Ploujean (en breton : Plouyann) est une ancienne commune française située dans le département du Finistère dans la région Bretagne rattachée à Morlaix depuis 1960.

Géographie Ploujean est situé juste au nord de Morlaix, sur la rive droite de la Rivière de Morlaix, en bordure de laquelle plusieurs manoirs et châteaux ont été construits (château de Nec'hoat, château de Keranroux (construit dans la seconde moitié du ), château de Keroc'hiou. Le bourg est situé sur un plateau, vers 70-80 mètres d'altitude, plateau sur lequel a été construit l'aérodrome de Morlaix-Ploujean, à l'est du bourg. Le finage de la commune est assez accidenté, les altitudes allant du niveau de la mer jusqu'à au niveau de la butte du Ménez, située juste à l'ouest du lycée agricole de Suscinio.. La localité abrite aussi le manoir de Traonfeunteuniou situé à l'est du bourg., qui appartient désormais aux Petites Sœurs de Saint-François d'Assise, une communauté religieuse catholique traditionaliste affiliée à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X.

Histoire

Toponymie Le nom "Ploujean" vient de ploe (ou ploue), mot breton signifiant "paroisse" et "Jehan" ou "Jean", honorant probablement saint Jean-Baptiste ; le nom est attesté dès le ..

On retrouve de nom de la localité sous les formes Plebs Johannis (1149-1157) ; Plebs Joannis (1154) ; Plejehan (1182) ; Ploejehan (1407) ; Ploehan (1428) ; Ploe Jeuhan (1461) ; Ploeiehan (1527) ; Plouian (1543) ; Plouejehan (1573) ; Plouejan (1584).

Le nom de La Boissière (en Ploujean) provient de la traduction du breton beuzit, qui provient lui-même du latin buxetum ("buis") ; cet arbuste est la trace de la présence à cet endroit d'une ancienne villa gallo-romaineBernard Tanguy, Les noms de lieux. Mémoire des hommes et du paysage, revue ArMen .

Moyen Âge La paroisse de Ploujean aurait été fondée, selon Louis Le Guennec, au temps de l'émigration bretonne, entre 514 et 525. La première mention écrite date de 1154. À cette date, le vicomte Guyomarch III de Léon cède au monastère de Saint-Melaine de Rennes une partie du territoire de Ploujean pour créer la paroisse Saint-Melaine. Sur l'acte de donation, le lieu est désigné sous le nom de « Plebs Joannis ».

Le territoire est partagé en dix fréries pour percevoir la dîme : Kerillis, Keroc'hiou, Tregonezre, Kerbaul, Poulouhet, Kerdaurou, Mousterou, Coatgrall, Kersoff et Trogouar. La frérie de Kerillis comprenait le bourg de Ploujean (relevant de la juridiction de Bodister), l'église paroissiale dédiée à Saint-Jean-Baptiste, la chapelle Notre-Dame, le cimetière et les maisons nobles de Penanguer, Kéranroux et des deux Kérédern.

L'église paroissiale conserve une nef romane du XI siècle et un chœur gothique du XV siècle. La seigneurie de Keranroux est attestée dès 1301. La seigneurie de Traon-feunteniou est attestée dès le XV siècle.

Rattachement à Morlaix

Ploujean est rattachée à Morlaix par décret préfectoral le 9 février 1959. La première demande de rattachement des quartiers urbains de Ploujean (Coatserho, Troudousten) date de 1887. Elle échoue, car Ploujean refuse un démembrement partiel.

Époque moderne thumb|left|La "maison Cornic" sur les bords de la Rivière de Morlaix thumb|La "maison Le Clique", voisine de la "maison Cornic" Le manoir de Suscinio est construit au , mais modifié vers 1660, notamment par l'ajout de deux tours, par Julien Bellin de la Furtays et son épouse Françoise Coroller, qui construisent aussi la chapelle, bénie le . Entre 1798 et 1808, il fut la demeure du corsaire Charles Cornic, qui fit aussi transformer en maison d'habitation, la "maison Cornic", une ancienne halle datant du servant au commerce du lin, située en bordure de la Rivière de Morlaix.. La "maison Le Clique", située à proximité et qui date aussi du , est également classée monument historique.

Parmi les familles nobles de la paroisse, la famille Denis de Trobriand est originaire de Roscoff : Alain Denis fut anobli par le roi Charles IX le pour services rendus à bord de son bateau Le Sauveur de Saint-Pol lors du siège de La Rochelle. Son petit-fils Guillaume Denis, fut toutefois condamné comme usurpateur de noblesse par un jugement en date du , mais le fils de ce dernier Jean-Élie Denis parvint à se faire confirmer son titre de noblesse en 1715. Son fils aîné Jean-Étienne Denis, né en 1696 à Ploujean, fut le premier membre de la famille à être connu sous le titre de comte de Trobriand, titre aussi porté par son propre fils Jean-François-Sylvestre Denis, né à Ploujean en 1729, décédé en 1810 à Morlaix. Jean-Élie Denis second, sieur de Trobriand, autre fils de Jean-Élie Denis , né le à Ploujean, mort le à Lesneven hérita de la seigneurie de Kérédern en Ploujean et fut le fondateur de la branche cadetteGustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du , tome XIII, 1914, consultable dans Gallica.

En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Ploujan [Ploujean] de fournir 34 hommes et de payer 223 livres pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne »"Ordonnance... portant imposition pour la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne", 1759, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97412315/f8.image.r=Plovan.

Le thumb|Représentation d'un mystère à Ploujean en 1898 (revue L'Illustration, 1898) Vers le milieu du l'ossuaire désaffecté servit d'écoleJean Rohou, "Fils de ploucs", tome 2, 2007, éditions Ouest-France, .

En 1899, Ploujean fait partie des dix-huit seules communes du département du Finistère à déjà posséder une société d'assurance mutuelle, forte de 183 adhérents (c'est même la première commune du département en nombre d'adhérents devant Plougasnou qui en compte 159), contre la mortalité des animaux de ferme, qui assure les chevaux et les bêtes à cornesCompte-rendu et procès-verbaux, Association bretonne, Classe d'agriculture, Saint-Brieuc, 1901, consultable page 40 et page 63.

Charles Joseph Tixier Damas de Saint PrixCharles Joseph André Tixier-Damas de Saint-Prix, né le à Brest, mort le à Paramé. et son épouse Émilie Barbe GuittonÉmilie Barbe Guitton, née le à Callac, décédée le à Morlaix, habitaient l'hiver le manoir de Traoufeuntenniou en Ploujean et l'été le manoir de Kerbournet en Côtes-d'Armor où celle-ci, comtesse de Saint-Prix., entreprit de collecter les gwerz de la région de Callac..

Le

L'expulsion des Sœurs en août 1902 et la fermeture de l'école privée

En août 1902, la décision du gouvernement d'Émile Combes d'appliquer avec rigueur la loi du sur les associations, et en particulier l'expulsion des congrégations religieuses en vertu de la Loi sur les congrégations entraîne des troubles importants dans de nombreuses communes, entre autres dans le Léon dans des communes comme Ploudaniel, Le Folgoët, Saint-Méen, etc. mais aussi à Ploujean le , comme le raconte le Bulletin des Congrégations, publication évidemment favorable aux protestataires :

En 1903, le recteur de Ploujean écrit que « nos bretonnants, même la plupart des conseillers municipaux disent qu'ils s'abstiendront de venir à la messe, si on leur prêche en français ».

Le chemin de fer

Ploujean a disposé d'une gare. La desserte ferroviaire (ligne de Morlaix à Primel Tregastel) mise en service en 1912 (un accident ferroviaire concernant un train à destination du Dourduff-en-Mer survint le à la gare de Ploujean, faisant au moins deux morts et plusieurs blessés gravesJournal Le Gaulois du 29 juillet 1912, consultable et du 30 juillet 1912, consultable.) par les Chemins de fer armoricains, reprise ensuite par la Compagnie des Chemins de fer départementaux du Finistère, ferma dès 1935.

La Première Guerre mondiale Le monument aux morts de Ploujean porte les noms de 148 soldats et marins morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale.. Parmi eux, François Le Guiner, né le à Ploujean, lycéen au lycée de Quimper, qui rejoignit clandestinement le 118e régiment d'infanterie en alors qu'il n'avait que 16 ans, mortellement blessé le à Laffaux (Aisne)..

Patrick Gourlay décompte pour sa part 142 tués, ce qui fait 3,92 %de la population totale de la commune en 1911Patrick Gourlay, Les deux monuments aux morts de Ploujean, revue "Annales de Bretagne et des Pays de l'ouest", 2002, numéro 1, Presses universitaires de Rennes..

L'Entre-deux-guerres

Le maréchal Foch venait en villégiature dans son manoir de TraonfeunteuniouJournal La Croix du 10 août 1933, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4137472.r=Plougasnou.langEN et journal L'Ouest-Éclair du 24 mars 1929, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k623664z/f4.image.r=Plougasnou.langFR.

La Seconde Guerre mondiale thumb|Arrêt de la cour martiale allemande annonçant la condamnation à mort et l'exécution de François Scornet le Le monument aux morts de Ploujean porte les noms de 55 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale ; parmi elles François Scornet, exécuté le à Saint-Ouen (Jersey), qui faisait partie de l'équipée tragique du Vega, un groupe de 15 jeunes gens qui partirent clandestinement du port du Dourduff dans l'intention de rejoindre l'Angleterre, mais leur bateau fut pris dans une violente tempête et ils durent se résigner à accoster dans l'île de Guernesey bien qu'elle fût alors occupée par les Allemands ; arrêtés, ils furent internés à Jersey ; six d'entre eux furent condamnés à mort par une cour martiale allemande, mais seul François Scornet fut exécuté, les cinq autres voyant leur peine commuée en travaux forcés..

L'après guerre

Dominique L'Azou a raconté son enfance à Ploujean pendant les décennies 1950-1960 dans un livre : Les saisons de l'enfance en pays de MorlaixDominique L'Azou, "Les saisons de l'enfance en pays de Morlaix", Emgleo Breiz, 2003, .

Politique et administration

Liste des maires

|- style="background:white;" | colspan="6" |

|- style="background:white;" | colspan="6" |

Population et société

Démographie

Commentaire: L'annexion de la commune par Morlaix en 1959 interrompt la série statistique des données démographiques communales.

Enseignement

Santé

Économie

Culture locale et patrimoine

Lieux et monuments

L'église Notre-Dame (--s) est un édifice composite, formant une croix latine à transept bas. La façade ouest date de (1586) : clocher de style Beaumanoir., lanternons et portail de style Renaissance. Le chevet plat (XIVe siècle) à deux contreforts forme un triangle presque parfait percé de trois fenêtre à remplages en arc brisées. À l'intérieur, la nef romane (XIe siècle) à trois vaisseaux, couverte de charpente, ouvre sur les bas-côtés reconstruits au XIXe siècle par des arcs de plein cintre à simple rouleau retombant directement sur de grosses piles rectangulaires. Le chœur, séparée de la nef par un arc de triomphe gothique, a été édifiée au XIVe siècle. Il est éclairé par une maîtresse-vitre à remplages. L'église abrite un orgue classé. de 1680, orné de 6 cariatides en bas-relief et de quatre peintures. Il a été construit par le facteur Thomas Dallam.

A l'est de l'enclos paroissial, la chapelle Saint Roch (XV-XVIe siècles), ancien ossuaire, est classée..

Le Monastère de Traonfeunteuniou (XIXe, )

La Croix de Kerbaul (Haut Moyen Âge). Le Château de Nec'hoat (-s). Le Château de Kéranroux (1773).