Le Rallye de l'Acropole 1979 ( Rallye Acropolis), disputé du 28 au , est la soixante-huitième manche du championnat du monde des rallyes (WRC) courue depuis 1973, et la cinquième manche du championnat du monde des rallyes 1979.

Contexte avant la course Le championnat du monde

Ayant succédé en 1973 au championnat international des marques (en vigueur de 1970 à 1972), le championnat du monde des rallyes s'appuie sur les plus célèbres épreuves routières internationales, telles le Rallye Monte-Carlo, le Safari ou le RAC Rally. Parallèlement au championnat des constructeurs, la Commission Sportive Internationale (CSI) a cette année introduit un championnat des pilotes en remplacement de la controversée Coupe des conducteurs qui incluait des épreuves de second plan. Le calendrier 1979 comprend douze manches (dont huit européennes), réservées aux voitures des catégories suivantes : Groupe 1 : voitures de tourisme de série Groupe 2 : voitures de tourisme spéciales Groupe 3 : voitures de grand tourisme de série Groupe 4 : voitures de grand tourisme spéciales

thumb|upright=0.9|left|alt=Fiat 131 Abarth|La Fiat 131 Abarth, championne du monde en 1977 et 1978, ne défendra pas son titre en Grèce. Parmi les constructeurs impliqués dans le championnat 1979, seuls Ford et Fiat participent de façon régulière et se disputent le championnat. Le constructeur italien, titré en 1977 et 1978, vient toutefois de réduire son programme sportif et a renoncé à disputer la manche grecque. Leurs principaux adversaires cherchent plutôt à faire valoir leurs modèles dans les épreuves leur assurant d'importantes retombées commerciales, tel Datsun (récent vainqueur du Safari), Mercedes-Benz ou Peugeot, spécialisés dans les épreuves sur pistes. Ayant officiellement mis fin à son engagement sportif, la Scuderia Lancia (titrée de 1974 à 1976) a été relayée par des équipes privées qui continuent à assurer la présence au premier plan de la Lancia Stratos sur la majorité des épreuves. Bernard Darniche a notamment remporté le dernier Rallye Monte-Carlo au volant de la Stratos de l'Écurie Chardonnet. Après les quatre premières manches, Ford compte neuf points d'avance sur Fiat au classement provisoire du championnat des constructeurs, tandis que ses deux pilotes principaux, Hannu Mikkola et Björn Waldegård, se partagent la tête du championnat des conducteurs.

L'épreuve

Créé en 1953, le Rallye de l'Acropole est souvent considéré comme le plus difficile des rallyes européens. Souvent comparé au «Safari Rally» pour la spécificité de ses pistes rocailleuses pouvant se transformer en bourbiers en cas de forte pluie, il exige des concurrents une solidité à toute épreuve. En 1978, moins d'un quart des participants avait pu atteindre l'arrivée d'une course remportée pour la seconde fois par l'Allemand Walter Röhrl.

Le parcours thumb|upright=0.9|right|alt=Acropole|L'Acropole prête son nom à la manche grecque du championnat du monde. départ : d'Athènes arrivée : à Athènes distance : 2974 km, dont 943,3 km sur 54 épreuves spéciales. (58 épreuves initialement prévues, pour un total de 1006,5 km chronométrés) surface : asphalte (1703,9 km dont 71,7 km chronométrés) et terre (1270,1 km dont 871,6 km chronométrés) Parcours divisé en cinq sections, sur deux étapes Première étape Athènes - Kalambaka - Lagonissi, du 28 au 31 épreuves spéciales, 626,9 km (35 épreuves initialement prévues, pour un total de 690,1 km) Première section Athènes - Kalambaka, le 10 épreuves spéciales, 222,4 km Deuxième section Kalambaka - Kalambaka, le 8 épreuves spéciales, 181,7 km (12 épreuves initialement prévues, pour un total de 244,9 km) Troisième section Kalambaka - Lagonissi, le 13 épreuves spéciales, 222,8 km Deuxième étape Lagonissi - Mont Olympe - Athènes, du 30 au 23 épreuves spéciales, 316,4 km Quatrième section Lagonissi - Mont Olympe, le 9 épreuves spéciales, 132,3 km Cinquième section Mont Olympe - Athènes, le 14 épreuves spéciales, 184,1 km

Les forces en présence Les 153 voitures au départ sont réparties de la façon suivante : 17 groupe 4, 1 groupe 3, 95 groupe 2, 40 groupe 1 ; ci-dessous les principaux constructeurs présentsRevue Auto Hebdo , 31 mai 1979. :

Ford thumb|left|alt=Ford Escort RS1800|Une Ford Escort RS1800 groupe 4 lors d'une course historique. Sous les couleurs de Rothmans, trois Escort RS1800 groupe 4 ont été engagées par l'usine. Après leur pige pour Mercedes-Benz au dernier Safari, Björn Waldegård et Hannu Mikkola retrouvent leurs montures habituelles. Ari Vatanen n'étant pas totalement rétabli de ses problèmes vertébraux, la troisième voiture officielle a été confiée à Roger Clark. Le pilote grec 'Iaveris' dispose quant à lui d'un modèle identique, engagé par David Sutton ; il s'agit du mulet utilisé par Mikkola lors des reconnaissances de l'épreuve. Les Escort RS sont dans la même configuration qu'au dernier rallye du Portugal (1000 kg, moteur deux litres seize soupapes alimenté par injection, environ 270 chevaux), mais le refroidissement des ponts arrière a été amélioré, tandis que les freins ont été renforcésRevue Sport Auto , juillet 1979.. Les Ford utilisent des pneus Dunlop.

Lancia Comme au Portugal, Bernard Darniche dispose de la Stratos HF groupe 4 version terre engagée par André Chardonnet, équipée de pneus Michelin. Le pilote local 'Siroco' a engagé un modèle identique, mais chaussé par Pirelli. En l'absence de Fiat, les puissantes Stratos (950 kg, moteur V6 de 270 chevaux monté en position centrale arrière) sont les seules à pouvoir tenir tête aux Ford.

Datsun thumb|right|alt=Datsun 160J|Une Datsun 160J lors d'une épreuve européenne. La marque japonaise est officiellement représentée par l’importateur local Theohakaris, qui a engagé quatre berlines 160J PA10 groupe 2 pour Harry Källström, Timo Salonen et les pilotes grecs Evangelos Gallo et Iórgis Moschous. Disposant de moins de 200 chevaux, ces voitures ne peuvent rivaliser avec les groupe 4, mais leur robustesse à toute épreuve leur permet de viser une place d'honneur. Les Datsun officielles sont équipées de pneus Dunlop.

Toyota Le 'Toyota Team Europe' aligne la même équipe qu'au Portugal, Ove Andersson et Jean-Luc Thérier retrouvant leurs coupés Celica RA40 groupe 2 (1000 kg, moteur quatre cylindres deux litres, 180 chevaux à 7300 tr/min), toujours chaussés de pneus Pirelli.

Opel Le Dealer Team Holland engage deux coupés Kadett GT/E groupe 2 pour le Suédois Anders Kulläng, un des favoris de cette catégorie, et le Néerlandais Man Bergsteyn. Ces voitures, dont le moteur deux litres développe 195 chevaux, sont équipées de pneus Michelin.

Renault thumb|upright=0.9|right|alt=Renault 5 Alpine|La Renault 5 Alpine groupe 2 de Jean Ragnotti. Jean Ragnotti s'aligne au volant d'une R5 Alpine groupe 2 engagée par Calberson, bénéficiant de l'assistance officielle du constructeur. Cette voiture est dans la même configuration qu'au dernier rallye du Bandama : coque renforcée, 930 kg, moteur quatre cylindres de 1400 cm3, deux carburateurs double corps, 135 chevaux à 7500 tr/min, boîte cinq vitesses, pont long. L'importateur 'Leonidas', égalé assisté par l'usine, a engagé un modèle similaire.

Audi Les deux 80 GLE à carrosserie deux portes engagées par Audi Motorsport sont identiques à celles ayant disputé le rallye du Portugal, mais sont désormais homologuées en groupe 2. Ces voitures de 900 kg sont mues par un moteur quatre cylindres de 1600 cm3 avec injection mécanique Bosch développant 160 chevaux à 7600 tr/min. Équipées de pneus Pirelli, elles sont aux mains d'Harald Demuth et Freddy Kottulinsky.

Porsche Parmi les trois Porsche privées au départ, on retient surtout la présence d'Achim Warmbold aux commandes de sa Carrera 3.0 groupe 4 personnelle.

FSO Le constructeur polonais a engagé trois berlines Polonez 2000, homologuées en groupe 4. Elles sont aux mains de Maciej Stawowiak, Andrzej Jaroszewicz et Tomasz Ciecierzyński.

Lada Trois Lada 1600R groupe 2 officielles ont été engagées pour les pilotes soviétiques Stasys Brundza, Nikolaj Elizarov et Sergej Vukovich.

Škoda La marque tchèque a préparé deux coupés 130 RS groupe 2 (800 kg, moteur arrière, 1300 cm3, 120 chevaux à 7800 tr/min), confiés à Václav Blahna et Svatopluk Kvaizar.

Déroulement de la course Première étape Athènes - Kalambaka Sur 176 équipages inscrits, seuls 153 sont présents à Athènes, le lundi matin, au pied de l'Acropole. Les tronçons chronométrés en direction de Kalambaka empruntent des pistes empierrées où les risques de crevaison sont multiples. Hannu Mikkola (Ford Escort) et Bernard Darniche (Lancia Stratos) en sont les premières victimes, perdant d'emblée plus de quatre minutes aussitôt le départ. Évitant les embûches, Björn Waldegård se montre de loin le plus rapide au volant de son Escort, prenant immédiatement plus d'une minute d'avance sur ses principaux adversaires, emmenés par son coéquipier 'Iaveris'. Les secteurs suivants sont également marqués par de nombreuses crevaisons au sein des favoris ; si Darniche préfère lever le pied afin de préserver ses pneus et ménager sa monture sur cette partie de parcours, les autres concurrents continuent d'attaquer et derrière Waldegård qui s'est construit une belle avance le classement évolue sans cesse au gré des aléas de la piste. Au prix d'une belle attaque, Mikkola parvient à remonter à la seconde place mais casse son moteur dans le secteur de Makrirahi. Dominateur du groupe 2 au volant de sa Toyota, Ove Andersson accède à la seconde place, alors que son coéquipier Jean-Luc Thérier vient d'abandonner, différentiel cassé. Waldegård rallie Kalambaka avec plus de trois minutes et demie d'avance sur Andersson. Premier pilote local, 'Siroco' (Lancia Stratos) est troisième, alors que 'Iaveris', retardé par de nombreuses crevaisons, a chuté à la huitième place, devant Darniche, très prudent sur cette première section, qui accuse plus de dix minutes de retard sur l'Escort de tête. Dix-septième au classement général, Alain Coppier (Datsun) est largement en tête du groupe 1. Sur 153 équipages au départ, on dénombre déjà 86 abandons.

thumb|alt=Kalambaka|Moins de la moitié des équipages a pu rejoindre Kalambaka, terme de la première section. + classement à la fin de la première sectionRevue Auto Hebdo , 7 juin 1979. Pilote Copilote Voiture Groupe Temps Écart 1 Björn Waldegård Hans Thorszelius Ford Escort RS1800 4 3 h 02 min 03 s 2 Ove Andersson Henry Liddon Toyota Celica 2000 GT 2 3 h 05 min 40 s + 3 min 37 s 3 'Siroco' Kóstas Fertakis Lancia Stratos HF 4 3 h 07 min 41 s + 5 min 38 s 4 Roger Clark Jim Porter Ford Escort RS1800 4 3 h 07 min 42 s + 5 min 39 s 5 Jean Ragnotti Jean-Marc Andrié Renault 5 Alpine 2 3 h 09 min 12 s + 7 min 09 s 6 Anders Kulläng Bob de Jong Opel Kadett GT/E 2 3 h 09 min 45 s + 7 min 42 s 7 Timo Salonen Seppo Harjanne Datsun 160J PA10 2 3 h 10 min 26 s + 8 min 23 s 8 'Iaveris' Kóstas Stefanis Ford Escort RS1800 4 3 h 10 min 41 s + 8 min 38 s 9 Bernard Darniche Alain Mahé Lancia Stratos HF 4 3 h 12 min 33 s + 10 min 30 s 10 Harry Källström Claes Billstam Datsun 160J PA10 2 3 h 13 min 04 s + 11 min 01 s 11 Evangelos Gallo Dimítris Petrópoulos Datsun 160J PA10 2 3 h 19 min 32 s + 17 min 29 s 12 Iórgis Moschous 'Simetra' Datsun 160J PA10 2 3 h 23 min 33 s + 21 min 30 s

Kalambaka - Kalambaka