Mehmed Djemal Pacha, en turc Mersinli Cemal Paşa, surnommé Küçük Djemal (« Djemal le petit »), devenu sous la République : Cemal Mersinli, est un militaire et homme politique de l'Empire ottoman puis de la République de Turquie, né en 1875 à Mersin et mort le (ou le 9) à Ankara. Pacha est un titre de fonction.
Carrière sous l'Empire ottoman thumb|left|Mehmed Djemal Pacha avec deux enfants à la cathédrale Saint-Georges de Jérusalem, 1917. thumb|310px|left|Mehmed Djemal Pacha passant en revue le à Jérusalem, 1916.
Mehmed Djemal, fils d'Osman Hasip Bey, entre en 1892 à l'École militaire ottomane (Mekteb-i Füsûn-u Harbiyye-i Şâhâne). Il sert comme officier dans la ottomane, basée dans les Balkans et qui devient en 1912 l'. Il est inspecteur des fortifications de Chtip, Köprülü et Skopje.
Il participe à la première guerre balkanique (1912-1913). En , il se distingue lors du en Albanie ottomane. En , il est élevé au rang de pacha"Mersinli Cemal Paşa", Centre de recherches Atatürk..
En , il est nommé commandant du , faisant partie de la , basée en en Syrie, et promu au grade de général de division (Mirliva). C'est à cette époque qu'il est surnommé « Djemal le petit » pour le distinguer de son supérieur Djemal Pacha, chef de l'armée de Syrie et membre du triumvirat des Trois Pachas, qui était appelé « Büyük Djemal » (« Djemal le grand »), .. En janvier-, il participe à l'offensive contre le canal de Suez.
En , la est retirée du front principal, dans le sud-ouest de la Palestine, laissant la place à deux nouvelles unités, les et . La doit tenir le centre et le nord de la Syrie ainsi que les confins de l'Arabie ottomane où elle fait face à la révolte arabe.
En , Mehmed Djemal remplace Djemal Pacha, rappelé à Constantinople, à la tête de la . Plusieurs intellectuels nationalistes arabes contemporains le jugent « bien disposé envers les Arabes », contrairement à son prédécesseur qui s'était rendu impopulaire par sa politique de répression brutale. Il fait suspendre les exécutions et remettre en liberté plusieurs prisonniers politiques. Le Palestinien Khalil Sakakini, libéré de prison par le nouveau commandant, écrit : . Le général allemand Otto Liman von Sanders, commandant du groupe d'armées de Palestine, note dans ses Mémoires que Mehmed Djemal est un homme connu et apprécié des habitants qui passent par lui pour transmettre leurs requêtes à Constantinople. Il bénéficie aussi de la publication des accords Sykes-Picot, qui prévoyaient un partage du Proche-Orient entre Français et Britanniques, faisant comprendre aux Arabes qu'ils n'ont rien à attendre de la Triple-Entente : dans la seule ville de Naplouse, plusieurs centaines d'Arabes vont s'engager dans l'armée ottomane.. Sous les ordres de Mehmed Djemal, la combat les rebelles arabes avec un certain succès sur la rive orientale de la mer Morte et du Jourdain.. En , il est promu général de corps d'armée (Ferik).
Cependant, la grande offensive britannique du général Edmund Allenby, en , oblige la à battre en retraite. Elle échappe à l'encerclement, en abandonnant de nombreux prisonniers, lors de la bataille d'Amman ()Spencer Tucker, World War I: Encyclopedia, Volume 1, ABC Clio, 2005, . puis de la bataille de Damas (-). Mehmet Djemal, qui ne veut pas se battre dans Damas, confie le commandement de la ville à son adjoint Behjet Bey qui le transmet à un nationaliste arabe, Choukri al-Ayoubi, ancien officier ottoman devenu représentant de l'émir Fayçal. Les troupes ottomanes évacuent la ville sans combat. Mehmed Djemal est alors rappelé à Constantinople.
Guerre d'indépendance et république de Turquie thumb|150px|Cemal Mersinli, député à la Grande Assemblée nationale de Turquie, v. 1921-1941. Après l'armistice de Moudros () par lequel l'Empire ottoman se retire du conflit et passe sous la tutelle des Alliés, Mehmed Djemal est envoyé à Konya en comme inspecteur de la . Il prend contact avec les nationalistes turcs regroupés autour de Mustafa Kemal. En , il est nommé inspecteur des écoles militaires.
En , il devient ministre de la Guerre dans le gouvernement du grand vizir où il se conduit comme représentant officieux du gouvernement provisoire kémaliste. Devenu suspect aux occupants britanniques, il doit démissionner le avant d'être arrêté le : il est envoyé en relégation à Malte. En , il rentre en Turquie à la faveur d'un échange de prisonniers après la bataille de la Sakarya.
Il est élu député de la Grande Assemblée nationale de Turquie. Le , il est arrêté sur le soupçon d'avoir participé à un complot en vue d’assassiner Mustafa Kemal mais déclaré non coupable lors d’un procès le .
Il reste ensuite à l'écart de la vie politique jusqu'à la mort de Mustafa Kemal. Il est alors élu député de Mersin le comme candidat du parti kémaliste CHP. Il meurt à Ankara le 7 ou le .
Références
Sources et bibliographie dans sa version du . dans sa version du . .
Lien externe
"Mersinli Cemal Paşa", Centre de recherches Atatürk
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