Les remparts de Thiers sont les fortifications érigées entre les pour protéger la ville de Thiers dans le département du Puy-de-Dôme, en France.
Dès le , la ville s'agrandit en cercles concentriques autour des remparts du château du seigneur de Thiers et de l'église Saint-Genès. Au fur et à mesure que des bourgs viennent s'ajouter aux environs des murailles de la cité, la ville close s'agrandit à au moins cinq reprises. Les parties les moins bien entretenues des différentes enceintes sont démolies à la fin du mais ce sont surtout les aménagements urbains du qui entraînent la démolition de plusieurs segments de la muraille nord et la réaffectation de la muraille est. Au , seule la partie est des fortifications reste intacte. Elle sert notamment à retenir les terres des pentes de la ville, jouant le rôle de mur de soutènement.
L'ensemble des enceintes de la ville est classé site patrimonial remarquable et géré par le plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) communal.
Histoire La première enceinte gauche|vignette|200x200px|alt=Photographie montrant le Tribunal d'instance de Thiers en gros plan, lieu où était situé la château du seigneur de Thiers jusqu'au .|Le site du Palais du Chastel est aujourd'hui partiellement recouvert par le Tribunal d'instance de Thiers. Au , une première fortification est construite, englobant le château féodal et l'église Saint-Genès. Deux portes romanes sont percées dans cette première enceinte permettant de rejoindre le passage du chemin qui mène au bourg. Au , elle est nommée « la murailhe du Palais du Chastel »« Murailhe » signifie « muraille » en français moderne.. La rue principale de ce premier quartier de la ville en marque le souvenir ; c'est l'actuelle « rue du Palais » qui devrait s'appeler « rue du Palais du Chastel »...
Le tracé des rues et des places à l'intérieur de l'enceinte ne semble pas avoir suivi un plan rigoureux. Le chemin initial n'a pas changé de place ; même la construction de la première enceinte n'a pas beaucoup modifié la direction générale du chemin qui pénétrait dans l'enceinte par la « porte de la Bout » (démolie à la fin du ) en haut de l'actuelle petite rue du Palais et ressortait par la « Tour carrée de la Chancellerie » en face de l'actuelle rue du Bourg. Cette porte — aujourd'hui remblayée et murée — est encore visible au-dessus de la place du Pirou. L'espace entre le palais du Chastel et l'église est toujours resté libre. Dès sa construction, cet espace est utilisé comme lieu de rassemblement public en temps de paix mais il accueillait aussi les paysans des environs venant mettre à l'abri leurs troupeaux en période d'insécurité. Au , il sert de cimetière.
La deuxième enceinte vignette|upright|alt=Photographie du bas de la rue du Bourg, une rue médiévale située dans la deuxième enceinte.|La rue du Bourg en 2017. Au début du , l'agglomération s'étend vers le nord de la ville et rapidement, les habitations sont entourées d'une nouvelle enceinte. Ce nouveau quartier est desservi par une source importante d'eau douce qui est canalisée par la suite dans la fontaine du Pirou située près de la première enceinte. La rue principale de cet agrandissement urbain est la rue du Bourg. Deux autres rues principales viennent compléter cette dernière : la « rue doz Penailh » (actuellement rue du Transvaal) et la « rue du Pourcharesse » (actuellement rue Lasteyras). À cette époque, souvent les noms de rues de la ville sont d'origine géographique : ils peuvent rappeler le terroir où la rue est installée ou bien le nom du quartier qu'elle dessert. À Thiers, il est très rare qu'une rue ait conservé le même nom depuis le ...
La troisième enceinte Au , dans l'angle relativement garanti à l'est par la « murailhe du palais Chastel » et au nord par la « muraille du palais du Bourg », un nouveau quartier est en formation. Un nouveau rempart est construit pour protéger cet agrandissement : la « murailhe neufve de la ville de Thiart » qui constitue la troisième enceinte de la ville..
Aussitôt qu'une nouvelle muraille est construite, de nouvelles maisons viennent s'appuyer de part et d'autre de l'ancienne muraille désormais désaffectée, en laissant toutefois, du moins dans un premier temps, un « relais » le long de l'ancien mur. Ainsi l'alignement des maisons crée une nouvelle rue de chaque côté et parallèlement à l'ancienne muraille. La muraille peut aussi servir de fondations aux façades de maisons. À ce moment-là, la nouvelle rue suit les restes de l'ancienne muraille : la deuxième et la troisième enceinte en sont de bons exemples. Le tracé des rues de la ville de Thiers reste profondément influencé par les fortifications qui, dans l'urbanisme de l'époque, avaient une priorité absolue. Ces ouvrages de défense sont eux-mêmes construits en fonction de l'espace pré-bâti à protéger et en utilisant au mieux le relief. Des considérations religieuses et des impératifs militaires président au développement de la ville et même si maintenant ceci est complètement oublié, il en reste la topographie de la ville qui peut être qualifiée de pittoresque... vignette|alt=Dessin représentant la Vallée des Usines surmontée du quartier Saint-Jean, de son église et de sa porte de la quatrième enceinte qui ont repris le nom du quartier.|La Vallée des Usines et le quartier Saint-Jean au . L'église Saint-Jean et la porte du même nom sont visibles en haut à droite de l'image.
La quatrième enceinte Au , l'extension de la ville est telle qu'une quatrième enceinte est construite englobant les trois précédentes. Cette dernière, qui couvre une surface bien supérieure aux trois autres, est rapidement nommée « muraille de la ville ». C'est Louis II de Bourbon qui est à l'origine de la construction de cette enceinte aux environs de l'an . À cette date, la ville subit la dernière d'une série de guerres terribles que l'on appelle par la suite la guerre de Cent Ans..
La cinquième enceinte Au , la seigneurie entame la construction d'une dernière enceinte pour protéger les nouveaux quartiers construits à flanc de montagne à l'est de la ville. Cette dernière, bien que plus petite que les autres, est celle qui se rapproche le plus de la Durolle et de la vallée des Usines..
Autres éléments de défense Les remparts et les portes de la ville sont renforcés par des éléments de protection dès leur construction. Des embrasures, appelées dans la région « bouches à feu », permettent des tirs d'archers ou de canonniers. Comme le fait remarquer Michel Combronde dans Représentation graphique de la porte Neufve au début du , de nombreuses meurtrières sont également présentes dans les tours et les remparts de la ville..
Plusieurs « brayettes » sont mises en avant par les travaux de l'historien André Kristos. Ces dernières semblent être des fausses braies . Par définition, elles sont un terre-plein ou un mur de soutènement entourant un camp fortifié. Dans l'art de la fortification prémoderne, ce pré-rempart se trouve entre le fossé et le rempart principal d'une forteresse. Il est disposé plus bas que le rempart principal pour pouvoir défendre celui-ci du fossé.. À Thiers, deux brayettes sont découvertes. La première, nommée « brayette du Chastel », entoure et protège la Tour du Chapitre de la première enceinte et la deuxième, « brayette du Bourg » plus au nord, protège la tour Montauld de la deuxième enceinte.
Des derniers renforcements au démantèlement partiel vignette|alt=Photographie représentant le bas de la rue Chauchat construite en escaliers et collée contre une muraille de la quatrième enceinte.|La rue Chauchat avec une partie de la quatrième enceinte à gauche.
Les guerres de Religion débutent en 1562 en France.. Étant très ouverts sur l'extérieur, notamment sur le bassin lyonnais, les Thiernois sont rapidement touchés par les « idées nouvelles ». Dès , Antoine Chabrol, coutelier thiernois, décide de fuir vers la Suisse. Il fait partie de la première vague de migrants protestants qui cherchent l'asile dans ce pays entre et . Durant les années suivantes, de nombreux Thiernois migrent vers Genève.. La ville renforce rapidement ses remparts pour éviter une intrusion des huguenots qui menacent de plus en plus la cité. En , ils parviennent pourtant à s'introduire dans la ville et ravagent une partie de cette dernière..
À partir du , Thiers connaît une extension urbaine en raison d'une grande croissance économique due à une industrie de la coutellerie florissante dans la région.. À la suite de l'augmentation régulière de la population et pour faciliter la circulation intra-muros, la ville se consacre à divers aménagements comme la pedde Saint-Genès (voir plus bas). À la fin du , la ville programme la destruction d'une partie des remparts pour prévenir le risque d'effondrement des éléments les moins bien entretenus, mais également pour élargir les voies de circulation. D'autres parties des enceintes sont également détruites pour créer des rues à leur emplacement : c'est le cas de la rue Grenette ou de la rue Pasteur.
Au , la partie nord de la quatrième enceinte est quasiment détruite avec la construction de nouvelles voies comme les routes impériales, la rue Victor-Hugo et la rue Prosper-Marilhat. Ainsi, pour construire la route impériale 5 tours de défense et deux portes sont détruites..
Bien qu'une partie des remparts de Thiers soit détruite, la majorité des murailles et des tours existe encore aujourd'hui. Les tours sont destinées à abriter des habitations et les murailles peuvent avoir deux fonctions : la première est de soutenir les terres où la ville est construite et la deuxième est de soutenir une partie des immeubles construits à même la muraille.
Protection et mise en valeur du patrimoine En , une partie de la quatrième enceinte est restaurée. Celle-ci comprend essentiellement les murailles soutenant les terres de la ville vers l'est..
Avec près des deux tiers de ses remparts préservés et malgré la destruction de plusieurs segments au , l'enceinte urbaine de Thiers est une des mieux conservées d'Auvergne. Il est très facile d'apercevoir depuis la vallée des Usines à l'est ou la plaine de la limagne à l'ouest que la ville de Thiers est construite sur un éperon rocheux entouré d'une ceinture de murailles.. Cela est particulièrement visible dans la rue Anna-Chabrol et la rue des Murailles qui conservent l'entièreté des murs qui les soutiennent...
L'ensemble des enceintes de la ville est classé site patrimonial remarquable et géré par le plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) de la ville de Thiers... Ce dispositif participe de la protection et de la mise en valeur du patrimoine historique de la ville : les remparts en font donc partie. Seul un segment des remparts est classé au titre des monuments historiques si on retient qu'une partie du bâti urbain repose sur des murailles.
L'office de tourisme de Thiers organise régulièrement des visites de la cité médiévale. Cette visite, nommée « Thiers, la médiévale », fait découvrir la diversité et la richesse du patrimoine de la ville-haute. Le circuit des visites passe par des rues où les remparts sont en bon état de conservation. Le guide touristique en profite pour expliquer rapidement l'histoire des remparts de la ville et de ses évolutions..
Éléments protégésÉtatProtectionDateÉglise Saint-JeanFermée au publicinscription12 rue de la CoutellerieEffondré en inscription14 rue de la CoutellerieEffondré en classementMaison des ConsulsAccueille la partie 2 du musée de la CoutellerieinscriptionMaison de LauzunEn bon étatinscription
Plan détaillé