Tréboul est une ancienne commune du Finistère créée en 1880 en baie de Douarnenez (à l'est de la mer d'Iroise). Tréboul a été rattachée à la commune de Douarnenez par un arrêté préfectoral du en même temps que les anciennes communes de Ploaré et Pouldavid. Ainsi, Tréboul est aujourd'hui considéré comme un quartier de Douarnenez.
Tréboul est un ancien port de pêche devenu port de plaisance et destination touristique : entouré de falaises, il est situé dans une petite anse, bordée par la rivière de Pouldavid et fermée par l'île Tristan. Il abrite le Centre Nautique Municipal de Douarnenez.
Géographie Tréboul, après avoir dépendu de Poullan et avoir été pendant quelques décennies une commune indépendante, est désormais le quartier ouest de Douarnenez, au-delà, en partant du centre-ville de Douarnenez, du Port-Rhu. Tréboul fut un port de pêche (désormais de plaisance) et dispose d'une assez longue façade littorale sur la rive sud de la Baie de Douarnenez formée pour partie de falaises, mais aussi de deux grandes plages : les plages Saint-Jean et des Sables Blancs. Les plages et le cimetière marin de Tréboul
Le quartier situé juste au-dessus du port de Tréboul, « un lacis de blanches et étroites ruelles, des maisonnettes blotties les unes contre les autres et des pas de portes fleuris.. » donnent à ce quartier des allures andalouses. Ce quartier est en fait surnommé "Petit Maroc", ce surnom faisant référence aux pêcheurs qui partaient pêcher la langouste au large des côtes du sud du Maroc et de la MauritanieFrançoise Genevois, Les petits bonheurs de Douarnenez, revue "Bretagne magazine" , septembre-octobre 2015.. Pour cette raison les Tréboulistes sont parfois surnommés les "Marocains".
Tréboul est désormais en bonne partie axé sur le tourisme avec l'établissement thermal qui pratique la thalassothérapie., la résidence touristique Pierre et Vacances dénommée "Le coteau et la Mer", située route des Roches Blanches. et un centre de vacances, le domaine de Ker-Huel, qui appartient à la ville du Mans.
En direction de la Pointe du Van, longeant la rive sud de la Baie de Douarnenez, le GR 34, très accidenté, mène vers l'ouest aux falaises de la Pointe de Leydé et des Roches Blanches ; son tracé continue ensuite le long du littoral de Poullan-sur-Mer. Le littoral à l'ouest de Tréboul (environs de la Pointe de Leydé)
Histoire
Préhistoire
Le chanoine Henri Pérennès cite en 1941 à Tréboul deux menhirs non loin de la plage des Sables-Blancs, trois autres non loin de la gare (alors existante) et un autre à TrésulienChanoine Henri Pérennès, "Poullan, monographie de la paroisse", 1941, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k33470047/f12.item.r=Kervenargant.
En 1948 un dépôt de fondeur fut découvert sur la plage des Sables Blancs à Tréboul, dans un sac de lin protégé par une dalle de granite ; composé d'environ 300 objets, il contenait notamment un tiers de haches à talon et à rebord, 40 % de poignards et d'épées, 10 % de pointes de lances, etc.. Ce dépôt a donné son nom à une école de métallurgiste, le "groupe de Tréboul", dont les productions ont été retrouvées jusqu'en Normandie, en Grande-Bretagne et même dans le nord de l'AllemagneRomain Pigeaud, "Des mammouths aux menhirs. La Préhistoire dans l'Ouest", éditions Ouest-France, 2007, . Pierre-Roland Giot a sauvé la majeure partie du dépôt préhistorique de Tréboul, contenant des pointes de lances et des haches à rebords, datant de l'âge du bronze moyen, peu après sa découverte.
Un dépôt analogue a aussi été trouvé à PouldergatJacques Briard et Yvan Onnée, Pointes de lances et haches décorées du Bronze moyen à Pouldergat et Tréboul (Finistère), revue "Annales de Bretagne", 1971, consultable http://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1971_num_78_1_2595..
Révolution française
La loi du « relative à la circonscription des paroisses du district de Pont-Croix » donne à la paroisse de Poullan comme succursale Tréboul" Collection complète des lois promulguées sur les décrets de l'assemblée nationale, imprimée par ordre de l'assemblée nationale", tome 12, 1791, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5685361x/f428.image.r=Pouldreuzic.langFR..
Pendant la Terreur Sébastien Le BrusqSébastien Le Brusq, né à Keréven en Poullan en 1742., curé de Tréboul depuis 1776, après avoir prêté dans un premier temps serment de fidélité à la Constitution civile du clergé se rétracta, devenant prêtre réfractaire ; il fut emprisonné le à Quimper, puis à Brest, et ensuite à l'Île de Ré ; alors qu'il était conduit au bagne de Cayenne, son bateau est arraisonné par les Anglais le et conduit à Plymouth. Après le Concordat de 1801 il devint desservant de la chapelle Saint-Jean de Tréboul où il mourut le dans le presbytère situé à proximité de cette chapelle..
Le siècle
Tréboul en 1845
A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Tréboul en 1845 : « Ce petit port fait annuellement un commerce de cabotage qui peut s'élever de 700 à 800 tonneaux, tant en exportations qu'en importations. Les premières consistent surtout en pierres à bâtir et poissons ; les secondes en sel pour la pêche de la sardine et en bois de chauffage »A. Marteville et P. Varin, "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne", tome 2, 1845, consultable https://books.google.fr/books?id=9o8DAAAAYAAJ&printsec=frontcover&dq=bibliogroup:%22Dictionnaire+historique+et+g%C3%A9ographique+de+la+province+de+Bretagne%22&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwie7IDO85ztAhVFx4UKHQQhAqgQ6wEwAHoECAIQAQ#v=onepage&q=Poullan&f=false.
Les premières conserveries La première conserverie, remplaçant la technique de la presse pour la conservation des sardines, ouvre à Tréboul en 1853, fondée par Eugène Clarian, qui fait faillite (la conserverie est rachetée en 1855 par la famille Chancerelle); une autre conserverie est créée la même année par Jules Lemarchand, qui devint maire de Tréboul en 1880Jean-Michel Le Boulanger, "Douarnenez, histoire d'une ville", éditions Palantines, 2000 []..
Le pont viaduc
Les bacs franchissant la rivière de Pouldavid ne suffisant plus en raison de l'augmentation du trafic due à l'essor des activités économiques douarnenistes (de nombreuses personnes habitant Tréboul y travaillent) et le passage à gué étant risqué"Rapports et délibérations du Conseil général du Finistère, août 1873, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5564668r/f359.image.r=Tr%C3%A9boul. (des noyades survenaient fréquemment, par exemple Joseph Rousse évoque dans un poème la noyade de 20 jeunes filles de Tréboul qui périrent englouties près de l'île Tristan alors qu'elles avaient pris le bac au retour d'une fêteJulien Duchesne, Un héritier de Brizeux : poésies de M. Joseph Rousse, "Annales de Bretagne", novembre 1886, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k214900h/f137.image.r=Tr%C3%A9boul. ; en fait le bac parti de la cale du Guet pour rejoindre Tréboul chavira et le naufrage provoqua la noyade de , employées dans une usine, et un homme le Journal La Justice n° 1 408 du 23 novembre 1883, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k770653t/f3.image.r=Tr%C3%A9boul.), un pont métallique reliant Tréboul et Poullan-sur-Mer à Douarnenez en franchissant la rivière de Pouldavid est construit entre 1882 et 1885Rapports et délibérations du Conseil général du Finistère, avril 1874, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55645158/f279.image.r=Douarnenez.. « L'établissement de cet ouvrage est demandé depuis de longues années (...) par les populations intéressées, pour mettre en communication la commune de Poullan et notamment le petit port de Tréboul avec la ville de Douarnenez. Le principal motif est de permettre aux pêcheurs qui, suivant le temps et l'heure de la marée, vont souvent débarquer en très grand nombre à Tréboul, d'apporter sans aucun retard leur poisson aux usines de Douarnenez »Rapports et délibérations du Conseil général du Finistère, août 1878, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5562132s/f185.image.r=Douarnenez..
La création de la commune de Tréboul Dès 1861, le Conseil général du Finistère évoque le malaise qui existe au sein de la commune de Poullan dont le bourg est le chef-lieu communal, mais dont Tréboul est devenu plus important et dirigeait en fait la commune (la section électorale de Tréboul élisait municipaux, celle de Poullan 9 seulement). Une première solution est alors envisagée, celle de transférer le chef-lieu communal à Tréboul, mais elle n'aboutit pas"Rapports et délibérations du Conseil général du Finistère", 1861, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5562885b/f245.image.r=Tr%C3%A9boul..
Le , le conseil de fabrique de la paroisse de Tréboul demande la création d'une commune indépendante de celle de Poullan et le , une pétition de appuya cette demande, Tréboul formant d'ailleurs déjà une section électorale distincte"Rapports et délibérations du Conseil général du Finistère", avril 1879, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5651240b/f94.image.r=Tr%C3%A9boul.. Tréboul possède alors environ agglomérés, la plupart exerçant des professions liées à la mer, le reste de la commune de Poullan, essentiellement rural, "Rapports et délibérations du Conseil général du Finistère", avril 1879, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5651240b/f91.image.r=Tr%C3%A9boul.. Tréboul est érigée en commune le .
Henri Monod décrit ainsi Tréboul vers cette date : « C'est un port de pêche d'une importance croissante. Le port, formé par une anse de de longueur, de l'ouest à l'est, s'ouvre sur la rivière de Pouldavid. Il compte montées par un millier d'hommes qui font la pêche à Audierne et à Douarnenez. Bien que la ville ne se trouve pas dans de bonnes conditions de salubrité, la mortalité n'y est pas élevée ; quant à la natalité, elle est considérable, même pour le Finistère. L'excédent des naissances sur les décès (24,82 pour mille) est absolument extraordinaire. Après Le Guilvinec, Tréboul est la commune la plus prolifique de toutes celles que nous avons étudiées dans le Finistère »Henri Monod, "Le Choléra (histoire d'une épidémie, Finistère 1885-1886)", 1892, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61500477/f443.image.r=Pouldavid..
En est consacrée la nouvelle église paroissiale de Tréboul et un cantique est écrit en cette occasionAbbé Jean Guillou, Cantique de consécration de l'église de Tréboul, revue "Annales de Bretagne", 1930, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k115333w/f336.image.r=Tr%C3%A9boul..
L'évolution démographique de la commune de Tréboul
Lors du premier recensement postérieur à la création de la commune, en 1881, Tréboul compte ; la commune en compte en 1886, en 1896, en 1901, en 1911. Sa croissance démographique est donc alors très rapide (+ entre 1881 et 1911, soit + 79 % en ). La Première Guerre mondiale donne un coup d'arrêt à cette croissance (la commune n'a guère plus de lors des recensements de 1921, 1926 et 1931) et il faut attendre celui de 1936 pour, qu'avec , la population dépasse légèrement celle enregistrée en 1901. Absorbée par Douarnenez en 1945, la commune n'a pas connu de recensement ultérieur.
Les épidémies de choléra