La ottomane est une grande unité (armée) de l'armée ottomane créée à partir du . Elle combat pendant la Première Guerre mondiale en Orient où elle remporte la victoire de Kut-el-Amara. Décimée à la fin de la campagne de Mésopotamie, elle perd Bagdad et évacue le vilayet de Mossoul après l'armistice, une partie de ses hommes se joignant aux milices locales contre les chrétiens et les Britanniques.
Origines (1877-1913) En 1877, la a son commandement à Bagdad. Elle est composée de : 6 régiments d'infanterie de ligne 6 bataillons de tirailleurs 2 régiments de cavalerie de ligne Un régiment d'artillerie (6 batteries) Une compagnie de sapeurs Après la révolution des Jeunes-Turcs en 1908, les forces armées sont réorganisées. La comprend alors 3 divisions et une brigade d'active et sert d'inspection pour 4 divisions de réserve (redif) dont 3 en Irak et une en Anatolie : d'infanterie d'infanterie d'infanterie d'artillerie Divisions de réserve : de réserve (Bagdad) de réserve (Bassorah) de réserve (Kelkit) de réserve (Mossoul)
En 1911, la est remplacée en Mésopotamie par la , ..
Première Guerre mondiale Entrée en guerre, août 1914 - avril 1915 vignette|Bassorah en 1913. Pendant la phase de mobilisation qui prélude à l'entrée de l'Empire ottoman dans la Première Guerre mondiale, la dispose de forces relativement importantes en Mésopotamie : le ( et ) et le ( et ). Cependant, le commandement d'armée et la totalité du sont transférées au Levant tandis que le commandement du avec la est transféré à la frontière du Caucase russe. Le , commandé par Cavit Paşa, ne dispose plus que de la avec une poignée de gendarmes et de garde-frontières, dispersée en plusieurs positions mal fortifiées le long du Tigre : elle n'a qu'un seul bataillon à Fao lorsque les Britanniques y débarquent, .. Cette force réduite ne peut empêcher l'occupation de Bassorah par l'armée coloniale britannique qui entre dans la ville le . La population arabe, massivement fidèle au sultan Mehmed V, calife de l'islam, accepte mal cette occupation par une puissance non musulmane.
Enver Pacha, ministre de la guerre, décide alors de renforcer le commandement d'Irak. , chef de l'Organisation spéciale, est nommé à la tête du Commandement régional d'Irak : il arrive à Bagdad le , amenant avec lui une unité de commando créée initialement en vue d'un débarquement à Odessa, ainsi qu'un détachement de pompiers de Constantinople. Il prévoit de les envoyer incendier la raffinerie d'Abadan, propriété de l'Anglo-Persian Oil Company et pièce majeure de la stratégie britannique, ce qui oblige les Britanniques à déployer une brigade le long de la frontière persane. La est ramenée du Levant vers la Mésopotamie. Les Ottomans constituent une ligne de défense autour d'Al-Qurnah, au confluent du Tigre et de l'Euphrate, prise par les Britanniques à l'issue de la (5-).
En , le Commandement régional d'Irak comprend les unités suivantes : ()
Deux régiments de recrutement arabe Irréguliers arabes ().
Une mission allemande de 70 spécialistes, commandée par le major , tente d'organiser des actions anti-britanniques telles que la pose de mines dans le Chatt-el-Arab, sans grand succès.
Süleyman Askerî obtient le soutien des chefs religieux musulmans, y compris des chiites, pourtant peu favorables au sultan ottoman sunnite mais qui appellent à la guerre sainte contre les ennemis de l'islam. Le , il est blessé au pied lors d'un accrochage. En avril, il ordonne une offensive générale contre les positions britanniques à . La cavalerie irrégulière arabe, qui n'a que des armes blanches et de rares fusils contre les canons et mitrailleuse britanniques, se débande dès le début du combat : la (12-) est une défaite sévère pour les Ottomans qui perdent et blessés et 400 prisonniers. Le au soir, Süleyman Askerî se suicide. Son adjoint, , le remplace par intérim. Le commandement est ensuite confié à Noureddine Bey. Les Arabes des marais profitent de la déroute ottomane pour s'emparer de plusieurs milliers de fusils MauserMichael Andrew Kappelmann, Parallel Campaigns: The British In Mesopotamia, 1914-1920 And The United States in Iraq, 2003-2004, Tannenberg, 2014..
La route de Bagdad, avril - novembre 1915 vignette|Bateaux de troupes descendant le Tigre, 1915-1916. vignette|Camp de l'état-major de la armée, 1916. vignette|Campagne de Mésopotamie, 1915-1916. vignette|Canonnière fluviale britannique HMS Firefly capturée par les Ottomans et renommée Selman-ı Pak, 1916. vignette|Bataille de Ctésiphon et retraite britannique vers Kut, décembre 1915. Le corps expéditionnaire de Bassora reçoit des renforts de l'armée britannique de l'Inde et devient le corps indien (général John Nixon). Il comprend notamment la (général Charles Townshend). Nixon, avec l'approbation du commandement britannique de l'empire des Indes qui assure la direction effective des opérations en Asie, décide d'envoyer la Poona pour prendre Bagdad. Le , la petite armée de Townshend (une division renforcée) s'empare de la position bien fortifiée de Kut. Le , elle arrive à Aziziya, à de Bagdad.
L'état-major ottoman, réagissant à la menace britannique, envoie de nouveaux renforts en Irak : la d'infanterie, en garnison à Pozantı dans le vilayet d'Adana, reçoit l'ordre de déplacement le . Ses régiments, renforcés par des réservistes, arrivent sur le terrain entre le et le : leurs premiers échelons sont envoyés à Kut. Deux autres divisions constituant le (général : Halil Bey), amenées du front du Caucase, arrivent à la fin de l'année : ce sont les et forces expéditionnaires, rebaptisées, le , les et . À la différence des autres unités présentes en Irak, ces 3 divisions se composent essentiellement de Turcs d'Europe et d'Anatolie. Plusieurs ont l'expérience de la campagne des Dardanelles, où les Ottomans avaient tenu en échec le débarquement britannique. Le corps provisoire de Halil Bey, devenu le , avait affronté les Russes à la bataille de Bitlis, battant en retraite en bon ordre tout en combattant sur en deux semaines : l'état-major lui fournit un renfort de du dépôt de Hınıs pour compléter son effectif.
Dès le , après la perte de Kut, Noureddine Bey commence à préparer une ligne fortifiée à la hauteur de Ctésiphon.. Le , le Commandement régional d'Irak devient la . L'état-major ottoman lui donne pour chef le vieux général allemand Colmar von der Goltz, ancien chef de la mission militaire allemande à Constantinople promu au rang de müşir (maréchal ottoman), qui commandait la en Thrace orientale, mais il n'arrivera à Bagdad que deux mois plus tard. En son absence, le commandement est assuré par le colonel Noureddine Bey, vétéran de la guerre gréco-turque et de la pacification du Yémen.. Ordre de bataille, août-septembre 1915 La comprend les unités suivantes :
d'infanterie d'infanterie d'infanterie d'infanterie (Smyrne avec un bataillon de réservistes de Hilla) d'infanterie (Constantinople) d'infanterie (Smyrne) (QF) du d'artillerie (Damas). (Halil Bey) : d'infanterie (Kâzım Bey) d'infanterie (Izmit) d'infanterie (Adapazarı) d'infanterie (Kayseri) (mortiers de montagne) du d'artillerie (Edirne) d'infanterie () d'infanterie (Ankara) d'infanterie (Daday) d'infanterie (Yozgat) (mortiers de montagne) du d'artillerie (Ankara).
Townshend, informé de l'arrivée de plusieurs divisions ottomanes, souhaite interrompre son avance pour attendre du ravitaillement et des renforts mais, le , il reçoit de Nixon l'ordre de continuer. La Poona se met en marche le : Townshend pense que les troupes ottomanes, manquant de fermeté et de discipline, se débanderont comme lors des batailles précédentes. L'historiographie turque attribue généralement les défaites ottomanes à la faible combativité des recrues arabes des et divisions.
Mais, à la hauteur de Ctésiphon, Townshend rencontre un barrage de 4 divisions ottomanes sous le commandement de Noureddine Pacha : la sur la rive ouest du Tigre, les et sur la rive est, plus la en réserve, au total de troupes régulières plus quelques milliers d'irréguliers arabesRonald Millar, Kut: The Death of an Army, Pen & Sword, 2017, p.17.,contre . Lors de la bataille de Ctésiphon (22-), aucune des deux armées n'arrive à percer : le 25, Noureddine Bey a donné l'ordre de battre en retraite vers le Diyala quand il apprend que Townshend est en train de se replier vers Kut. Townshend a été désagréablement surpris par la fermeté des troupes ottomanes et par la qualité de leurs fortifications : .
Siège de Kut, décembre 1915 - avril 1916 Encerclement vignette|Infanterie ottomane au siège de Kut, 1916. vignette|Kâzım Bey au siège de Kut, 1916. vignette|Soldats indiens du régiment pandjabi, v. 1916
Noureddine Bey réorganise ses troupes, remplace les officiers perdus et, à partir du , envoie le à la poursuite des troupes britanniques. La cavalerie ottomane, commandée par Fazil Pacha, harcèle les Britanniques mais l'infanterie du , mal ravitaillée, doit ralentir sa poursuite. Le , Townshend, sur instruction de Nixon, arrête sa retraite à Kut pour reposer ses troupes, soigner les blessés et ne pas abandonner les considérables dépôts d’approvisionnement qui s'y trouvent : il estime que la position est assez forte pour résister aux attaques ottomanes. À partir du , l'armée de Noureddine Bey encercle Kut. Un détachement commandé par Mehmet Fazil Pacha, comprenant un bataillon d'infanterie, une batterie d'obusiers et de la cavalerie tribale, établit une première ligne de défense au sud de Kut. Puis les et entreprennent de creuser des lignes de circonvallation et contrevallation autour du camp retranché britannique. Entre-temps, le , Colmar von der Goltz est arrivé à Bagdad avec un renfort d'artillerie et de mitrailleuses qui permettent d'interdire la circulation fluviale..
Bien que Noureddine Bey ne soit plus, nominalement, que le chef du , c'est lui qui dirige les opérations des jours suivants. Les 9, 10 et , il ordonne une série d'attaques infructueuses : ses hommes, fatigués par plusieurs jours de poursuite et de travaux de tranchées, n'arrivent pas à percer les premières lignes britanniques. Les unités ottomanes, après les lourdes pertes de la campagne, sont tombées à 30 ou 40% de leur effectif théorique. Les unités indo-britanniques souffrent aussi de l'attrition mais ont l'avantage de la position défensive..
Colmar von der Goltz visite Kut le mais n'y passe que quelques jours : il rentre à Bagdad pour organiser les préparatifs d'une expédition en Perse. C'est Noureddine qui garde la conduite du siège.
Le , l'effectif de la s'élève à , , , 26 mitrailleuses et 53 canons.. Elle comprend de troupes combattantes et de troupes de soutien, soit un nombre total d'hommes inférieur à l'effectif théorique d'un corps d'armée britannique de deux divisions.. Son approvisionnement par le chemin de fer de Constantinople à Bagdad est lent et incertain : la voie ferrée ne traverse pas les défilés du Taurus, ce qui nécessite plusieurs transbordements.. Elle n'a pas un seul aéroplane et le téléphone de campagne est souvent coupé par les Bédouins qui dérobent les câbles de cuivre. Son commandement manque de cartes d'état-major et doit se servir de cartes prises à un major britannique.
Le , l'Ordre de Colmar von der Goltz réorganise la qui comprend les éléments suivants : Armée d'Irak (ancien commandement régional d'Irak) Colonne expéditionnaire de Perse Garnisons des et commandement de soutien.
Les 24-, une nouvelle attaque menée par Halil Bey () et () est tout aussi infructueuse..
Le front de Mésopotamie n'est pas prioritaire dans les allocations d'armes et de munitions qui, en 1915, vont d'abord au front des Dardanelles et à celui du Caucase. Pendant l'année 1915, l'armée de Mésopotamie ne reçoit que , 10 canons, 8 mitrailleuses, et à main.
Cependant, le siège de Kut attire l'attention de l'état-major ottoman : le , Enver Pacha, ministre de la guerre, envoie la en renfort depuis les Dardanelles.
Fin de la garnison britannique