vignette|280x280px|La gare de Lissewege, restaurée et utilisée comme galerie d'art Les gares de plan type 1895 sont un type de bâtiment des recettes construites dans les stations de faible ou moyenne importance par les Chemins de fer de l'État belge entre 1895 et 1914 à la suite des gares de plan type 1881. L’objectif de ce plan rationnel était de disposer, à moindre frais, de bâtiments de gares d’aspect et de disposition homogènes, simples à construire et adaptables aux besoins de la localité qu’ils desservaient. 61 de ces gares ont été construites sur tout le territoire de la Belgique et beaucoup d’entre-elles furent édifiées en remplacement de gares plus anciennes, souvent héritées des compagnies privées reprises par l’État.

Plusieurs variantes existaient. Tout comme les gares de plan type 1881, la seule différence entre ces variantes était la longueur de l'aile basse servant de salle d'attente et, parfois, de magasin pour les colis. Le plan de cette aile et du corps de logis est le même que sur le type 1881 mais, contrairement à ces dernières qui étaient toutes construites en brique rouge avec des décorations pratiquement identiques, une plus grande variété d'ornements ou de couleurs de briques sera mise en place sur les gares type 1895.

En dehors de ces bâtiments standardisés, la construction de bâtiments uniques au style différent n’a pas pour autant cessé durant cette période, y compris pour des gares de petite taille, que ce soit pour des raisons d’esthétique ou en raison d’une configuration particulière.

Genèse du projet Dans les années 1880, l’administration des chemins de fer de l'État belge, était propriétaire d’un grand nombre de gares à l’aspect disparate et un certain nombre de bâtiments, construits à une époque où les besoins étaient moins importants, nécessitaient d’être remplacés. À d’autres endroits, ce qui n’était qu’une simple halte sans bâtiment pouvait désormais prétendre au statut de gare et il y avait dans le pays plusieurs gares constituées d’un bâtiment provisoire qui n’était pas prévu pour durer. En outre, il restait quelques lignes à construire et des localités réclamant leur gare.

Les premières gares standard

Depuis ses débuts et tout comme les différentes compagnies privées, les chemins de fer de l’État Belge ont favorisé la construction de plusieurs bâtiments de gare aux caractéristiques semblables mais, à part pour les nombreuses gares à pignons à redents, construites entre 1862 et 1878, ces plans standards ne concernaient à chaque fois qu’un faible nombre de gares et elles étaient le plus souvent construites dans la même région.

Les gares à pignons à redents alt=|gauche|vignette|195x195px|La gare de Zaventem, à sept travées, en état proche de l'origine. Entre 1862 et 1878, les chemins de fer de l'État belge mirent au point les gares à pignons à redents : un bâtiment symétrique et rectangulaire comportant entre quatre et sept travées, sans ailes, dont les pignons sont munis de redents. De telles gares seront érigées à de nombreux endroits sur le réseau de l’État belge et sur quelques lignes concédées au privé mais exploitées par l’État. Une deuxième variante, plus tardive, ajoute des ailes basses symétriques de chaque côté du corps principal, en outre certaines de ces gares, construites tardivement seront construites avec des pignons sans redents.

Les premières gares néoclassiques ainsi que les gares à pignons à redents étaient des gares symétriques séparant moins efficacement logement et voyageurs. Il était difficile de les agrandir sans dénaturer l’aspect du bâtiment, or la plupart de ces gares étaient désormais trop petites, il fallait donc les agrandir et dénaturer leur aspect initial et leur symétrie.

Le plan type 1873 alt=|vignette|220x220px|Gedinne, une gare de Type 1873 Un plan rationnel fut adopté en 1873 pour la construction des gares sur les nouvelles lignes construites par des compagnies privées. Le plan type 1873. Le plan de ces gares standards comprenait un corps central à étage de trois travées sous bâtière et une aile sans étage comportant entre trois et sept travées sous bâtière. Bien que n’étant pas prévue sur le plan standard, une annexe basse à toit plat de dimensions variables destinée au chef de gare et à sa famille sera généralement construite plus tardivement.

En tout, 117 gares de cette famille seront construites dans tout le pays entre 1873 et 1890, presque uniquement sur les lignes construites par des compagnies privées pour l’État belgeAvec comme exceptions Orroir, sur une ligne déjà rachetée par l’État, Forrières et Haversin (construites sur la ligne du Luxembourg avec des détails différents)..

Les directives de 1880 alt=|vignette|180x180px|Sint-Martens-Bodegem, du groupe de Bruxelles-Nord alt=|vignette|180x180px|la gare de Schoonaarde alt=|vignette|180x180px|la gare de Remicourt alt=|vignette|180x180px|Eghezée, groupe de Namur En 1880, pour la construction des gares sur son réseau déjà existant, au lieu de reprendre le plan type 1873 qui avait parfois quelques lacunes, on donna des directives communes pour les gares de faible importance que les différents groupes allaient appliquer pour la construction de leurs gares. En revanche, chaque groupe choisissait librement les matériaux de construction, le style architectural, et certains détails variaient d’une gare à l'autre.

Les directives communes, qui sont déjà celles du type 1895, sont les suivantes la construction principale (corps central) est à étage l’étage est réservé au logement du chef de gare le rez-de-chaussée du corps central comporte un guichet, des bureaux et une partie du logement du chef de gare une aile basse, normalement à toit plat, contient la partie restante du logement de fonction et une petite cour une autre aile, sous bâtière, dont la longueur varie, sert de salle d’attente et contient parfois un magasin pour les colis

Le résultat donne une gare asymétrique en trois parties avec une séparation marquée entre les fonctions de service et l’accueil des voyageurs. Certaines gares importantes disposaient d’une salle d'attente séparée réservée aux voyageurs de première ou seconde classe. L’avantage de ces directives est qu’elle permet une multiplicité de styles architecturaux qui peuvent tenir compte de l’architecture locale.

Chaque groupe construira plusieurs gares avant l'avènement des gares standard plan type 1881.

le groupe d’Arlon construira cinq gares identiquesRespectivement Leignon, Hatrival (démolie en 2012), Lavaux, Fouches (démolie) et Autelbas (démolie). sur la partie sud de la ligne 162 en remplacement de gares de la Grande compagnie du Luxembourg.. le groupe de Bruxelles-Nord dota neuf de ses arrêts de gares en brique sur plusieurs de ses lignes. Elles étaient identiques, sauf celle de Berchem-Sainte-Agathe. La disposition de l'aile de service (une courte aile sous bâtière avec une grande baie au pignon et des annexes à toit plat) préfigure celle adoptée sur le plan type 1895. les groupes de Gand et de Tournai construiront un modèle de gare inspiré du type 1873. Le groupe de Tournai en construisit deux sur la ligne 86À Frasnes-lez-Anvaing et à Leupegem. et celui de Gand créera une nouvelle gare à Schoonaarde. le groupe de Liège construisit deux gares, inspirées du type 1873, sur la ligne 36 à Bierset-Awans et Rémicourt. le groupe de Namur poursuivra la construction de ses propres types de gares et de haltes jusqu’en 1899 et construisit sur plusieurs lignes une quinzaine de gares et de haltes d'aspect variable aux caractéristiques proches. Six autres gares hors de cette zone reproduiront des modèles du groupe de NamurRespectivement

dans le Brabant Wallon : Bierghes sur la ligne 94 (démolie)

dans le Hainaut : Maubray et Harchies sur la ligne 78 (démolies)

en Flandre-Occidentale : Schendlebeke sur la ligne 89 et Wondelgem sur la ligne 58

en Flandre-Orientale : Waregem sur la ligne 75 (détruite en 1918).

Le groupe de Bruxelles-Midi édifiera quatre gares à Familleureux, Godarville, Marchienne-Est et Seneffe tandis que le groupe de Binche reprit ces plans pour la gare de La Croyère. Ces gares seront rapidement adoptées comme modèle standard et sont les premières du plan type 1881.

Le plan type 1881

alt=|gauche|vignette|200x200px|Handzame, gare de type 1881. Aile de service à toit plat. Pour rationaliser davantage le plan des gares et donner un aspect uniforme au réseau, les Chemins de fer de l’État Belge choisirent comme modèle standard les gares du groupe de Bruxelles-Midi pour la possibilité d’agrandir la gare selon les besoins en élargissant uniquement l’aile basse sous bâtière.

Les gares de Familleureux, Godarville, Marchienne-Est, Seneffe et La Croyère furent les premières de ce plan à être construites (celle de La Croyère fut par la suite retransformée en gare de plan type 1895 et existe toujours). Seule différence : les gares suivantes seront pour la plupart de taille plus réduite avec trois travées dans l’aile sous bâtière.

84 de ces gares seront édifiées dans toute la Belgique entre 1881 et 1899.

Le plan type 1895 alt=|vignette|La gare de Sleidinge. Au premier plan l'aile de service Par rapport au plan type 1881, le plan type 1895 apporte peu de différences : le corps central et la disposition de l'aile servant de salle d'attente sont identiques, tout comme le sont la forme des travées, des arcs, des pignons et même la frise en briques.

La seule différence est la forme et l'aménagement de l'aile basse. Au lieu d'une longue aile d'un étage à toit plat avec une cour intérieure et les toilettes de la gare, les gares type 1895 ont une aile sous bâtière, de la même hauteur que l'autre aile mais comportant une seule travée et une fenêtre au pignon éclairant un deuxième niveau servant de mezzanine. Une remise en appentis prolonge cette aile et elle est généralement prolongée par un mur qui délimite une cour qui remplace la cour intérieure des gares type 1881.

Par rapport aux gares type 1881, réalisées en briques d'une seule couleur (rouges ou brunes), davantage de coloris seront appliqués aux gares type 1895, variant selon les régions avec certaines gares très sophistiquées (Weerde, Huy-St-Hilaire, Heverlee, Lichtervelde, Oostakker...) et une gare à la façade entièrement en pierre (Cour-sur-Heure).

Caractéristiques de la façade alt=|vignette|220x220px|La gare de Hérinnes, a conservé le bâtiment des toilettes et sa marquise d'origine. Côté voies alt=|vignette|220x220px|La gare d'Anzegem, côté rue Comme les gares type 1881, le bâtiment est intégralement construit en briques et comporte trois parties

un corps central à trois travées de deux niveaux sous bâtière une aile d'un niveau sous bâtière une aile basse (décrite ci-dessus)

Les façades des deux parties sous bâtière sont pourvues de lésènes qui rejoignent au sommet une frise à denticules en brique et sont agrémentés d’ancres à chaque étage. Un bandeau de pierre, interrompu par les lésènes, souligne la séparation des étages tandis que la pierre est également employée pour souligner la naissance des arcs qui surplombent les ouvertures du rez-de-chaussée.

Les arcs du rez-de-chaussée des parties sous bâtière sont en plein cintre tandis que ceux du premier étage et de l'aile à toit plat sont des arcs bombés. Certaines gares avaient leur nom dans un cadre côté voies à la hauteur des allèges des fenêtres de l’étage. Il est courant que les arcs soient réalisés dans un autre matériau (en briques jaunes ou en alternant des briques rouges, jaunes, voire des briques recouvertes de céramique de couleur).

Le pignon du corps central est marqué de ressauts de brique et est percé en son sommet par un oculus à clé en pierre. Cet oculus surplombe le nom de la gare placé dans un cadre de brique. Le mur du pignon de l’aile sous bâtière est percé d'un oculus mais est parfois aveugle. Le pignon de l'aile de service possède une grande fenêtre à arc en plein cintre.