La famille de Bourbourg, nobles français de Bourbourg, en Flandre maritime (actuel arrondissement de Dunkerque, département du Nord) détient la châtellenie de Bourbourg, dans le comté de Flandre, dès sa création en fin du . La dernière héritière épouse au début du un comte de Guînes, ce qui signe la fin de la famille. D'autres personnages, étrangers à la famille initiale, maintiennent le nom de Bourbourg dans l'aristocratie laïque et ecclésiastique du comté de Flandre pendant encore deux siècles.
Armes La famille de Bourbourg a pour armes : « D'azur à trois tierces d'or».
Histoire La famille de Bourbourg, châtelains de Bourbourg du , entretient des liaisons étroites avec son suzerain, le comte de Flandre et maintient des relations suivies avec les comtes de Guînes, qui font alors partie de la « haute aristocratie ».
La châtellenie est leur bien principal. Châtelains, ils assistent à de nombreux actes ou chartes, pour soutenir leur suzerain, témoigner de sa volonté et la faire appliquer, mais aussi en prendre acte dès lors que la décision les touche directement dans leurs droits et possessions. Ils ont des relations pacifiées avec leurs homologues châtelains, probablement parce que les frontières de chaque territoire sont bien définies. En revanche, les rapports demeurent plus contrastés avec les abbayes : d'un côté, ils font souvent des dons aux monastères éloignés, de l'autre, ils ont des litiges fréquents avec ceux situés sur leur territoire, acceptant mal qu'ils échappent à leur tutelle. Les comtes de Flandre donnent alors globalement raison aux cloîtres, compte tenu du poids de l'église à cette époque.
Thémard de Bourbourg (mort en 1127) Thémard (ou Thevart, Thangmar, Demar) de Bourbourg est le premier châtelain de Bourbourg connu avec certitude : il apparait pour la première fois dans le cartulaire de l'abbaye de Watten en 1072. Conseiller des comtes de Flandre, il a des relations très variables avec les abbayes, parfois sereines et parfois conflictuelles.
Thémard de Bourbourg épouse Livilde, sans autre précision. Le couple donne naissance à cinq enfants dont les deux fils aînés, Gauthier et Ghislebert , meurent aux côtés de leur père en 1127. Son troisième fils, Henri , va lui succéder à la tête de la châtellenie. Il a également deux filles. L'une d'elles peut être Avicie ou Adelize de Bourbourg, épouse de Gobert III de Bergues-Saint-Winoch (voir Maison de Berghes-Saint-Winock).
Châtelain de Bourbourg Thémard passe pour être le fils de Gauthier, châtelain de Bergues et de Bourbourg qui lui transmet officiellement à sa mort en 1090 la châtellenie de Bourbourg. Il en possède donc les différents fiefs. En tant que châtelain, il est dit vicomte (ou burgrave ).
En 1113, Thémard participe à la cour solennelle tenue à Saint-Omer par le comte de Flandre Baudouin VII de Flandre. Il y côtoie les autres châtelains des environs, bras droits du comte, ceux de Saint-Omer, Gand, Bruges, Courtrai, Bergues.
Relations avec les abbayes À une date non précisée, Thémard reçoit du comte de Flandre un territoire faisant partie du marais de Millam, avec mission de l'assécher (rôle moteur des comtes de Flandre pour la mise en valeur des terres, souvent marécages ou marais (voir watringue). Thémard va donner plus tard le fief (trois cent une mesures soit environ cent trente cinq hectares) à l'abbaye Notre-Dame de Bourbourg qui en possédait déjà la majeure partie.
En 1093, Thémard est témoin de l'acte par lequel le comte de Flandre Robert II de Flandre donne à l'abbaye de Watten la terre de « Holeke » (Holque) avec bois et marais.
Il signe en 1104 de nombreux actes concernant l'abbaye Notre-Dame de Bourbourg récemment créée.
Le comte Baudouin VII de Flandre a accordé à l'abbaye Saint-Bertin de Saint-Omer toute la juridiction sur les terres, et habitants y demeurant, qu'elle possède dans la châtellenie de Bourbourg. Thémard s'oppose à cette décision, le privant de ses droits de châtelain, et a « inquiété » le monastère. En janvier et , Jean de Warneton, évêque de Thérouanne enregistre son renoncement à revendiquer. Néanmoins, il faut qu'en 1125, le nouveau comte Charles de Flandre (Charles le Bon), réaffirme les droits accordés à l'abbaye.
Thémard est témoin en 1121 avec son fils Gauthier (ou Walter) d'un acte dans lequel le comte Charles le Bon accorde à l'abbaye de Saint Winoc à Bergues de nombreuses dîmes dont celle de la paroisse de Zuydcoote. La même année, il est également témoin d'un don de terres situées à Téteghem, au profit de l'abbaye de Bourbourg, par le comte Charles le Bon.
Conseiller des comtes de Flandre Thémard s'illustre en tant que conseiller de plusieurs comtes de Flandre. En 1071, il contribue à la victoire de Robert de Flandre (Robert le Frison) à Cassel (bataille de Cassel)Abbé Gustave Monteuuis, Le siège de Bourbourg en 1383 précédé d'une Notice sur Bourbourg, 1896, Lille. Extrait de la Notice sur Bourbourg. Conseiller de Robert, il le restera des trois comtes suivants : Robert II de Flandre, Baudouin VII de Flandre, Charles de Flandre . À la suite de cette proximité, les châtelains de Bourbourg bénéficient du titre de baron du comté de Flandre.
Lorsque le comte Robert II de Flandre prépare son départ pour les croisades (première croisade de 1096 à 1099), il choisit Thémard pour être le conseiller de sa femme, Clémence de Bourgogne qui va gérer le comté pendant son absence.
Thémard est assassiné le au côté de Charles le Bon, comte de Flandres, dans l’église St-Donatien de Bruges pendant la messe du mercredi des Cendres, avec ses deux fils aînés, Gautier et Gislebert,
Henri de Bourbourg (mort en 1168) Henri est cité avec sa mère Livilde et ses deux sœurs Mahaut de Bourbourg et Adelize, dans une charte de l'abbaye d'Andres
Henri de Bourbourg, succède à son père en 1127, dans la châtellenie de Bourbourg. Initié à la fonction en assistant à la passation de chartes du comte de Flandre, dit Le Glorieux, il est le fils de Thémard. Après sa mort en 1168, il est inhumé dans l'abbaye de Saint-Bertin de Saint-Omer.
Proximité des comtes de Flandre Il exerce la fonction de connétable de Flandre de 1127, date de la mort de son père à sa propre mort, autrement dit chef militaire du comté de Flandre et premier officier de la cour de Flandre. À ce titre, il assiste à plusieurs reprises sous les comtes successifs à des chartes importantes passées par ces derniers :
en 1127, au côté des nobles de premier rang du comté, lorsque le nouveau comte Guillaume Cliton (Guillaume de Normandie) confirme les lois et coutumes de Saint-Omer. en 1145, avec les autres châtelains de la région, quand Thierry d'Alsace tranche sur la répartition des rôles entre une abbaye, ici l'abbaye Saint-Bavon de Gand, et l'avoué de celle-ci. en 1163, avec ses fils, sans autre précision, lorsque Philippe d'Alsace accorde à la ville de Nieuport une charte lui donnant les mêmes libertés que celles accordées à la cité de Dixmude. en 1164, à une charte par laquelle le comte Philippe confirme les privilèges (libertés communales) accordées par son père Thierry à la ville de Saint-Omer en jurant de les respecter, et à une charte annexe où Philippe fixe les avantages respectifs des villes de Saint-Omer et de Bourbourg dans leurs relations, en présence des échevins des deux cités.
Lutte pour le comté de Guînes En , Henri fait partie des témoins d'une charte passée par Manassès de Guînes, comte de Guînes, en son château de Tournehem, en présence de nombreux seigneurs locaux, entérinant un accord avec l'abbaye de Saint-Bertin de Saint-Omer.
Signe du niveau social du châtelain, il se marie en premières noces, à une date non connue, avec Sibylle de Guînes, dite Rose, fille et héritière du puissant comte de Guînes Manassès et d'Edme de Tancarville. Sybille meurt avant 1130, (et non pas en 1137), juste après la naissance de sa fille Béatrix de Bourbourg et reçoit sa sépulture en l'abbaye de la Capelle (commune actuelle de Les Attaques).
Henri défend avec la dernière énergie les intérêts de sa fille Béatrice, héritière légitime du comté. Manassès meurt en 1137. Béatrix souffre de grandes infirmités, tels que la pierre, ou la gravelle (lithiase urinaire ou maladie de la pierre). Manassès lui a fait épouser un seigneur anglais Albert ou Albéric le SanglierAlbéric le Sanglier semble être le même personnage qu'Aubrey de Vere, comte d'Oxford en 1142, petit-fils d'Albéric de Vère (voir Albéric de Vère et comtes d'Oxford) pour renforcer les liens avec l'Angleterre. Albéric retourne dans son pays. La mort de Manassès le rappelle au comté de Guînes sur les injonctions d' Henri. Il rend hommage à Thierry d'Alsace, comte de Flandre, en tant que comte de Guînes, mais s'en retourne en Angleterre, laissant son épouse, et sa terre de Guînes à la garde d'Arnould, seigneur de Ham (Hames-Boucres) dit le Mangeur. Arnould de Gand, seigneur de Tournehem, fils de Wenemar, châtelain de Gand, seigneur de Bornhem et de Gisèle ou Gilette, sœur de Manassès, intervient. Il bénéficie de l'appui du châtelain de Saint-Omer, son beau-père, et des frères de Mahaut de Saint-Omer, son épouse, (maison de Saint-Omer) puis bientôt de la grande majorité des vassaux du comte de Guînes. Il usurpe le comté. Albéric préfère rester à la cour d'Étienne, roi d'Angleterre, où il est en grande considération. Officiellement, il y prend possession des terres relevant du comté de Guînes situées outre-Manche. Arnould de Ham et Henri résistent à Arnould de Gand. Arnould de Ham s'enferme dans le château d'Audruicq, Arnould de Gand vient l'assièger, Henri de Bourbourg vient à son aide avec une armée, en vain, ils doivent s'enfuir et se réfugier à Bourbourg. Henri va encore tenter de résister à Arnould à partir de la forteresse d'Aumerval près d'Audruicq mais doit de nouveau s'enfuir. Béatrix délaissée par son mari, n'a pas d'héritier. Henri provoque la séparation du couple, et remarie Béatrix à Baudouin d'Ardres, seigneur d'Ardres, ex-soutien d'Arnould de Gand. Mais Béatrix meurt peu après, toujours sans héritier, et est enterrée dans le même monastère que sa mère. Arnould de Gand peut alors s'emparer du comté sans coup férir et légalement cette fois, sous le nom d'Arnould de Guînes. Henri doit se soumettre et le reconnaît, en 1142, le conflit ayant duré cinq ans. En cette même année, les deux anciens principaux protagonistes de l'affrontement, Arnould , en tant que comte de Guînes, et Henri , en tant que châtelain de Bourbourg, se retrouvent, parmi des notables du comté de Flandre, comme témoins d'une charte souscrite par Thierry d'Alsace.
Châtelain de Bourbourg Henri , châtelain de Bourbourg, établit une charte en 1142 : un de ses hommes a donné un fief de douze mesures de terre (environ cinq hectares) à l'hôpital de Bourbourg, généralement appelé Saint-Nicolas, situé en dehors de la ville (il soigne notamment les lépreux). Lui-même contribue en donnant des terres. Son fils Baudouin, appelé vicomte, est présent. En 1150, à Bourbourg, devant Henri et Baudouin, le comte Thierry d'Alsace confirme la donation.