Le Forum de Paris sur la paix est une manifestation internationale portant sur les questions de gouvernance mondiale et de multilatéralisme, tenue chaque année à Paris, en France..
La première édition du Forum a eu lieu du 11 au , à la grande halle de la Villette, en célébration du centenaire de l'armistice, sous la présidence de Pascal Lamy et la direction de Justin Vaïsse.
Historique Le Forum de Paris sur la paix est né du constat « qu'un monde mal gouverné serait rapidement un monde en guerre », tel qu'exprimé par Justin Vaïsse, alors président du Forum. Le , Emmanuel Macron annonce la création du Forum de Paris sur la paix qu'il soutient politiquement depuis ses débuts.
Quelques semaines après la 8e édition du Forum de Paris sur la paix en 2025, Justin Vaïsse annonce son retour à l'enseignement et son adjointe, Fabienne Hara, a également quitté l'organisation qui se trouve à un tournant de sa jeune histoire.
Courant 2026, le diplomate Philippe Etienne a été élu Président du Forum suite à un vote unanime du conseil exécutif de l'organisation.
Philosophie Le Forum a pour but de célébrer le centenaire de l'armistice de 1918, ainsi que de « réfléchir ensemble, proposer des initiatives concrètes, réinventer le multilatéralisme et toutes les formes de coopération contemporaine ». Le président Macron et le président du Forum de l'époque Justin Vaïsse souhaitaient rassembler les acteurs de la gouvernance mondiale au sein d'un espace international et ouvert afin d'échanger, de débattre et d'élaborer des solutions concrètes. Un des éléments majeurs du Forum est la présentation de projets en provenance du monde entier. Chacun de ces projets propose une solution novatrice à une problématique précise.
Au dernier jour du Forum, 10 projets sont sélectionnés pour devenir des projets accompagnés. En tant que projets accompagnés, ils sont guidés et soutenus par le Forum de Paris sur la paix pendant une année complète.
Bien que le président de la République française soit à l'initiative du Forum, celui-ci reste indépendant, à la fois du point de vue de ses missions et de son financement. L'événement est financé par des partenaires non gouvernementaux ; et chacun d'entre eux ne peut contribuer au financement du Forum qu'à hauteur de 10 % des coûts totaux.
Objectifs Le Forum présente ainsi son objet : « Dans un monde exigeant davantage d'action collective, le Forum de Paris sur la paix est une plateforme ouverte à celles et ceux qui cherchent à développer une coordination, des règles et des compétences pour répondre aux problèmes mondiaux. »
Ses trois principaux piliers d'activité comprennent des initiatives politiques et des activités de soutien de projets tout au long de l'année, couplées à un événement annuel en novembre, qui ont pour ambition affichée de :
Rassembler le monde : Chaque année, le Forum réunit chefs d'État et de gouvernement, dirigeants d'organisations internationales et des acteurs de la société civile (notamment des organisations non gouvernementales, sociétés privées, syndicats, groupes de réflexion, experts, journalistes, médias) des pays du Sud et du Nord pour améliorer la gouvernance mondiale. Faire avancer des projets : Lors de son événement annuel et tout au long de l'année, le Forum de Paris sur la paix met en avant et accélère des solutions émergentes grâce à un accompagnement personnalisé en mettant en relation des porteurs de projets avec des décideurs, des praticiens et des organismes de financement. Depuis 2018, plus de 400 projets ont été présentés, dont 10 par an reçoivent un an de soutien personnalisé via le programme d'accompagnement du Forum. Lancer et accompagner des initiatives : Le Forum s'appuie sur sa communauté de membres et de partenaires, ainsi que sur son accès privilégié à l'expertise et aux réseaux diplomatiques pour lancer et accélérer des initiatives multi-acteurs répondant aux défis mondiaux.
Structure Le Forum de Paris sur la paix est composé de trois organes de gouvernance distincts :
Le conseil exécutif supervise et décide des activités globales du Forum. Il est composé de représentants de 9 membres ainsi que de personnes élues par l’assemblée générale parmi les membres de l’association : la Commission européenne, México Evalúa, le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères (France), la Mo Ibrahim Foundation, le Research and Information System for Developing Countries (RIS), la Foreign Policy Community of Indonesia (FPCI), Open Society Foundations (OSF), le Réseau Aga Khan de développement (AKDN) et Microsoft. Ángel Gurría, ancien secrétaire général de l’OCDE assure la présidence du Conseil exécutif en sa qualité de président du Forum de Paris sur la paix.
L'assemblée générale est composée des représentants de : l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po), la Commission européenne, México Evalúa, le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères (France), le ministère des Affaires étrangères (Allemagne), le ministère des Affaires étrangères (Espagne), la Mo Ibrahim Foundation, le Research and Information System for Developing Countries (RIS), la Foreign Policy Community of Indonesia (FPCI), Open Society Foundations (OSF), le Réseau Aga Khan de développement (AKDN), Microsoft, l'ambassade du Kenya en France et l'Université Mohammed VI Polytechnique.
Le conseil d'orientation est composé d’experts de haut niveau spécialisés en gouvernance mondiale autour du monde. Il établit la stratégie du Forum.
Les activités du Forum sont aussi assurées par un secrétariat permanent, qui se situe à Paris et gère toutes les activités relatives à la réalisation de l'événement. Le secrétariat permanent est dirigé par Justin Vaïsse en sa qualité de directeur général et Karine Roche en tant que secrétaire général. Première édition (2018) vignette|La première édition du Forum de Paris sur la paix en 2018
La première édition du Forum de Paris sur la paix a eu lieu du 11 au , et a accueilli 65 chefs d'État et de gouvernement. Durant les trois jours du Forum, 120 projets de gouvernance mondiale furent présentés devant 6 000 visiteurs uniques. Parmi les participants du Forum figurèrent Vladimir Poutine, président de la fédération de Russie, Justin Trudeau, Premier ministre canadien et Nadia Murad, lauréate du prix Nobel de la paix en 2018. La chancelière allemande Angela Merkel et le secrétaire général des Nations unies António Guterres ont tenu des discours d'ouverture, tout comme le président de la République française, Emmanuel Macron. Pendant son discours, Guterres a comparé l'atmosphère politique de 2018 à celle qui régnait avant la Première Guerre mondiale et pendant l'entre-deux-guerres. Des remarques dont la chancelière Merkel se fit écho dans son discours, soulignant aussi que les courants nationalistes et populistes menaçaient la paix en Europe.. L'absence du président des États-Unis Donald Trump à cette première édition du Forum fut remarquée, d'autant plus qu'il était présent à Paris le au matin dans le cadre de la commémoration de l'armistice de 1918 sur les Champs-Élysées.
Thématiques et formats Le programme de l'événement s'étendait sur trois jours et proposait divers formats de sessions dont des débats, des tables rondes, des master class, des ateliers, des présentations de projets, ainsi qu'un hackathon qui a vu des développeurs travailler sur des programmes de transparence des données financières. Grâce à Braindate, l'outil de mise en relation créé par e180, de nombreuses sessions d'échange et de débat en tête-à-tête ou en petits groupes ont aussi eu lieu pendant le Forum.
La Bibliothèque de la paix fut érigée au centre de la grande halle de la Villette. Chaque chef d'État ou de gouvernement était invité à déposer, sur cette structure en forme d'arbre, un livre de leur pays symbolisant à leurs yeux la paix et la coopération internationale.
Le Forum avait pour thème principal le multilatéralisme et plus particulièrement son importance et ses faiblesses. Le président de la république du Niger, Mahamadou Issoufou a pointé du doigt un multilatéralisme à deux vitesses, disant que les chefs d'État et de gouvernement africains n'ont que peu de résonance sur la scène internationale, malgré l'importance des dossiers africains dans les stratégies des institutions internationales. D'autres thématiques ont aussi été abordées pendant le Forum, et parmi elles les inégalités sociales, avec des interventions de Guy Rider, Lise Kingo et Jeffrey Sachs, ainsi que le rôle des villes dans la lutte contre le changement climatique avec les contributions d'experts tels que Laurence Tubiana et Hindou Oumarou Ibrahim qui a parlé des effets du changement climatique au Sahel. Le Forum a aussi accueilli la présentation de la Déclaration internationale sur l’information et la démocratie de Reporters sans frontières.
L'appel de Paris 51 pays, 130 entreprises ainsi que 90 universités et ONG ont signé « l'appel de Paris 2018 pour la confiance et la sécurité dans le cyberespace », une déclaration non contraignante à l'initiative du président Macron, qui réclame plus de protection contre les cyberattaques. Cet appel a pour but de protéger les civils, d’empêcher des tierces parties de perturber des élections, de défendre la propriété intellectuelle, etc. Les États-Unis font partie des quelques pays occidentaux à avoir refusé de signer cette déclaration. L'appel de Paris a été comparé aux conventions de Genève des droits numériques et reconnu comme étant une avancée démocratique importante. Dans un article du New York Times, le président de Microsoft, Brad Smith, a ainsi remarqué que « la plupart des démocraties mondiales se mobilisent autour du besoin de protéger toutes les démocraties contre le risque de cyberattaques ».
Projets Pendant les trois jours du Forum, 120 projets proposant des solutions concrètes à des problématiques de gouvernance mondiale ont été présentés. Ceux-ci s'inscrivaient dans une des catégories suivantes : paix & sécurité, développement, économie inclusive, nouvelles technologies et environnement. De ces 120 projets, 10 furent sélectionnés pour être soutenus par le Forum pendant un an.
Participants