Giuseppe Federico Palombini ou Joseph Friedrich von Palombini, né le à Rome et mort le à Grochwitz en Prusse, est un militaire italien ayant servi durant les guerres napoléoniennes. Il rejoint l'armée de la République cispadane en 1796 et combat à Faenza en 1797. Chef d'un régiment de dragons en 1798 puis du régiment de dragons Napoleone de l'armée de la République cisalpine en 1802, il se bat en tant qu'allié de la France à Colberg et Stralsund en 1807. Il épouse la fille de Jean-Henri Dombrowski en 1806.
Transféré en Espagne, Palombini sert à la division du général Domenico Pino à Roses, Cardedeu, Molins de Rei, Valls et Gérone. Promu général de brigade en 1809, il se distingue également à El Pla et Tarragone en 1811, avant d'être élevé au grade de général de division. Il dirige ses troupes à Sagonte, Valence et Castro Urdiales entre 1811 et 1813, retourne ensuite en Italie et affronte les Autrichiens dans divers combats. Après l'effondrement du royaume d'Italie en 1814, il rejoint l'armée autrichienne en qualité de feld-maréchal-lieutenant. Il prend sa retraite en 1824 et meurt en 1850 dans le château de sa femme à Grochwitz, près de Herzberg.
Biographie
Début de carrière
Giuseppe Federico Palombini naît le à Rome, dans les États pontificaux, du mariage de Pietro Palombini et Teresa Spada. Il étudie le dessin à l'école. Le ou quelques jours plus tôt, il s'enrôle dans la cohorte de l'armée de la République cispadane. Promu sergent-major le et second-lieutenant le , sa première bataille a lieu le à Faenza contre les troupes pontificales. Il devient premier lieutenant le et capitaine adjoint major le . Il démissionne ensuite de l'armée de la République cisalpine (État successeur de la République cispadane) le suivant pour prendre un poste de colonel de la gendarmerie de la République romaine. En novembre de la même année, son unité est transformée en régiment de dragons et participe à la bataille de Fano le .
Palombini participe au siège d'Ancône du au . La garnison française, encerclée par environ Autrichiens et une flotte russo-ottomane, se rend avec les honneurs aux Autrichiens mais est placée en liberté conditionnelle en France sur la promesse de ne plus se battre contre l'Autriche jusqu'à ce qu'ils soient échangés. Palombini est blessé à l'épaule le en repoussant une attaque ennemie. Le commandant français Jean-Charles Monnier le recommande pour une promotion au grade de général de brigade, qui demeure toutefois sans suite. Après Ancône, Giuseppe Lechi envoie Palombini à Bourg-en-Bresse pour y organiser un bataillon de la Légion italique puis, à l'occasion de la trêve qui suit la bataille de Marengo en , le nomme président de la commission des comptes de sa division. En octobre, Palombini conduit le bataillon romain, fort de 170 hommes, de la division de Domenico Pino pendant l'invasion du grand-duché de Toscane. Après une première rencontre le , durant laquelle il conduit l'avant-garde, la campagne se termine par la prise de Sienne.
Palombini rentre à Milan à la fin de la guerre de la deuxième coalition sans trouver d'emploi pour lui dans l'armée de la République cisalpine. Malgré les recommandations de Lechi et Pino, sa demande de nomination au grade de général de brigade est rejetée par le gouvernement. Le ministre de la Guerre Giovanni Tordorò lui trouve un poste administratif en . Il est finalement nommé commandant d'un bataillon du d'infanterie légère le .
Campagnes extérieures Europe du Nord, 1804-1807 Le , Palombini devient chef de brigade (colonel) du régiment de hussards italiens. Il conduit l'unité au camp de Boulogne. Son régiment est ensuite transformé en dragons Napoleone. Le , il épouse Caroline Amalia Béatrice Dombrowski, la fille du général polonais Jean-Henri Dombrowski. Il est ordonné chevalier de l'ordre de la Couronne de fer en 1806 et, par la suite, commandeur de l'ordre. Il fait partie du contingent italien envoyé en Allemagne pour la guerre de la quatrième coalition. Les dragons Napoléon et de la Reine combattent au siège de Colberg, du au . Le commandant de la division italienne, Pietro Teulié, est tué au cours de cette opération infructueuse. En juillet, la division est engagée lors du siège de Stralsund qui commence le . Sous les ordres de Pino, les deux régiments de dragons rejoignent les assiégeants jusqu'au , date de l'évacuation de Stralsund par les Suédois.
Espagne, 1808-1809 En 1808, Palombini prend part à la guerre d'Espagne au sein de la division de Pino et reste sur place jusqu'en 1813. Conduite par Guillaume Philibert Duhesme, l'armée française abandonne le siège de Gérone à la mi-, ce qui incite l'empereur Napoléon à envoyer davantage de soldats en Catalogne. À la différence des précédents renforts, qui étaient de « simples raclures des dépôts », des formations d'élite prennent le chemin de la péninsule, en l'occurrence la division française de Joseph Souham et la division italienne de Pino. La division de Pino est alors composée des et régiments italiens d'infanterie légère ainsi que du régiment d'infanterie de ligne à trois bataillons chacun, de deux bataillons du de ligne et des et de ligne à deux bataillons chacun. La brigade de cavalerie italienne de Jacques Fontane est constituée des chasseurs royaux et du dragons (Napoleone). Sur ordre de l'Empereur, toutes les troupes impériales présentes en Catalogne forment le commandé par le général Laurent de Gouvion-Saint-Cyr.
alt=Colored print of two cavalrymen in 1812. They wear green coats, white breeches, black knee-boots and brass helmets.|gauche|vignette|Dragons Regina (à gauche) et Napoleone (à droite) de l'armée royale italienne.
Le siège de Roses dure du au et s'achève par la reddition de la garnison espagnole. La division du général Honoré Charles Reille et celle de Pino sont employées au siège alors que la division Souham et celle de Louis François Jean Chabot constituent la réserve. La cavalerie n'est pas mentionnée. La division Pino perd 30 officiers et 400 hommes tués ou blessés au cours du siège. Après la chute de Roses, Saint-Cyr fait le choix audacieux de se porter au secours de Barcelone. Il emmène avec lui les divisions Pino, Souham et Chabot, ne laissant en arrière que la division Reille. Étant donné que ses forces, dont l'effectif se monte à et , doivent cheminer par des sentiers escarpés à travers les collines, Saint-Cyr ne dispose d'aucune artillerie et seulement du ravitaillement pouvant être transporté à dos de mulet.
Le a lieu la bataille de Cardedeu. Face aux Espagnols commandés par Juan Miguel de Vives y Feliu qui lui barrent la route, Saint-Cyr laisse la petite division Chabot en arrière-garde et envisage de lancer les des divisions Pino et Souham à l'assaut des lignes ennemies. Le général en chef français insiste pour que l'assaut soit mené en premier lieu par la division Pino formée en colonne. Cependant, Pino désobéit aux ordres et déploie en ligne les sept bataillons de sa brigade. L'attaque initiale bouscule la première ligne espagnole mais est repoussée par la deuxième ligne. Saint-Cyr demande alors à Souham d'enfoncer l'aile droite adverse avec sa division et à Pino de jeter les six bataillons de sa deuxième brigade dans le combat. Alors que le dispositif espagnol commence à craquer sous le poids des deux colonnes, le commandant français ordonne aux deux régiments de cavalerie italiens de charger le centre espagnol, ce qui précipite la déroute des troupes de Vives. Saint-Cyr évalue ses pertes à 600 hommes alors que celles des Espagnols sont de tués ou blessés, prisonniers et cinq canons.
alt=Black and white print of a solemn-looking man with white hair. He wears a dark military uniform of the early 1800s, with high collar, epaulettes, and lots of gold lace and awards.|vignette|Le général Domenico Pino.
Une fois Barcelone secourue, l'armée espagnole recule derrière la rivière du Llobregat. Vives ayant été séparé de son armée après Cardedeu, c'est désormais Théodore de Reding de Biberegg qui assume le commandement. Lors de la bataille de Molins de Rei, qui a lieu le , Saint-Cyr ordonne à la division française de Joseph Chabran de mener une attaque de diversion sur le flanc gauche espagnol. Mordant à l'hameçon, Reding renforce sa gauche en prélevant des unités de son flanc droit. Saint-Cyr concentre alors les forces de Souham, Pino et Chabot contre l'aile droite espagnole affaiblie et la submerge : Espagnols sont faits prisonniers et 25 pièces d'artillerie capturées. Palombini est promu général de brigade le .
Malgré sa défaite à Molins de Rei, l'armée de Reding reçoit peu après des renforts et le moral des hommes s'en trouve amélioré. Après une série de manœuvres, Reding décide de regagner sa base de Tarragone. En apprenant ce mouvement, Saint-Cyr fait bloquer toutes les routes pouvant être utilisées par son adversaire en positionnant la division Souham à Valls et celle de Pino au Pla d'Urgell. Après une marche de nuit, Reding entre en contact avec la division Souham le matin du : c'est la bataille de Valls. Au cours de la matinée, les forces supérieures en nombre de Reding obligent Souham à lâcher pied et croient s'ouvrir un passage vers Tarragone, mais Saint-Cyr en personne arrive aux alentours de midi avec les deux régiments de cavalerie italiens. À la vue de ces renforts qu'il juge importants, Reding replie ses troupes fatiguées derrière la rivière Francolí ; du côté français, la division Pino, victime d'une confusion dans les ordres, ne peut déboucher sur le terrain avant . Sitôt cette dernière arrivée, Saint-Cyr range ses deux divisions en quatre colonnes d'une brigade chacune, avec la cavalerie italienne au centre des colonnes et les dragons français du régiment sur le flanc droit. Alors que les troupes françaises sont à moins de de leurs lignes, les Espagnols délivrent une puissante volée de mousqueterie, mais en voyant les assaillants continuer d'avancer à travers la fumée, les soldats de Reding abandonnent toute discipline et prennent la fuite. Au prix de hors de combat, les troupes impériales infligent une perte de , blessés ou prisonniers à leurs adversaires et s'emparent de leurs bagages ainsi que de toute leur artillerie. Au cours d'une mêlée avec des dragons français, le général Reding est mortellement blessé.
Ce nouveau succès français n'empêche pas les opérations de se poursuivre. Ainsi, le troisième siège de Gérone fait rage du au . Selon l'historien Digby Smith, les pertes au sein de la garnison espagnole sont de tués et prisonniers alors que les troupes impériales déplorent victimes, dont la moitié de maladie. Les assiégeants, au nombre de , sont dirigés par le général Jean Antoine Verdier et appartiennent aux divisions Lechi, Verdier et Annet Morio de L'Isle ; un deuxième contingent, sous le commandement direct de Saint-Cyr et fort également de , reste en réserve. Palombini est à ce moment à la tête d'une brigade de cavalerie de 912 hommes attachée à la division Pino, demeurée elle aussi en réserve. Le , sa brigade compte six escadrons appartenant aux régiments italiens de chasseurs à cheval et de dragons. Le , une colonne de secours espagnole est prise en embuscade et détruite par la division Pino, perdant 40 officiers et 878 prisonniers. La garnison espagnole de Gérone déjoue néanmoins une attaque des forces impériales le . Après ce fiasco, les de la division Lechi sont incorporés dans la division Pino. Saint-Cyr décide pour sa part de maintenir le blocus et d'affamer la garnison plutôt que de gaspiller davantage de vies dans des assauts inutiles. La division Pino bat une autre colonne de secours le et saisit son ravitaillement. Le , la même unité pille et incendie le grand dépôt de ravitaillement espagnol à Hostalric.
Espagne, 1810-1811 alt=Colored print labeled "Italien" shows seven soldiers wearing white or green uniforms with bearskin hats or shakos.|vignette|Infanterie légère et de ligne du royaume d'Italie, par Richard Knötel.