Paris qui dort, sous-titré Le rayon diabolique, est un film de science-fiction de René Clair sorti en 1925 mais tourné durant l'été 1923, ce qui en fait le deuxième film de son réalisateur après Entr'acte.. En 1971, René Clair le remonta pour en faire un court-métrage de 36 minutes avec une musique originale de Jean Wiéner.
Il ne reste aucune copie de la version originale du film mais plusieurs restaurations tentant de se rapprocher de l'œuvre originelle ont été réalisées. En 1999, la Cinémathèque française restaure le film à partir d'un matériel appartenant à Pathé Télévision et en ajoutant quelques mètres d'une copie nitrate du British Film Institute, cependant le montage de cette version ne correspond pas au montage initial du film bien que sa durée soit similaire (66 minutes).. En 2018, une nouvelle restauration en 4K de 59 minutes est réalisée par la fondation Jérôme Seydoux-Pathé à partir de la copie anglaise du film. Cette dernière, présentée à Londres quelques jours avant la sortie officielle du film en France, était différente de la version française et légèrement plus longue (1677 m contre 1480 m).. Pour le DVD Paris qui dort commercialisé par Pathé en 2019, c'est le pianiste et compositeur Karol Beffa qui a été retenu pour la musique des deux versions (française et anglaise) du film. Il "a su proposer une partition qui accompagne idéalement le film : elle ne vient pas (ou rarement) appuyer le découpage ou redoubler les effets visuels ou narratifs de l’œuvre de René Clair, mais révèle davantage la potentielle mélancolie qui infuse certaines images ou situations. La musique ne prend jamais le dessus sur le film, reste dans un humble retrait qui s’accorde pleinement avec la douceur qui la caractérise".
Synopsis Albert, le gardien de nuit de la Tour Eiffel, s'aperçoit à son réveil que Paris est immobile : tous les habitants sont endormis ou paralysés dans l'attitude qu'ils avaient à 3 h 25 du matin. Déambulant dans les rues, il finit par trouver cinq autres personnes qui, arrivées en avion au cours de la nuit, ont dû être épargnées parce qu'elles étaient comme lui dans une position élevée.
Jouissant dans un premier temps de l'endormissement général qui leur permet d'aller faire la fête dans un cabaret de Montmartre ou de dérober tout ce qui leur plaît, y compris la Joconde, ils en viennent à s'ennuyer puis à se quereller. Ils passent beaucoup de temps dans la tour Eiffel, l'endroit paraissant plus sûr.
Au bout de quatre jours, ils entendent à la radio une voix qui appelle à l'aide. Se rendant à l'adresse indiquée par la voix, ils y trouvent la nièce d'un savant fou qui a paralysé le monde à l'aide d'un rayon. Ils forcent le savant à reprendre ses calculs pour rendre la vie aux Parisiens et, probablement, au monde entier.
La vie reprend alors son cours à tel point que personne, hormis eux, ne sait que tout s'est arrêté. Les cinq voyageurs, le gardien de la tour et la nièce du savant sont même internés brièvement dans un asile de fous, personne ne croyant leurs histoires. Pendant ce temps, le savant fou explique à un collègue comment il a arrêté tout mouvement avec sa machine.
Le monde finit par apprendre ce qui s'est passé et tente de récupérer le temps perdu en vivant plus intensément qu'avant. La nièce du savant retrouve le gardien de la tour et entame une idylle avec lui, tout au sommet face à la capitale.
Fiche technique Titre : Paris qui dort Autre titre : Le Rayon diabolique Réalisation : René Clair Assistant réalisation : Claude Autant-Lara Scénario : René Clair Musique : Karol Beffa et Jean Wiener Photographie : et Paul Guichard Montage : René Clair Décors : André Foy Costumes : Claude Autant-Lara Production : Henri Diamant-Berger Société de distribution : Tamasa Distribution (France) Pays de production : Genre : Comédie et science-fiction Format : Noir et blanc - 1,33:1 - Film muet - 35 mm Durée : 36 minutes (version de 1971) - 66 minutes (restauration de 1999) - 59 minutes (restauration de 2018) Date de sortie :
Distribution Henri Rollan : Albert Charles Martinelli : Le savant fou Louis Pré fils : L'inspecteur Albert Préjean : Le pilote d'avion Madeleine Rodrigue : Hesta, passagère Myla Seller : nièce du savant fou Antoine Stacquet : Le milliardaire Marcel Vallée : Le voleur
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Raymond Chirat, Roger Icart, « Paris qui dort », Catalogue des films français de long métrage. Films de fiction 1919-1929, Cinémathèque de Toulouse, Toulouse, 1984, article Jean Tulard, « Paris qui dort », Guide des Films P-Z, Éditions Robert Laffont (collection Bouquins), Paris, 2005, 3704 p., ,
Articles connexes 1925 en science-fiction
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