Giuseppe Saverio Raffaele Mercadante, né le à Altamura dans la province de Bari, dans la région des Pouilles et mort le à Naples, est un compositeur italien.

Biographie Né près de Bari, dans les Pouilles, Mercadante est l'enfant illégitime d'un veuf et de sa gouvernantePassé sous silence par les notices biographiques anciennes, ce fait est mentionné par James Joyce dans son célèbre roman Ulysse (Kaminski, ).. Il entre en 1808 au Conservatoire de Naples grâce à un faux certificat de baptême daté de 1797 et étudie sous la direction de Giovanni Furno et Giacomo Trittoqui furent ultérieurement les maîtres de Vincenzo Bellini, puis de Niccolò Zingarelli.

Chargé d'un orchestre d'étudiants, il compose de nombreuses œuvres instrumentales pour cette formation, suscitant l'enthousiasme de Rossini, qui avait assisté à l'un de ses concerts. Après avoir donné trois ballets au Teatro San Carlo de Naples, il y crée en 1819 son premier opéra, L'apoteosi d'Ercole, qui bénéficie d'une distribution prestigieuse réunissant Colbran, Pisaroni, David et Nozzari, et il connaît un grand succès avec sa deuxième œuvre, Violenza e Constanza (1820).

Quatre autres opéras suivent, créés à Naples mais aussi à Rome et à Bologne (Maria Stuarda, 1821), avant un triomphe à la Scala de Milan avec Elisa e Claudio (1821). La production de cette œuvre à Vienne lui vaut d'être convié à donner trois opéras au Kärntnertortheater, parmi lesquels Doralice (1824) qu'admirait Hegel. Parallèlement, il donne de nombreux opéras aux théâtres italiens, comme à la Scala de Milan en 1822 ou Caritea, regina di Spagna à la Fenice de Venise en 1826.

La testa di bronzo, donné à Lisbonne en 1827 lui vaut une invitation à séjourner dans la péninsule Ibérique où il donne Gabriella di Vergy à Lisbonne l'année suivante et Francesca da Rimini aurait dû être donné à Madrid en 1831 mais le projet échoue. Quand il revient en Italie, il doit affronter la concurrence de Bellini et de Donizetti, du second en particulier qui, triomphant à Naples, l'écarte du San Carlo après Zaira en 1831. En 1833, il obtient un poste de maître de chapelle de la cathédrale de Novare, en Piémont, où il réside jusqu'en 1840.

150px|vignette|gauche|Saverio Mercadante. Il continue à composer des opéras et remporte un succès à Turin avec I normanni a Parigi (1832), suivi dans la même ville par Francesca Donato (1835) et donne successivement six opéras à la Scala parmi lesquels Ismalia (1832), Il conte d'Essex (1833) et La gioventù d'Enrico V (1834), sans oublier Venise où il donna Emma d'Antiochia (1834).

À l'invitation de Rossini, il se rendit à Paris et donna I briganti au Théâtre italien (1836), qui fut un échec malgré une distribution réunissant Grisi, Rubini, Tamburini et Lablache. Durant son séjour à Paris, il se familiarisa avec le grand opéra à la française, assistant notamment à des représentations de La Juive d'Halévy et d'ouvrages de Meyerbeer, qui l'amenèrent à infléchir son propre style pour tendre à davantage d'intensité dramatique.

De retour en Italie, il triompha à la Scala avec Il giuramento (Le Serment) en 1837, l'un de ses opéras les plus connus. En 1838, il fut préféré à Donizetti pour diriger le conservatoire de Naples, poste qu'il occupa effectivement à partir de 1840. Cet événement précipita le départ de Donizetti pour Paris. À ce moment, Bellini était mort depuis trois ans, et Mercadante régna alors en maître incontesté sur l'opéra italien. Dans La Chartreuse de Parme (1839) Stendhal parle d'un homme "chantant un air délicieux de Mercadante, alors à la mode en Lombardie" (chapitre IX).

Invité à nouveau au San Carlo (Elena da Feltre, 1839), il obtint la même année son plus grand succès avec Il bravo à la Scala. Mais, il subissait la concurrence de Giovanni Pacini (Saffò, 1840) ; surtout, s'allumait déjà l'étoile montante de Giuseppe Verdi (son Nabucco est de 1842) qui ne devait pas tarder à éclipser celle de Mercadante. Certains des opéras qu'il donna encore eurent du succès (Orazi e Curiazi, 1846) mais la plupart peinaient à susciter l'enthousiasme de jadis, tandis que ses ouvrages plus anciens tombaient progressivement dans l'oubli.

Quand il eut atteint la soixantaine, sa vue commença à baisser fortement et il devint à peu près complètement aveugle à partir de 1863. Il ne mourut qu'à la fin de 1870, entouré du respect général mais considéré comme appartenant à un monde révolu. En dépit de quelques productions occasionnelles, la plupart de ses opéras quittèrent alors le répertoire.

Œuvres Opéras 1817 : Climene, dramma per musica en 2 actes, non représenté (travail d'étudiant) 1819 : L'apoteosi d'Ercole, dramma per musica en 2 actes, livret de Giovanni Schmidt, Naples, Teatro San Carlo, 1820 : Violenza e costanza, ossia I falsi monetari, dramma per musica en 2 actes, livret d'Andrea Leone Tottola, Naples, Teatro Nuovo, ; nouvelle production sous le titre : Il castello dei spiriti, Lisbonne, Theatro do Barao de Quintella nas Larangeiras, Anacreonte in Samo, dramma per musica en 2 actes, livret de Giovanni Schmidt d'après Anacréon chez Polycrate de Jean-Henri Guy, Naples, Teatro San Carlo, Il geloso ravveduto, melodramma buffo en 2 actes, livret de Bartolomeo Signori, Rome, Teatro Valle, octobre Scipione in Cartagine, melodramma serio en 2 actes, livret de Giacomo Ferretti, Rome, Teatro Argentina, ; nouvelle version sous le titre Gli Sciti, Naples, Teatro San Carlo, 1821 : Maria Stuarda regina di Scozia, dramma serio en 2 actes, Bologne, Teatro Comunale, Elisa e Claudio, ossia L'amore protetto dall'amicizia, melodramma semiserio en 2 actes, livret de Luigi Romanelli d'après Rosella de F. Casari, Milan, Teatro alla Scala, Andronico, melodramma tragico en 2 actes, livret de Dalmindo Tindario (Giovanni Kreglianovich) d'après Dom Carlos de Saint-Réal et Andronic de Campistron, Venise, Fenice, ; remanié l'année suivante comme : Alfonso ed Elisa (1822) 1822 : , melodramma semiserio en 2 actes, livret de Felice Romani, Milan, Teatro alla Scala, , melodramma tragico en 2 actes, livret de Felice Romani d'après Hamlet de William Shakespeare, Milan, Teatro alla Scala, Alfonso ed Elisa, librettiste inconnu d'après Fillipo de Vittorio Alfieri (refonte d’Andronico), Mantoue, Teatro Nuovo, ; nouvelle version révisée sous le titre : Aminta ed Argira, Reggio Emilia, Teatro Comunale, 1823 : Didone abbandonata, dramma per musica en 2 actes, livret de Andrea Leone Tottola adapté de celui de Pietro Metastasio pour Porpora, Turin, Teatro Regio, ; nouvelle version revue (avec dénouement heureux) : Milan, Teatro alla Scala, ; troisième version à Naples (?) Gli Sciti, dramma per musica en 2 actes, livret d'Andrea Leone Tottola d'après Les Scythes de Voltaire (refonte de Scipione in Cartagine), Naples, Teatro San Carlo, Costanzo ed Almeriska, dramma per musica en 2 actes, livret d'Andrea Leone Tottola, Naples, Teatro San Carlo, (ou ?) 1824 : Gli amici di Siracusa, melodramma eroico en 2 actes, livret de Giacomo Ferretti d'après Plutarque, Rome, Teatro Argentina, Doralice, melodramma en 2 actes, librettiste inconnu, Vienne, Kärntnertortheater, Le nozze di Telemaco ed Antiope, action lyrique en 7 scènes, livret de Calisto Bassi, Vienne, Kärntnertortheater, (pastiche de divers compositeurs) Il podestà di Burgos, melodramma giocoso en 2 actes, livret de Calisto Bassi, Vienne, Kärntnertortheater, ; nouvelle version sous le titre : Il signore del villaggio, livret d'Andrea Leone Tottola, Naples, Teatro del Fondo, ; troisième version sous le titre : Eduardo ed Angelica, Naples, Teatro del Fondo, 1828 Nitocri, dramma per musica en 2 actes, récitatifs d'Apostolo Zeno, passages chantés du comte Lodovico Piossasco, Turin, Teatro Regio, ; nouvelle version : Milan, Teatro alla Canobiana, 1825 : Les Noces de Gamache, opéra bouffon en 3 actes, livret de J.-H. Dupin et T. Sauvage d'après Cervantes, musique « arrangée pour la scène française par M. Guénée » à partir de L'apoteosi d'Ercole et Elisa e Claudio, Paris, Théâtre de l'Odéon, (pastiche) Erode, ossia Marianna, dramma tragico en 2 actes, livret de Luigi Ricciutti d'après Marianne de Voltaire, Venise, Fenice, (ou ?) Ipermestra (I), dramma tragico en 2 actes, livret de Luigi Ricciutti d'après Eschyledistinct du livret de Métastase portant le même titre, Naples, Teatro San Carlo, 1826 : Caritea, regina di Spagna, ossia La morte di Don Alfonso re di Portogallo (autre titre : Donna Caritea), melodramma serio en 2 actes, livret de Paolo Pola, Venise, Fenice, 1827 : Ezio, livret du comte Lodovico Piossasco d'après Pietro Metastasio, Turin, Teatro Regio, Il montanaro, melodramma comico en 2 actes, livret de Felice Romani d'après Auguste Henri Jules Lafontaine, Milan, Teatro alla Scala, La testa di bronzo, ossia La capanna solitaria, melodramma heroi-comico en 2 actes, livret de Felice Romanilivret de 1816 pour Carlo Evasio Soliva, Lisbonne, théâtre privé du baron di Quintella at Laranjeiras, 1828 : Adriano in Siria, drama heroico en 2 actes, librettiste inconnu d'après Pietro Metastasio, Lisbonne, Teatro Nacional de São Carlos, Gabriella di Vergy, drama tragico en 2 actes, livret d'Andrea Leone Tottola d'après Gabrielle de Vergy (1777) de Dormont de Belloy, Lisbonne, Teatro Nacional de São Carlos, ; version révisée : Gênes, Teatro Carlo Felice, Ipermestra (II), drama heroico en 2 actes, librettiste inconnu d'après Pietro Metastasio, Lisbonne, Teatro Nacional de São Carlos, ; nouvelle version : Gênes, Teatro Carlo Felice, 1829 : La rappresaglia, melodramma buffo en 2 actes, livret de Felice Romani, Cadix, Teatro Principal, ; version avec variantes : Madrid, Teatro della Cruz, 1830 1830 : Don Chisciotte alle nozze di Gamaccio, melodramma jocoso en un acte, livret de Steffano Ferrero d'après Cervantes, Cadix, Teatro Principal, Francesca da Rimini, melodramma en 2 actes, livret de Felice Romani, 1830, création mondiale en 2016. 1831 : Zaira, melodramma tragico en 2 actes, librettiste inconnu d'après Felice Romani, Naples, Teatro San Carlo, 1832 : I normanni a Parigi, tragedia lirica en 2 actes, livret de Felice Romani, Turin, Teatro Regio, Ismalia, ossia Amore e morte, melodramma en 3 actes, livret de Felice Romani d'après Ismalie, ou la Mort et l'amour (1828) de Prévost d'Arlincourt, Milan, Teatro alla Scala, 1833 : Il conte di Essex, melodramma en 3 actes, livret de Felice Romani, Milan, Teatro alla Scala, 1834 : Emma d'Antiochia, tragedia lirica en 3 actes, livret de Felice Romani, Venise, Fenice, Uggero il danese, melodramma en 4 actes, livret de Felice Romani, Bergame, Teatro Riccardi, La gioventù di Enrico V, melodramma en 4 actes, livret de Felice Romani d'après William Shakespeare, Milan, Teatro alla Scala, 1835 : I due Figaro, melodramma buffo en 2 actes, livret de Felice Romani d'après Les Deux Figaro, ou le Sujet de comédie (1794) d'Honoré François Richaud de Martelly ; reprise : Madrid, Teatro Principe, (composé en 1827-1829) Francesca Donato, ossia Corinto distrutta, melodramma en 3 actes, livret de Felice Romani d'après Lord Byron, Turin, Teatro Regio, ; version révisée : Naples, Teatro S. Carlo, 1845 1836 : I briganti, melodramma serio en 3 actes, livret de Jacopo Crescini d'après Die Räuber de Schiller, Paris, Théâtre-Italien, ; nouvelle version : Milan, Teatro alla Scala, ; révision avec compléments : 1853 1837 : Il giuramento, melodramma en 3 actes, livret de Gaetano Rossi d'après Angelo, tyran de Padoue de Victor Hugo, Milan, Teatro alla Scala, ; reprise sous le titre Amore e dovere : Rome, 1839 1838 : Le due illustri rivali, melodramma en 3 actes, livret de Gaetano Rossi, Venise, La Fenice, ; version amendée en 1839 1839 : Elena da Feltre, dramma tragico en 3 actes, livret de Salvatore Cammarano, Naples, Teatro San Carlo, (composé en 1837)