Junie ou Junia(s) (en grec ancien ou , Iounia ou Iounias ; en latin ou ) est une apôtresse du , disciple de saint Paul aux côtés d'Andronique, qui les mentionne dans son Épître aux Romains. Selon une théorie, il est possible que Junie soit la même personne que Jeanne la Myrophore, et que Chouza, l'intendant d’Hérode Antipas, est son époux Andronique.

Nouveau Testament

Andronique et Junie sont salués par Paul à la fin de sa lettre à l’Église chrétienne de Rome : L’apôtre se réfère à eux comme à des parents, ce qui signifie probablement qu’ils étaient des compatriotes juifs, si ce n’est ses parents au sens propre du terme. En ajoutant qu’ils furent , Paul laisse entendre que leur conversion se situerait dans les cinq années précédant la crucifixion de Jésus, et les rattacherait ainsi à l’Église de Jérusalem, plutôt qu’à celle d’Antioche.

Junie, aussi appelée Junias, est tantôt identifiée comme la femme ou la sœur d'Andronique ; elle serait alors une femme apôtre des premiers temps de l’Église. Certaines traductions de la Bible en anglais et biblistes contemporains ont remis en question qu'Andronique et Junie fussent apôtres, mais leurs méthodes et conclusions furent récusées par plusieurs autres historiens, un argument commun est que les anciens écrivains chrétiens hellénophones n'ont jamais remis cela en question.

Identité de genre Jean Chrysostome, Père de l’Église mort en 407, la considère comme une femme dans son sermon XXXI :

Origène, dans le courant du , suppose qu'elle est de genre féminin, tout comme d'autres commentateurs anciens, tel que Jérôme de Stridon (mort en 420), Atton de Verceil (mort v. 960), Théophylacte d'Ohrid (mort en 1107) ou Pierre Abélard (mort en 1142). La Vulgate et la traduction vieille latine traduisent son nom en Iunia (et non par le masculin Iunius). Gilles de Rome (mort en 1316) est le premier à dire que Junie est un homme, et c'est à partir des réformateurs protestants que se répand l'idéeBernadette Brooten, « 'Junia … Outstanding Among the Apostles (Romans 16:7)' », in Arlene Swidler et Leonard Swidler, Women Priests : A Catholic commentary on the Vatican declaration, Paulist Press, 1977, p. 141-144.. Les théologiens et pasteurs protestants Jean-Augustin Bôst (mort en 1890) et Alexandre Westphal (mort en 1961) disent que c'est parce que Junie est parmi les apôtres qu'on doute de son genre. Celui-ci est incertain aux yeux de Bôst ; Westphal souligne que Junias un nom inconnu en grec, et que s'il peut être féminin, il pourrait être la fréquente contraction de Junianus...

Traditions orthodoxes Selon la Tradition, Andronique est au nombre des septante disciples avec Junias. Ces septante disciples sont mentionnés dans l’Évangile selon Luc, envoyés par Jésus pour répandre la Bonne Nouvelle. Ils auraient ainsi compté parmi les cent-vingt disciples présents le jour de la Pentecôte, pour y recevoir l’Esprit saint.

Junie a une intense activité apostolique dans l’Empire romain. Les sources croyants qu'elle est un homme la citent parfois comme évêque de Comana du Pont, puis d'Apamée à la suite d'Andronique.

Célébration liturgique Junie est célébrée par les églises chrétiennes le avec Andronique, comme mari et femmeSaints Andronique et Junie, disciples de saint Paul, fête le 17 mai, Nominis..

Identification avec Jeanne la Myrophore Certains exégètes comme Richard Bauckham ou Ben Witherington III, ont proposé d'identifier Junie avec Jeanne la Myrophore mentionnée par Évangile selon Luc Richard Bauckham, Gospel Women : Studies of the Named Women in the Gospels, Continuum International Publishing Group, 2002, pages 109-202, « Joanna, Apostle of the Lord – or Jailbait ? », Bible Review 21.2, printemps 2005, pp. 12-14, 46-47. Bauckham montre que Junia est probablement la femme d'Andronique et que tous deux sont des parents de Paul, ce qui est généralement admis par les historiensMarie-Françoise Baslez, Saint Paul, Paris, 2012, éd. Pluriel, .. Il fonde ensuite son raisonnement sur la rareté du nom Junia et sur le fait qu'il est « guère probable que notre Junia puisse être membre de la gens Junia en regard de sa judéité et de son histoire Richard Bauckham, Gospel Women : Studies of the Named Women in the Gospels, Continuum International Publishing Group, 2002, .. »

De son côté, l'historien Thierry Murcia, dans son ouvrage sur Marie-Madeleine, propose d'identifier l'épouse de Chouza à la pécheresse anonyme de Luc (Luc 7, 36-50)Marie appelée la Magdaléenne. Entre Traditions et Histoire. Ier - VIIIe siècle, Presses universitaires de Provence, Collection Héritage méditerranéen, Aix-en-Provence, 2017, p. 32-34 et 337-338. Voir également, du même auteur, Marie-Madeleine : L’insoupçonnable vérité ou Pourquoi Marie-Madeleine ne peut pas avoir été la femme de Jésus, propos recueillis par Nicolas Koberich, PDF, 2017, p. 16-18.. Il écrit :

Notes et références

Voir aussi Bibliographie . . .

Liens internes Septante disciples Épître aux Romains

Liens externes

Saint Andronique et sainte Junia, Fabio Arduino, Santi e Beati L’apôtre Junia : La femme et le ministère dans le Nouveau Testament à la lumière de Romains 16, Valérie Duval-Poujol, Femmes et Ministères

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