La bataille de Genola, aussi connue sous le nom de bataille de Fossano ou encore de bataille de Savigliano, se déroula le à Genola, dans le Piémont, dans le cadre de la guerre de la Deuxième Coalition. Elle opposa une armée impériale autrichienne dirigée par le général Michael von Melas à une armée française sous les ordres du général Jean-Étienne Championnet. L'affrontement se solda par une victoire autrichienne.

Championnet, qui commandait l'armée française depuis la mort du général Barthélemy Catherine Joubert à la bataille de Novi en , s'était fixé pour objectif de garder le contrôle de la forteresse de Coni. En novembre, lui et Melas passèrent à l'offensive et, après plusieurs combats préliminaires, leurs armées se rencontrèrent à Genola. Avec habileté, Melas repoussa ses adversaires du champ de bataille dans ce qui fut le dernier engagement d'importance disputé par les Français en Italie durant l'année 1799.

Ces derniers, ayant subi de lourdes pertes, furent contraints de battre en retraite à travers les Alpes, abandonnant Coni qui fut assiégée et prise le suivant. Au cours de l'hiver, les troupes françaises, mal équipées et insuffisamment nourries, furent ravagées par une épidémie de typhus à laquelle Championnet et de nombreux soldats succombèrent.

Contexte

Les défaites françaises en Italie et en Allemagne au cours de l'année 1799 avaient fragilisé le Directoire et débouché sur le coup d'État du 30 prairial an VII (). Les nouveaux responsables politiques envoyèrent le général Barthélemy Catherine Joubert au commandement de l'armée d'Italie, forte de hommes, avec ordre de passer à l'offensive. Joubert devait être soutenu sur sa gauche par l'armée des Alpes commandée par le général Jean-Étienne Championnet. À son arrivée, les lieutenants de Joubert lui conseillèrent d'attendre la venue des troupes de Championnet, mais le jeune général en chef ne souhaitait pas désobéir à ses instructions et il déclencha immédiatement son offensive. Le , Joubert fut tué et l'armée d'Italie défaite à la bataille de Novi par une armée austro-russe supérieure en nombre dirigée par Alexandre Souvorov. Toutefois, les Coalisés ne lancèrent pas de poursuite car les Autrichiens étaient plus préoccupés d'assiéger les forteresses italiennes. Souvorov et le corps expéditionnaire russe se mirent peu après en marche vers la Suisse, laissant l'Italie aux mains d'une armée autrichienne de soldats. Du côté français, le général Jean Victor Marie Moreau réorganisa les forces républicaines en attendant l'arrivée de Championnet.

Celui-ci quitta Grenoble le avec hommes divisés en quatre colonnes. La colonne la plus au nord franchit le col du Petit-Saint-Bernard afin d'être en mesure de tomber sur Aoste et Ivrée tandis qu'une autre colonne emprunta le col du Mont-Cenis et progressa en direction de Suze, menaçant Turin. Championnet lui-même cheminait avec une colonne forte de huit à neuf mille hommes qui traversa le col de Montgenèvre et se dirigea ensuite vers Fossano en passant par Pignerol. La colonne la plus au sud se fraya quant à elle un passage à travers le col de l'Argentière, dans la vallée de la Stura di Demonte, et s'avança sur Coni. Le , le général Paul Grenier avec hommes battit les soldats autrichiens du général à Fossano, ce dernier perdant 300 hommes et 700 prisonniers contre environ 200 tués ou blessés dans les rangs français. Deux jours plus tard, à Savillan, vingt mille Autrichiens commandés par le général Michael von Melas tombèrent sur la colonne de Grenier et lui infligèrent une sévère défaite, les pertes françaises se montant à environ deux mille hommes alors que celles des Autrichiens ne dépassaient pas quatre cents soldats. Les Français durent reculer en abandonnant Fossano et Savillan, provoquant le repli des autres colonnes. La colonne nord menée par le général Guillaume Philibert Duhesme dut elle aussi rétrograder après avoir vu sa progression bloquée par le fort de Bard.

Préludes

vignette|upright|Laurent de Gouvion-Saint-Cyr.

Championnet remplaça Moreau au commandement de l'armée d'Italie à Gênes le . Cette dernière fut amalgamée à cette date avec l'armée des Alpes. Championnet souhaitait abandonner Gênes afin de réduire la longueur du front qu'il était censé défendre, mais le gouvernement français l'en empêcha formellement. Les troupes françaises comprenaient théoriquement soldats sous les armes, mais seulement en excluant les garnisons. L'aile droite, sous les ordres du général Laurent de Gouvion-Saint-Cyr, était composée des divisions des généraux Jean-Henri Dombrowski, Pierre Garnier de Laboissière, Sextius Alexandre François de Miollis et François Watrin, pour un total de hommes. Championnet commandait personnellement le centre, fort de hommes répartis dans les divisions de Louis Lemoine et de Claude-Victor Perrin, stationnées à Mondovì. L'aile gauche, enfin, était positionnée non loin de Coni ; dirigée par Grenier, elle était constituée de la division de ce dernier et de celle de Duhesme, ainsi que d'une réserve de soldats commandée par André Calvin, soit hommes au total. Duhesme était également chargé d'occuper les cols du Petit-Saint-Bernard et du Mont-Cenis. Face aux Français se trouvait le général Johann von Klenau devant Gênes, le général Pál Kray dans la vallée d'Aoste et le général Melas qui menaçait Coni.

vignette|gauche|upright=1.5|Carte de la province de Coni. Genola est situé à l'intersection des trois routes au sud de Savillan.

Les forces de Saint-Cyr résistèrent brillamment aux Autrichiens dans la région de Gênes.. Le , les soldats du général Watrin battirent les hommes de Klenau à Bracco, un petit village à l'est de Sestri Levante. Les Autrichiens perdirent hommes, pour la plupart faits prisonniers, alors que les pertes françaises étaient d'environ une centaine. Cet affrontement eut lieu dans le cadre d'une opération plus générale qui avait débuté le et lors de laquelle les troupes françaises, avançant depuis Torriglia, repoussèrent les avant-postes de Klenau dans les montagnes à l'est de Gênes, avant de se retirer sur leurs lignes de départ huit jours après.. Le , Saint-Cyr infligea une défaite au général Andreas Karaczay lors de la . Les hommes dont disposait Karaczay laissèrent sur le terrain 300 tués ou blessés ainsi que prisonniers et quatre canons aux mains des Français, ces derniers déplorant pour leur part 400 hommes hors de combat et 800 prisonniers sur un effectif total de hommes..

À la suite de ce succès, Saint-Cyr continua de progresser au nord. Kray fut envoyé pour l'arrêter à la tête d'un contingent important comprenant notamment cavaliers et 25 pièces d'artillerie. Le commandant de l'aile droite française se replia alors sur les hauteurs en arrière de Novi. Kray entreprit de manœuvrer afin de l'inciter à évacuer sa position mais Saint-Cyr refusa de bouger. Le , au cours de la troisième bataille de Novi, Kray se lança à l'attaque des hauteurs en quatre colonnes mais ses troupes tombèrent dans une embuscade habilement préparée. Les unités françaises se replièrent initialement en combattant, entraînant les Autrichiens à leur suite. Soudain, l'artillerie de Saint-Cyr restée masquée jusque là ouvrit le feu tandis que la division Dombrowski se rua sur le flanc des assaillants. Ces derniers furent expulsés des hauteurs mais Saint-Cyr, prudent, refusa de se lancer à leur poursuite dans la plaine où se trouvaient déployées la nombreuse cavalerie et artillerie autrichiennes.. Sur un effectif initial de hommes, les Français eurent 400 pertes mais celles de leurs adversaires étaient bien supérieures avec hommes et cinq canons hors de combat sur un effectif global de soldats..

Plus à l'ouest, des combats se déroulèrent à Saluces et Pignerol. Le , les divisions de Victor et de François Muller attaquèrent les Autrichiens à Beinette avec de lourdes pertes dans les deux camps. En définitive, Melas leva le siège de Coni et battit en retraite. La division Lemoine fut impliquée dans des affrontements à Mondovì les 27 et . Le 31 du même mois, Melas avec hommes défit les soldats de Grenier à Centallo, infligeant une perte d'environ hommes et prenant quatre canons tout en ne perdant que 200 soldats. Les Français n'en continuèrent pas moins de progresser vers Fossano. Duhesme affronta un contingent autrichien à Pignerol le et le lendemain, les troupes républicaines s'emparèrent de Mondovì.

Forces en présence

vignette|upright|Le général Jean-Étienne Championnet, commandant en chef l'armée française d'Italie.

L'armée française d'Italie, sous les ordres de Championnet et de son chef d'état-major, le général Louis-Gabriel Suchet, était composée des divisions Duhesme, Grenier, Lemoine et Victor et de la division de cavalerie du général Antoine Richepanse. Grenier étant aux commandes de toute l'aile gauche française, le général Muller dirigeait la division en son nom. Cette dernière alignait un effectif de hommes et comprenait les , et demi-brigades d'infanterie légère, les , , , , et demi-brigades d'infanterie de ligne, auxquelles s'ajoutaient les 600 sabres du régiment de hussards. Les différentes brigades étaient commandées par les généraux Claude Clément, Jean Dominique Compans et Jean Davin ; le général Julien Auguste Joseph Mermet commandait la cavalerie. La division Duhesme, forte de hommes également, était formée des et demi-brigades légères, des , , et demi-brigades de ligne ainsi que du régiment de hussards. Les brigades étaient cette fois dirigées par Georges Kister, Joseph Mathurin Fidèle Lesuire et Claude-François de Malet..

La division Victor ( hommes) était constituée du bataillon de la demi-brigade légère et des , , , , , , et demi-brigades de ligne. Les brigades étaient sous la responsabilité des généraux Charles Louis Dieudonné Grandjean, Jean-Louis Gaspard Josnet de Laviolais et Pierre Poinsot de Chansac. La division Lemoine ( hommes) comptait, outre la demi-brigade légère et la demi-brigade de ligne, la demi-brigade de ligne commandée par Philibert Fressinet, la demi-brigade de ligne de Gaspard Amédée Gardanne, la demi-brigade de ligne menée par Bertrand Clauzel et 114 hussards détachés. La demi-brigade légère de Jean-Mathieu Seras ne fut pas engagée, pas plus que la demi-brigade de ligne. Les cavaliers placés sous les ordres de Richepanse étaient issus des , et régiments de cavalerie ainsi que des , , et régiments de chasseurs à cheval. Les effectifs répertoriés ci-dessus forment un total de hommes. Une deuxième source affirme cependant que les Autrichiens bénéficiaient de la supériorité numérique et donne pour les Français un effectif total de 20 à hommes, apparemment sans compter Lemoine. Deux autres sources indiquent qu'il n'y eut que soldats français engagés à Genola..

vignette|gauche|upright|Le général Michael von Melas, commandant en chef l'armée autrichienne d'Italie.