Le système éducatif rwandais est inspiré des systèmes belge et britannique. L'enseignement primaire est obligatoire et gratuit dans les établissements publics ; pour les établissements conventionnés, les conditions de gratuité de l'enseignement primaire sont fixées par une loi organiquehttps://www.france-education-international.fr/system/files/medias/fichiers/2025/09/Rwanda.pdf.

Historique Décrire l’éducation au Rwanda passe par l'évocation des apports et influences extérieures qui ont considérablement marqué l’histoire du pays, en particulier depuis le début du .

Il existe cependant très peu de sources orales sur l'éducation dans ce qui est actuellement la nation rwandaise avant la période belge. Depuis un siècle, l’éducation au Rwanda a connu des vagues d’influence sous :

la colonisation allemande, l’hégémonie catholique, sous protectorat belge, l'effet du génocide et avec le régime de Paul Kagame.

Législativement, les structures de l'enseignement scolaire au Rwanda ont été définies selon les textes de loi suivants, mis à jour sur le site de l'UNESCO :

la loi du sur l'éducation nationale ; l'arrêté présidentiel n° 175/03 du fixant le règlement général de l'enseignement au Rwanda ; les mesures générales d'application de la réforme scolaire de ; la loi organique n° 1/1985 du sur l'éducation nationale ; la loi n° 14/1985 du portant organisation de l'enseignement primaire, rural et artisanal intégré et secondaire ; et la loi n° 048/91 du portant modification de la loi n° 14/1985.

1900-1959 Denise Bentrovato, s'appuyant sur des sources variées indique que l'ethnicité était un facteur central qui déterminait l'accès aux moyens d'éducation dans le Rwanda colonisé. Dans la première moitié du les politiques de l'État donnaient la préséance à l'éducation des enfants des chefs Tutsi et ceux issus de familles riches. Apparemment, les jeunes Hutu avaient une éducation de base qui était conçue prioritairement pour les préparer à des travaux manuels. Leurs contemporains Tutsi se voyaient offrir une « éducation assimilationniste » dans des écoles spéciales afin de les orienter vers les carrières de l'administration coloniale. L'auteure étudie en particulier le cas de l'école la plus prestigieuse du Rwanda-Urundi, le Groupe Scolaire d'Astrida, qui a ouvert ses portes au début des années 1930 à Butare. Si l'accès en était généralement réservé aux fils de chefs et fils de dignitaires, dans les dernières classes seuls les fils de chefs Tutsi y avaient accès, munis de vêtements blanc.

En 1957, un groupe de neuf intellectuels Hutu qui avaient fait leurs études au Grand Séminaire de Kabgayi écrivirent le « Manifeste Bahutu » dans lequel la discrimination dans l'éducation occupait une place centrale.

Des années 1960 jusqu'au génocide En dépit des transformations radicales qui virent la « république Hutu » remplacer la « monarchie Tutsi », les grands récits ethnicistes qui fracturaient la population ont perduré. Les enseignements donnés dans les séminaires catholiques auprès des élites Hutu répétaient le récit hamitique d'une majorité autochtone bantoue, les Hutu, ayant subi l'invasion d'une minorité hamitique TutsiVoir aussi: Jean-Pierre Chrétien, Marcel Kabanda, Rwanda. Racisme et génocide : L'idéologie hamitique, Belin 2016, . Ce discours touchait toutes les sphères de la société, dont le secteur éducatif.

L'enseignement de l'histoire du Rwanda était au centre de ces discours. Ce n'est que dans les années 1970 que des manuels consacrés à l'histoire du Rwanda ont été imprimés. Comme auparavant les institutions d'éducation étaient encore le lieu pour les élites au pouvoir où faire circuler leur idéologie et une histoire officielle, « stéréotypée, simpliste et erronée ».

L'après génocide, l'éducation civique et l'enseignement de l'histoire Plusieurs textes établis depuis 1999 témoignent d'une nouvelle écriture de l'histoire du Rwanda qui s'écarte radicalement d'une histoire fondée antérieurement sur des divisions ethniques : en 1999, The Unity of Rwandans établi par le bureau du président, The Rwandan Conflict établi en 2005 par la Commission nationale pour l'unité et la réconciliation (Cnur), puis, en 2006, Genocide Ideology and Strategies for its Eradication écrit par le Sénat . En conséquence la Cnur a fait inscrire dans les programmes du primaire et du secondaire des cours d'éducation civique dans le but explicite de participer à l'unité et à la réconciliation. La nouvelle narration de l'histoire participe, dans ce même mouvement, à « reconstruire » une conscience nationale depuis longtemps minée et un orgueil national qui peut être partagé entre tous les citoyens. Cette nouvelle histoire met en valeur la période pré-coloniale comme un âge d'unité et d'harmonie. Cependant les historiens contestent cette nouvelle histoire, qui tend à l'écriture d'un passé pré-colonial idéalDes doutes ont été émis quant à l'existence d'un État-nation pré-colonial, et l'« unité » ancienne apparait comme un « mythe », une construction idéale ( qui fait référence à Jan Vansina Antecedents to Modern Rwanda – The Nyiginya Kingdom, 2004, p. 199). L'historien Jan Vansina fait la liste de 11 erreurs concernant les nouvelles versions de l'histoire du Rwanda et la région des Grands Lacs, et il les détaille précisément dans : Vansina, Le Rwanda ancien : le royaume nyiginya, 2012 , p. 249-250. D'autres historiens soutiennent les mêmes propositions, dont l'universitaire rwandais, Servilien Sebasoni, Les origines du Rwanda, l'Harmattan 2000, . Sur la méthode suivie par l'historien Jan Vansina, lire : .. Dans cette nouvelle histoire, l'ancien ordre social fait en effet apparaitre les relations entre les trois groupes, Hutu, Tutsi et Twa, comme un « partenariat mutuellement avantageux ».

Les programmes d'enseignement de l'histoire ont donc été revus depuis le primaire jusqu'à la fin du secondaire. Au niveau collège (Junior level) sur les 2h allouées à l'histoire, le nombre d'heures consacrées à l'histoire du pays est passé de 54h en 1998 à 77h en 2008. Cet enseignement étant aussi au programme de la dernière année du primaire. Au niveau lycée (senior level) le cours d'expression anglaise (oral, 2h/semaine) offre aussi l'occasion d'aborder l'histoire.

Depuis 2000 vignette|En 2000, à l'école de Mpushi, District de Kamonyi. L'école bénéficiait du fonds de la campagne "Votre journée pour l'Afrique" campagne de l'organisation humanitaire allemande: Aktion Tagwerk. L’éducation de base est devenue gratuite à partir de 2003-2004. Le , la Première Dame a lancé officiellement un plan quinquennal de promotion de l’éducation des filles. En 2007, l'enseignement en Primaire prenait en charge 87% des élèves, l'enseignement Secondaire 11% et l'enseignement supérieur 2%.

En 2013, « à cause de la guerre, du génocide et du VIH/SIDA, le Rwanda compte un grand nombre d’enfants en âge scolaire ayant des besoins spéciaux en éducation. Les handicapés, les orphelins, les enfants de la rue et les enfants chefs de ménages représentent particulièrement des groupes vulnérables pour lesquels une attention spéciale et des méthodes éducationnelles qui intègrent tous les apprenants s’avèrent nécessaires. » En conséquence, des mesures ont été prises par le Gouvernement rwandais.

Entre 2012/13 et 2017/18 le budget de l'éducation nationale a été augmenté de 17%. Afin de maintenir et d'améliorer le système éducatif du Rwanda, il existe des organes qui supervisent les normes éducatives : la division de la construction et de l'équipement, qui fixe les normes de construction des salles de classe et des écoles; le conseil national d'examen, qui fixe les normes pour les notes et la progression vers la prochaine étape de l'enseignement; le service de planification qui établit et surveille les normes sur les indicateurs de performance du système et enfin l'inspection générale de l'éducation qui inspecte et conseille quant au respect des normes.

Le gouvernement du Rwanda a élaboré une stratégie nationale pour les technologies de l'information et de la communication (TIC) qui est coordonnée par l'autorité rwandaise des technologies de l'information (RITA). Leur ministère de l’éducation promeut l’utilisation des TIC dans les écoles dès les premières classes et coordonne également le projet «un ordinateur portable par enfant» dans le pays (OLPC).

Le Rwanda fonctionne sur un système scolaire qui consacre 6 ans pour l'école primaire, 3 ans pour le niveau ordinaire (correspondant au collège), 3 ans pour le niveau avancé (correspondant au lycée) et 4 ans au niveau baccalauréat et universitaire. L’anglais est utilisé comme langue d’enseignement à tous les niveaux du système scolaire. Le kinyarwanda, le français et le swahili sont enseignés comme matières complémentaire dans les écoles publiques primaires et secondaires. Les écoles privées peuvent toujours choisir d’utiliser l’anglais, le français ou toute autre langue comme langue d’enseignement.

Le « catch up programme » a été mis en place pour permettre aux élèves ayant abandonné l’école primaire de la réintégrer. « Ce programme de rattrapage comprime le programme de primaire » (six ans) en un temps plus court. Pour le niveau de l’enseignement secondaire, « ceux qui ont interrompu ce cycle avant de l’avoir terminé […], sont admis à passer un examen de fin d’études secondaire » en tant que candidats libres.

L'Université du Rwanda, qui accueillait, en 2018, 44 000 étudiants venait d'être fondée à nouveau par l'intégration des diverses universités qui pré-existaient : notamment le collège de commerce et d'économie (ancienne école de finance et de banque), le collège des arts et des lettres (ancienne université nationale du Rwanda à Butare), le collège des sciences et de la technologie (ancien institut de science et de technologie de Kigali), le collège d'agriculture, des sciences animales et de médecine vétérinaire (ancien institut supérieur d'agriculture et d'élevage à Musanze), le collège de médecine et des sciences de la santé (ancien institut de santé de Kigali) et enfin le collège d'éducation (ancien institut d'éducation de Kigali).

Le ministère de l'éducation compte, en 2018, six départements : le département des programmes (curriculum scolaire) et du matériel pédagogique, le département de la gestion et de la professionnalisation de la formation des enseignants, le département de la qualité et des normes de l'éducation, le département des TIC dans l'éducation et l'apprentissage à distance et en ligne, le département des examens et de l'accréditation et enfin le département de prêt aux étudiants de l'enseignement supérieur.

En 2019 un effort a été porté sur les salaires des enseignants et sur progression de carrière. Les écoles de formation des enseignants (TTC, Teacher Training Colleges) et les écoles modèles (Model schools) (trad. : écoles d'application, en France) ont bénéficié de dotations et d'une réforme des programmes. Tous les enseignants et les tuteurs passeront un test en anglais standard afin de garantir le niveau de compétences basées sur le programme.

Pré-primaire En 2023 il y a 3 401 écoles pré-primaire et 282 428 élèves.

Le plan 2018/2019 – 2023/2024 cible, en particulier, les enfants désavantagés afin d'atteindre 45% des enfants de 3 à 6 ans en 2023/2024. Pour les enfants des villages ruraux, des associations françaises financent certaines écoles maternelles : construction des locaux, rémunération des enseignants, alimentation des enfants..

Enseignement primaire vignette|Initiation précoce à la lecture, février 2019 L'école primaire dure six ans. Les enfants y entrent à sept ans dans le public et six ans dans le privé. Les six ans d'études vont de la classe 1 à la classe 6.

En 2007, les élèves du primaire représentaient 87 % du total des élèves du système éducatif rwandais, soit la grande majorité..