Vittorio Giardino est un dessinateur, scénariste et coloriste italien de bande dessinée, né le à Bologne.

Biographie

Passionné depuis toujours par le dessin, Vittorio Giardino est d'abord ingénieur en électronique de 1969 à 1978, métier qu'il abandonne ensuite pour se consacrer exclusivement à la bande dessinée, estimant qu'il lui est impossible de mener les deux métiers de frontVittorio Giardino interviewé par Jean-Michel Boxus et Marc Carlot, revue Auracan, n°18, août-septembre 1997..

En 1979, il crée sa première série avec le détective Sam Pezzo pour le mensuel Il Mago. En 1982, c'est dans les pages d’Orient Express que commencent les aventures de Max Fridman, un espion juif français, dans les années qui précédent la Seconde Guerre mondiale et qui se poursuivent jusqu'à la Guerre d'Espagne.

En 1983 paraissent les premières planches de Little Ego, un pastiche érotique du Little Nemo de Winsor McCay.

Vittorio Giardino entame une nouvelle série en 1993, Jonas Fink, l’histoire d’un jeune garçon dans la Tchécoslovaquie des années 1950, sous le régime communiste. En 2013, il annonce qu'il est en cours d'écriture du troisième tome de cette série, qui sort en 2018 (pour la version française), à la suite de quoi, il prépare un nouveau tome de Max Fridman« Interview : Vittorio Giardino après avoir bouclé Jonas Fink prépare un Max Fridman », interview fait à Angoulème par Jean-Laurent Truc, site La ligne claire, 14 février 2018.. Album qui sort en Site de Betheque.

Style

Se situant dans le courant néoclassique porté par la revue italienne Orient Express« Giardino à l'anglaise : L'Enfance », article de François Rivière, 26 janvier 1995, site de Libération. dans laquelle il publie le premier tome des aventures de Max Fridman, Vittorio Giardino est un adepte de la ligne claireVittorio Giardino Gilles Ratier, sur le site BDZoom, 19 juillet 2011.. Son dessin est réaliste. Quand il travaille la couleur, il utilise plutôt l'aplat. Pour le noir et blanc, par exemple dans la série Sam Pezzo, il a tendance à les opposer plutôt que de les dégrader en nuance de gris.

Ses récits sont habilement construits autour de scénarios complexes, des ressorts psychologiques des personnages, de héros normaux, parfois impressionnables ou timorés, éloignés des stéréotypes virils et fanfarons de la bande dessinée destinée à la jeunesse. Il s'adresse davantage à un public d'adultes.

Malgré le caractère dramatique ou tragique de certaines situations qui mettent en scène des héros dont les valeurs et les désirs sont contrariés par le cours de l'histoire ou des forces qui les dépassent, Vittorio Giardino évite le sentimentalisme.

Thèmes

Le récit policier Son premier travail d'importance, autour du personnage de Sam Pezzo, rend hommage au roman et au film noir américain dans la lignée de la série Alack Sinner de Carlos Sampayo et José Muñoz. Il reprend la veine policière en 1991 avec Vacances fatales publié chez Casterman. Il annonce par ailleurs en 2002 vouloir reprendre son personnage de Sam PezzoVittorio Giardino, interviewé par Fabien Tillon : , revue Bo Doï, n°56, octobre 2002..

L'histoire contemporaine Vittorio Giardino est un passionné d'histoire contemporaine qui se documente beaucoup pour ses œuvresLe temps consacré par Giardino à la documentation explique en partie le temps écoulé entre le début et la fin de ses principales séries : voir à ce sujet l'article « Vittorio Giardino, l'homme tranquille » sur le site Actua BD. et cet aspect de son travail a été particulièrement récompensé en Italie comme à l'international. Les années qui précèdent la Seconde Guerre mondiale et la Tchécoslovaquie forment respectivement le fond historique des séries Max Fridman et Jonas Fink, au détriment de sa propre histoire nationale, suffisamment documentée, assure-t-il, ou alors encore trop récente pour être exposée sans risque :

L'engagement

Il considère que son œuvre est politiquement engagée et rappelle que certaines de ses bandes dessinées ont été interdites de publication par exemple sous la dictature en Argentine. Dans la série Max Fridman, son engagement ne se limite pas à dénoncer la montée des fascismes européens. Il y aborde également les excès de la politique stalinienne à l'égard des combattants républicains espagnols ou internationaux.

L'autobiographie Son travail, qui s'appuie sur ses voyages, ses centres d'intérêt ou encore l'histoire de sa familleA propos de la série Jonas Fink, Vittorio Giardino a plusieurs fois mentionné ses voyages ou l'existence de parents éloignés vivant sous le régime communiste avec lesquels il était en contact, par exemple dans la préface au tome 1 de la série, L'Enfance., a une dimension autobiographique et certains de ses personnages lui ressemblent, ne serait-ce que physiquement, notamment Max Fridman :

Le judaïsme Au cœur de son identité figure la question du judaïsme qui est la religion de deux de ses personnages principaux, Max Fridman et Jonas Fink, même s'ils la pratiquent peu, voire pas du toutTatjana à Jonas : , Le Libraire de Prague, p. 92. : .

La culture Il parsème son œuvre de références classiques, artistiques et littéraires, que ses personnages citent souvent. Un de ses défis, . Avec Jonas Fink, il rend hommage au rôle de la littérature dans la résistance à la dictature : . Ailleurs, c'est le personnage homérique de Circé qui apparaît, dans l’Île du mythe, publiée dans l'album Voyages de rêves. Dans Max Fridman, dans la trilogie espagnole, outre les mentions par exemple de Joseph Conrad, André Malraux, Arthur Koestler ou Robert Capa, c'est le travail architectural d'Antoni Gaudí qui sert d'arrière-plan pour une partie de l'action située à Barcelone.

L'érotisme S'il consacre une partie de son œuvre à son « amour des femmes »« Archives : Quand Giardino annonçait la suite de Jonas Fink… à la sortie d’un Max Fridman », compilation d'interviews de 2008 et 2010, propos recueillis par Jean-Laurent Truc, sur le site Ligne Claire., et au plaisir de les dessiner, comme dans Little Ego en 1983, c'est dans toute son œuvre qu'on rencontre des personnages féminins à la fois forts et très érotisés, qui jouent une place prépondérante dans l'intrigue.

Regard critique

Le journaliste François Rivière commenta en ces termes la parution du tome 1 de la série Jonas Fink : .

À l'occasion de la parution de , le tome 5 des aventures de Max Fridman, le journal Le Monde écrit :

Selon le journaliste Gilles Heuré, Jonas Fink permet d'entrer dans la compréhension de l'histoire contemporaine :

Albums

Les Enquêtes de Sam Pezzo (Glénat) Les Enquêtes de Sam Pezzo T.1 (1981) Les Enquêtes de Sam Pezzo T.2 (1981) Les Enquêtes de Sam Pezzo T.3 (1982) Les Enquêtes de Sam Pezzo T.4 (1983) Les Enquêtes de Sam Pezzo intégrale (1999) Les Aventures de Max Fridman (Glénat) Rhapsodie hongroise (1982) La Porte d'orient (1986) No pasaràn (1999) Rio de sangre (2002) Sin ilusión (2008) - (Sélection officielle du Festival d'Angoulême 2009) Hiver 1938, les cousins Meyer (2026) Little Ego (Glénat, 1989) Vacances fatales (Casterman, 1991) Jonas Fink (Casterman) L'Enfance (1994) L'apprentissage (1997) Le libraire de Prague (2018) Luxe, calme et volupté (recueil d'illustrations, éd. Mosquito, 2001). Voyages de rêves (Casterman, 2003) Eva Miranda (Casterman, 2005) (2007) (2009)

Prix et récompenses

1982 : Prix Yellow-Kid de l'auteur italien, pour l'ensemble de son œuvre 1982 : Prix Saint-Michel du meilleur dessinateur étranger pour Rhapsodie hongroise (Max Fridman, t. 1) 1986 : Trophée 813 de la meilleure bande dessinée, décerné à Reims pour Max Fridman t. 2 : La Porte d'Orient« Trophée de la meilleure bande dessinée (1981-2000) ». 1987 : Prix Urhunden du meilleur album étranger pour Max Fridman t. 2 : La Porte d'Orient 1991 : Grand prix du festival de bandes dessinées de Sollies-Ville 1995 : Prix du meilleur album étranger au Festival international de la bande dessinée d'Angoulême pour le t. 1 de la série Jonas Fink, L'Enfance 1998 : Prix Micheluzzi du meilleur auteur complet italien 1999 : Prix Harvey de la meilleure édition américaine d'une œuvre étrangère pour Jonas Fink, t. 3 : Rébellion 2008 : Prix Diagonale du meilleur album étranger pour Max Fridman t. 3 : ¡ No pasarán !.. 2008 : Prix , Lucca Comics and Games, 2008

Notes et références

Annexes Bibliographie . . .

Liens externes

Le site de l'auteur

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