vignette|left|Statue de renard-gardien (koma-kitsune ; 狛狐) à l'entrée d'un sanctuaire d'Inari à Nara. vignette|Suite de toriis à l'entrée du Fushimi Inari-taisha.
est initialement le kami shinto des céréales, puis des fonderies et du commerce, ainsi que la gardienne des maisons (yashikigami).
Progressivement, son culte rejoint les deux grandes traditions religieuses du Japon : shinto et bouddhisme. Inari rassemble la religion institutionnelle et le courant chamanique; elle est souvent symbolisée par un renard, que celui-ci soit considéré comme son messager ou comme la divinité elle-même.
Une des étymologies les plus admises rapproche le nom de la divinité de ine-nari ou ina-nari, « croissance du riz ». Cette Inari était probablement à l'origine un kami des champs (ta no kami) devenue la divinité tutélaire (ujigami) du clan Hata, laquelle fut installée à Fushimi près de Kyōto. De très nombreux sanctuaires furent élevés au Japon en son honneur.
Selon la section Jinmyōchō de l'Engishiki, le sanctuaire d'Inari comportait trois trônes (sanza) ; le document médiéval Nijūni shaki les identifie comme Ōmiyame no Mikoto (suijin, kami de l'eau), Uka no Mitama no Mikoto (kami du grain) et Sarutahiko no Ōkami (jinushigami, kami de la terre). Les sources divergent sur la généalogie de ce dernier : le Kojiki en fait un enfant de Susanoo, tandis que le Nihon shoki le présente comme un enfant d'Izanagi et d'Izanami. Les lieux où le kami de la montagne était accueilli, et où se tenaient les matsuri en son honneur, sont désignés sous le nom de kitsunedsuka (« tertres du renard ») : selon la croyance, le kami de la montagne descendait, chevauchant un cheval, pour se transformer en kami des rizières, guidé en chemin par des renards. Le culte, né du raijin shinkō (culte du dieu du tonnerre), se développa progressivement en faveur du kami du grain, avant de se diffuser, notamment sous forme de yashikigami dans l'est du Japon, et de fusionner au début de l'époque d'Edo avec le culte de Kumano.
Bientôt la popularité d'Inari devint telle que le bouddhisme s'en empara et que le religieux Kūkai en fit une divinité protectrice du temple Tōji. Elle est considérée comme identique à Dakini Ten, dont le culte fut popularisé au . On la représente alors comme une personne âgée (homme ou femme) parfois debout sur un renard ; cependant la divinité shinto prit le nom d'Inari Myōjin pour se différencier de celle appelée Inari Ten, syncrétique (gongen).
Au sanctuaire shinto de Fushimi, Inari est considérée comme la divinité de la montagne qui réside sur le mont où est construit le sanctuaire. Cependant, Inari est aussi redoutée par les hommes, car elle peut les ensorceler et même les posséder en prenant l’apparence d'un moine bouddhiste ou d'une jeune femme séduisante.
Aujourd'hui, la notion originelle de fertilité agraire est associée à d’autres secteurs de l’économie tels que le commerce et plus récemment la pêche.
Ambivalente, bénéfique ou maléfique, souvent femelle, parfois mâle, Inari est essentiellement complexe. En effet, il y aurait autant de cultes dédiés à Inari que de pratiquants, chacun construisant sa propre image d’Inari et élaborant son propre culte. Selon , on assiste à une version personnalisée et individualisée du culte dédié à Inari. Divinité liminaire entre l’homme et les animaux, et entre l’homme et le divin, le culte à Inari serait l’une des métaphores de la société japonaise : une unité de façade et une hétérogénéité de fait.
Arbre généalogique
Références
Liens externes
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