Juan Branco, né le à Estepona (Andalousie), est un avocat, essayiste, militant politique d'extrême gauche et réalisateur franco-espagnol.
Étudiant, il s'oppose à la loi Hadopi et s'engage en politique, d'abord auprès de Dominique de Villepin puis au sein du parti politique Les Verts.
Docteur en droit en 2014, il est le conseiller juridique, en France, de WikiLeaks et de Julian Assange. Il devient avocat en prêtant serment en . Il défend Jean-Luc Mélenchon dans l'« affaire OAS », puis se présente aux élections législatives en Seine-Saint-Denis avec le soutien de La France insoumise.
Il participe au mouvement des Gilets jaunes et défend des figures du mouvement, dont Maxime Nicolle. En 2019, il publie Crépuscule, un pamphlet critiquant l'accession au pouvoir d'Emmanuel Macron.
En , Juan Branco est suspendu neuf mois par le conseil de discipline du barreau de Paris pour avoir violé le secret de l'instruction d'une enquête pour viols et agressions sexuelles dont il fait l'objet ; cette décision est confirmée en appel en .
Situation personnelle Origines et vie privée Né en Espagne, dans la commune d'Estepona, en Andalousie, Juan Branco est le fils du producteur de cinéma portugais Paulo Branco et de la psychanalyste espagnole Dolores López. Il est naturalisé français le ..
En 2020, il habite dans le .
Formation Après une scolarité dans les écoles publiques du quartier de la Sorbonne à Paris (rue Cujas et rue Victor-Cousin), Juan Branco étudie à l'École alsacienne, un établissement privé du . À l'époque, il crée avec un camarade un Skyblog qui sera utilisé pour attribuer des notes au physique des lycéennes.Gabriel Attal est de ceux qui s'en plaignent auprès de la direction de l'établissement. L'inimitié qui nait alors entre Attal et Branco persistera (Cf. inf. révélations sur Gabriel Attal).
En 2007, il intègre Sciences Po où il relance le ciné-club et où le directeur de l'établissement, Richard Descoings, lui confie ; Branco analysera par la suite les réactions de plusieurs autres élèves à ces missions comme une tentative du de le corrompre.
En 2011 il obtient une maîtrise de littérature moderne à l'université Paris-IV, puis, en 2012, les masters de philosophie politique et de géopolitique à Paris 1 et un master d'affaires publiques à Sciences Po.. Il était entré en 2009, après une admission par la voie universitaire, à l'École normale supérieure au département de littérature et langages (LILA), où il avait suivi le cursus étudiant et dont il sort diplômé en 2013. Un article de L'Express note, en 2019, que Branco dit avoir été , sur son CV, ce qui constituerait un , car il s'agit d'un exercice auquel tout étudiant doit se soumettre.
En 2014, sa thèse intitulée De l'affaire Katanga au contrat social global : un regard sur la Cour pénale internationale, menée sous la direction de l'historien du droit Jean-Louis Halpérin et soutenue à l'ENS, lui confère le titre de docteur en droit.. Ces travaux sont récompensés en 2015 par un prix de thèse de l'institut universitaire Varenne, dans la catégorie « justice pénale internationale »., et sont publiés et diffusés par l'éditeur LGDJ..
En 2017, il devient avocat..
Carrière Enseignant-chercheur Il commence une carrière d'enseignant-chercheur en droit. Avant de l'interrompre, il travaille brièvement, à partir de 2013, à l'université Yale aux États-Unis puis, en 2015-2016, à l'Institut de recherche Max-Planck, au Luxembourg, ainsi qu'à l'université de Rome « La Sapienza »..
Juriste puis avocat thumb|Portrait de Juan Branco en 2016. Branco travaille, en tant que collaborateur extérieur du ministre, au ministère français des Affaires étrangères pendant un an, entre et .
Dans le même temps, après avoir collaboré avec l'organisation en tant que bénévole pendant quelques mois, il intègre l'équipe de défense de WikiLeaks et Julian Assange, sous la direction de Baltasar Garzón.. En tant que conseiller juridique, il représente alors, publiquement, l'organisation, notamment lors des révélations d'espionnage de la (NSA) en 2015... Il participe aux négociations diplomatiques dans le but d'obtenir le droit d'asile pour Julian Assange, auxquelles l'Élysée finit par opposer une fin de non recevoir. (Mediapart).. Il est décrit par Le Supplément comme de Julian Assange., chargé notamment des procédures auprès de l'Organisation des Nations unies (ONU) et des rapports avec .. Du fait de son travail avec WikiLeaks, il est espionné par la Central Intelligence Agency (CIA), notamment lors de ses visites à Julian Assange à Londres et porte plainte contre X après la révélation de cet espionnage en 2019...
En , alors qu'il n'a pas encore prêté serment, Juan Branco propose ses services d'avocat à Salah Abdeslam, un des terroristes responsables des attentats islamistes de en France, après que ses deux avocats ont abandonné sa défense en raison de son mutisme persistant.. Abdeslam ne donne pas suite à cette offre., mais la proposition fait des remous dans le milieu pénal. Notamment, son confrère ayant quitté la défense de Salah Abdeslam dénonce la manière qu'a Branco d'offrir ses services alors qu'il n'est pas encore avocat et de dénigrer les méthodes de ses confrères pour appuyer son démarchage, ce que les règles de la profession interdisent.
Devenu avocat en , Juan Branco a pour mandants, lors de ses premières années d'exercice, l'homme politique Jean-Luc Mélenchon, à qui le gouvernement français n'aurait pas attribué une protection particulière malgré une menace d'attentat ; son propre père, le producteur de cinéma Paulo Branco, dans le cadre d'un conflit financier l'opposant au réalisateur Terry Gilliam. ; des figures du mouvement des Gilets jaunes telles que Maxime Nicolle, Christophe Dettinger et Stéphane Espic... ; l'influenceur web dit « Marvel Fitness », accusé d'avoir harcelé moralement d'autres influenceuses. ; l'un des accusés poursuivi pour harcèlement ou menace de mort dans l'Affaire Mila.. ; la Liga, le championnat d'Espagne de football, dans un conflit contre le club français du Paris Saint-Germain. ; ainsi que Damien Tarel, un homme condamné pour avoir giflé Emmanuel Macron..
Recruté en par l' en République centrafricaine en tant qu'expert indépendant., il est chargé, avec deux autres personnes, de l'élaboration de la stratégie des poursuites du procureur de la Cour pénale spéciale centrafricaine. Lié par une clause de confidentialité, il accuse le , de façon publique sur Twitter, les forces de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) d'être à l'origine d'un massacre à Bangui. Moins d'une semaine plus tard, il est expulsé du pays et allègue que c'est le résultat de la de l'institution..
En , il dépose à la Cour pénale internationale (CPI), conjointement avec Omer Shatz, une communication sur la politique migratoire européenne, accusant les dirigeants de l'Union européenne de crimes contre l'humanité.. Présenté par un consortium de médias internationaux comme le travail des deux avocats...., le rapport affirme qu'une attaque systématique et généralisée aurait été menée contre des civils, en mer Méditerranée et en Libye, entre 2014 et 2019. Le document n'est pas fondé sur une , mais sur l'analyse de déclarations, décisions et rapports européens.. Le ministère français des Affaires étrangères français réagit, en indiquant que ..
Carrière cinématographique Selon la présentation du festival international de cinéma LEFFEST, Juan Branco est actif dans le cinéma depuis son adolescence. Il a réalisé plusieurs courts-métrages, dont Ivresses (2007), Toi + Moi (2010) et Dans l'antre du loup (2017). Il a également participé au développement du film L'Enfant de Marguerite de Hillerin et Félix Dutilloy-Liégeois (2022).
En 2025, il présente son premier long-métrage de fiction, Le Massacre de Gilles de Rais (O Massacre de Gilles de Rais), sélectionné à la Mostra de São Paulo (Special Presentation), au Festival international du film de Pingyao (Compétition « Crouching Tigers ») et projeté hors compétition au LEFFEST.
Arrestation au Sénégal Devenu l'un des avocats de l'homme politique Ousmane Sonko, figure de l'opposition au Sénégal, Juan Branco annonce en demander une enquête à la Cour pénale internationale (CPI) contre le président sénégalais Macky Sall, pour crimes contre l'humanité à l'occasion de l'arrestation de Sonko et des manifestations qui s'ensuivent. Branco dénonce également, nominativement, deux Français qui auraient joué un rôle dans la répression de ces violences. En réponse, la justice sénégalaise lance en juillet un mandat d'arrêt international contre lui.. tandis que le ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères porte plainte, estimant que les révélations de Branco sur l'identité des deux agents français les mettent en danger. ; cette plainte est cependant classée sans suite..
Malgré le mandat d'arrêt qui pèse sur lui, Branco entre clandestinement au Sénégal et fait une apparition inopinée dans une conférence de presse le . Les médias annoncent qu'il est rapidement évacué., puis arrêté par les forces de l'ordre le à la frontière sénégalaise, alors qu'il tente, déguisé en pêcheur, de rejoindre en pirogue Rosso en Mauritanie. Arrêté du côté mauritanien, il est extradé le jour même vers le Sénégal... À la capitale, Dakar, il est écroué à la maison d'arrêt de Rebeuss... Branco y est inculpé pour attentat, complot, diffusion de fausses nouvelles, actes et manœuvres de nature à compromettre la sécurité publique ou à occasionner des troubles politiques graves, ainsi que pour séjour irrégulier et outrage à magistrat., des accusations dans lesquelles son propre avocat dénonce l'absence de fondement juridique sérieux.. Le lendemain, , Branco est libéré et repart en France..
En , à l'initiative du groupe parlementaire espagnol Sumar, une enquête judiciaire est lancée en Espagne, avec le juge de l'Audience Nationale , concernant son arrestation en Mauritanie le ... Branco affirme y avoir été « kidnappé » par des hommes portant cagoules et sans signes distinctifs. Il porte plainte en contre un responsable de la police sénégalaise qui aurait organisé cette arrestation..
Parcours politique Image publique Ses prises de position lui valent une image contrastée dans les médias. En , L'Express voit en lui un , critique sa proximité avec le mouvement des Gilets jaunes et met en doute la sincérité de son engagement.
Dans les années 2020, Juan Branco est décrit comme étant « très à gauche » par L'Obs, et il est, selon BFM TV, « proche des milieux d'extrême gauche ». BFM TV et Radio France le qualifient également comme étant d'« extrême gauche », mais ajoute qu'il est « surtout un anti-macroniste convaincu ».. Lui-même se définit comme « révolutionnaire ». Charlie Hebdo estime que son livre Abattre l'ennemi se situe entre populisme et « appel à moitié caché à la guerre civile ».. Selon Libération, Juan Branco a un seul objectif : « abattre l'oligarchie », et ce populisme passe par du complotisme.
Villepinisme, Les Verts et Parti socialiste vignette|Logo de Jeune République, mouvement lancé par Juan Branco et proche de Dominique de Villepin. À la fin des années 2000, alors qu'il étudie à Sciences Po, il s'engage auprès du directeur Richard Descoings dans des projets de réforme de l'école. Réputé proche de Dominique de Villepin, il rejoint les Jeunes Verts, dirige la section Île-de-France et se mobilise contre la politique migratoire européenne et la directive retour...
France Info indique : .
En 2009, aux côtés de La Quadrature du Net., il s'engage contre le projet de loi favorisant la diffusion et la protection de la création sur internet (dite « Hadopi ») en créant la plateforme Création, Public, Internet et en rédigeant, en , une lettre ouverte s'opposant au projet, signée par des personnalités du monde cinématographique, dont son père, Catherine Deneuve, Chantal Akerman et Christophe Honoré..