L'Histoire de la gestion de l'eau à Pétra (sa conquête et son utilisation ingénieuse) a forgé la puissance et le niveau de vie des résidents de la capitale de l'ancien royaume nabatéen. Cité parmi les plus puissantes de l'Antiquité, Pétra ne tient pas sa célébrité et sa prospérité uniquement par ses magnifiques bâtiments creusés et sculptés dans la roche des montagnes environnantes. C’est surtout par son extraordinaire système hydraulique, construit au cours des siècles, que Pétra a pu se développer au milieu d'un désert inhospitalier et devenir une étape stratégique pour les caravanes chamelières, venant de l’Arabie ou de la lointaine Asie et ...apportant les soies, les épices et les parfums, vers les cours d’Europe Charles R. Ortloff, The Water Supply and Distribution System of the Nabataean City of Petra (Jordan), 300 BC–AD 300. Pages 93 et 108. Rami G. Khouri. Paradise in Petra. Was the Temple really a Palace ? Page 11. Carmen Blánquez Pérez. Cisternas, canales y presas : el systema hidráulico. Page 1494. Martha Sharp Joukowsky. 2006 ADAJ Report. Exciting Developments : The Brown University 2006 Petra Great Temple Excavations. Trench 126. Conclusions..

Pour capter l’eau fraîche des quelques sources disponibles et retenir les eaux torrentielles qui déferlent des montagnes dans les vallées, les hommes y ont érigé des rigoles creusées dans la paroi des montagnes, creusé des réservoirs dans la roche, bâti des barrages, ouvrages en pierre en travers des wadis pour retenir les eaux pluviales, des déversoirs de citerne en citerne pour la décantation des eaux, construits des canalisations en pierre et en terre cuite et des qanat creusés dans les profondeurs de la montagne. Une fois disciplinée et stockée, l'eau était utilisée dans des thermes, des nymphées ou fontaines sacrées, des piscines et des jardins luxueux, afin d'offrir aux marchands et aux voyageurs un havre de paix et de fraîcheurPierre Gentelle, Aménagement du territoire agricole de la ville de Pétra : la terre et l’eau, pages 133-148 § 2 et 5. Hanna Nydahl. Archaeology and water management in Jordan. Development of Nabatean Hydraulics, pages 31 à 39..

Histoire de la cité de Pétra vignette|307x307px|La cité de Pétra et ses environs depuis les thermes de Khubthah. Photo de Laurent Tholbecq. L'Histoire de la cité de Pétra commence avant son époque historique ; Pétra fut un lieu habité au cours de l’Âge de Pierre ; l’archéologue Diana Kirckbride, a découvert la présence d’un village de l’époque Néolithique du millénaire -Tawilan, al Bayara et Khubthah - Diana Kirkbride, Five seasons at the pre-pottery neolithic village of Beidha in Jordan. 1966. Repris par Rami G. Khouri. Petra : a guide to the capital of the Nabataeans, 1986 AD. Deuxième partie, page 11. Hanna Nydahl. Archeaology and water management in Jordan. Uppsala 2002. Page 11. Laurent Tolbecq. Rapport des campagnes archéologiques 2017-2018. Page 25. des archéologues des universités de Tubingen et de Cologne en Allemagne, ont découvert des traces de camps de nomades datant de la même époque Hans Peter Uerpmann et Daniel Schyle, The Prehistory of Jordan. Paleolithic sites in the Petra area. Part I, 1988. Rami G. Khouri. Petra : a guide to the capital of the Nabataeens, 1986. Page 11. Hanna Nydahl. Archaeology and water management in Jordan, page 11.. vignette|La façade de la Khazneh - le Trésor - sculpté dans la montagne à Pétra. |alt=|gauche

Les Édomites occupèrent la région de Pétra vers le Au les Nabatéens, originaires de la Péninsule Arabique, apparaissent et s’installent au centre et au sud de la Jordanie actuelle, puis à Pétra. Le commerce avec le Moyen-Orient, l'Asie, l'Afrique, l’Égypte et les pays de la Méditerranée, ainsi que l'expansion de l'Empire Romain, permirent le développement de la ville qui se poursuivit au cours de l’occupation romaine au de notre ère, puis byzantine jusqu’au Hanna Nydahl, Archaeology and water management in Jordan. Page 30. Pierre Gentelle. Aménagement du territoire agricole de la ville de Pétra : la terre et l'eau. Un fragment de géohistoire pour Pétra. Pages 133-141. § 29. Rami G. Khouri. Petra : a guide to the capital of the Nabataeens, 1986. Page 11.. vignette|Les fonts baptismaux de l’église byzantine dite Petra church.|alt=Flavius Josèphe, dans ses écrits des Antiquités et la Guerre, précise que dans le milieu du , Pétra, le royaume, comme il le décrit, n'était pas un simple palais où résidaient les rois, mais était déjà une capitale, une cité avec ses quartiers royaux, son administration, ses installations cultuelles et sportives Stephan G. Schmid, Zbigniew T. Fiema, Piotr Bienkowski et Bernhard Kolb, Documenting nabataean royal residences in Petra. Introduction. Page 166..Les commerçants, voyageurs et historiens qui ont parcouru ces routes anciennes du commerce, confirment l’importance de la position géographique de la cité de Pétra dans les échanges de marchandises et la diffusion des techniques et des idées dans le monde antiqueGéographia Archéologie. Numéro spécial 2017. Pétra. La capitale nabatéenne. Un grand comptoir caravanier. Page 44. gauche|vignette|276x276px|Le Monastère - Deir - dans son environnement. vignette|Carte des routes commerciales terrestres du temps des Nabatéens.Les séismes destructeurs de 363 et des , dont celui de l’an 747, détruisirent de nombreuses villes en Palestine et en Jordanie, dont une partie de PétraFrançois Jacques, Persée. 1984, . Les séismes de l'antiquité tardive d'après les sources. Pages 49 à 55. Laurent Tolbecq. Mission archéologique française à Pétra Jordanie. Rapport des campagnes archéologiques 2017-2018. Une cité orientale d’époque romaine ( – s.). Page 33.. gauche|vignette|331x331px|Le théâtre romain e Pétra depuis le djebel al Khubthah. Avec la modification des routes commerciales terrestres au profit d’autres villes comme Palmyre, et l’ouverture de nouvelles routes maritimes, c’est avec l’ère islamique au que Pétra disparaît de l’histoire de la région Rami G. Khouri, The islamic era. Petra : a guide to the capital of the Nabataeans, 1986 AD. Part II, Page 23., avant d’être redécouverte par le géographe et explorateur suisse John Lewis Burckhardt le 22 août 1812 Rami G. Khouri, Petra : a guide to the capital of the Nabataeens. The islamic era and The rediscovery of Petra. 1986. Pages 11 à 27. Hanna Nydahl. Archaeology and water management in Jordan. Page 11.

L'eau : hydrologie et hydraulique vignette|281x281px|Réseaux hydrologique et hydraulique de Pétra. Avec l'autorisation de Carmen Blánquez Pérez.|alt=|gauche L'eau, son hydrologie et son hydraulique furent les moteurs de la cité de Pétra ; la cité est construite dans une vallée entourée de montagnes, traversée par le wadi Musa, un torrent s'écoulant de l'est vers l'ouest, qui divise la ville en deux et en constitue la colonne vertébrale. Strabon, géographe grec du , dans son voyage en Orient et à Pétra, indique que le centre urbain : vignette|247x247px|La longue montée vers le monastère - Deir - le long du wadi en saison sèche. À part quelques sources, dont certaines à faible débit, «...l’ensemble du site de Pétra est dépourvu d’écoulements d’eau pérennes...» pas suffisantes pour les besoins d’une ville en expansion pendant près d’un millénaire. Charles Ortloff, archéologue de l'Université de Chicago, estime qu’à son apogée, la population urbaine de Pétra pouvait atteindre . «...Il faut donc faire appel à des constructions humaines pour que la vie devienne possible dans un milieu naturel où l’eau manque en surface...». Pétra reçoit, pendant plusieurs mois chaque année, les eaux du ciel, la construction d'installations hydrauliques devaient permettre la captation, le stockage et la distribution de ces eaux afin de pourvoir aux besoins de la citéPierre Gentelle, Aménagement du territoire agricole de la ville de Pétra : la terre et l’eau. Pages 133-148. § 4. Charles R. Ortloff. The Water Supply and Distribution System of the Nabataean City of Petra (Jordan), 300 BC–AD 300. Page 102.. gauche|vignette|254x254px|Réservoir de stockage d'eau, creusé dans le sol rocheux du désert autour de Pétra. Plusieurs djebel, comme le djebel Sharah qui s'élève à sur la partie ouest de la cité, comportent plusieurs sources - AÏn Musa, Aïn Debdebeh, Aïn Umm Sar'ab, Aïn Ammon, Aïn Beidha, Aïn Bebdbeh et Aïn Braq - dont les eaux sont canalisées vers Pétra Douglas C. Comer, Water as an agent of creation and destruction at Petra. Sources of water. Springs. Page 234..

L’eau manquait à Pétra, particulièrement au cours de la saison chaude et sèche de juin à septembre, quand plantes, animaux et humains en ont le plus besoin. Les premiers ouvrages, exécutés avec des outils rudimentaires sont généralement de taille réduite – citernes, rigoles, aqueducs – et exécutés dans les plaines ou en terrains à faible résistance aux creusementsPierre Gentelle, Aménagement du territoire agricole de la ville de Pétra : la terre et l’eau. Pages 133-148 ; § 4.. vignette|264x264px|Le djebel el Biyara - la mère de citernes - avec le centre de Pétra au premier plan.

Strabon parle des eaux de sources abondantes : «...et la partie intérieure de la ville ayant des sources en abondance, à la fois pour les besoins domestiques et pour l'arrosage des jardins...»Strabon. Historien et géographe grec. Geography, vol. VII, livres 15 – 16 Cambridge Library MA. Traduction Horace Leonard Jones.. Pour capter l’eau fraîche des quelques sources disponibles et retenir les eaux torrentielles qui déferlent des montagnes dans la vallée de novembre au mois d’avril, l’homme y a érigé au cours des siècles des ouvrages pour la captation, le stockage et la distribution de ces eaux venant du ciel ou du sous sol. On découvre aussi quelques arches, supportant d’étroits aqueducs pour passer d’une falaise à l’autre, sans changer de niveau, et des qanats creusés dans les profondeurs de la montagne John Peter Oleson, Nabatean Water Supply. Early Techniques of Water Management in the Nabatean Cultural Region. Pages 39 à 42. Pierre Gentelle. Aménagement du territoire agricole de la ville de Pétra : la terre et l’eau. Page 5; § 5. Pierre Gentelle. Aménagement du territoire agricole de la ville de Pétra : la terre et l’eau. Pages 133 -148 § 2 et 5. Hanna Nydahl. Archaeology and water management in Jordan. Development of Nabatean Hydraulics. Pages 31 à 39.. gauche|vignette|268x268px|Le Siq dans son parcours sud-nord, avec les canaux creusés de chaque côté de la faille rocheuse.|alt= vignette|243x243px|Les premières citernes d'eau et les rigoles creusées par les Édomites dans le désert rocheux autour de Pétra. Pour la captation de ces eaux, leur filtration et leur stockage, leur transport parfois sur de longues distances, les hydrauliciens et plombiers de Pétra se sont inspirés des techniques déjà utilisées quelques millénaires plus tôt, soit dans les villes de la vallée de l’Indus - Mohenjo Daro, Harappa - à Jérusalem, ou pour l’alimentation du Palais de Knossos dans l’île de Crète Charles R. Ortloff, The Water Supply and Distribution System of the Nabataean City of Petra (Jordan), 300 BC–AD 300. Historical background of Petra’s watermanagement strategies. Page 94.. Cependant la situation particulière, à la fois désertique, géographique et hydrologique de la ville, les a obligés à repenser à de nouvelles techniques hydrauliques, plus appropriées aux besoins des populations de Pétra ; populations résidentes permanentes ou simplement de passage - caravaniers ou voyageurs Hanna Nydahl, Archeaology and water management in Jordan. § 6.3. Development of Nabatean Hydraulics. Page 31..

gauche|vignette|247x247px|Aqueduc construit entre deux djebels pour le passage d’un wadi.