L'élection présidentielle irakienne de 2018 a lieu le . Il s'agit d'élire au scrutin indirect le successeur de Fouad Massoum, élu en 2014 et dont le mandat de quatre ans arrive à expiration. Le poste est largement honorifique, l'Irak étant un régime parlementaire.
Barham Salih est élu au terme du scrutin.
Contexte Initialement prévu pour le , le vote est reporté au pour cause de quorum non atteint, plus de la moitié des parlementaires étant absentsIrak: deuxième tentative du Parlement pour élire le président La Croix. En Irak, le poste de président est traditionnellement attribué à un kurde tandis que celui de Premier ministre revient à un chiite et celui de président du parlement à un sunnite. À cette répartition s'ajoute celle propre aux partis du Kurdistan irakien. Le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) de Massoud Barzani qui domine le nord voyait attribuée la présidence du Kurdistan à l'un de ses membres, tandis que l'Union patriotique du Kurdistan (UPK), de Jalal Talabani qui domine le sud obtenait pour l'un des siens le président de l'État fédéral irakienThierry Oberlé, « À Souleimaniya, le référendum ne soulève pas l'enthousiasme », Le Figaro, 24 septembre 2017..
Or, en 2018, les deux principaux partis kurdes se mettent en concurrence dans le contexte du référendum de 2017 sur l'indépendance du Kurdistan irakien organisé par le PDK ayant mené de manière désastreuse à une reprise en quelques jours par l'armée fédérale de l'ensemble des territoires gagnés sur l'État islamique tout au long de la seconde guerre civile irakienne. À la suite de ce fiasco, les deux partis s'affrontent lors des élections législatives le , tandis que les prérogatives du président de la région kurde sont gelées, attisant la compétition ouverte pour la présidentielle irakienneIrak. L’élection du président retardée par la compétition entre KurdesEn Irak, compétition inédite entre Kurdes pour le poste de président.
Système électoral Le président irakien est élu au suffrage indirect par les du Conseil des représentants pour un mandat de quatre ans renouvelable une seule fois. Est élu président le candidat qui recueille la majorité des deux tiers du total des députés au premier tour, soit 220 voix. À défaut, les deux candidats arrivés en tête s'opposent lors d'un second tour, et le candidat qui recueille le plus de voix est déclaré éluArticles 70 et 72 de la constitution Constitution irakienne.
Principaux candidats Sur trente et une candidatures, sept sont finalement approuvées Parliament announces 7 names accepted for presidency nomination, dont les principales : Barham Salih, , candidat de l'Union patriotique du Kurdistan. Ancien vice-Premier ministre irakien et Premier ministre du Kurdistan. Considéré comme un modéré, sa candidature aurait de bonnes chances d'être soutenue à Bagdad, même s'il est décrié à Erbil par la frange favorable à l'indépendance du Kurdistan.
Fouad Hussein, , candidat du Parti démocratique du Kurdistan pour la première fois depuis 2005. Ancien directeur de cabinet de Massoud Barzani. Vétéran de l’opposition à Saddam Hussein, il a été membre avec Barham Saleh de l'autorité de transition mise en place par les États-Unis après l’invasion. Son appartenance à la foi chiite, à contrario de la quasi-totalité des Kurdes, sunnites, pourrait lui valoir un plus grand soutien des dirigeants à Bagdad, majoritairement chiites.
Résultats +Résultats. Candidats Partis tour tourVoix%Voix% Barham Salih UPK165 58,72219 90,87 Fouad Hussein PDK 89 31,6722 9,13 Sarwa Abdel Wahid Indépendante18 6,41 Abbas Mohammed Nouri Goran4 1,42Nawar Saad al-Moulla Indépendant2 0,71Abdel Latif al-Saffa Indépendant2 0,71 Thaer Ghanem MNI1 0,36Majorité requiseAu premier tour, la majorité des deux tiers des inscrits est requise, et non pas une majorité des suffrages exprimés. Au second tour, l'élection ne nécessite plus que l'obtention du plus grand nombre de voix entre les deux candidats restants, soit la majorité absolue des suffrages exprimés. 220 voix 50 % des voix Votes valides 281 93,05 241 88,60 Votes nuls 13 4,30 24 8,82 Votes blancs 8 2,65 7 2,57 Total 302 100 272 100 Abstention 27 8,21 57 17,33 Inscrits / participation 329 91,79 329 82,67
Analyse Après un nouveau report de plusieurs heures du scrutin, Salih arrive en tête du premier tour avec contre 89 pour son principal concurrent, Fouad Hussein. Il est ensuite élu après le retrait de celui-ci et après la décision du bloc du PDK de quitter le parlement en signe de protestation.
Notes et références Notes
Références
Irak 2018 Catégorie:Élection en Irak Catégorie:2018 en Irak Catégorie:Politique en octobre 2018