Boris Borisovitch Bojnev (en ), né le à Tallinn, alors dans l'Empire russe, et mort le à Marseille est un poète de la première vague de l'émigration russe en France.

Biographie et œuvre poétique Boris Bojnev est le fils d'un professeur d'histoire et de littérature, Basile Bojnev, mort alors qu'il n'avait pas quatre ans. Il est élevé dans la famille de son beau-père, Boris Guerchoune, qui l'adopte. Il est très tôt attiré par la poésie, la peinture, la musique.

Après la révolution, il est envoyé par ses parents à Paris, mais leur situation financière ne permet pas de l'inscrire dans un établissement d'enseignement supérieur. Il travaille comme copiste de musique dans un magasin de partition, poursuit parallèlement une activité littéraire, et participe activement à la vie littéraire russe parisienne, notamment à la Chambre des poètes (). Il entre dans le groupe d'avant-garde poétique À travers (), créé en 1923 par Ilia Zdanevitch, qui comprend également Valentin Parnakh, Gueorgui Evangoulov, Boris Poplavski, Serge Charchoune et d'autres.

Il commence à publier des poèmes à Sofia, en 1920. La parution de son premier recueil, Lutte pour l'inexistence («Борьба за несуществование», 1925) fait un scandale parmi l'émigration russe, émue par ses poèmes en forme de provocation et par l'association d'une forme classique à des contenus choquants, proches dans leur esprit de l'esthétique du laid » et de la perception russe des œuvres des « Poètes maudits » français.

Ce recueil se caractérise par une désesthétisation de la langue poétique, l'élévation de thèmes traditionnellement « bas », l'avilissement des thèmes et des images « élevées », ainsi qu'un cynisme et un nihilisme revendiqué .

Le recueil suivant, Fontaine («Фонтан», 1927), seul recueil lyrique consacré entièrement au thème tiré du célèbre poème de Fiodor Tiouttchev, lui vaut d'être qualifié par Gueorgui Adamovitch de des jeunes poètes parisiens.

Cependant, après la publication du recueil Silentium Sociologicum (1936), éreinté par la critique, et après son mariage avec Ella Kaminer (1907-1976), Boris Bojnev cesse de participer à la vie littéraire russe parisienne et rompt bientôt définitivement avec le milieu de l'émigration. Ses livres suivants paraissent en édition d'auteur, avec un tirage limité.

Pendant la Seconde guerre mondiale, il s'installe à Marseille où il est plusieurs fois menacé avec sa femme d'internement et d'arrestation à cause de l'origine juive d'Ella Bojnev et de sa famille adoptive. Après la guerre, il vit dans le Sud de la France, et, en 1947, quand sa femme se rend en Palestine auprès de sa mère, son entourage devient entièrement français.

Il ne cesse alors d'écrire et publie avec des moyens de fortune plusieurs livres de poésies : en 1948, Oratorio pour pluie, voix masculine et brouillard («Оратория для дождя, мужского голоса и тумана»), Fugue de traces lumineuses («Фуга светлых следов»), Son de cloche sur « le Royaume de Dieu est autour de nous » («Колокольный звон над „Царство Божие вокруг нас“»), Matin après la lecture des « Frères Karamazov » («Утро после чтения „Братьев Карамазовых“»), et en 1949 Matin après la lecture des « Frères Karamazov » («Утро после чтения „Братьев Карамазовых“» et Élévation de lignes blanches et sifflement de la place («Высоко белеющие строки и свист площади»). En 1959, il achève le poème Pour que l'éveil dure plus que le sommeil («Чтоб дольше сна продлилось пробужденье»), qui n'est pas publié de son vivant. 

Dans ces dernières œuvres, Bojnev crée un univers poétique unique, où se mêlent de façon fantasque  les influences française de l'avant-garde de la fin du et du début du s, le symbolisme russe et les poètes  de « pléiade de Pouchkine ». S'y conjuguent des éléments de différentes strates lexicales, le poétisme et des archaïsmes solennels s'accommodent avec les prosaïsmes et les vulgarismes, les architectures complexes, rappelant souvent la forme musicale de la sonate et la versatilité des images surréalistes se marient avec une authentique sincérité lyrique des sentiments et une compréhension des lois éternelles de l'existence humaine.

Il meurt à Marseille de la grippe le .

L'édition la plus complète des poésies de Boris Bojnev a été réalisée par  (Berkeley, 1987-1989). Des poèmes choisis ont été publiés en Russie en 2000 à Tomsk, sous le titre d'Élégie hellégiaque (Элегия эллическая).

Œuvres graphiques et objets Boris Bojnev peignait également des aquarelles et des paysages au pinceau chinois. Il a également tourné avec Jean Cocteau des films abstraits et diaboliques, et a fréquenté René Clair.

Il a aussi accumulé une collection de cartes postales érotiques, dont plusieurs milliers des années 1900, et dont l'exposition fut interdite par le préfet de la Seine.

À Paris, en 1921, Boris Bojnev a commencé une collection de tableaux trouvés chez des brocanteurs, qu'il a continuée à Marseille en achetant dans les marchés au puces et auprès de revendeurs. Il s'agissait , qu'il retouchait, encadrait et dans lesquelles il insérait des personnages féminins. Il estimait que .

Œuvres

Publiées du vivant de Boris Bojnev Publiées du vivant de Boris Bojnev :

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Publications récentes

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Expositions

1962 : Galerie A. Chave : « Choses curieuses mises sous verre » ; 1963 : Galerie A. Chave : « Visionnaires illuminés et voyants » ; 1964 : Galerie Henriette Legendre – Paris : « La collection privée d’un marchand de tableaux de province » ; 1964 : Galerie L’œil écoute – Lyon : « Clin d’œil à une galerie de Provence » ; 1969 : Galerie A. Chave : « Haute Tension I » ; 1973 : Rétrospective de ses œuvres au Musée de Flayosc organisée par Gilbert Pastor, Louis Pons et Lucien Henry 1978 : ARC 2, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris : « Les singuliers de l’art » ; 1980 : Galerie Chave : Exposition personnelle.

Notes et références

Annexes

Bibliographie En russe

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En français

Articles connexes Littérature russe à l'étranger

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