vignette|280x280px|La gare de Hansbeke, une gare standard belge construite en 1923 et démolie en 2016. vignette|280x280px|La gare de Templeuve, une gare standard des Chemins de fer du Nord. Les gares de la reconstruction sont un ensemble de gares construites en Belgique et en France au lendemain de la Première Guerre mondiale pour remplacer des bâtiments détruits ou gravement endommagés lors du conflit. Un certain nombre de ces gares possèdent un plan ou des éléments communs entre elles qui leur sont spécifiques. Elles sont désignées « bâtiment type Reconstruction ».

Destructions causées par la guerre De nombreuses gares ont été détruites lors de la Première Guerre mondiale, certaines lors de bombardements (comme celles de Nieuport) ou de combats maison par maison, mais il y a aussi eu un grand nombre de gares incendiées par les Allemands lors de leur retraite voire dès l'invasion (par exemple Visé). Des bâtiments provisoires, parfois de vieux wagons, servent de gares temporaires jusqu'à ce que, les besoins prioritaires de la reconstruction après-guerre étant assurés, de véritables gares remplacent la plupart de ces structures temporaires.

Sous l'occupation, les Allemands ont édifié des structures temporaires pour remplacer certaines gares détruites et, exceptionnellement, des bâtiments en dur (Audun-le-Roman a reçu une nouvelle gare peu après 1914).

Après l'armistice, le rattachement à la Belgique des cantons de l'Est et la réintégration de l'Alsace et de la Lorraine à la France apportent à ces deux pays plusieurs lignes construites par les Allemands dont les gares ont parfois été endommagées lors de la guerre. Certaines sont des lignes militaires dont les bâtiments, lorsqu'ils sont encore debout, sont couramment en bois.

La Seconde Guerre mondiale occasionnera de nouvelles destructions de gares mais aucun plan standard ne sera employé pour les gares reconstruites après 1945, du moins en Belgique.

En Belgique Les bâtiments temporaires Ces bâtiments d'un seul niveau sont de formes et de matériaux différents et sont parfois des structures de ré-emploi. Un certain nombre de ces gares sont construites en bois ou en pans de bois hourdés de brique.

La pratique des gares provisoires n'est pas nouvelle pour les chemins de fer belges et remonte parfois à la construction des lignes dans les années 1830-1870. Un certain nombre de gares provisoires (de la reconstruction et aussi d'avant-guerre.) resteront employées jusque dans les années 1960 (Denderleeuw et Ypres par exemple, ainsi que Torhout dont le bâtiment était un ancien baraquement des Jeux olympiques de 1920 à Anvers.).

Dans de rares cas (AuvelaisSite La confrérie de l'Auveloise et les géants d'Auvelais : Auvelais, Histoire de la ligne de Chemin de Fer lire (consulté le 17 janvier 2019)., Staden) le bâtiment de la gare, gravement endommagé, n'est que partiellement reconstruit, en conservant seulement le rez-de-chaussée ou une aile de l'ancien bâtiment. La gare d'Elouges, une gare type 1873., a perdu son étage à une époque inconnue tandis qu'un logement de fonction se rajoute dans le prolongement du bâtiment.. Peut-être s'agit-il de la conséquences d'une destruction survenue durant la Première guerre.

Les gares standard alt=voies, quais et abris|vignette|Un certain nombre de gares standard belges, comme celle de Kortemark, avaient un seul étage.|gaucheLes plus nombreuses, elles ont été construites par les Chemins de fer de l'État belge au début des années 1920 en Flandre-Occidentale, en Flandre-Orientale et dans le Hainaut.. Toutes ces gares se substituent à un bâtiment détruit ou trop gravement endommagé par le conflit à l'exception de la gare de Nijlen, construite en 1924 à la place d'un bâtiment vétuste dont le remplacement était déjà programmé avant 1914..

Contrairement aux gares standard d'avant-guerre qui partagent un plan-type identique où seule varie la longueur de l'aile servant de salle d'attente et de magasin à colis, les nouvelles gares standard emploient une plus grande variété de formes selon les nécessités du lieu ou les choix de leur architecte. En outre, rompant avec la pratique, une grande partie d'entre-elles sont dépourvues d'étage, ce qui était rare pour les gares d'avant-guerre, avec une maison séparée pour le chef de gare.

Malgré ces différences, elles possèdent de nombreux points communs. Réalisées en briques (généralement en brique rouge) et en pierre de taille, elles ont le plus souvent de grandes fenêtres étroites groupées par 2 ou 3, surmontées de vasistas à arcs bombés et, sauf exception, des toitures à demi-croupes et de multiples pignons. Le logement de fonction intégré aux gares à deux niveaux possède le plus souvent une disposition en T renversé et de petites fenêtres décalées au niveau des escaliers. Le toit est en tuiles et presque chaque angle (pignons, chiens-assis, transitions) possède des demi-croupes. Alors qu'avant-guerre, la grande majorité des gares belges possédaient une marquise, aucune des gares de cette famille n'en reçoit à sa construction.

Elles offrent une ressemblance frappante avec la gare d'Adinkerque - La Panne érigée en 1913 par l'architecte Joseph Viérin dans un style qui mélange modernisme et architecture traditionnelle avec de nombreuses fenêtres groupées sous une toiture comportant plusieurs demi-croupes. Bien que située près du front, cette gare a survécu au premier conflit mondial et existe toujours.

Plusieurs architectes réalisent les plans de ces gares entre 1921 et 1925 et leurs noms n'ont pas tous été retrouvés : A. Desmet et N. Richard sont responsables de la plupart d'entre-elles tandis que la gare d'Avelgem est réalisée par P. Ongenae, chef de section aux Chemins de fer de l'État belge. alt=|vignette|180x180px|Gare de Boezinge, côté rue. Les autres bâtiments annexes (halle à marchandises, toilettes...) reconstruits après 1918 le sont également dans ce style. On en retrouve parfois à côté d'une gare d'avant-guerre qui a survécu au conflit, notamment à Poperinge et vice-versa (par exemple à Zarren). Un exemple bien conservé est le bâtiment à usages divers de la gare de Poperinge, ou la halle à marchandises de la gare de Wevelgem.

Variantes De nombreuses variantes existent, certaines étant des constructions uniques ou légèrement différentes entre elles. La liste des gares est classée par taille, en partant des plus petites. Sauf mention contraire, toutes les gares sont en briques rouges, munies de fenêtres à vasistas et de toitures à demi-croupes. alt=|vignette|180x180px|Langemark, côté quai. alt=|vignette|180x180px|Gare de Bissegem, côté rue. alt=|vignette|180x180px|Westrozebeke, côté rue.

Petites gares à un étage Kortemark sur la ligne 73.. Gare de plan rectangulaire comportant une partie haute à trois travées (triples ou quadruples) quasi symétrique (sauf la toiture qui se termine en bâtière d'un côté) avec sur sa gauche une aile plus basse d'une travée servant de magasin pour les colis.. Gare toujours active. Wervicq sur la ligne 69. Version agrandie du type de bâtiment que l'on retrouve à Boezinge., elle présente, côté rue, cinq travées doubles (dont deux encadrant l'entrée surmontée par une grande lucarne) et une porte pour le magasin ; côté voies, trois travées doubles, trois portes et pas de pignon.. Le bâtiment, qui est classé, a été fermé aux voyageurs et proposé à la vente dans les années 2010.. Boezinge. sur la ligne 63. Il s'agit d'une gare à un niveau de plan rectangulaire comportant trois travées (doubles ou triples), une toiture sous bâtière longitudinale avec une grande lucarne au centre, légèrement sur la droite, (côté rue) et une lucarne décentrée à droite (côté quai).. Cette gare sert de maison de jeunes. Langemarck. sur la ligne 63. Identique à la gare de Boezinge. Le bâtiment a été transformé en caserne de pompiers.. Moorslede-Passendale. sur la ligne 64. Identique à celle de Boezinge. Bâtiment démoli. Pervyze sur la ligne 74. Identique à celle de Boezinge mais à la disposition des lucarnes inversée (à gauche sur chaque façade). Reconvertie en habitation et fortement altérée... Poelcappelle. sur la ligne 63. Identique à celle de Boezinge. Reconvertie en habitation.. Vlamertinge.. sur la ligne 69. Identique à celle de Boezinge. Magnifiquement restaurée, Warneton. sur la ligne 67. Identique à celle de Boezinge. Reconvertie en club de sport.. Zarren sur la ligne 73.. Identique à celle de Pervyze. Démolie en 1979.. Bissegem.. sur la ligne 69. Halte de plan rectangulaire comportant quatre travées (doubles ou triples) dont une servant de magasin pour les colis. Toiture à demi-croupes longitudinale sans lucarne ni chien-assis. Fermée dans les années 2010 et convertie en café.. Houthem sur la ligne 69. Halte comportant une partie à toit haut à deux travées et une partie légèrement plus basse, plus étroite côté rue, de deux travées servant de bureau et de magasin. Côté quai, la façade est rectiligne ; côté rue, le raccord entre les deux parties se fait par une toiture à croupe et un raccord étroit en L comprenant la porte d'accès (qui est perpendiculaire au reste de la façade.). Bâtiment démoli. alt=|vignette|180x180px|Wervicq, côté rue. Pont-Rouge sur la ligne 67. Identique à celle de Houthem mais disposition inversée. Reconvertie en habitation et fortement altérée.. Ramskapelle sur la ligne 74. Identique à celle de Houthem. Bâtiment démoli. Westrozebeke. sur la ligne 63. Identique à celle de Houthem. Reconvertie en habitation., elle est la seule de ces quatre haltes à avoir conservé sa disposition d'origine, très particulière.

Gares standard à deux étages Ces gares varient quelque peu entre-elles et sont munies d'un logement de fonction à deux niveaux en T renversé possédant côté voies deux travées triples au rez-de-chaussée, une double et une triple au premier étage et un pignon surplombant la travée triple. Côté rue, les travées triples sous le pignon sont remplacées par une porte et une cage d'escalier à fenêtres décalées (dont la disposition varie légèrement de gare en gare), le reste de la façade est identique côté rue et se prolonge par un appentis de service. L'aile à un seul étage contenant la salle d'attente varie en longueur (entre 2 et cinq groupes de travées) mais comporte toujours au moins un chien assis et une lucarne à pans-coupés à l'extrémité surplombant la dernière travée. Tous les angles de la toiture sont à demi-croupes. alt=|vignette|200x200px|Gare d'Eine, côté quai. alt=|vignette|200x200px|Zonnebeke avant rénovation. alt=|vignette|200x200px|Gare de Tronchiennes.

Eine. sur la ligne 86 (construite en briques brunes avec bandeaux de brique jaune). Le logement de fonction à gauche. L'aile basse comporte deux travées triples et une simple sous le pignon (porte du magasin) côté quai ; une triple, un porche d'entrée et une double côté rue.. Elle est reconvertie en agence immobilière. Oostkerke sur la ligne 73... Le logement de fonction est à droite ; l'aile basse comporte de chaque côté deux travées triples et une double sous la lucarne. Elle a été reconvertie en logement.. Zonnebeke sur la ligne 64. Le bâtiment, en tous points identique à la gare d'Oostkerke, a été transformée en caserne de pompiers (fenêtres murées).. En 2010, est reconvertie en maison de jeunes et a à l'occasion été restaurée en état d'origine.. Hansbeke sur la ligne 50A. (briques brunes avec bandeaux de brique jaune).. Le logement de fonction disposé à gauche est légèrement différent ; l’aile basse est pratiquement identique à celle de la gare d'Oostkerke. Démolie en 2016 lors de la mise à quatre voies de la ligne. Tronchiennes. sur la ligne 50A. En tous points identique à la gare de Hansbeke., elle a été démolie en 2011 pour la mise à quatre voies de la ligne. Hollain sur la ligne 88. (briques rouges et bandeaux de pierre). Le logement de fonction est à droite ; l’aile basse comporte de chaque côté trois travées doubles (dont une sous la lucarne) et une triple. Elle a été reconvertie en habitation et en local associatif.