L'église Saint-Siméon de Bordeaux est construite entre le , au nord de l'actuelle place Camille-Jullian. Désaffectée lors de la Révolution française, elle abrite alors diverses activités, jusqu'à un cinéma d'art et d'essai du réseau Utopia à partir de 1999.

Description thumb|gauche|Chapelle dans l'église Saint-Siméon à Bordeaux, eau-forte de Verneilly () De construction gothique, édifiée en calcaire, l'église possède à l'origine une nef unique et un chevet plat. Un bas-côté la flanque au nord. Un des contreforts de sa façade sud conserve une niche en arc brisé trilobé, coiffé d'un pinacle daté de la fin du . Ses baies du étaient décorées de remplages rayonnants aujourd'hui disparus.

La chapelle qui subsiste dans l’ancienne nef est d'époque renaissance. Elle constitue un exemple de la transition entre le gothique finissant et le classicisme à l’italienneLes fenêtres et les voûtes des deux travées sont gothiques, mais l’autel et les arcades en plein cintre qui ouvrent la chapelle vers la nef sont de style Renaissance. De même, les chapiteaux sont indifféremment de l’antique ange chrétien et de l’amour joufflu dont la mode débute alors. Un de ses retables, en pierre, à colonnes encadrant une coquille, est conservé au musée d'Aquitaine

L'église est désormais enserrée dans des bâtiments civils plus récentes : à l'est son chevet et à l'ouest sa façade ont été absorbés dans les immeubles voisins.

Histoire religieuse thumb|Ancienne Église Saint-Siméon de Bordeaux (2023) L'église initiale est bâtie au et dédiée à Siméon le Stylite à l'initiative de l'évêque Léonce le JeuneAprès une carrière militaire au service du roi Childebert et un mariage avec Placidine, fille du sénateur Arcadius, Léonce dit le Jeune (vers 515-entre 557 et 574) est élu évêque de Bordeaux à la mort de Léonce l'Ancien, entre 541 et 550. II participe à plusieurs conciles, organise les paroisses de la ville et est décrit par Fortunat comme un « constructeur d'églises ».. Son souvenir a longtemps perduré dans l'odonyme rua de la Gleysa Beltha de Sent Symeon, et le toponyme local à la Behla Gleysa (la Belle Église). Son emplacement se trouverait sous l’actuel n°6 de la rue Saint-Siméona.

Elle devient paroisse au , dépendant du chapitre de Saint-AndréL'autre chapitre de Bordeaux est alors celui de Saint-Seurin, pour les paroisses au nord de la Devèze.. Reconstruite à partir du , l'église connaît une forte activité au cours de la guerre de Cent Ans. Sa nef sert alors de sépulture, puis avec l'épidémie de peste qui frappe la ville en 1489 un cimetière l'entoure, aujourd'hui probablement éliminé par des travaux de creusement du parking souterrain de la place Camille-Jullian.

La chapelle qui subsiste est édifiée au par le maître-maçon Guillaume Médion, de la paroisse de Saint-Michel, un des bâtisseurs en 1525 du couvent des Annonciades à Bordeaux. Elle porte le monogramme du prêtre François Dumoulin Auroy, seigneur de Lanaude, qui a engagé Médion pour sa construction en 1529 pour la somme de .

L'église au sommet de son activité comportait cinq chapelles. Elle abritait les confréries des fourbisseurs et des canautiers (boulangers fabricant de couronnes), puis à partir de 1654 les dames d'une compagnie du Saint-Sacrement.

La paroisse est supprimée en 1791 par d'Aviau, archevêque de Bordeaux d'Aviau selon la source, mais les dates ne correspondent pas. D'Aviau ne succède en effet qu'en 1802 à Pacareau. ou plus vraisemblablement par son prédécesseur Mgr PacareauPierre Pacareau est élu en avril 1791 évêque constitutionnel et métropolitain du Sud-Ouest en remplacement de de Cicé, en poste depuis 1781, prêtre réfractaire et émigré l’année précédente alors que Pacareau en était le vicaire général). Il met en œuvre la loi du 6 mars 1791 qui réduit d’un tiers les quinze paroisses bordelaises, fermant notamment les églises Saint-Projet et Saint Christoly..

Affectations ultérieures L'ancienne église est alors utilisée pendant quelque temps comme salpêtrière.

À partir de , le bâtiment abrite l’« École navale des mousses et des novices » des frères Laporte, anciens officiers de marine marchande. Ceux-ci y installent également un établissement baptisé « Gymnase français ». L’école est subventionnée par la municipalité , et ses fondateurs affichent des visées sociales et pédagogiques, cherchant à extraire de la misère des enfants des quartiers populaires du port. Plus tard, elle est déménagée à bord du trois-mâts royal La Brillante, ancré dans la Garonne.

En 1892, c’est une fabrique de conserves alimentaires qui l’occupe. La famille Teyssoneau qui la dirige invente le mécanisme à clef d’ouverture des boîtes de sardine.

Au , le bâtiment est reconverti en garage automobile de la marque Axial, puis il fait office de parking. En un cinéma du réseau Utopia est inauguré à sa place. Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes Liste des édifices religieux de Bordeaux

Liens externes

Le site de la Direction régionale des affaires culturelles de Nouvelle Aquitaine expose des dessins de l'église occupée par le garage, exécutés par Lucien de Maleville : Gironde. Bordeaux. Intérieur du garage Axial, 5, place Camille Jullian. Gironde. Bordeaux, 5, place Camille Jullian. Détail de l'intérieur.

Le site Patrimoine et inventaire d’Aquitaine contient une collection de photographies de l’intérieur de l’édifice alors utilisé comme parking.

Notes et références

Notes

Références

Catégorie:Église désaffectée en France Bordeaux Siméon Catégorie:Salle d'art et essai