Les sites de la révolution industrielle Meiji au Japon : sidérurgie, construction navale et extraction houillère, en japonais forment un patrimoine industriel composé d’une série de vingt-trois monuments se trouvant essentiellement dans la région de Kyushu-Yamaguchi au sud-ouest du Japon. Cet ensemble témoigne du développement industriel rapide qu’a connu le pays entre le milieu du (ère Bakumatsu) et le début du (ère Meiji), fondé sur la sidérurgie, la construction navale et l’extraction du charbon. Ils illustrent le processus par lequel de Japon féodal a cherché à opérer un transfert de technologie depuis l’Europe et l’Amérique à partir du milieu du et la manière dont cette technologie a été adaptée aux besoins et aux traditions sociales du pays. Ce processus est considéré comme le premier transfert d’industrialisation réussi de l’Occident vers une nation non occidentale.

Le processus d'inscription au patrimoine mondial a été lancé en 2009 et a abouti lors de la 39e session du Comité du patrimoine mondial en 2015 au titre des critères 2 (Témoigner d'un échange d'influences) et 4 (exemple éminent d'un type de construction).

Exceptionnellement, ce n'est pas le ministère de l’éducation japonais, ni le ministère des affaires étrangères, mais le secrétariat du cabinet qui s'est occupé du processus de nomination auprès de l'UNESCO.

Zones

Hagi Sites proto-industriels de l'époque d'Edo à Hagi dans la préfecture de Yamuguchi : MonumentsDescriptionImage250x250pxC'est sur ce site que Kido Takayoshi, l'un des élèves de Yoshida Shōin a entrepris de construire deux navires de type occidental achevés en 157 et 1860. Il a basé leur architecture sur deus goélettes russes échouées sur les côtes japonaises mais a utilisé des techniques de constructions traditionnelles. Les pièces métalliques nécessaires étaient fournies par les forges Tatara Ohitayama.vignetteCes forges traditionnelles, les plus vastes de la région de Hagi permettaient d'alimenter le chantier naval d'Ebisugahana en clous, ancres, et autres artefacts en fer.250x250px (dirigée par Yoshida Shōin)250x250px250x250px

Kagoshima Complexe industriel pionnier de Shūseikan à Kagoshima dans la préfecture de Kagoshima: MonumentsDescriptionImage Cet élément comprend notamment la filature de coton de Kagoshima.vignetteTouraille à charbon de TerayamaCette touraille à charbon datant de 1858 est construite selon le modèle japonais en fer à cheval traditionnel. Elle était utilisée pour fournir du combustible aux usines de Shuseikan, elle était alimentée en bois à partir des forêts environnantes.vignetteVanne de Sekiyoshi du canal Yoshinovignette

Nirayama Four à réverbère proto-industriel de Izu ; Izunokuni, préfecture de Shizuoka : MonumentsDescriptionImage250x250px

Kamaishi Mine de fer et fonderie de Hashino ; Kamaishi, Préfecture d'Iwate : MonumentsDescriptionImage250x250px

Saga Docks de Mietsu ; Saga, préfecture de Saga : MonumentsDescriptionImage250x250px

Nagasaki Installations du chantier naval de Nagasaki, sites de charbonnage associés ; Nagasaki, préfecture de Nagasaki

Chantier naval de Nagasaki MonumentsDescriptionImagevignetteCale sèche Mitsubishi vignetteGrue cantilever Mitsubishi géanteIl s'agit de la première grue à alimentation électrique du Japon. Elle a été importée d’Écosse en 1909.C'est aussi la plus ancienne en activité du monde. Elle peut lever .376x376pxAtelier de modelage MitsubishivignetteMaison d’hôtes Mitsubishi Senshokakuvignette

Mine de charbon de Takashima MonumentsDescriptionImage250x250px250x250px

Maison de Glover et ses bureaux MonumentsDescriptionImage250x250px

Miike

Mines de charbon et port de Miike MonumentsDescriptionImage250x250px

Port occidental de Misumi MonumentsDescriptionImage250x250px

Yawata Aciérie de Yawata ; Kitakyūshū, préfecture de Fukuoka : MonumentsDescriptionImage330x330px250x250px

Controverses Le processus de classement a entraîné des protestations et objections en Corée du fait que de nombreux civils coréens et prisonniers de guerre chinois ont été forcés de travailler dans de dures conditions sur sept des sites durant la Seconde guerre mondiale. Un accord diplomatique est signé entre le Japon, la Corée et le comité responsable du patrimoine mondial à l'UNESCO selon lequel le Japon reconnaissait qu'. Le Japon s'engageait aussi à établir un centre d'informations où l'on enseignerait l'histoire des victimes de la politique passée du gouvernement japonaisNikolai Johnsen, Katō Kōko’s Meiji Industrial Revolution – Forgetting forced labor to celebrate Japan’s World Heritage Sites – Part 1, The Asia-Pacific Journal. Japan Focus 19, 23, 1 (Article ID 5652) (1er décembre 2021)..

Le Centre d'informations sur l’héritage industriel (Industrial Heritage Information Centre [IHIC] Site officiel.) a ouvert ses portes à Shinjuku en . À la suite de critiques émises par la Corée, une commission conjointe UNESCO/ICOMOS a remis un rapport critique après enquête en . Elle déclare que . Il est demandé au Japon d’améliorer la situation et de soumettre un rapport sur les progrès accomplis le .

À la suite de changements politiques en Corée, le gouvernement coréen ne répète pas ses critiques en 2023, et le rapport de l'UNESCO de cette année encourage les pays concernés à continuer leurs discussions.

Le dossier de présentation japonais est aussi critique car il ne mentionne pas l'usage à la fin du 19e s. du travail de prisonniers condamnés au travaux forcés, et car il passe sous silence les conflits syndicaux fréquents qui se sont déroulés sur ces sites.

Kōko Katō Dans deux articles parus en 2021 dans la revue académique en ligne Japan Focus, Nikolai Johnsen met en lumière le rôle de , directrice du "Centre d'informations sur l’héritage industriel", fille de , ancien ministre de l'agriculture, proche de Shintarō Abe (le père de Shinzō Abe, premier ministre du Japon lors de la création du Centre), et belle-sœur de Katsunobu Katō. Membre d'une famille politique éminente, elle a aussi de nombreux contacts avec les milieux industriels concernés par les éléments de ce patrimoine mondial, dont ils sont parfois propriétaires et qui sont parfois toujours en activité, ce qui n'inciterait pas à une étude objective de tous les aspects de leur passé. En outre, Kōko Katō a de nombreux contacts avec les milieux révisionnistes du JaponNikolai Johnsen, Katō Kōko’s Meiji Industrial Revolution – Forgetting forced labor to celebrate Japan’s World Heritage Sites – Part 2, The Asia Pacific Journal. Japan Focus 19, 24, 5 (15 décembre 2021) (Article ID 5663)..

Voir aussi

Liste du patrimoine mondial au Japon Sites chrétiens cachés de la région de Nagasaki

Références

Cet article contient des passages du site de l'UNESCO placés sous licence CC-BY-SA IGO 3.0

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