Janet Mills, née le à Farmington (Maine), est une femme politique américaine, membre du Parti démocrate et gouverneure du Maine depuis 2019.
Janet Mills est élue pour la première fois procureure générale, élue par la législature du Maine le , et succédant dans cette fonction à un démocrate. Son deuxième mandat débute le : elle reprend cette fonction à un élu républivain. Elle est la première femme à occuper ce poste. Avant son élection, elle siège à la Chambre des représentants du Maine, où elle représente les villes de Farmington et d'Industry. Son parti la désigne ensuite comme candidate au poste de gouverneur lors des élections de 2018, qu'elle remporte en battant un candidat républicain et un candidat indépendant. Le , elle devient la première femme gouverneure du Maine. Elle succède à ce poste au républicain Paul LePage. Elle est réélue en 2022.
Elle est connue également pour s'être opposée au nom du droit à Donald Trump, lors de la première assemblée des gouverneurs à la Maison Blanche depuis le retour de celui-ci au pouvoir, en , et pour sa réponse à ses menaces de sanctions (blocage de fonds fédéraux, menaces qu'il a mis en application) pour lui tenir tête : .
Biographie Née le , Janet Trafton Mills est, du côté maternel, petite-fille d'agriculteurs qui cultivaient la pomme de terre dans le comté d'Aroostook. Son père, Summer Peter Mills Jr, qui a servi dans la marine américaine pendant la Seconde Guerre mondiale, est procureur du Maine de 1953 à 1961 puis de 1969 à 1977. Sa mère, Katherine Coffin, enseigne l'anglais et le latin dans les lycées de Warren, de South Paris et de Farmington.
Janet Mills est diplômée du lycée Mt Blue de Farmington, de l'université du Massachusetts à Boston puis de la faculté de droit de l'université du Maine. Elle épouse en 1985 Stanley Kuklinski (1940-2014), un veuf alors père de cinq filles âgées de 4 à 14 ans, que Janet contribue à élever tout en travaillant à temps plein. Elle est, en 2024, grand-mère de trois garçons et de deux filles.
Procureure générale du Maine Avocate de profession, Janet Mills commence sa carrière publique en qualité de procureure générale adjointe de 1974 à 1980, avant d'être élue procureure de district pour les comtés d'Androscoggin, Franklin et Oxford, poste auquel elle est réélue trois fois. Elle est élue à la Chambre des représentants du Maine de 2002 à 2004 pour le , puis de 2004 à 2009 pour ce . À cette date, la législature du Maine l'élit à la fonction de procureur général d'État, première femme à occuper cette fonction dans cet État. En 2011, lorsque le Parti républicain réussit à reprendre la majorité, William Schneider lui succède, mais elle lui reprend le poste deux ans plus tard.
Son époux meurt en 2014. Pendant la dernière maladie de son mari, elle acquiert une expérience personnelle du système de santé du Maine, qu'elle cite comme l'un des moteurs de son engagement en faveur d'une réforme des soins de santé.
Gouverneure du Maine Janet Mills remporte les élections de 2018 pour devenir gouverneure du Maine, par 50,9 % des voix contre 43,2 % au candidat républicain Shawn Moody. Elle entre en fonction le , succédant à Paul LePage, dont la popularité est en forte baisse au cours de son second mandat. Elle devient ainsi la première femme à occuper cette fonction, dans le Maine.
Janet Mills promulgue des réglementations visant à limiter l'utilisation de matériaux nuisibles à l'environnement, comme l'utilisation de sacs en plastique ou l'utilisation de contenants en polystyrène expansé. Lors d'un discours à l'Assemblée générale des Nations unies, elle s'engage à ce que le Maine atteigne la neutralité carbone d'ici 2045.
Janet Mills décide aussi de soutenir les droits des personnes LGBT. En , elle signe un projet de loi interdisant la thérapie de conversion. En 2019 toujours, elle prend des mesures pour améliorer les relations avec les tribus autochtones du Maine. Elle signe notamment un projet de loi un peu symbolique visant à remplacer le jour férié de la fête de Christophe Colomb par la Journée des peuples autochtones et s'engage à pourvoir les sièges restés vacants sous son prédécesseur au sein d'une commission étatique-tribale. Elle signe aussi un projet de loi visant à établir des normes plus strictes en matière de qualité de l'eau pour les rivières utilisées par les tribus du Maine pour la pêche de subsistance.
En 2020, elle est vivement critiquée par Tucker Carlson, animateur de l'émission Tucker Carlson Tonight sur Fox News, en raison des restrictions qu'elle impose lors de la pandémie de Covid-19. Il déclare notamment qu', ajoutant que ..
Le , Janet Mills opposeson veto à sept projets de loi, dont celui qui aurait entraîné la fermeture du Long Creek Youth Development Center, une prison pour mineurs. Ces vetos sont sévèrement critiqués par les démocrates progressistes de l'Assemblée législative de son État.
Le , Mills promulgue le budget supplémentaire de l'État du Maine, qui prévoit la gratuité des collèges communautaires pour les élèves des promotions 2020, 2021, 2022 et 2023.
Le , elle reçoit les insignes de l'ordre national de la Légion d'honneur, qui lui ont été remis par l'ambassadeur de France aux États-Unis Laurent Bili, « pour ses efforts visant à promouvoir et à honorer la langue et la culture françaises dans le Maine ». Janet Mills, qui parle couramment le français, a obtenu un baccalauréat ès arts dans cette langue avant de s'orienter vers le droit.
Elle soutient aussi la participation des athlètes transgenres à des sports qui correspondent à l'identité qu'ils ou elles se sont choisis. En , elle tient tête sur ce sujet au Président Tump, qui, lors de la première réunion des gouverneurs organisé par celui-ci à la Maison Blanche, l'interpelle, menace de couper toutes les dotations fédérales à son État et veut l'humilier en l'amenant par de telles menaces à se soumettre à ses diktats dans ce domaine. Elle lui répond par une formule lapidaire qui marque les esprits : (« on se voit au tribunal ! »), en ayant rappelé au préalable qu'elle respectera les lois fédérales, mais pas ses diktats personnels, car il n'est pas un monarque. Donald Trump lui répond : . Mais elle ne peut s'empêcher de penser . Puis Donald Trump ajoute à son attention, devant les autres gouverneurs : .
Le soir même, le ministère fédéral américain de l’éducation annonce une enquête sur le système d’éducation du Maine. Puis dans les vingt-quatre heures qui suivent, trois agences fédérales lançent des investigations sur une supposée violation, par l'État du Maine, de la loi fédérale interdisant la discrimination de genre dans les programmes éducatifs. Et des dotations d’un programme de recherche et d’éducation sur la mer sont annulées ; ainsi que des subventions du ministère de l’agriculture à l’université du Maine, tandis que les ministères fédéraux américains de la santé et de la justice suivent le mouvement. Elle attaque devant les tribunaux ces décisions et l’Etat du Maine se retrouve impliqué dans une quarantaine de procès, quelquefois seul, quelquefois associé à d’autres États.
Elle enregistre une première décision en faveur de son État, contre le ministère fédéral de l’agriculture et affectant notamment les cantines scolaires et les crèches. Un juge fédéral lui donne raison. L’administration Trump doit reculer. Le , cette administration Trump accepte de débloquer les fonds et le Maine abandonne les poursuites judiciaires engagées sur ce sujet. Les repas de 172 000 enfants du Maine sont préservés. Mais d'autres décisions juridiques restent attendues, et l'Administration Trump, si elle n'obtient pas gain de cause peut porter ces différents points juridiques pour lesquels elle n'obtiendrait pas gain de cause devant la Cour Suprême.
Alors qu'elle ne peut pas briguer un troisième mandat de gouverneure lors des élections de , elle annonce en sa candidature aux élections sénatoriales, briguant ainsi le siège détenu depuis 1997 par la républicaine Susan Collins. Si le leader des sénateurs démocrates, Chuck Schumer a encouragé pendant plusieurs mois Mills à se présenter car l'estimant être la mieux placée pour battre Collins, sa candidature ne fait pas l'unanimité au sein du parti, notamment du fait de son âge (77 ans). En cas d'élection, elle prendrait ses fonctions à 79 ans, devenant la personne la plus âgée de l'histoire américaine à commencer son premier mandat au Sénat. En vue de la primaire démocrate, elle affronte Graham Platner, un ostréiculteur novice en politique soutenu par l’aile gauche du parti, qui la distance largement dans les sondages. Le , elle annonce la suspension de sa campagne, évoquant les difficultés financières de cette dernière. Bien qu'ayant cessé de faire campagne, elle est encore formellement candidate et son nom apparaît sur les bulletins de vote. Plusieurs de ses soutiens l'appellent alors à reprendre la campagne au début du mois de , alors que Platner fait face à de nouvelles cotroverses. Elle ne reprend toutefois pas activement sa campagne et remporte 19 % des suffrages lors de la primaire démocrate du largement remportée par Platner.
Références
Voir aussi Articles connexes Élections des gouverneurs américains de 2018 Liste des femmes gouverneures d'un État américain
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