Le Reno, sixième fleuve italien par la longueur et la surface du bassin versant, est le plus long cours d'eau de l'Émilie-Romagne le seul important de cette région à ne pas être un affluent du Pô. C'est le principal, pour longueur, surface du bassin hydrographique et débit moyen à l'embouchure, de tous ceux qui se jettent dans l'Adriatique au sud du Pô.
Étymologie
L'étymologie du mot italien Reno est la même que celle du Rhin : c'est une étymologie celtique qui signifie « eau qui coule ». En italien, les deux fleuves portent d'ailleurs le même nom Reno.
Géographie
Il prend le nom de Reno dans la province de Pistoia, à d’altitude, où les deux bras du Reno di Prunetta (long d’environ , avec sa source à dans la commune de Piteglio) et du Reno di Campolungo s’unissent près de la localité de Le Piastre de la commune de Pistoia. Sur ce parcours en montagne, il marque la limite entre l’Émilie-Romagne et la Toscane et traverse une gorge de sauvage et boisée, copieusement arrosée en chaque saison, parcourue par la ligne ferroviaire Bologna-Porretta-Pistoia qui glisse sur le fond de la vallée avec des œuvres d'art (ponts, galeries, murs de soutien) représentant un véritable chef-d’œuvre d'études d'ingénierie de l'époque de la construction (1864). Très importante pour les communications entre le Nord et le Sud de l'Italie ; débouchant dans la plaine du Pô, il arrose Bologne et son aire métropolitaine (ici, à Casalecchio di Reno, il a un débit moyen de /s, minimum de /s et maximum de /s) ; il parcourt la riche plaine émilienne et, un peu plus au Sud de Cento, son cours tourne vers l'Est et la mer Adriatique, où il débouche avec un estuaire de de largeur auprès des « Valli di Comacchio » dans le delta du Pô.
Affluents Affluents : Silla () et Samoggia () à la gauche ; Limentra (), Setta (), Idice () (et son important affluent Savena - - qui est le deuxième fleuve de Bologne, comme rappelle Dante Alighieri dans La Divina Commedia, ou les bolonaises sont « color che stanno fra Sàvena e Reno »), Sillaro (), Santerno (, le plus important aussi pour son débit moyen de /s, qui arrose Imola) et Senio () à droite.
Son bassin hydrographique couvre environ 2 millions de personnes.
Les eaux du Reno (et du Savena) ont été utilisées, dès le Moyen Âge, pour l'industrie de la soie dans la ville de Bologne avec deux canaux (Canale di Reno e Canale di Savena).
Villes traversées vignette|Fleuve Reno et ses environs Le Reno passe par Porretta Terme, Vergato, Marzabotto, Sasso Marconi, Casalecchio di Reno, Bologne, Cento, Argenta et aboutit dans l’Adriatique au sud-est des Vallées de Comacchio (où il est relié à quelques canaux de bonification), près de Torri di Bellocchio, avec un vaste estuaire et un cours large d’environ avec direction S-N dans les derniers , séparé de la mer par un cordon littoral sablonneux.
Le Reno au Moyen Âge vignette|350px|Cavo Benedettino entre les fleuves Reno et Primaro (carte de 1603 du Musée du Vatican modifiée). Pendant la papauté de Benoit XIV (le Cardinal bolonais Prospero Lambertini), le fleuve Reno fut sujet à une modification hydraulique fondamentale : après avoir été un affluent du Pô dans le haut Moyen Âge, soit tout seul, soit conjointement avec le Panaro, avec des crues successives et périodiques, causant dévastation et envasement dans la campagne ferraraise et bolonaise. Vaste zone marécageuse, antiquement nommée Valle Padusa (de Padus, nom romain du Pô), qui était impropre à la culture.
Le Reno fut alors détourné par le creusement d’un canal artificiel d’environ , le Cavo Benedettino en direction de la mer Adriatique et fut relié avec l'ancien cours abandonné du Pô de Primaro (Po di Primaro), représentant par conséquent l’aspect actuel, avec écoulement caractéristique d’abord du sud au nord, ensuite, après une soudaine courbe (près de la localité Sant'Agostino), d'ouest à est, jusqu'au dernier trajet dirigé vers le nord après avoir erré et effleuré les marais de Comacchio (Valli di Comacchio) au sud du delta du Pô.
En 43 , sur une petite île du Reno, alors colonie romaine de Bononia (ancien nom de Bologne), fut stipulé le pacte constitutif du Second triumvirat. Dans la localité de Sacerno, dans laquelle selon la tradition se serait trouvée cette petite île, une colonne fut érigée au pour rappeler l'événement.
Parcours en montagne Le long de son parcours il reçoit de nombreux affluents, tous à régime torrentiel, certains à caractère temporaire, d'autres pérennes.
Le Reno, ensuite, à peine sorti de la gorge à Ponte della Venturina, maintient jusqu'à Vergato une pente moyenne du 0,8 % et il reçoit, dans l’ordre : à droite la Limentra de Sambuca, à gauche le Rio Maggiore à Porretta Terme, et, peu après cette localité, le Silla, qui constitue son affluent majeur.
À Riola di Vergato, après avoir frôlé la célèbre église projetée par l’architecte finlandais Alvar Aalto (1898-1976), et après avoir reçu à sa gauche le modeste torrent Marano, il reçoit à sa droite le tumultueux torrent Limentra de Treppio, second affluent de par sa longueur.
À Vergato, de gauche, il reçoit encore le modeste torrent Vergatello avec son affluent Àneva. Puis encore à sa gauche, le torrent Venola et, avant le Rocher de Sasso Marconi, le torrent Croaro (ou Croara). À Sasso Marconi, à sa droite, il reçoit la Setta (torrent) (vaste cours gravillonneux de presque de largeur) avec ses affluents Gambellato, Brasimone et Sambro.
Parcours en plaine Le trajet montagnard se termine à l'Écluse de Casalecchio di Reno, environ à d’altitude. En aval de ce point, d'autre part, le Reno a changé plusieurs fois son cours, pendant les siècles récents (même par la main de l’homme), mais même à une époque géologique reculée, en se trouvant à être soit affluent du Pô (seul ou uni au Panaro), soit aboutissant en mer, soit en terminant en marécages dans la région de Ferrare, jusqu'à être, comme maintenant et depuis le milieu du , le collecteur majeur, jusqu'à la mer, de la plaine émilienne-romagnole.
Dans le trajet en plaine il reçoit sur sa gauche, en aval de Cento, seulement le Samoggia (avec son affluent Lavino) ; pendant que les plus grands apports lui viennent de quatre affluents plus longs, tous de droite, qui sont, dans l’ordre : le fleuve Idice (avec ses affluents Zena, Savena, Centonara, Quaderna), le torrent Sillaro avec son affluent Sellustra, fleuve Santerno (son tributaire principal pour sa longueur et son flux moyen d'eau à sa confluence) avec son affluent Diaterna et, finalement, fleuve Senio avec son affluent Sintria.
Dans le trajet de plaine, en outre, il reçoit de nombreux canaux de bonification de la plaine bolonaise et ravennaise, en partie même à travers le canal Navile et le canal de Savena, sans oublier le canal Riolo, le canal Lorgana, etc. À partir de la confluence du torrent Sillaro jusqu'à l’embouchure, il représente la frontière historique et géographique entre Émilie et Romagne.
L'exploitation hydroélectrique Le haut bassin comprend plusieurs barrages à but hydroélectrique : Bassin de Molino del Pallone sur le Reno mêmes (/s), Bassin de Pavana sur la Limentra de Sambuca (/s), Bassin de Suviana sur la Limentra de Treppio (/s), Bassin des Scalere ou du Brasimone, sur le torrent Brasimone (/s), Bassin de Sainta Maria toujours sur le Brasimone (/s), presque tous reliés entre eux par des canaux souterrains à gravité ou systèmes de pompage des eaux, capables chacun d’un débit de dizaines de mètres cubes à la seconde.
L'importance hydroélectrique du système et la puissance débitée (du même ordre de grandeur des grands bassins hydroélectriques alpins) est second. Dans l'Apennin, il a été largement exploité par les Chemins de fer de l'État pour l'alimentation électrique du direct Bologne-Florence ; au contraire, historiquement, le système des barrages naquit principalement dans les années 1930, juste dans ce but et la puissance fut augmentée sensiblement dans les années 1970 avec la création de la grande Centrale Hydroélectrique de Bargi.
Le régime hydraulique Le bassin hydrographique du Reno a une superficie de , correspondant à 18 % de l'entière superficie physique de l'Émilie-Romagne et à 6 % de celle du bassin du Pô. La superficie du bassin de plaine équivaut à , pendant que la portion montagne-colline s'étend dans l'Apennin toscan-émilien-romagnol sur une superficie de . l'afflux pluviométrique sur le bassin est, en moyenne, autour de annuel
Au débouché en plaine (Casalecchio di Reno), le débit moyen annuel est de /s, pendant que, vers l’embouchure, le débit moyen annuel est de /s.
Les débits maximaux enregistrés à Casalecchio di Reno effleurent les /s ( dans les crues avec un retour en arrière de 200 ans et dans les crues avec un recul de 30 ans), mais dans les crues ordinaires on dépasse de peu les .
Dans le trajet en plaine, de telles valeurs restent substantiellement, soit par l'intervention dans la cote maxi, du « dégorgeoir du Reno » (Cavo Napoleonico placé peu au-delà de Cento, qui, avec un système de portes à la Léonard de Vinci allège une partie des eaux au Pô, si les conditions hydrauliques de ce dernier le permettent), soit par la redistribution du trop-plein de crue qui se produit dans le lit, même si la durée des crues s'allonge par l'adjonction des nombreux affluents et par l'intervention des systèmes de pompage des Consortiums de bonification Reno-Palata. Chacune de ces crues étant capable d'effectivement influencer les apports en eau, spécialement dans les périodes sèches.
Le débit minimal absolu à l’embouchure est d’environ /s, pendant qu'à Casalecchio il est de /s, mais il y a environ un siècle il ne descendait jamais sous les 5 ou /s. Les pleins maxi sont historiquement enregistrés en novembre, mais le mois où les débits moyens sont les plus élevés est mars (/s à Casalecchio, environ 200 vers l’embouchure), pendant que le mois avec des débits moyens minimaux est août (/s à Casalecchio, environ 8 vers l’embouchure). À Casalecchio le débit moyen ne descend jamais sous les /s d'octobre à mai, pendant qu'en juillet, août et septembre les valeurs sont inférieures à /s et, ordinairement, ils sont dirigés dans le Canal de Reno (ensuite Canal Navile), en laissant de cette manière en été le lit presque à sec, au moins jusqu'à Cento.
L’analyse de ces valeurs confirme avant tout le caractère torrentiel du fleuve, dont le bassin est établi presque entièrement sur des roches et des terrains imperméables (sauf quelques portions de montagne sur le cours supérieur du fleuve, des deux Limentra et du Santerno) ce qui explique les amplitudes considérables du régime hydraulique. D’autre part, dans la plaine, aux environs de Castenaso, il existe quelques petites résurgences de portée plus négligeable.
L’analyse historique des valeurs de débit mini (spécialement celles de Casalecchio), en outre, confirme que le fleuve, un temps avec des débits mini absolus de dix fois supérieurs à ceux actuels, dus aux terrains semi-perméables de son cours supérieur et de quelques-uns de ses affluents, subit une exploitation intensive sur le trajet montagneux, avec captation presque systématique des sources de ses affluents : il suffit d’observer que son affluent majeur, le torrent Setta, au moins pendant les trois mois d’été ne lui est d’aucun apport, puisqu'il est entièrement capté par l'Aqueduc de Bologne moins d’1 km en amont de la confluence.