thumb|Un enfant utilisant une tablette Le temps d'écran désigne la somme des temps passés devant les écrans de télévision, d'ordinateurs, de jeux vidéo, ainsi que les tablettes et autres dispositifs portatifs. Il est particulièrement utilisé dans les études et recommandations portant sur l'utilisation des écrans par les enfants. Son augmentation en fait chez ces derniers le principal facteur de sédentarité et de ce fait la première cause de l'obésité infantileSantélog - Sédentarité, pourquoi l'écran est le premier facteur d'obésité chez l'enfant: « Regarder la télévision et utiliser les écrans est le facteur de mode de vie le plus fortement associé à l'obésité chez l’Enfant, alerte cette équipe de l’Institut de Barcelone pour la santé mondiale (ISGlobal) qui a passé en revue le poids de 5 habitudes de vie dans le développement du surpoids et de l'obésité infantile. ». Un temps d'écran excessif est également un important facteur d'isolement social chez l'enfantSanté Log - SANTÉ MENTALE : Temps d'écran et comportement suicidaire : [...] le Dr Jason Nagata, professeur de pédiatrie, ajoute que .
Les études scientifiques démontrant les effets négatifs de l'augmentation du temps d'écran sur la santé des enfants poussent progressivement les différentes autorités de santé à recommander une limitation de leur exposition aux écrans. Ainsi, depuis 2019, l'organisation mondiale de la santé (OMS) recommande le bannissement complet des écrans avant l'âge de 2 ans et de limiter le temps d'écran à une heure par jour entre deux ans et cinq ansFigaro Santé - L'OMS recommande le moins d' écrans possible pour les moins de 5 ans Agathe Delepaut - 05/07/2019 - «L’organisation mondiale de la santé recommande de bannir les écrans pour les enfants de moins de 2 ans et de limiter à une heure par jour leur usage entre 2 et 5 ans.». Concluant à des risques de retard d'apprentissage et d'exploration du monde, ainsi que des problèmes pondéraux (surpoids, obésité) et de sommeil (retard d'endormissement, réveils nocturnes), l'Académie Américaine de Pédiatrie comme la Société canadienne de pédiatrie choisissent de s'aligner sur les recommandations de l'OMSSociété canadienne de pédiatrie - Le temps d’écran et les jeunes enfants : promouvoir la santé et le développement dans un monde numérique - 27 novembre 2017 - Limiter le temps d’écran : « Il n’est pas recommandé de laisser les enfants de moins de deux ans passer du temps devant des écrans. Chez les enfants de deux à cinq ans, limiter le temps d’écran quotidien ou régulier à moins d’une heure par jour. ». En France, face aux données montrant l'impact de la surexposition aux écrans sur le développement du cerveau des enfants, sur leurs capacités d'apprentissage, d’attention et de concentration ainsi que sur leur comportement et leur santé physique, la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives et l'Association française de pédiatrie ambulatoire recommandent d'appliquer la règle des 3-6-9-12Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives - Les écrans et les jeux vidéo - 02/12/2021Association française de pédiatrie ambulatoire - Nos outils - Affiche “Apprivoiser les écrans et grandir” La règle des 3-6-9-12 ans (Affiches destinées aux salles d'attente des cabinets médicaux).
Historique vignette|upright|Très jeune enfant fasciné par le téléphone de sa mère (Sénégal). En 2008, le psychiatre Serge Tisseron propose la règle du « 3-6-9-12 » afin d'aider les parents à réguler l'usage des écrans chez les jeunes enfants.. Cette règle, promue par l'Association française de pédiatrie ambulatoire, a pour objectif de limiter le temps d'écran des enfants. Elle peut se résumer comme suit : pas d'écran avant , pas d'appareils numériques personnels avant l'âge de , pas de consoles de jeux portables avant l'âge de , pas d'accès Internet avant , et les réseaux sociaux après .
En 2010, Michel Desmurget, chercheur en neurosciences à l'INSERM, regroupe dans son livre TV Lobotomie : la vérité scientifique sur les effets de la télévision, une compilation de centaines d'études au sujet des effets délétères de la télévision sur les capacités intellectuelles de l'enfant et la société.
Après une enquête menée en 2016, la Société canadienne de pédiatrie constate que les parents cherchent de l'aide en matière d'usage des écrans dans quatre domaines : le temps d'écran, les effets sur la santé et le bien-être, la régulation parentale (le fait, par exemple, d'instaurer des limites), la recherche d'un contenu optimal. Elle en a conclu que la qualité de l'usage des écrans par l'enfant était déterminante, c'est pourquoi cela doit lui être appris et que développer des habitudes de modération du temps d'écran lorsque les enfants sont jeunes est beaucoup plus aisé que de réguler ou de couper l'usage des écrans lorsque les enfants sont plus âgés.
Le , une tribune signée par des professionnels de santé dans le journal Le Monde alerte sur les effets d'une exposition massive des enfants de moins de trois ans à divers dispositifs vidéo : smartphones, tablettes, ordinateurs, consoles, télévisions.
Le Manuel d'aide au diagnostic des maladies de l'Organisation mondiale de la santé, à sortir en 2018, reconnaîtra l'addiction aux jeux vidéo..
Le temps d'écran et la psychologie cognitive Selon l'enquête scientifique menée par la Société canadienne de pédiatrie, certains troubles tels que l'anxiété, la dépression, un manque de concentration et de curiosité sont parfois causés par les écrans et ceux-ci ont donc un impact.
Tel que mentionné ci-dessus, depuis la hausse globale contemporaine du temps d’écran, plusieurs recherches scientifiques évaluent les effets du temps d’écran quant à la santé. Plus spécifiquement, diverses recherches focalisent sur comment le temps d’écran affecte la psychologie cognitive, c’est-à-dire les activités mentales liées à la perception, l'attention, la pensée, le langage et la mémoire.
Le temps d’écran et la mémoire La mémoire, l'habileté de conserver et récupérer des informations, est beaucoup recherchée. Soares et al. (2021) a fait une étude corrélationnelle spécifiquement sur les effets du temps d’écran et la mémoire de travail des adolescents (11 à 18 ans) au Brésil. La mémoire de travail est l'habileté de stocker et utiliser des informations temporairement (Baddeley et Hitch, 1974). Le temps d’écran d'environ quatre milliers d’adolescents a été suivi puis leur mémoire de travail à 22 ans a été évalué. Le visionnement de télévision et les jeux vidéos pour les jeunes garçons adolescents (11 et 15 ans) avait une corrélation positive avec la mémoire de travail. Alors, une association d’amélioration de mémoire de travail avec une augmentation du temps d’écran a été remarquée. Par contre, aucune association significative n'a été trouvée pour les filles. À noter que cette étude corrélationnelle n’indique pas que le temps d’écran cause une amélioration de mémoire de travail, plutôt seulement des relations entre les variables. À noter que cette recherche évalue seulement une partie de la mémoire avec une population limitée. D’autres recherches peuvent aider à mieux comprendre de manière globale les effets du temps d’écran quant à la mémoire.
Le temps d’écran et l’attention Un autre aspect de la cognition recherché quant au temps d’écran est l’attention; lorsqu’un individu se focalise sur certains aspects de son environnement pour répondre à certains stimuli. Notamment, Montagni et al. (2016) a fait une étude corrélationnelle regardant l’association entre le temps d’écran et des difficultés d’attention et d’hyperactivité. Environ cinq milliers d’étudiants postsecondaires français ont déclaré leur temps d’écran, puis leur attention a été évaluée en utilisant l'échelle d'auto-évaluation du trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité (ASRS-v1.1). Des associations ont été vues entre le temps d’écran et les difficultés d’attention et d’hyperactivité. Plus précisément, plus de temps d’écran est corrélé avec plus de difficultés d’attention. À noter que cette étude corrélationnelle ne permet pas de conclure que le temps d’écran cause des difficultés d’attention, mais les relations entre ces variables existent. Cette étude est un parmi plusieurs qui explore les effets du temps d’écran et l’attention.
Le temps d’écran et la psychologie cognitive de l’enfant Plus précisément, des recherches regardent les effets des écrans sur la cognition des enfants. Muppalla et al. (2023) a compilé une revue présentant un aperçu général des effets du temps d’écran excessif quant au développement des enfants (de la naissance à l’adolescence). Il suggère que le temps d’écran peut aider avec l’apprentissage et l’éducation. Par exemple, les applications pour l’apprentissage de lecture pourraient améliorer des habiletés de lecture et de la pensée créative pour les jeunes enfants (moins de cinq ans). De l’autre côté, le temps d’écran excessif démontre une décroissance du fonctionnement exécutif (fonctions cognitives de haut niveau telles que la planification et la prise de décisions), du développement sensorimoteur (développement des sensations et de la motricité) et des résultats scolaires. De plus, une inquiétude se forme que le temps d’écran diminue les interactions entre les jeunes enfants et leurs parents, ce qui a ensuite un effet néfaste sur le développement linguistique. Autrement dit, des difficultés d’apprentissage de langage (c’est-à-dire les habiletés de s’exprimer et communiquer ses pensées à travers le son ou les symboles) ont été remarquées avec une hausse de temps d’écran chez les enfants. La revue démontre que le temps d’écran peut être un outil pour la cognition des enfants, mais il peut aussi causer des difficultés si ce n’est pas contrôlé.
Une autre revue de Karani et al. (2022) a regardé spécifiquement les effets du temps d’écran sur le développement linguistique des jeunes enfants (moins de cinq ans). Des influences multifactorielles des écrans, par exemple le contenu des informations, l’âge du début du visionnement, et le covisionage des parents, ont tous des effets différents sur le développement linguistique. Il a précisé que les trois premières années de vie sont surtout importantes pour le développement du cerveau. Durant cette période les influences de l’environnement, incluant les écrans, ont le plus d’effet. Bref, la revue conclut que les influences négatives du temps d’écran surpassent les effets possibles positifs quant au développement linguistique des jeunes enfants.
Recommandations gouvernementales À cause des influences multifactorielles sur la cognition, incluant l’attention, la mémoire et le développement de l’enfant, plusieurs organisations gouvernementales donnent des recommandations concernant l'utilisation des écrans. Par exemple, la Société canadienne de pédiatrie ne recommande aucun temps d’écran (autre que les chats vidéo) pour les enfants de moins de deux ans, et recommande de limiter le temps d’écran à moins d'une heure par jour pour les enfants entre deux et cinq ans (Ponti, 2022).
Dynamique familiale