Jardins virtuels est un recueil de nouvelles de science-fiction écrit par Sylvie Denis.
Il a été publié une première fois en 1995, dans une version comportant cinq nouvelles puis en 2003 avec treize nouvelles. Certaines nouvelles du recueil ont reçu des prix (Solaris, Rosny, Julia-Verlanger).
L'illustration de la couverture a été réalisée par Alain Brion.
Publications Ce recueil a été publié dans : DLM, coll. Cyberdreams, 1995. Gallimard, coll. « Folio. SF », 2003.
Description Toutes les nouvelles relèvent de la science-fiction et mettent en scène diverses technologies avancées, se concentrant surtout sur leur rapport à l'humain et à l'individu : les raisons pour lesquelles les hommes cherchent à en user, l'effet bénéfique ou néfaste qu'elles ont sur eux, la façon dont leur société s'en accommode… Jardins virtuels met en scène des personnages souvent en proie à des fardeaux divers et variés comme dans Magma-plasma ou dans Dedans-Dehors ; le recueil présente des personnes à la moralité ambiguë qui s'accommodent de la technologie pour leurs méfaits, comme dans L'anniversaire de Caroline, ou qui sont rendus meilleurs par son usage.
La question de l'humain est également un thème important dans cette œuvre : on y retrouve les sujets classiques des Intelligences Artificielles, du corps humain et des modifications qu'il encourt, mais aussi de la nature de l'homme et ce qu'il en reste lorsqu'il s'intègre à la technologie, se repaît d'elle ou s'y retrouve prisonnier. En dehors des rapports entre l'humain et la technologie, s'y côtoient également des nouvelles traitant de l'enfance (In memoriam : Discoveryland) comme de la condition de la femme et de l'érotisme (Carnaval à Lapêtre) : les nouvelles de Sylvie Denis ne s'arrêtent pas au simple aspect futuriste de l'univers qu'elles présentent. Elles sont d'ailleurs fortement ancrées dans notre réalité puisque certaines introductions sont des citations de livres réels, ou que les personnages analysent ou se réfèrent à des événements historiques connus.
À travers ces nouvelles sans lien scénaristique les unes avec les autres (sauf exception), le lecteur retrouve des termes et des concepts similaires voire identiques, qui laissent penser que chacune des histoires se déroule en réalité dans le même univers que les autres, sans nécessairement être géographiquement ou temporellement localisée avec précision dans cet ensemble. Les termes de « Furets », « Cerbères » et « neurocosses » sont ainsi assez communs dans chacun des textes, certains lieux également font office de point de liaison (les nouvelles De Dimbour à Lapêtre et Carnaval à Lapêtre en sont un exemple). L'autrice joue ainsi sur une intertextualité intrinsèque à ses propres œuvres.
Bien que ses textes soient exclusivement francophones, il lui arrive de doter certaines entreprises, certains véhicules… d'un nom anglais.
Liste des nouvelles
Dedans, dehors
L'anniversaire de Caroline Parutions Solaris , Solaris, . Jardins virtuels, Pézilla-la-Rivière, DLM, coll. « Cyberdreams », 1995. Jardins virtuels, Paris, Gallimard, coll. « Folio. SF », 2003, pp. 53-72.
Personnages Narratrice - femme de 60 ans dont le corps a été placé dans un cercueil cybernétique pour punir ses méfaits et dont l'esprit sert maintenant à actionner des systèmes informatiques. Anne et Luc Fauvet - couple qui ne peut pas concevoir son propre enfant Caroline - fille de Anne et Luc Fauvet, à l'âge de huit ans Dr Maury - gère les responsabilités de la femme cybernétique dans l'hôpital
Thèmes La nouvelle aborde les projections futuristes dans lesquelles les prisonniers sont des machines (qui perdent leurs neurones et comportement biologiques pour des circuits artificiels). Aussi, il est largement question de l'infertilité et l'impossibilité des femmes à avoir un bébé. Les PMA et GPA sont vastement utilisés pour combattre ces problèmes. Des mères porteuses portent les bébés des autres femmes et les fécondations in-vitro sont exploités. Dans ce monde dystopique les gens sont contrôlés, manipulés et leur liberté est limitée.
Résumé : Une femme est une prisonnière cybernétique dans un hôpital à cause d'un méfait qu'elle a commis, un vol de diamants. Accusée pour 30 ans de « service collectif », elle est branchée avec des circuits artificielles. Désormais elle contrôle quelques pavillons et parle avec des femmes venues pour concevoir des enfants. Il s'agit d'une époque où la GPA est devenue légale et souvent pratiquée. Un jour la prisonnière rencontre une femme - Anne, qui parmi cinq autres, était la seule de ne pas réussir à concevoir. La narratrice l'aide en contactant les organisations d'adoption mais le couple veut son propre enfant. Enfin, la prisonnière échange la paillette de givre d'Anne et Luc Fauvet contre une autre, et elle leur dit que c'est leur enfant qui naît après. C'est Caroline. Possédant un grand nombre d'aptitudes et de connaissances technologiques, la prisonnière nous aide à découvrir le monde qui l'entoure, à travers l'être qu'elle a créé par plusieurs manipulations des systèmes qu'elle dessert : Caroline.
Prix : La nouvelle a reçu en 1988 le premier prix ex æquo Solaris.
Liens externes :
In memoriam : Discoveryland Parutions Jardins virtuels, Pézilla-la-Rivière, DLM, coll. « Cyberdreams », 1995. Jardins virtuels, Paris, Gallimard, coll. « Folio. SF », 2003, pp. 73-104.
Thèmes La nouvelle aborde les technologies futuristes, comme l'hologramme et la bulle quantique qui permet de créer un trou de ver. La guerre et le conflit social occupent une place importante dans cette nouvelle. Il y a des éléments de l'enfance. Le syndrome de Peter Pan est un thème central de la nouvelle. L'immaturité, la naïveté, la dépendance sont des qualités d'Arielle qui décrivent spécifiquement le modèle de puer aeternus (le « garçon éternel »). Résumé Elle le voit. Peter Pan apparaît à sa terrasse un jour sur deux. Arielle est une jeune fille passionnée par le cosmos et qui rêve d'aller sur Mars. Un soir, elle sort de sa maison et parle à son voisin Gari Ianaiev - travaillant dans le champ des projecteurs d'hologrammes virtuels - pour trouver une explication à ces visions étranges de Peter Pan. Il explique que c'est un délire, mais Arielle ne renonce pas et décide de le suivre avec le scooter de sa mère le lendemain. Néanmoins le scooter tombe en panne, et Arielle s'endort... Elle se réveille attaché à une chaise dans un parc abandonné - base des Amis de l'Humanité (une organisation terroriste). Gari est le gardien de leur terminal de bulle quantique qui provoque un trou de ver pour transporter les agents. Un de ses agents vient pour annoncer que les mairies de la ville veulent détruire le parc pour l'utiliser. Le transmetteur de matière est important car le parti anti-européen prépare un coup d’État. Le plan est de mettre Arielle dans la bulle quantique, une douleur la saisit à l'épaule, et elle perd conscience. Gary est contre, mais cependant John Ghatak - l'agent - la prépare. Elle est installée dans la bulle quantique pendant que Gari défend le parc en lançant des canettes de Coca-Cola. Arielle se réveille dans la bulle, John l'informe qu'elle ne pourra jamais retourner dans le monde réel. Elle est calme et accepte son destin, qui est de faire fonctionner la bulle quantique.
Liens externes :
Fonte des glaces Parutions Ailleurs et autre, Miniature, , 1992, pp. 30-41. Jardins virtuels, Pézilla-la-Rivière, DLM, coll. « Cyberdreams », 1995. Jardins virtuels, Paris, Gallimard, coll. « Folio. SF », 2003, pp. 105-126.
Thèmes Réchauffement climatique ; intelligence artificielle.
Personnages Nicolas Boltz : narrateur, garçon de 15 ans vivant dans l'Iceberg Sonia Velmère : amie et amoureuse de Nicolas Mère de Nicolas : à l'origine de l'expédition Père de Nicolas : participe à la démocratie au sein de la communauté IASD (Intelligence Artificielle Affectée au Développement des Sites désertiques et semi-désertiques) : gère le jardin « glacé » expérimental
Résumé L’intrigue se déroule dans un futur où le réchauffement climatique est trop avancé pour que l’Occident puisse inverser la tendance. La famille du narrateur, Nicolas Boltz, participe à l’expédition Opération Iceberg Pour l’Afrique dans laquelle des personnes emmènent un iceberg jusqu’en Afrique. La communauté de cinquante dont ils font partie vit à l’intérieur du morceau de glace. Après trois ans de voyage, ils arrivent en Afrique, mais personne ne les attend sur place. Nicolas accompagne alors Sonia explorer les environs, où ils découvrent un hangar géré par l’intelligence artificielle IASD. À l’intérieur se trouve un biotope expérimental, qui met en place un environnement de glace pour voir son effet sur l’homme. Les deux enfants y sont enfermés pendant plusieurs heures, piégé par l'IA, avant d'être secourus, mais, alors que Nicolas décide de ne plus jamais y retourner, la fascination de Sonia pour l’endroit ne fait que grandir.
Elle met fin à ses jours avec des cachets, avant que l’on brûle le bâtiment dans lequel elle était retournée. La famille de Nicolas retourne en Europe, mais il n’oublie jamais son amoureuse. Des années plus tard, il reconduit une nouvelle opération avec plus d’iceberg et, dans celui en tête du cortège, il sculpte une statue de glace pour Sonia.
Liens externes :
Cap Tchernobyl Parutions Galaxies , . SF 99 : les meilleurs récits de l'année, Bélial n° (3), . Jardins Virtuels, Gallimard Folio SF, , .
Thèmes Ville de Tchernobyl, destination des robots pour se réunir car cette ville est isolée des humains. L'humanisation des machines qui est décrite tout au long de la nouvelle à travers le personnage du robot SN 11 345 WW. Le rapport avec réalité, à travers l'évocation des réalités virtuelles ainsi qu'avec l'image du tigre.
Personnages Thibault : Fils de Hans, il a douze ans, il est brun et a les yeux noirs. Il a une passion pour les machines. Hans Horsin : Père de Thibault, il a la maladie de Holbek et a besoin d'un exosquelette. SN 11 345 WW : Robot très intelligent.
Résumé Hans Horsin est atteint de la maladie de Holbek, il lui reste peu de temps à vivre et, au lieu de mourir branché à une réalité virtuelle, il décide de voyager avec son fils Thibault. Ils sont tous les deux en Sibérie. Le rêve du père est de voir des tigres et ensuite de partir au Japon pour y passer ses derniers jours.
En Sibérie, ils rencontrent un robot appelé SN 11 345 WW qui travaille là-bas et qui leur confirme qu'il y a bien des tigres dans la zone où ils sont. On apprend que les robots sont devenus des machines de plus en plus intelligentes, capables de mentir et de décider pour elles-mêmesCela peut faire référence à L'Homme bicentenaire. Ces machines veulent se révolter pour devenir autonomes et découvrir l'univers. Pour cela ils préparent une réunion secrète à Tchernobyl.
Lorsque les douleurs de la maladie de Hans deviennent insupportables, il décide de se suicider. Avant de le faire il va voir SN 11 pour lui demander d'accompagner Thibault jusqu'à Vladivostok après son décès. Lors de leur rencontre, Hans croit voir un tigre, mais se rend compte que celui-ci est une image virtuelle créée par SN 11, car le tigre ne laisse aucune trace. Une fois que le robot accepte de rester avec Thibault, Hans se suicide, sans avoir réalisé ses rêves.
Le lendemain matin, Thibault se réveille et apprend que son père s'est suicidé. Il parle de la mort de son père avec SN 11. Pendant leur discussion il voit ce qui semble être un vrai tigre (cette fois il laisse des traces au sol). Ils doivent décider leur prochaine destination, qui aurait dû être Vladivostok. Mais, lorsque SN 11 mentionne la réunion de robots qui aura lieu à Tchernobyl, Thibault décide de le suivre afin de pouvoir accomplir son rêve d'aller dans l'espace.
Liens externes :
La Balade du singe seul Parutions Destination 3001, anthologie composée par Jacques Chambon et Robert Silverberg, Flammarion « Imagine », 2000