamique, déclare à la tribune : .
Réactions internationales Les deux premiers États à réagir et à condamner les attentats sont la Syrie et la Russie, alliés de l'Iran. Le , les États-Unis annoncent par la voix de leur ambassadrice à l'ONU, Nikki Haley, .
Revendications et accusations thumb|upright=1.3|Funérailles des victimes de l'attentat d'Ahvaz, le 24 septembre 2018.
L'attaque est revendiquée le jour même par l'État islamique, via son agence de propagande AmaqL'État islamique revendique un attentat lors d'un défilé militaire en Iran, Le Figaro avec AFP et Reuters, 22 septembre 2018..
La République islamique d'Iran rejette cependant la revendication de l'État islamique et accuse les séparatistes arabes du Front populaire démocratique ahwaziAttentat d'Ahvaz: l'Iran privilégie la piste séparatiste arabe, AFP, 23 septembre 2018.. Le président Hassan Rohani déclare : .
Une revendication au nom du Front populaire démocratique ahwazi est publiée sur Twitter et diffusée le sur une chaîne satellitaire, Iran International Iran : une attaque à Ahwaz et plusieurs revendications, France 24, 24 septembre 2018.Borzou Daragahi , Gunmen kill 24 at high-profile military parade in brazen Iran attack, The Independant, 22 septembre 2018.. Le ministère iranien des Affaires étrangères déclare également que l'attaque a été revendiquée . Mais le même jour le secrétaire-général du Front populaire démocratique ahwazi, Salah Abo Sharef Ahwazi, dément l'implication de son groupe dans un communiqué diffusé sur le site de l'organisationSecretary General of The Ahwazi Democratic Popular Front condemn Iranian Terrorist Authorities, adpf.org, 22 septembre 2018.. Il accuse également les autorités iraniennes d'avoir commandité elles-mêmes l'attaque pour détourner l'attention du soutien qu'elles apportent . La République islamique d'Iran ignore ce démenti et met en cause le Royaume-Uni, les Pays-Bas et le Danemark en accusant ces pays d'accueillir des membres du Front populaire démocratique ahwazi sur leurs sols. Le ministère iranien des Affaires étrangères met également en cause l'Arabie saoudite, soutien des groupes séparatistes arabes, et un autre « petit État du golfe »Hala Kodmani, Après l’attaque d’Ahvaz, l’Iran accuse tous azimuts, Libération, 23 septembre 2018..
Le jour de l'attentat, Yaquob Hurr al-Tisteri, un porte-parole du Mouvement de lutte arabe pour la libération d'Ahwaz, dément également la revendication de l'État islamique et affirme que l'attaque a été effectuée par des membres de la « résistance nationale », sans préciser cependant si son groupe était impliquéISIS falsely claims responsibility for Ahwaz attack, Iranian opposition says, Al Arabiya English, 22 septembre 2018.. Le lendemain le Mouvement de lutte arabe pour la libération d'Ahwaz dément officiellement dans un communiqué toute implication dans l'attentat et affirme que Yaquob Hurr al-Tisteri n'est plus le porte-parole du groupe depuis 2015ASMLA ASMLA’S OFFICIAL STATEMENT REGARDING MILITARY PARADE ATTACK, ahwazona.net, 23 septembre 2018..
Le , l'État islamique diffuse alors une vidéo des assaillants, vêtus d'uniformes iraniens, s'exprimant pour deux d'entre-eux en arabe et l'autre en farsi, et annonçant leur intention de viser les Gardiens de la révolution islamiqueWassim Nasr, l’#EI diffuse une vidéo des assaillants du défilé militaire habillés en uniforme militaire iranien. Les deux premiers s’expriment en arabe et le dernier en farsi en précisant que ce sont les Gardiens de la révolution qui sont visés, Twitter, 23 septembre 2018.Islamic state's Amaq agency posts video of men allegedly involved Iran attack, Reuters, 23 septembre 2018.Caroline Hayek, Les tenants et les aboutissants de l’attentat d’Ahvaz, OLJ, 24 septembre 2018.. Les trois hommes affirment mener le « djihad », mais ne font pas directement référence à l'État islamique. L'ancien porte-parole du Mouvement de lutte arabe pour la libération d'Ahwaz ayant précédemment revendiqué l'attentat affirme alors que la vidéo a été « volée » par l'État islamique.
Selon Caroline Hayek, journaliste de L'Orient-Le Jour : . Pour Jonathan Piron, chercheur pour Etopia et spécialiste de l’Iran : .
Le , le ministère des Renseignements iranien annonce l'arrestation de 22 personnes « impliquées » dans l'attentat et affirme que , ainsi que . Le ministère publie également les photos et les noms des assaillants — Ayad Mansouri, Fouad Mansouri, Ahmad Mansouri, Javad Sari et Hassan Darvichi — et présentent ceux-ci comme étant affiliés . « Takfiri » étant le terme habituellement utilisé par les autorités iraniennes pour désigner les djihadistes sunnites. L'enquête s'oriente alors vers la piste de l'État islamique. Le , Abdullah Ganji, le directeur de Javan, le quotidien des Gardiens de la révolution, déclare que deux des terroristes d'Ahvaz étaient frères et qu'ils avaient aussi un autre frère, mort dans un attentat-suicide en Syrie. Il affirme également que le mode opératoire de l'attaque d'Ahvaz ne correspond pas à celui des séparatistes du Khouzestan : .
Suites Le , en représailles à l'attentat d'Ahvaz, les Gardiens de la révolution islamique tirent six missiles balistiques Zolfaghar et Qiam depuis la province de Kermanshah, à l'ouest de l'Iran, en direction de positions tenues par l'État Islamique près de Boukamal, en SyrieTéhéran annonce avoir attaqué des "terroristes" en Syrie en représailles à un attentat, France 24 avec AFP, octobre 2018.Attentat d’Ahvaz: l’Iran annonce avoir frappé des positions jihadistes en Syrie, RFI avec AFP, octobre 2018.. Les Gardiens de la révolution déclarent sur leur site internet : . Le lendemain, les Gardiens revendiquent la mort d'une quarantaine de Bozorgmehr Sharafedin et Jean-Philippe Lefief, Syrie: Les tirs iraniens ont fait une quarantaine de morts, selon Téhéran, Reuters, 2 octobre 2018..
Vidéographie Iran : une attaque à Ahwaz et plusieurs revendications, France 24, .
Références
Ahvaz Catégorie:2018 en Iran Catégorie:Septembre 2018 Ahvaz Ahvaz