Le régiment d'Enghien est un régiment d'infanterie du royaume de France, créé en 1706, devenu sous la Révolution le d'infanterie de ligne.

Création et différentes dénominations : création du régiment d'Enghien : prend le nom de régiment de Charolais : reprend le nom de régiment d'Enghien : renommé d’infanterie de ligne

Mestres de camp et colonels : Louis Henri de Bourbon-Condé, duc d'Enghien (colonel propriétaire) : Louis de Beaupoil, comte de Saint-Aulaire seigneur de la Porcherie et de la Grenellerie tué au combat de Rumersheim le Jean-Baptiste-Pierre-Jullien Courcelles : Histoire Genealogique Et Heraldique Des Pairs De France, Volume 2, page 11 : Charles de Bourbon-Condé comte de Charolais (colonel propriétaire) : Louis de Bourbon-Condé comte de Clermont (colonel propriétaire) : Léon de Madaillan de Lesparre, marquis de Lassay : Louis Gabriel des Acres, comte de l'Aigle : Jean François comte de Billy Jean François comte de Billy mort à Paris à l'age de 21 ans le 19 janvier 1750 : François Alexandre comte de Polignac : Jacques Antoine de Malvin, chevalier de MontazetOncle de Charles de Malvin marquis de Montazet : François Auson de Lammerville : Charles de Malvin marquis de Montazet Malvin de Montazet, Charles de, marquis, né vers 1739, colonel du régiment d'Enghien Infanterie, et brigadier (1780), mort le 13 janvier 1825 1730/1825 : Marie Yves des Brosses marquis de Goulet : Sylvain Joseph chevalier de Grammont

Historique des garnisons, combats et batailles du régiment Régiment d'Enghien (1707-1709) Le régiment d'Enghien est créé le , à un bataillon et 13 compagnies, pour Louis Henri de Bourbon-Condé, duc d'Enghien.

Guerre de Succession d'Espagne Il est mis a contribution en 1707, dans le cadre de la guerre de Succession d'Espagne, sous les ordres du maréchal de Villars, lors de l'attaque des lignes de Stollhofen. Il accompagna ensuite ce maréchal dans toutes ses expéditions en Souabe et Franconie, qui eurent pour principal résultat la délivrance des prisonniers d'Höchstädt dispersés dans les villes de la rive droite du Rhin.

En 1708, Enghien détacha un de ses bataillons en Flandre pour renforcer l'armée de cette frontière presque anéantie à Audenarde. Ce bataillon demeura au camp de Meldert pendant le siège de Lille ; l'autre ne bougea point de l'Alsace.

Le , le régiment se distingue au combat de Rumersheim, ou il charge l'ennemi avec une furie incroyable. Après cette victoire, Enghien rentre dans les lignes de la Lauter d'où il était sorti.

Le Louis Henri de Bourbon-Condé, duc d'Enghien donne le régiment à son frère Charles de Bourbon-Condé comte de Charolais qui prend le nom de régiment de Charolais.

Régiment de Charolais (1709-1710) Guerre de Succession d'Espagne Au mois d'octobre il est placé en observation sur la Sarre avec Rouergue et Royal-Bavière. Il demeure sur la frontière de l'Est jusqu'à la paix, tantôt à Strasbourg, tantôt dans les lignes.

Le Charles de Bourbon-Condé comte de Charolais donne le régiment à son frère Louis de Bourbon-Condé comte de Clermont. Le régiment reprend le nom de régiment d'Enghien.

Régiment d'Enghien (1710-1791)

Guerre de Succession d'Espagne En 1713, il contribua à la reprise de Landau, à la défaite du général Vaubonne et à la réduction de Fribourg.

Les réformes de 1714 le réduisirent à un bataillon, et lui donnèrent le dernier rang parmi les régiments d'infanterie française. Ce rang qu'il a toujours gardé jusqu'à la fin, a donné lieu à un dicton de caserne : Enghien ! Le dernier au feu Le premier au pain C'est-à-dire, que son rang le condamnait à marcher le dernier au combat et le premier aux corvées.

Guerre de Succession de Pologne

Engagé dans la guerre de Succession de Pologne, il se rend en 1733 à l'armée d'Allemagne sous le commandement du maréchal de Berwick.

En 1734 il contribue à l'attaque des lignes d'Ettlingen et au siège de Philippsbourg. Il fut rétabli à deux bataillons le .

En 1735 il se trouve à la bataille de Clausen.

Guerre de Succession d'Autriche

Au mois de , durant la guerre de Succession d'Autriche il passe en Bavière avec Auvergne. Après un court séjour à Donauworth et Neubourg, il contribue à expulser les Autrichiens de la Bavière, pénètre en Bohême, concourt au siège d'Elnbogen Antoine-Augustin Bruzen de La Martinière : Le grand dictionnaire géographique, historique et critique ..., Volume 2, page 758 (devenue Loket) et de Kaaden et au ravitaillement de Braunau, et prend ses quartiers d'hiver à Landshut. Au mois de décembre, pendant la retraite de la garnison de Prague, il est placé à Burkenfeld sur la Naab. Après avoir protégé le passage des troupes du maréchal de Bellisle, il revint à Landshut, qu'il évacue en , pour aller s'établir au , en face d'un des points où le Danube pouvait être franchi. Il faisait alors partie de la brigade de Picardie. Le , les grenadiers participent au coup de main contre les hussards de Forgatz. Le 11 du même mois, le régiment d'Enghien sort de de Wörth, ne laissant que 100 hommes à la garde du , et va remplacer à Regenstauf deux régiments destinés à relever la garnison d'Egra. Il se rend peu après à Deckendorf, et se couvre de gloire à la bataille qui y a lieu le . Lorsque le prince Charles eut forcé le passage du Danube le , le régiment se mit en retraite sur Wörth an der Donau et Ratisbonne et de là sur le Rhin. Ce fut son , qui, dans cette pénible retraite, fut chargé d'escorter les malades et les équipages de l'armée. À sa rentrée en France, le régiment Enghien fut employé dans la haute Alsace, sous les ordres du comte de Saxe et du maréchal de Coigny. Il se comporte bravement le à Rheinweiler. Le lendemain de cette affaire, le corps fut rejoint par un détachement de 131 hommes qui revenait de la défense d'Ingolstadt. Enghien passa l'hiver à Huningue.

En 1744, au moment de l'invasion de l'armée autrichienne, il est jeté dans Fort-Louis. Il contribue ensuite à la reprise de Wissembourg et des lignes de la Lauter Plan de l'attaque des lignes de la Lauter dont les ennemis s'étoient emparés dans la nuit du 4 au 5 juillet 1744, forcées le même jour par l'armée du Roy, se trouva aux combats de Suffelsheim Nouveau dictionnaire historique des sièges et batailles mémorables, Volume 6 page 69 et d'Augenheim, vint se reposer un mois à Strasbourg, et termina cette campagne au siège de Fribourg.

Il prend part, en 1745, à l'attaque de Kronenbourg, et l'année suivante il se rendit sur la Meuse. Il est d'abord placé au camp de Maubeuge, mais, au mois de mai, il suivit le comte d'Estrées dans sa marche sur Herentals, et participa le à l'investissement de Mons et servit successivement au siège de cette place, à celui de Charleroi et l'année suivante à celui de Namur, et il combattit vaillamment, à côté de Champagne, à la bataille de Rocoux.

En 1747, il se distingue encore à Lawfeld.

Il assiste en 1748 au siège de Maëstricht.

Le régiment d'Enghien était en 1754 au camp de Sarrelouis et en 1756 au camp de Honfleur.

Guerre de Sept Ans Appelé en 1757, dans le cadre de la guerre de Sept Ans, il se rend en Allemagne, et est l'un des corps le plus sérieusement engagés à la bataille d'Hastenbeck. Le régiment suivit ensuite le maréchal de Richelieu dans l'électorat de Hanovre, contribua à l'occupation de Minden et de Hanovre, et se trouva aux batailles de Closterseven et de Zell.

Revenu sur le Rhin au commencement de 1758, il assista à la bataille de Krefeld, concourut à la prise de Hanau et fut mis en garnison dans cette ville.

En 1759, il combattit à Bergen dans la brigade de Dauphin et combattit à la bataille de Minden et dans la retraite sur Cassel, qui en fut la conséquence.

En 1760, le régiment assiste, sans y prendre beaucoup de part, aux batailles de Corbach, de Warburg et de Clostercamp.

L'année suivante, il déploie la plus grande bravoure au combat de Werle livré le . Les compagnies d'élite y contribuent puissamment à chasser l'ennemi du moulin et du château de Schaffhaùsen. Enghien termine cette campagne au mois de septembre par le siège de Meppen.

Rentré en France au commencement de 1762, il occupe d'abord les garnisons de Mézières et Rocroi, d'où il passa à Landrecies et Avesnes, en .

Période de paix

Lors de la réorganisation des corps d'infanterie français de 1762, le régiment conserve ses deux bataillons.L'ordonnance arrête également l'habillement et l'équipement du régiment comme suit Ordonnance du roi, concernant l'infanterie françoise : du 10 décembre 1762Habit, revers, veste et culotte blancs, parements et collet rouges, doubles poches en long garnies de cinq boutons, trois au milieu et un à chaque extrémité, cinq sur la manche, quatre au revers et quatre au-dessous : boutons blancs, avec le . Chapeau bordé d'argent.

Il prend ensuite garnison à Condé en , à Sedan en , à Briançon en , à Toulon en mai 1766, à Bordeaux et Blaye en , à Lille en , à Aire en septembre 1772, à Brest en , à Belle Île en , à Brest en , à Saint-Jean-d'Angély et île d'Oléron en . Il passa l'année 1778 sur les côtes de la Saintonge.

En 1779, pendant que le se rendait à Wissembourg et Fort-Louis du Rhin, le s'embarquait pour la Martinique, où il demeura quatre ans.

Guerre d'indépendance des États-Unis

En , dans le cadre de la guerre d'indépendance des États-Unis, une partie de ce monta à bord des vaisseaux du lieutenant général des armées navales de Guichen et assista aux trois combats soutenus contre l'amiral Rodney.

Période de paix En 1784, le régiment se trouvait réuni à Besançon, qu'il ne quitta qu'en pour se rendre à Embrun et Mont-Dauphin. Il fournit à cette époque 200 hommes pour la garnison des vaisseaux de Toulon.

93e régiment d'infanterie de ligne ci-devant Enghien (1791-1794) L'ordonnance du fait disparaître les diverses dénominations, et les corps d'infanterie ne sont désormais plus désignés que par le numéro du rang qu'ils occupaient entre eux. Ainsi, 101 régiments sont renommés. Les régiments sont toutefois largement désignés avec le terme ci-devant, comme d'infanterie ci-devant Enghien.

Guerres de la Révolution française Le régiment vint s'établir en à Bourg, qu'il quitta un mois après pour aller à Belfort, et de là à Strasbourg. Le demeura dans cette place, et le fut réuni à l'armée des Vosges sous les ordres du général Custine ou il participa aux guerres de la Révolution française.

Le contribua à la poursuite des Prussiens, puis il servit ensuite à la conquête du Palatinat. Il fit partie de la célèbre garnison de Mayence, qui passa dans la Vendée au mois d', après la capitulation de Mayence et amalgamé, le , avec les débris de la garnison faite prisonnière à Mayence, le de volontaires des Pyrénées-Orientales et le de volontaires de Saône-et-Loire pour former la 169e demi-brigade de première formation.

Le sortit de Strasbourg en 1793 pour marcher à la défense des lignes de Wissembourg LES LIGNES DE WISSEMBOURG OU DE LA LAUTER ET LA FRONTIÈRE SEPTENTRIONALE DE L'ALSACE. Le , quand les Autrichiens attaquèrent ces lignes, il occupait à l'extrême gauche la redoute de Steinfeld. Ce fut par là que s'engagea l'action. Le bataillon, commandé parle colonel Grammont, défendit héroïquement l'abattis qui couvrait la redoute. Le régiment autrichien de Pellegrini, qu'il avait en tête, eut plus d'hommes tués qu'Enghien ne comptait de soldats. Le bataillon finit cependant par succomber dans cette lutte disproportionnée, et la perte de la redoute entraîna celle de toutes les lignes.Il participe ensuite le 26 décembre à la de Wissembourg. Le bataillon se retira sur Strasbourg et fit encore parler de lui, le , en débusquant, après douze heures de combat, un corps autrichien de la forêt d'Haguenau.Le d'Enghien est amalgamé le avec le de volontaires de la Haute-Marne également appelé bataillon de volontaires de Chaumont et le de volontaires du Jura pour former la 170e demi-brigade de première formation.