thumb|La cathédrale de Prague.

L'Église catholique en Tchéquie (), désigne l'organisme institutionnel et sa communauté locale ayant pour religion le catholicisme en Tchéquie.

L'Église en Tchéquie est organisée en deux provinces ecclésiastiques, qui ne sont pas soumises à une juridiction nationale au sein d'une église nationale mais qui sont soumises à la juridiction universelle du pape, évêque de Rome, au sein de l'« Église universelle. ».

Les 14 provinces répartissent 8 diocèses (deux archidiocèses métropolitains et six diocèses), qui rassemblent toutes les paroisses situées en TchéquieAnnuario pontificio 2011, Città del Vaticano, 2011..

En étroite communion avec le Saint-Siège, les archevêques et évêques des diocèses en Tchéquie sont membres d'une instance de concertation, la Conférence épiscopale tchèque. L'archevêque de Prague est le primat de Tchéquie.

Depuis 1948, la Tchéquie n'a plus de religions d'État ni officielles. L'Église catholique est autorisée par la Charte des droits et libertés fondamentales de la Tchéquie qui garantit la liberté de culte. : la loi peut limiter la liberté de religion en cas de menaces contre « l'ordre public, la santé et la moralité, ou les droits et libertés d'autrui»..

L'Église catholique est la communauté religieuse comptant le plus de fidèles en Tchéquie..

Histoire Évangélisation (880 - 1402) thumb|280px|left|La basilique du monastère de Velehrad, le plus important lieu de pèlerinage de la République tchèque. Édification à partir de 1228 et reconstruction jusqu'en 1735. En 880, à la cour de Grande-Moravie., l'évêque de Sirmium, saint Méthode, baptise le duc de Bohême, avec sa femme Ludmila. Dès son retour dans son duché, le duc entreprend de diffuser la foi catholique et construit l'église de Levy Hradec et de celle de Notre-Dame au château de Prague. Le duché est admis parmi les états ouest-européens.

Les moines et les prêtres, qui savent lire et écrire, apportent les premiers livres (en latin). D'importantes églises sont construites, avec des ateliers d'écriture, enluminure et reliure où l'on fabrique les livres à la main. Les moines copistes et les écrivains publics commencent à recopier les textes avec des plumes d'oie sur des supports en parchemin. Les livres sont remplis d'illustrations superbes et servent souvent à répandre la culture religieuse ou laïque. Les vies des saints et les chroniques témoignant des événements importants ou des actions remarquables des gouvernants de l'époque se multiplient.

En 935, le duc Venceslas de Bohême est assassiné par son frère Boleslav puis est béatifié. Depuis, Saint Venceslas est le patron de la Bohême. La ville de Prague devient le centre du pouvoir et un évêché y est instauré en 973.

L'Église catholique se développe surtout au , siècle grâce à l'influence des Habsbourg qui s'établissent à la tête du royaume de Bohême.

La Bohême protestante contre les Habsbourg catholiques (1402 - 1945)

Sous (1376 – 1419) En 1402, à la suite des prêches de et , le recteur de l'université de Prague, Jan Hus ayant découvert les œuvres du théologien anglais John Wyclif, par l’intermédiaire des étudiants anglais de l’université Charles de Prague, est nommé prédicateur à la chapelle de Bethléem, créée à Prague par un marchand..

Protégé par l’archevêque et le roi, Hus y prêche avec succès une réforme de l’Église, en défendant la pauvreté absolue de l’Église, en rejetant beaucoup d’éléments de la pratique religieuse et en ne gardant que l’autorité et l'interprétation individuelle de la Bible, qu’il entreprend de traduire en tchèque.

Ses prêches rencontrent un large écho dans le public, mais défendant une autonomie tchèque nationale des affaires ecclésiastiques au détriment de l'autorité impériale, germanique et de la papauté, elles menacent l'unité germano-tchèque et provoquent l'ire de la hiérarchie catholique.

En 1414, pour mettre fin au grand schisme qui divise l'Occident entre le pape de Rome et l'anti-pape d'Avignon depuis 1378, un concile catholique est organisé à Constance. Le concile convoque Jean Hus et le (jour férié depuis le ) 1415, Hus, est brûlé vif sur un bûcher pour « hérésie » puis en 1416 son ami, Jérôme de Prague subit le même sort.

Le , une pierre qui aurait été lancée depuis l'hôtel de ville de la Prague sur une procession hussite menée par le prédicateur Jan Želivský, déclenche une révolte de grande ampleur. Des protestants pénètrent dans le bâtiment et jettent par la fenêtre sept échevins catholiques sur des lances pointées vers le haut et la foule les achève. La foule s'en prend ensuite aux églises et monastères fidèles à l'Église catholique.

Sous Sigismond (1419 – 1437) Le , le roi catholique de Hongrie, , devient roi de Bohême. Il entreprend les croisades catholiques pour mater la rébellion hussite, provoquant quinze années de malheurs dans une Bohême fanatisée entre les Hussites, partisans des thèses de Jean Hus, et les Catholiques.

Les (principe d’une vraie réforme restaurant le christianisme primitif) deviennent prétexte à des abus et donnent lieu à des affrontements à l’intérieur du camp hussite.

En 1436, les compactata (accords) du concile de Bâle, garantissant une certaine tolérance doctrinale à l'aile modérée rebelles hussites qui les acceptent à la diète de Jihlava., mettent fin aux croisades catholiques contre les rebelles hussites, mais entraînent la guerre avec les Taborites.

Sous Maximilien (1564 – 1576) En Bohême, les utraquistes (ou hussites) deviennent les Frères moraves (ou Frères tchèques) au .

Devenus majoritaires en 1575, ils publient la confession de Bohême qui s'oppose à la foi catholique.

Sous (1576 – 1611) Le roi de Hongrie, , devient empereur en 1576, et impose la réforme catholique (contre-reforme). Les Frères tchèques et leurs représentants sont excommuniés par le pape et leur culte interdit : on brûle leurs temples et détruit leurs livres.

Déterminé à unifier toute la chrétienté, Rodolphe entreprend une croisade contre les Turcs musulmans en 1593. Mais en 1604, aidé par les Turcs, un noble protestant hongrois, Étienne Bocskai, lance le soulèvement de Bocskai et s'empare de la Transylvanie puis en 1605 de la Transdanubie. En 1605, Rodolphe étant malade mentalement, cède à son frère Matthias, le contrôle des affaires hongroises notamment celles des rebelles protestants de Hongrie. Le résultat en est la paix de Vienne signée le entre Rodolphe et le prince de Transylvanie, Étienne Bocskai. Malgré l'opposition ferme de Melchior Klesl, évêque catholique de Vienne, la paix garantit les droits et privilèges en matière constitutionnelle et religieuse en Transylvanie et en Hongrie royale (actuelle Slovaquie). La liberté religieuse et confessionnelle est établie, notamment pour les protestants. Ainsi, à Sopron (Hongrie), l'accord reconnaît l'autorité des Hongrois luthériens sur la ville ; en Transylvanie, les Calvinistes obtiennent la tolérance religieuse.

Tandis que Rodolphe se prépare à entamer une nouvelle croisade contre les Turcs, les députés de la Diète à Presbourg (Bratislava) réclament pour eux aussi vers la fin 1607, l'égalité des droits des Églises, réformées et catholiques.. Matthias rejoint les Hongrois mécontents à Presbourg puis en Moravie. En échange de la promesse de tolérance religieuse, les Hongrois et les Moraves forment une armée dirigée par Matthias qui marche sur Prague en .

Mais Rodolphe promet de satisfaire aux exigences des protestants de la Bohême, aussi celle-ci reste du côté de Rodolphe. Ne pouvant conquérir la Bohême, Matthias est contraint de signer la paix de Libeň avec Rodolphe en . Rudolf parvient à garder la Bohême, et Matthias garde la Hongrie, l'Autriche et la Moravie.

Le , Matthias est couronné roi de HongrieKarl Heinrich Joseph Coeckelberghe-Duetzele, op. cit, .. Pour avoir aidé Matthias contre Rodolphe, devient le premier palatin protestant de Hongrie.

Pour avoir soutenu Rodolphe contre Matthias, les protestants de Bohême reçoivent la liberté religieuse en 1609, par le décret appelé « lettre de majesté » dans lequel Rodolphe reconnait la liberté de culte aux protestants dont les hussites. Leurs conversions forcées à la foi catholique est interdite et un collège arbitral composé de 30 Défenseurs de la Foi est institué : , et du ban seigneurial de Bohême, dont le comte protestant Heinrich Matthias von Thurn.

Pour porter renfort à son oncle Rodolphe, l'évêque de Passau, , forme une armée de 10 000 mercenaires, les Kriegsvolk (litt. gens de guerre) ou « guerriers » de Passau, sous le commandement de en . En , les guerriers quittent Linz et pénètrent le en Bohême où ils occupent dès le les villes de Krummau et Budweis. Dans cette dernière, qui leur sert de base, ils ont causé de cruelles atrocités, dévastations et pillages.

Au milieu du mois de , le commandant Ramée et sa troupe se rendent à Prague, où il prétend venir au secours de Rodolphe. Cependant, craignant pour leurs libertés, le comte protestant von Thurn et les citoyens de Prague se défendent. Le comte von Thurn dirige la Ständearmee dans la lutte contre les guerriers de Passau qui parviennent à envahir et dévaster la et de Hradschin.

Pour obtenir de l'aide contre Rodolphe, les protestants de Bohême font alors appel à Matthias qui marche sur Prague à la tête d'une armée. À la demande de la population de Prague, l'armée de Matthias s'installe dans Prague après que le commandant Ramée se soit enfui à Budweis le .

Les succès remportés dans les combats en Bohême contre Rodolphe, dans lesquels les troupes de Matthias sont restées pratiquement sans pertes, rendent célèbre l’.

Matthias enferme Rodolphe dans son château de Prague jusqu'à ce qu'il lui cède la couronne de Bohême en (Matthias en est couronné le ).

Sous Matthias (1611 – 1617) En , l'évêque de Passau, Léopold, se soumet à Matthias, les guerriers de Passau sont dissous et son commandant Laurentius Ramée sera décapité par l'épée en 1613. Le , Rodolphe abdique avant de mourir le .

L'évêque de Vienne, Melchior Klesl, est nommé à la tête du conseil privé de l'empereur Matthias. Contrairement aux années précédentes, où Klesl s'était distingué en tant que contre-réformateur zélé, l'évêque espère parvenir à un compromis entre les États catholiques et protestants au sein du Saint-Empire romain germanique afin de le renforcer.

Sous (1617 – 1619) Mais en 1617, l'inflexible et intransigeant archiduc catholique Ferdinand est élu roi de Bohême et va immédiatement s'opposer à la lettre de majesté de Rodolphe et à la politique de conciliation de Matthias et du frère de ce dernier, Maximilien. Ferdinand entreprend la catholicisation à grande échelle de la Bohême et s'efforce de restreindre les prérogatives des parlements, s'aliénant les chambres élues. Le , la ligue catholique ferme un temple protestant à Broumov et rase un temple sur les terres de l'archevêché à Hrob.

Les nobles protestants s'assemblent et adressent à l'empereur Matthias une lettre de remontrances ; pour toute réponse, Matthias fait interdire le parlement.

Le , des aristocrates protestants se rendent au château de Prague pour rencontrer les gouverneurs catholiques. Les protestants tiennent un tribunal improvisé dans une salle situé à du rez-de-chaussée et défenestrent le gouverneur impérial , puis le gouverneur impérial et enfin le secrétaire des gouverneurs, Philippe Fabrizius. Un des protestants crie : . Cependant, Martinic se met à bouger : . Mais pour les protestants, c'est le tas de fumier qui est la cause du miracle.. Les protestants leur tirent dessus sans les toucher. Martinic et Fabrizius s’enfuient en courant. Slavata est emporté inconscient.