thumb|Scierie d'Åsens. thumb|Partie d'une conduite d'eau d'orme, Angleterre, 1401-1600. Cette conduite d'eau a été découverte lors d'une fouille archéologique dans l'ouest de Londres en 1902. La conduite faisait à l'origine partie d'un réseau souterrain alimentant en eau des parties de la ville. Fabriqué à partir d'orme et mesurant 370 mm de diamètre et pesant plus de 8 kg, ce type de bois était un choix populaire pour les conduites d'eau car, contrairement à d'autres bois, il ne pourrit pas lorsqu'il est maintenu humide. Les tuyaux en orme ont été utilisées en Angleterre jusqu'aux années 1700. Le bois constamment immergé dans l'eau se conserve sans pourrissement, ce qui en a fait un matériau de choix dans les conduites d'eau en bois mais aussi les saumoducs en bois. Des conduites d'eau en bois ont été établies de temps immémoriaux. Des fûts de bois ont été percés dans leur longueur. Puis, comme pour la fabrication des tonneaux, de véritables pipelines ont été créés par cerclage de douelles.
Tuyaux historiques Le tube ou tuyau se trouve à l'état naturel : les tiges des végétaux souples – quoique n'étant pas de bois à proprement parler – dans certains cas rigides comme pour le bambou; Les bois, instruments de musique à vent en bois expérimentent les premiers probablement le percement en longueur des bois. Sur le site archéologique des Fontaines Salées, des tuyaux en bois datant du Néolithique, servent de cuvelages au puits d'exploitation servant à obtenir le sel par évaporation. La datation au carbone 14 et par la dendrochronologie des fûts qui sont encore visibles de nos jours, a permis de montrer que le site a été occupé depuis .
Le bambou est en Chine depuis toujours, de tous les usages; le bambou est divisé de distance en distance par des nœuds dont le tissu intérieur est beaucoup moins dur que la tige. Ces nœuds peuvent être percés facilement; les Chinois savent les perforer et les travailler intérieurement de façon que la dimension soit partout constamment la même; les gros bambous servent à faire des conduits à travers lesquels l'eau ne s'infiltre pas; ils durent ainsi plusieurs années sans avoir besoin d'être remplacés. Afin de rendre le bambou plus solide et lui ôter sa porosité, on l'enduit d'huile extérieurement et intérieurement et on le fait ensuite noircir au feu. Ainsi préparé, il est à l'abri des piqûres d'insectes et peut même être mis en terre sans crainte de le voir pourrir. Aussi les conduites d'eau sont elles exclusivement faites en bambou.
Les matériaux utilisés pour la fabrication des canons (de l’italien cannone, augmentatif de canna : « tige », « roseau », « jonc » ou « tuyau ») ou « bouches à feu » doivent eux, répondre à des critères élevés de dureté, de ténacité et d'élasticitéCoquilhat. Cours élémentaires sur la fabrication des bouches à feu en fonte et en bronze et des projectiles d'après les procédés suivis à la fonderie de Liège, Volume 1. H. Dessain, 1856 (Lire en ligne) ; les canons de bois, souvent renforcés de cerclage de paille, de corde ou de métal expérimentent le cerclage en fer que l'on retrouve aussi dans les tonneaux et au , les canalisations.
Tuyau en bois percé Toutes les anciennes compagnies d'eau londoniennes apparues entre le et le utilisaient des tuyaux en orme perforés pour la distribution de l’eauPipes – Wood sur sewerhistory.org. Johann III von Blankenfeld (1507-1579) serait l'auteur de la construction de la première conduite d’eau de Berlin qui fit sa réputation; appelé « château d’eau » par les contemporains, ce haut réservoir, transportait l'eau à travers des conduites en bois, jusque dans les maisons. Fin , en termes de fontainerie à Paris, un tuyau est une conduite en fer fondu, en cuivre, en plomb, en terre cuite ou en bois. Les tuyaux en bois sont d'aulne ou d'orme aussi de différents diamètres, que l'on perce avec des tarières - on les emboîte les uns dans les autres comme ceux de terreMorisot J.M., Tableaux détaillés des prix de tous les ouvrages du bâtiment, Carilian, 1814 (Fontainerie)lire en ligne. Certains bois chargés de résine comme le Pin noir d'Autriche, réputés inaltérables étaient aussi employésAristide Frézard, Stanislas Frézard, Revue des eaux et forêts, Volume 1. Lucien Laveur, 1862. Lire en ligne.
Au début du les tuyaux en bois disparaissent peu à peu ; très bon marché, ils ont l'inconvénient de pourrir vite, « de gonfler avec l'humidité, de provoquer de fortes pertes de charge et de crever sous les fortes pressions données par la machine à vapeurAndré Guillerme. Capter, clarifier, transporter l'eau. France, 1800-1850. In: Les Annales de la recherche urbaine, N°23-24, 1984. Les réseaux techniques urbains. pp. 31-46. Lire en ligne ». Encore utilisés dans les pays de montagnes les tuyaux de bois sont abandonnés depuis que les nouvelles facilités des transports apportés par la révolution industrielle ont permis d'y conduire les tuyaux de terre cuite et ceux de fonteConstant Zeller. Des conduites d'eau. A. Morel et ce., 1863. Lire en ligne; mais les tuyaux en poterie sont également abandonnés, trouvés trop fragiles par les ingénieurs, lourds et trop courts (moins d'un mètre de long) et ils sont relégués dès les années 1830 aux travaux ruraux.
Pipelines en bois américains Le plus ancien pipeline en bois connu date de 1816 et consiste en des barils ouverts, raccordés bout à bout, qui acheminent l'eau pour un moulin à farine situé à Troy, dans l'État de New York. Pour cette invention, deux brevets sont accordés le et le , à un certain Elisha Putnam, pour lesquels il n’existe aucune copie. Bradley H. Hull, ingénieur dans le Connecticut, commence à construire des canalisations en bois vers 1851, pour acheminer de l'eau aux moulins, mais aucun exemple spécifique n'a pu être identifié. Les articles qu'il publie en 1891 fournissent les détails constructifs pour des canalisations constituées de douves en bois appelés barrel flumes (canaux de tonneaux). La première canalisation en bois pour un aqueduc est construite à Rochester (New York), entre 1867 et 1870, amenant l'eau d'un lac distant de à travers un pipeline de de diamètre (). Le tuyau est incapable de retenir l'eau et éclate pendant les essais. L'ingénieur de Philadelphie, John C. Trautwine, dans un rapport de 1868, fournit la meilleure description des détails constructifs du tuyau, qui semble correspondre de près aux détails des pipelines de Hull antérieurs. On ignore qui a conçu ou construit ce pipeline. Un pipeline de bois de () de diamètre, et long de , est construit en 1873 pour acheminer de l'eau à Middletown, New York, à partir de Shawangunk Kill. En 1874, John T. Fanning construit un pipeline de bois de () à Manchester, New Hampshire, pour lequel il fournit de nombreux détails dans différentes publications. Les pipelines en bois (Wood stake pipelines) sont devenus très populaires après une installation remarquable en 1883 à Denver, au Colorado, et ils ont été largement utilisés jusque dans les années 1920 au moins. Plusieurs sociétés fabriquent des tuyaux en bois à douves (wooden stave pipe), notamment la société Wyckoff d'Elmira, dans l'État de New YorkDocumentary History of American Water-works sur waterworkshistory.us. Un brevet a été introduit par Charles P. Allen, US359590 pour des canalisations en bois en 1887 dont la description qui suit semble découler en partie.
Aux alentours de 1928, dans de nombreux vergers de Washington et de l'Oregon et dans une moindre mesure, dans d'autres États occidentaux, les tuyaux en bois sont utilisés pour transporter et pour distribuer de l'eau. Constitués de douves continues ils ont un diamètre compris entre 1 et ( à ). Le tuyau utilisé pour distribuer l'eau dans les vergers sont cerclées à la machine, avec des cercles en acier en spirale et leur diamètre varie de 2 à ou plus. Un tuyau en bois peut être créosoté, ce qui prolonge considérablement sa durée de vieFarmers' Bulletin, Numéros 1501 à 1525. U.S. Government Printing Office, 1928. Lire en ligne.
La Redwood Manufacturers Company a produit des canalisations en bois (wooden stave pipe) de 10 à ( à ) de diamètre. Les conduites sont enterrées. Les canalisations sont constituées de douves cerclées avec de cercles en acier. Les douves sont dressées sur leurs côtés plats en courbe, et sur les bords en lignes radiales, un certain nombre de ces douves complète un anneau circulaire complet, formant la coque du tuyau. Les douves sont coupées d'équerre aux extrémités et comportent un trait de scie sur la face, en vue de l'insertion d'une languette métallique. La largeur de la saignée est un peu inférieure à l'épaisseur de la languette, et sa profondeur est légèrement inférieure à la moitié de la largeur de la languette, qui est mise en place par des frappes légères d'un marteau. La languette est coupée un peu plus longue que la largeur de la douve et ses extrémités pénètrent dans les douves adjacentes, assurant ainsi un assemblage en bout droitRedwood Manufacturers Company. Wooden stave pipe. 1911. lire en ligne.
Le pin, l’épicéa et le sapin sont utilisés avec succès dans la fabrication de douves de tuyaux, mais le séquoia de Californie ou redwood, dans toutes les configurations, est reconnu comme assurant une plus longue durée de vie que tout autre bois utilisé dans ce but. Les cerclages servent à préserver la forme du tuyau, empêchent son affaissement consécutif à des pressions soudainement réduites, ou du fait du poids du matériau de remblayage, et empêchent le tuyau de fuir et d'éclater lorsqu'il est sous pression. Lorsque les bandes sont en tension, l'ensemble produit une poutre creuse et rigide de grande résistance (et qui, en ce qui concerne la rigidité contre l’aplatissement, n’est égalée que par le tuyau en fonte). Les contraintes possibles sur une douves de canalisation sont de nature complexe, dépendant de la pression de l'eau, de la contrainte initiale, du pouvoir gonflant du bois, de la charge exercée par le surplombant, des coups de bélier.
Lorsque le bois sain est maintenu complètement humide, il ne pourrit pas. Le bois, lorsqu'il est fréquemment en contact intermittent avec l'eau, produit une pourriture rapide, mais cela ne constitue pas une preuve qu'il en est ainsi quand il est continuellement submergé. Des centaines de structures en pierre importantes dépendent pour leur stabilité et leur soutien de pieux en bois; et quand on a pris la précaution de n'utiliser que du bon matériel et de le maintenir en dessous du plus faible niveau d'eau, il n'y a pas de dégradation. Ces structures ont résisté à l'épreuve du temps, certaines depuis des siècles, et là où des parties ont été enlevées ou de vieilles piles enlevées, elles se sont avérées saines. Les conduites d’eau en bois de petit diamètre ont été largement utilisées en Angleterre et dans certaines villes américaines de l’Est. Après des années de service continu, elles ont été retrouvées aussi saines et propres que le jour où elles ont été creusées. La condition essentielle pour assurer une durée de vie indéfinie aux douves en bois est qu'elles doivent être constamment saturées. Le meilleur moyen d’y parvenir consiste à enfouir le tuyau dans le sol, car il empêchera toute évaporation de la surface du tuyau. S'il est enterré, il est nécessaire que le tuyau soit plein à des intervalles suffisamment longs pour causer et maintenir une saturation complète du bois. Une fois que les douves sont complètement imbibées, elles le resteront pendant un temps indéterminé si le tuyau est enterré et qu'il n’y a pas de ventilation à travers le tuyau.
Différents pipelines tout en bois ont été établis aux États-Unis, début : Le pipeline de 14 pieds () de diamètre de la , près de Great Falls, dans le Montana, l’une des deux plus grandes lignes de stave (douves) continues dans l'ouest des États-Unis, vers 1918.