La collégiale Saint-Thomas-de-Cantorbéry est une ancienne église de style gothique située à Crépy-en-Valois, dans l'Oise, désacralisée pendant la Révolution et ayant subi de nombreux dommages depuis.
Localisation La collégiale Saint-Thomas-de-Cantorbéry est située à Crépy-en-Valois, à l'ouest du centre-ville, rue de la Hante.
Historique Les origines La collégiale est dédiée à saint Thomas Becket.
L'histoire de la paroisse jusqu'à la Révolution vignette|200px|centre|Vue de l'intérieur de la collégiale - Dessin : Tavernier de Jonquières
À défaut de texte descriptif, le dessinateur Tavernier de Jonquières replonge le spectateur dans l'ambiance composée de la chaire à prêcher, du jubé et autres statues et retables qui meublaient la nef.
L'histoire de la paroisse depuis la Révolution vignette|Inscription rappelant le culte de l'Être suprême, sur le tympan de la collégiale Saint-Thomas (2011)|alt= Sous la Révolution française, les prêtres doivent prêter serment à la Constitution civile du clergé en date du . Les curés de Sainte-Agathe et Saint-Denis prêtent un serment restrictif et sont donc contraints de renoncer à l'exercice de leur ministère. Le seul prêtre autorisé à exercer à Crépy-en-Valois est Jean-Christophe Gollier, chanoine au chapitre et curé de la paroisse de Saint-Thomas vers 1789-1791. Il a participé aux États généraux pour le bailliage de Crépy-en-Valois le pour l'ordre du clergé. Il prête serment à la constitution civile du clergé, mais il se rétracte six mois plus tard et est remplacé.
La collégiale est fermée au culte catholique le et est ainsi transformée en temple de la Raison; elle est ensuite rebaptisée « temple de l'Être suprême » à la suite du décret du et en préparation de la fête du . L'inscription sur le tympan de l'entrée principale du portail de la collégiale Saint-Thomas précise : . Elle est conservée telle quelle.. En l'an III, la collégiale est rendue au culte catholique mais reste le lieu des séances municipales. Ce système continue sous le Directoire et jusqu'au Concordat de 1802.
Destructions du En 1799, la voûte de la chapelle Saint-Jean-Baptiste de la collégiale, qui était mal entretenue, s'écroule en raison d'infiltrations des eaux pluviales, les plaques de plomb de la toiture ayant été ôtées pendant la Révolution. L'édifice est fermé au culte pour des raisons de sécurité.
La collégiale Saint-Thomas est vendue comme bien national à un carrier et est démolie pour majeure partie entre 1805 et 1810.
Lieu de commémoration Le , le monument aux morts de Crépy-en-Valois, sculpté par Albert Bartholomé est inauguré dans l'ancienne nef de la collégiale en présence du sculpteur. Le monument est depuis utilisé comme lieu principal des commémorations de la ville.
Effondrement du 21 juin 2019
Dans la nuit du 20 au , vers 3 h 15, un effondrement a lieu et détruit une grande partie de la voûte de l'édifice. Un arrêté de péril est pris le jour même. Le sinistre intervient un mois après la visite d'architectes des Bâtiments de France; selon la municipalité, deux pierres de étaient déjà tombées en 2018.
Une dizaine d'années auparavant, des travaux de sécurisation au niveau de la base du clocher avait été effectués par injection de béton.
La municipalité assure avoir signalé une dizaine de fois le mauvais état des lieux à l'architecte des Bâtiments de France sur la dernière décennie et projette un temps de porter plainte. Le , elle avait demandé au préfet de région l'autorisation de prendre un arrêté de péril.
Dans la journée du , de nouvelles pierres se détachent de la collégiale. À partir du , une première phase de consolidation en urgence de l'un des piliers est menée, la pose d'étais en soutien et d'une bâche est notamment prévue, une première phase devant se finir en . Le même jour, une réunion de crise a lieu en présence d'élus et experts. Les Bâtiments de France et la direction régionale des Affaires culturelles (DRAC) nomment un architecte en chef chargé de diagnostiquer la nature des travaux à prévoir.
Le maire de Crépy-en-Valois, Bruno Fortier, annonce la semaine suivant l'effondrement vouloir reconstruire la façade de la collégiale déclarant notamment : .
Un mois après l'effondrement partiel de la façade, le , par crainte notamment des vents violents et sur les conseils de l'architecte en chef des monuments historiques, il a été procédé au démontage de la toiture par mesure de sécurité et ce malgré le risque d'effondrement de l'un des voûtains considéré comme instable, un parapluie de chantier englobant la totalité du bâtiment devant être posé. Une entreprise de consolidation de la clé de voûte par la pose d'une poutre verticale est également menée.
Les pierres tombées ont également fait l'objet d'un déblaiement puis d'un tri. Le coût total de l'opération de sauvegarde d'urgence est d'un million d'euros. Les nacelles ont dû venir d'Anvers en raison notamment de l'incendie de Notre-Dame de Paris. L'opération de sauvegarde se termine en .
Un échafaudage et une palissade se dressent depuis devant l'édifice qui apparaît depuis grandement fissuré et menace de disparaître intégralement.
Projet de restauration La municipalité présente un projet de réédification de la façade effondrée. Étienne Poncelet, architecte en chef des monuments historiques est le maître d'œuvre de l'opération estimée à plusieurs millions d'euros sur plusieurs années. L'expert estime quant à lui que le réchauffement climatique et le manque d'entretien de la toiture peuvent être la cause de la catastrophe et redoute un affaissement du sol.
Le , date des Journées européennes du patrimoine, la Ville et la Fondation du patrimoine signent une convention pour une souscription publique en faveur de la restauration de l'édifice.
Un an plus tard, le , alors que la souscription publique a permis de récolter près de , la collégiale de Crépy-en-Valois est retenue dans le cadre de la Mission Stéphane Bern pour participer à la édition du loto du patrimoine. Le maire de la commune annonce espérer atteindre les fonds nécessaires à la consolidation de la tour du clocher, montant s’élevant à puis une concertation auprès des habitants sur le devenir du bâtiment. La collégiale est l'un des trois monuments retenus en Picardie dans le cadre de la Mission du patrimoine avec la chapelle des Templiers de Laon et l’église Notre-Dame de l’Assomption de la Neuville-lès-Corbie à Corbie.
Architecture Avant l'effondrement de 2019, subsistait de la collégiale Saint-Thomas-de-Cantorbéry le clocher de de hauteur, la façade et la première travée de la nef.
Pour approfondir
Bibliographie
Archives
Articles connexes
Crépy-en-Valois Église Saint-Denis de Crépy-en-Valois Église Saint-Martin de Bouillant Prieuré Saint-Arnoul de Crépy-en-Valois Liste des monuments historiques de l'Oise (est) Liste des monuments historiques protégés en 1875
Liens externes
La collégiale Saint-Thomas-de-Cantorbéry, eglisesdeloise.com
Notes et références
Catégorie:Crépy-en-Valois Catégorie:Monument historique dans l'Oise Catégorie:Édifice religieux du XIIe siècle en France Crépy Valois Catégorie:Monument historique classé en 1875 Catégorie:Église dédiée à saint Thomas Crépy-en-Valois Crepy-en-Valois Catégorie:Site retenu pour le loto du patrimoine en 2020