L'habileté numérique, parfois appelée alphabétisation numérique, ou encore littératie numérique est la capacité d'un individu à trouver, évaluer, produire et communiquer des informations claires par le biais de l'écriture et d'autres formes de communication sur diverses plateformes numériques et les technologies de l'information et de la communication en général. Elle met en valeur les compétences en grammaire, informatique, écriture et dactylographie d'un individu sur des plateformes telles que les médias sociaux et les sites de blogs par le biais d'appareils tels que les smartphones, les tablettes, les ordinateurs portables et les ordinateurs de bureauGui, M. & Argentin, G. (2011). Digital skills of internet natives: Different forms of digital literacy in a random sample of northern Italian high school students, New Media & Society. Volume 13 Issue 6 http://nms.sagepub.com/content/13/6/963.

La Société internationale pour la technologie dans l'éducation définit des paramètres pour la culture numérique autour de six points de repère. Celles-ci comprennent l'innovation, la communication et la coopération, la recherche et l'information, la pensée critique, la résolution de problèmes et la prise de décision, la citoyenneté numérique et les concepts et opérations technologiques.

Définitions Du point de vue des compétences, l’alphabétisation numérique repose sur l’alphabétisation, la fluidité et la maîtrise des compétences nécessaires pour utiliser Internet. D'un point de vue académique, l'alphabétisation numérique fait partie de la matière informatique aux côtés de l'informatique et des technologies de l'information.

L'alphabétisation numérique est une nouvelle alphabétisation et peut être décomposée en plusieurs sous-alphabétisations. Une de ces décompositions considère la culture numérique comme englobant la culture informatique, la culture réseau, la culture informationnelle et les médias sociaux. Les conceptualisations antérieures de la littératie numérique mettaient l'accent sur les compétences pratiques associées à l'utilisation d'ordinateurs (désormais assimilées à la littératie informatique). Celles-ci incluent les compétences matérielles, telles que la connexion de périphériques, et les compétences logicielles, telles que l'utilisation de packages d'application. Les conceptualisations contemporaines de la culture numérique s'ajoutent à ces compétences traditionnelles et englobent les connaissances, les compétences, les attitudes et les comportements, en particulier en ce qui concerne les appareils en réseau (notamment les smartphones, les tablettes et les ordinateurs personnels). La culture numérique diffère de la culture informatique de plusieurs manières importantes. Bien que cela englobe les compétences pratiques incorporées dans les connaissances informatiques, il met beaucoup plus l'accent sur les aspects sociologiques, politiques, culturels, économiques et comportementaux des technologies numériques.

Quelques tentatives Tibor Koltay a travaillé sur le concept de littératie numérique dans son article The media and the literacies: media literacy, information literacy, digital literacyThe media and the literacies: media literacy, information literacy, digital literacy. Il introduit la littératie numérique avec une définition de Paul Gilster (1997)C. R. Pool, A New Digital. A Conversation with Paul Gilster, dans Educational Leadership, 1997. La littératie numérique serait la capacité à comprendre et à utiliser l'information provenant de sources numériques sans se préoccuper des « listes de compétences», souvent critiquées comme étant restrictivesT. Koltay, The media and the literacies: media literacy, information literacy, digital literacy, dans Media, Culture & Society, (2), 2011, .. Ces listes de compétences comprennent les recherches sur Internet, la navigation hypertexte, le regroupement de connaissances et l’évaluation de contenu (Bawden, 2001)D. Bawden, Information and digital literacies: a review of concepts, dans Journal of Documentation, vol. 57 (2), 2001, ..

Tibor Koltay aborde la définition de Martin (2006) selon laquelle « la littératie numérique serait la connaissance, l'attitude et la capacité à utiliser des outils et installations numériques pour identifier, accéder, gérer, intégrer, évaluer, analyser et synthétiser des ressources numériques, construire de nouvelles connaissances, créer des expressions médiatiques et communiquer avec les autres, dans le contexte de situations de vie spécifique, afin de permettre une action sociale constructive ; et de réfléchir à ce processus. ». Cette définition renvoie au sens large de la littératie numérique en incluant le rôle des médias. La littératie numérique a aussi un sens plus restreint selon lequel elle désigne exclusivement l’utilisation efficace des technologies de l’information et de la communication (TIC).

La définition de David Bawden (2001) se concentre sur un trait distinctif de la littératie numérique. Selon lui, la littératie numérique englobe la présentation de l’information, sans nuire à l’écriture créative et à la visualisation de l'information. Elle concerne l’évaluation de l’information sans prétendre à une analyse systématique ni à une méta-analyse. Elle inclut l’organisation de l’information, mais ne revendique pas la construction et le fonctionnement des terminologies, taxonomies et thésaurus.

Pour Tibor Koltay, il est important de limiter la comparaison de la littératie numérique à la littératie médiatique et à la littératie informationnelle. La littératie numérique est composée de différentes littératies. Il n’y a donc pas de raisons de la comparer à d’autres littératies.

Béatrice Drot-Delange estime que la définition de la littératie numérique dépend des objectifs qui lui sont assignés. Il n’y a pas d’accord sur la définition. Les auteurs qui se sont penchés sur le sujet parlent de continuum de compétences, de métaphore ou de mode de pensée.

En définissant la littératie numérique comme étant un continuum de compétences, les auteurs distinguent deux extrêmes concernant les finalités de la littératie numérique. D’un côté, on retrouve le fait d’enseigner la programmation et de faire de l’informatique. De l’autre, on distingue soit l’acquisition de compétences critiques nécessitant une connaissance générale des ordinateurs et de leurs usages, soit les enjeux sociétaux de l’informatique, soit un mélange des deux, qui demande une connaissance et un usage de l’informatique en tant qu’aide à la résolution de problèmes tout en incluant des aspects sociaux..

Certains auteurs définissent la littératie numérique comme une simple métaphore. Ils considèrent l’informatique comme un savoir fondamental et universel, comme le sont l’écriture et la lecture. Cette approche est critiquée. Selon Harvey (1983), il n’existe pas de compétences informatiques universellement valables. Goodson et Mangan (1996) rejoignent Harvey dans le champ des critiques. Pour eux, la littératie numérique comme simple métaphore aurait davantage sa place dans un registre idéologique puisqu’elle formerait des consommateurs habiles à manipuler l’informatique plutôt que des citoyens..

D’autres auteurs considèrent la littératie numérique comme étant un nouveau mode de pensée. Ils supposent «qu’à l’instar de l’écriture qui amène de nouveaux modes de pensée, il en serait de même pour l’informatique”. Dans les années 1990 à 2000, ce nouveau mode de pensée est à comprendre comme une pensée algorithmique, c’est-à-dire l’apport de l’informatique à la résolution de problèmes dans d’autres disciplines. Cette pensée algorithmique est au cœur du rapport du NRC à la fin des années 1990 qui considère la pensée algorithmique comme un atout pour les personnes éduquées, comme clé de la compréhension de plusieurs aspects des technologies de l’information et où l’écriture de programme est pédagogiquement incontournable. À partir des années 2010, ce nouveau mode de pensée est à comprendre comme une pensée informatique. Cette vision prend racine dans des textes plus anciens. Papert (1981) recommande l’apprentissage d’un langage de programmation comme moyen d’enseigner aux enfants à penser. Toutefois, « il déplore l’absence de réflexion sur les choix des langages de programmation, conçus par des industriels pour des professionnels, qui ne répondent pas aux besoins des enfants dans le projet pédagogique tel qu’il le conçoit, alors même que ce « langage utilisé colore fortement une culture informatique. ». Le rapport du CSTA (2011) envisage la pensée informatique comme une approche pour résoudre des problèmes que l’on peut mettre en œuvre avec un ordinateur. Selon Wing (2010), la pensée informatique renvoie à un savoir fondamental pour tous, véhiculé par les technologies numériques. Elle dépasse la capacité à savoir programmer. Un rapport des industriels de l’informatique (BCS, Microsoft, Google et Intellect, 2012) envisage la pensée informatique comme de « nouvelles lunettes à travers lesquelles nous regarder ainsi que notre monde. ».

Martin - Grudziecki Allan Martin et Jan Grudziecki (2006) ont constaté que la littératie numérique s’est développée parallèlement à l’essor de différentes innovations technologiques et des relations que les individus entretiennent avec ces dernières. Les besoins, les compétences et les domaines d’application des individus varient suivant l’évolution continue des innovations technologiques. Ils identifient plusieurs sous-catégories de la littératie numérique en fonction des besoins des individus vis-à-vis des innovations technologiques. La littératie informatique, également connue sous le nom de IT ou computer literacy en anglais, elle a été identifiée comme un besoin depuis la fin des années 1960. Cette littératie est passée par trois phases d’évolution. Premièrement, la phase de maîtrise, correspondant au début du développement des sciences de l’informatique. L’ordinateur est considéré comme une machine puissante destinée à des initiés. Concernant la littératie, l’accent est mis sur les connaissances et les compétences pour pouvoir la maîtriser. Ensuite vient la phase d’application, à la fin des années 1980, avec le développement des interfaces graphiques permettant un usage de masse des ordinateurs, pour le travail, mais aussi pour les loisirs. La littératie se concentrait sur l’utilisation de ces nouveaux logiciels et la définition de la littératie informatique portait davantage sur des compétences que des savoirs de spécialistes. Enfin, la phase réflexive s’est développée après l’émergence de jeunes étudiants ayant amené des innovations technologiques majeures depuis les années 1960. Il y a eu une prise de conscience que les pédagogies devaient avoir une vision plus large que la simple maîtrise technique et qu’il fallait se doter d’une approche plus critique, réflexive et basée sur l’évaluation. La notion de méta-compétence est introduite dans le concept de la littératie informatique.. La littératie technologique a émergé dans les années 1970 en réponse à deux enjeux différents. D’un côté, la prise de conscience du danger associé au développement des technologies pour les individus et l’environnement. De l’autre, certains se sont rendu compte de l’avantage comparatif pour les travailleurs de pouvoir évoluer avec les connaissances technologiques à travers les différents pays. L’ambivalence de ces deux enjeux a donné naissance à une définition floue, issue d’un mariage entre une approche basée sur les compétences, alors que l’autre approche a une portée plus académique.. La littératie informationnelle a émergé aux États-Unis à la fin des années 1980. Dans un contexte pré-digital, de nouveaux besoins en termes de bibliographie sont apparus dans les bibliothèques académiques. Cette littératie a influencé de nombreux bibliothécaires à travers le monde, à tel point que l’UNESCO a organisé une réunion avec des experts pour mettre l’accent sur les nouveaux besoins dans une société de l’information..