Le risque d'inondation est un des risques majeurs susceptibles d'affecter le département de l'Aude (région Occitanie, France). Il se caractérise par la possibilité qu'un aléa de type inondation se produise et occasionne des dommages plus ou moins importants aux personnes, aux biens ou à l'environnement sur le territoire départemental.

sont reconnues comme vulnérables au risque d'inondation dans le dossier départemental des risques majeurs de l'Aude sur les 436 qu'il compte, regroupant 40 % de la population. 41 % des logements et 51 % des emplois.

Réseau hydrographique Le département se situe entre deux massifs montagneux (la Montagne Noire au nord et les Pyrénées au sud) et deux bassins (le bassin languedocien à l'est et le bassin aquitain à l'ouest). Les pluies sont généralement soutenues au printemps à l'ouest du département et à l'automne à l'est. À ces précipitations peuvent s'ajouter, sur les reliefs, des orages d'été. Le département de l'Aude présente une vulnérabilité particulière aux inondations : sont soumises à ce risque, regroupant 40 % de la population. 41 % des logements et 51 % des emplois, .

Les principaux bassins versants du département sont ceux de l'Aude, de la Berre (au sud-est) et, marginalement, ceux de la Verdouble (au sud, affluent de l'Agly), de l'Hers-Vif et l'Hers-Mort (à l'ouest, affluents respectivement de l'Ariège et de la Garonne).

Bassin versant de l'Aude vignette|upright=1.4|Principaux bassins versants du département de l'Aude.

L'Aude est le fleuve le plus important du département, tout comme son bassin versant. Ce dernier présente une superficie totale de plus de pour un cours d'eau de . Il prend sa source à d'altitude dans la commune des Angles (Pyrénées-Orientales) et se jette dans la mer Méditerranée, aux Cabanes de Fleury, près de Narbonne, dans le Grau de Vendres. Le fleuve côtier s'écoule du Sud vers le Nord jusqu'à Carcassonne où il oblique subitement vers l'Est en direction de la mer. Sa pente est élevée dans le massif amont puis s'adoucit nettement dans sa partie aval. Il reçoit également de nombreux affluents majeurs sur tout son linéaire (Fresquel, Orbiel, Argent-Double, Cesse en rive gauche, Orbieu en rive droite) et de nombreux affluents secondaires de petites ou moyennes tailles aux talwegs souvent marqués.

Le cours de l'Aude peut être scindé en trois unités distinctes, : Haute vallée de l’Aude, de la source à Carcassonne : L’Aude alimente le barrage de Matemale, celui de Puyvalador et descend vers la ville de Quillan. Après Quillan, son profil devient moins pentu pour arriver à Carcassonne. Le fleuve récupère en rive droite après Couiza la Salz, après Limoux le Sou de Val de Daigne en rive gauche et avant Carcassonne le Lauquet en rive droite. Vallée centrale de l'Aude : Après avoir traversé Carcassonne, l’Aude s’oriente vers l’Est et récupère en rive gauche des affluents descendant de la Montagne Noire, le Fresquel, l’Orbiel, le Trapel, l’Ognon, l’Argent-Double, et le Répudre. Basses plaines de l’Aude, après la confluence avec l’Orbieu : En rive droite, le fleuve reçoit les débits venant du massif des Corbières avec notamment la Jourre et l’Orbieu, puis la Cesse en rive gauche. Il arrive à un point stratégique qui est l’écluse de Moussoulens (commune de Moussan). À ce niveau là, l’Aude est endiguée mais a un profil en toit. Lorsque le fleuve sort de l’endiguement, il inonde toutes les basses plaines et les niveaux d'eau dans la plaine d'inondation est alors déconnectée du niveau dans le lit mineur.

Chacun des cours d'eau du département de l'Aude est susceptible d'entrer en crue à la suite d'importantes précipitations et occasionner des dommages plus ou moins importants selon les volumes d'eau transportés et l'occupation des territoires inondés.

Typologie des inondations Dans le département de l'Aude, les mécanismes d’inondation relèvent de six types : crue rapide d'un cours d'eau à la suite d'un épisode méditerranéen ou cévenol, ruissellement, karstique, submersion rapide inondation à la suite de la rupture d'un barrage ou d'une digue.

Inondation rapide liée à un épisode méditerranéen ou cévenol thumb|Carte schématique expliquant le phénomène d'épisode cévenol et méditerranéen. Le département subit des épisodes dits « méditerranéens » ou « cévenols », principalement sur le littoral, les reliefs des Corbières et le versant sud de la Montagne Noire. Des vents du Sud chargés d'humidité en provenance de la Méditerranée remontent les versants sud du Massif central (Cévennes), des Alpes ou des Pyrénées. En arrivant sur le continent, l'air chaud rencontre de l'air froid, provoquant des orages. De plus, en présence de reliefs, l'air chaud est forcé de s'élever en se refroidissant, ce qui aggrave le phénomène orageux. De fortes quantités d'eau se déversent alors. Il peut pleuvoir en quelques heures l'équivalent de plusieurs mois de précipitations. Lors de l'épisode cévenol des 12 et . la région des Corbières a été sévèrement touchée. Il est tombé à Lézignan-Corbières en (soit plus des deux tiers d'une année habituelle de pluie), .

Les inondations méditerranéennes sont particulièrement violentes, en raison de l’intensité des pluies qui les génèrent et de la géographie particulière de la région. En de mesures, on a noté sur la région plus de diluviennes de plus de en . L'équinoxe d'automne est la période la plus critique avec près de 75 % des débordements mais ces pluies peuvent survenir toute l’année. Lors de ces épisodes qui frappent aussi bien en plaine ou piémont qu’en montagne, il peut tomber en quelques heures plus de 30 % de la pluviométrie annuelle. Lorsque des précipitations intenses tombent sur l'ensemble d'un bassin versant, les eaux ruissellent et se concentrent rapidement dans le cours d'eau. Ces crues peuvent être brutales et prendre un caractère torrentiel. Le lit du cours d'eau est en général rapidement colmaté par le dépôt de sédiments. Des bois morts peuvent former des barrages, appelés embâcles. Lorsqu'ils viennent à céder, ils libèrent l'eau accumulée par vague..

Inondation par ruissellement Le ruissellement est un phénomène d’écoulement de l’eau de pluie sur un bassin versant, de façon diffuse ou concentrée, qui se poursuit jusqu’à ce qu’il rencontre un élément du système hydrographique (une rivière, un marais), un réseau de drainage (enterré ou surfacique) ou un point bas où il s’accumulera, .. Le ruissellement occasionne souvent la saturation et le refoulement du réseau d'assainissement des eaux pluviales. Il en résulte des écoulements plus ou moins importants et souvent rapides dans les rues. Un ruissellement peut également survenir le long d'un coteau (ruissellement rural) et inonder des secteurs urbains en aval, .

Inondation karstique En présence de grottes ou conduits souterrains dénommés karsts, les eaux souterraines, qui s’écoulent au sein des conduits karstiques, s’additionnent aux eaux de ruissellement au moment du pic de crue, augmentant le risque d’inondation et provoquant ce que l’on nomme une "crue karstique" et donc une inondation karstique.. Sur des bassins versants karstiques, les précipitations sont momentanément absorbées par le sous-sol et reversées, dans des volumes importants, dans le milieu superficiel à l'aval. Ceci produit, en certains points, une élévation rapide de la ligne d'eau sans pouvoir la prévoir. C'est le cas du bassin versant de la Cesse, au nord-est du département , .

Submersion marine

La submersion marine est une inondation temporaire de la zone côtière par la mer dans des conditions météorologiques extrêmes, où la surélévation du niveau moyen de la mer est provoquée par les effets de la dépression atmosphérique, des vents violents, de la forte houle et de la marée astronomique. Au niveau des embouchures du département, le phénomène de submersion marine est accentué par les crues fluviales : la surcote marine couplée à la crue de fleuve entraîne un gonflement de ce dernier et une aggravation du phénomène particulièrement présent dans les étangs.

de l'Aude sont exposées au risque de submersion marine, .

Inondation par rupture de barrage Un barrage est un ouvrage artificiel établi en travers du lit d’un cours d’eau, retenant ou pouvant retenir l’eau. Il existe également des cas de barrages naturels où l’accumulation de matériaux au fil du temps, à la suite de mouvements de terrain, a fini par provoquer l'équivalent d'un barrage (c’est le cas du lac Léman alimenté par le Rhône). Une rupture de barrage correspond à une destruction partielle ou totale de l’ouvrage et entraîne la formation d’une onde de submersion. Celle-ci engendre l'élévation brutale du niveau de l’eau à l'aval, voire un gigantesque torrent et par voie de conséquences des dommages variables selon les territoires en aval..

Les barrages sont classés en quatre catégories selon la hauteur du barrage et le volume de la retenue. Ceux susceptibles d'occasionner le plus de dommages sont ceux de classe A, de hauteur supérieure ou égale à et qui respectent en outre la condition K ≥ 1500 (avec , H étant la hauteur du barrage en mètres, V étant le volume d’eau dans le réservoir, exprimé en millions de mètres cubes)... Il en existe six dans le département de l'Aude : NomUsageTypeMise en eauHauteur (m)Capacité (m)CavayèreLoisir, irrigationRemblai199826Cenne-MonestiésEau potablePoids188522GalaubeIrrigationRemblai200034.3GanguiseIrrigationRemblai198034LampyEau potable et irrigationPoids178216,2LapradeEau potable et irrigationRemblai198430,9

Trois autres barrages, situés dans un département limitrophe, sont susceptibles d'occasionner des dégâts à certaines communes de l'Aude : le barrage de Matemale (Pyrénées-Orientales) le barrage de Puyvalador (Pyrénées-Orientales) le barrage de Montbel (Ariège)

de l'Aude sont exposées au risque d'inondation à la suite d'une rupture de barrage. D'autres sont exposées dans une moindre mesure à la rupture de barrages de moins grandes dimensions , .

Inondation par rupture de digue Une digue est un remblai longitudinal, naturel ou artificiel dont la fonction principale est d'empêcher la submersion des basses terres la longeant par les eaux d'un lac, d'une rivière ou de la mer. Les digues de canaux (d'irrigation, hydroélectriques...) sont considérées comme des barrages., de même les remblais composant des barrages transversaux barrant un cours d'eau comme les digues d'étang. Les digues sont classées en quatre catégories en fonction de la hauteur de l'ouvrage et du nombre d'habitants résidant dans la zone protégée par la digue. Celles susceptibles d'occasionner le plus de dommages sont celles de classe A (hauteur >= et population protégeé par le système d'endiguement >=)..

Dans l'Aude, à Cuxac-d'Aude en novembre 1999, la « vague d'inondation » créée par la rupture brutale d'un remblai SNCF qui jouait le rôle de digue a provoqué la mort de , dont 4 restées prisonnières sous le plafond de leur maison qui n'avait pas d'étage. de l'Aude sont exposées au risque d'inondation à la suite d'une rupture de digue, .

Inondations historiques Des épisodes pluvieux intenses sont observés fréquemment dans l'Aude : le seuil de en quelques heures a été dépassé quatre fois en dix ans. provoquant des crues rapides avec un fort débit de pointe : de à dans les Basses Plaines de l'Aude (débit moyen en période normale : .). Par exemple en 1999 le débit de l'Aude est passé de (débit moyen annuel) à à (débit de pointe maximal observé) dans les Basses plaines de l'Aude. Le débit de la Berre est passé en quelques heures de à à Portel-des-Corbières, .

Crues anciennes Bassin versant de l'Aude La crue historique de référence sur l'Aude est celle d', où une hauteur de a été mesurée à la station de Carcassonne Pont Vieux, sur le tronçon amont, et de à la station de Moussoulens, sur le tronçon aval. Les autres crues historiques sur le bassin de l'Aude sont celles de ( à Moussoulens), ( a Carcassonne) et ( a Carcassonne), .

Bassin versant de l'Orbieu