Une apparition mariale, appelée aussi mariophanie, est un phénomène surnaturel supposé se rapportant spécifiquement à une vision de la Vierge Marie, mère de Jésus. La tradition populaire rapporte de nombreuses apparitions mariales, mais l'Église catholique n'en a reconnu qu'une vingtaine. L'Église copte orthodoxe et la Communion anglicane ont également reconnu quelques apparitions au cours du . L'événement prend généralement le nom du lieu où il se produit.
Il est parfois rapporté que les apparitions mariales se reproduisent sur le même site sur une longue période. Dans la majorité des cas, une seule personne ou quelques personnes ont déclaré avoir été témoins de l'apparition. Il y a des exceptions comme à Zeitoun et Assiout où des milliers de personnes ont affirmé avoir vu, au cours d'une période donnée, l'apparition.
Quelques statues de la Vierge attachées à des apparitions ont reçu un couronnement canonique du pape, notamment Notre-Dame de Lourdes, Notre-Dame de Fátima, Notre-Dame de Guadalupe, Notre-Dame du Perpétuel Secours, , Notre-Dame du Pilier, Notre-Dame de Walsingham, et Notre-Dame de La Salette.
Un certain nombre d'apparitions, avant même leur reconnaissance officielle, ont suscité la création de pèlerinages, d'associations de fidèles, voire de communautés religieuses. Certaines apparitions affectent l'économie de la ville ou de la région, par la construction de lieux de cultes ou des infrastructures nécessaires à l'accueil des pèlerins.
Définition Les apparitions mariales incluent généralement une vision de la Vierge accompagnée de messages. Les exemples les plus connus sont Notre-Dame de Guadalupe, Notre-Dame de Lourdes ou Notre-Dame de Fátima. Ces apparitions sont considérées comme des révélations privées... (lire en ligne)..
Selon le père Salvatore M. Perrella de l'Institut pontifical Marianum à Rome, sur les 295 apparitions rapportées étudiées par le Saint-Siège à travers les siècles, 12 seulement ont été approuvées en — la dernière en date étant l'approbation, en , des apparitions de Notre-Dame du Laus aux s...
Le Saint-Siège a également officiellement confirmé les apparitions de La Salette, Pontmain, Beauraing et Banneux...
D'autres apparitions continuent d'être approuvées au niveau local, par exemple l'approbation des apparitions de Notre-Dame-de-Bon-Secours du par l'évêque en . C'est la première apparition reconnue aux États-Unis..
Les visions mariales ne signifient pas que Marie apparaît , puisqu'elle a été élevée dans le cielMunificentissimus Deus (lire en ligne).. Cependant, certains estiment que Marie pourrait apparaître .. Certains théologiens, comme le père Erlenbush, croient que, ..
Selon l'Église catholique vignette|Statue de Notre-Dame de La Salette avec ses voyants. Les révélations privées Selon la doctrine de l'Église catholique, l'ère de la révélation publique s'est terminée par la mort du dernier apôtre vivant. Une apparition mariale, si elle est considérée comme authentique par l'autorité de l'Église, est traitée comme une révélation privée qui peut mettre en valeur une facette de la révélation publique dans un but spécifique, mais elle ne peut jamais rien ajouter de nouveau au dépôt de la foi. L’Église peut déclarer une apparition digne de foi, mais cette conviction n’est jamais requise par la Foi chrétienne.. En effet, l’Église indique que (donc une ), car ce n'est pas une révélation publiqueExhortation Apostolique Verbum Domini, Benoit XVI, 2010, .., de même que personne n'est obligé de pratiquer la piété populaire. Elle indique que (lire en ligne). (lire en ligne)..
L’Église déclare que les guérisons et autres événements miraculeux ne sont pas le but des , mais qu'ils sont présents principalement pour valider et attirer l'attention sur le message donné lors de l'apparition.. Les apparitions de Marie sont considérées comme une preuve de la présence active et continue de la Vierge dans la vie de l'Église, par laquelle elle ..
Depuis 1862, plus de soixante guérisons médicales liées à Lourdes ont été qualifiées de par l’Église catholique, qui a créé son propre bureau médical en 1883 pour examiner et évaluer les déclarations de guérisons. Bien qu'une étude indépendante sur les guérisons rapportée au ait révélé que leur nombre a diminué au fil des ans, probablement en raison des progrès de la science médicale, les résultats de l'étude publiée en 2012 ont conclu que certaines des guérisons étaient ..
Processus de reconnaissance Historique des procédures L’Église catholique a mis progressivement en place des processus d’enquête formelle et de reconnaissance des apparitions.
Au cours de la vie des apôtres, il y a eu plusieurs apparitions d'anges et de prophètes qui ont été rapportées dans les textes bibliques sans que cela Nous pouvons citer l'épisode de la Transfiguration ou ceux de la Résurrection du Christ du Christ pour les plus connus... Mais après la mort du dernier apôtre, saint Jean, des écrits mettent en garde contre les (comme écrit dans la Didachè par exemple) : . Les textes du Pasteur d'Hermas, datées du et qui contiennent plusieurs prophéties sont progressivement rejetés des textes reconnus comme par l’Église. Mais c'est l'arrivée du montanisme au qui va amener les responsables de l’Église à définir les premières de discernement des (à l'époque on ne distingue pas encore clairement les des et ). Le discernement s'opère . Le montanisme est condamné par des synodes régionaux. Les pères de l'Église ne rejettent pas les révélations privées mais pour eux, la . Augustin d'Hippone indique dans ses écrits , mais dont le discernement est particulièrement délicat.
Jusqu'à la fin du Moyen Âge, il n'y a que peu de distinctions entre qui ne va concerner et , qui est . Dans tous les cas, l’Église soumet l'enquête de validation à des théologiens. En 1401, Jean de Gerson rédige un ouvrage traitant De la distinction des vraies et des fausses visions. Puis en 1415 débutent les premières enquêtes concernant Brigitte de Suède. Les sont examinées au concile de Bâle et entraînent la rédaction d'ouvrages sur Nous pouvons citer De probatione spiritum de Gerson ou le Defensorium du cardinal Torquemada.... Le décret du de Latran V réserve la reconnaissance des apparitions et l'approbation de leur diffusion au Saint-Siège. Plus tard, lors du concile de Trente, le , les membres du concile décident que tout (pris au sens large et donc incluant, les ) ne saurait être admis sans l'accord de l'évêque du lieu auquel il revient de reconnaître le caractère surnaturel et d'en autoriser la diffusion. Les membres du concile cherchent donc, écrivent Joachim Bouflet et Philippe Boutry, dénoncés depuis le début du christianisme. L'examen des est donc placé sous le double contrôle de l'évêque et du pape.
La fin du Moyen Âge et les guerres de Religion amènent une , et les fidèles n'hésitent plus à se , si celle-ci refuse de reconnaître une apparition à laquelle ils apportent leur crédit. Inversement, l’Église se méfie de tout risque de et tente de maintenir son contrôle sur toute nouvelle . Il existe plusieurs cas où a amené l’Église à autoriser le culte d'une apparition qu'elle avait dans un premier temps rejetéePar exemple à Savone en 1536 ou Kehrsiten (Suisse) en 1612, la population obtient des autorités religieuses et civiles l'autorisation de construire un lieu de culte et d'autoriser la dévotion, après des années de ... Mais la Réforme protestante marque vis-à-vis des et du culte de la Vierge et des saints. Là où s'impose la Réforme, les sanctuaires sont brûlés et détruits, les statues et les tableaux livrés aux flammes. La croyance dans les apparitions mariales devient Des sanctuaires ou églises détruites par des troupes protestantes (voire musulmanes) sont reconstruits après que des habitants aient déclaré y . Ces lieux de culte deviennent des lieux de pèlerinage. Voir .. Le concile de Trente, en réaction, récuse l'accusation d’idolâtrie et réaffirme le dogme de la communion des saints, avec le rôle central de l'intercession mariale..
Au , le développement du rationalisme pousse l’Église à faire évoluer ses critères de jugement des , intégrant une approche rationnelle et apologétique de ses clés de discernement. C'est alors que le devient un élément nécessaire de la reconnaissance de l'apparition qui atteste de son authenticitéLes étaient parfois présent dans les , mais ils étaient considérés comme des signes . Ici, ils deviennent un élément de .. Le . Les théologiens redéfinissent donc la et plusieurs ouvrages sont éditésNous pouvons citer le Cardinal Bona ou le théologien Eusèbe Amort (1692-1775) avec De revelationibus, visionibus et apparitionibus regulae tutae ex Scriptura, Conciliis, SS Patribus explicatae., comme De la béatification et de la canonisation des serviteurs de Dieu du cardinal Prospero Lambertini, futur pape Benoît XIV. Son ouvrage fait encore référence..En résumé : les et les (à l'occasion de visions) , qu'elle ne doivent être en rien contraire à la foi et aux bonnes mœurs, et ne contenir aucune doctrine nouvelle. Que le voyant doit avoir . Les visions et apparitions ne sont pas reçues (ou reconnues) avec la certitude de la foi, mais seulement admises comme probables. Voir .. Les auteurs résument la situation en disant que , l'apparition ..
Avec le , le positivisme scientifique et la médecine s'intéressent aux apparitions et aux voyants, estimant sur ces phénomènes. De plus, l'importance de la presse et les facilités des moyens de communications font des apparitions un élément social encore plus large et collectif. Depuis le milieu du , l’Église .. Le évolue lui aussi pour devenir . Ainsi, à partir du , les évêques de La Salette, Lourdes, et Pontmain utilisent lors de leur déclaration de reconnaissance des formules telles que : , ou encore . L'apparition mariale devient désormais où ..
La procédure de reconnaissance vignette|Vitrail représentant Notre-Dame de Pontmain, France.
En 1978, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi publie les , contenant les dispositions suivantes. : L'évêque diocésain peut engager une procédure de sa propre initiative ou à la demande des fidèles pour enquêter sur les faits. L'évêque peut cependant s'abstenir de l'examiner s'il le souhaite. La conférence nationale des évêques peut intervenir si l’évêque diocésain lui transmet la procédure ou si l’événement devient important au niveau national ou au moins dans plusieurs diocèses. Le Siège apostolique (Vatican) peut également intervenir à la demande de l'évêque du lieu lui-même, à la demande d'un groupe de fidèles ou de sa propre initiative.
Selon le père Perrella, l'évêque local gère généralement le processus d'enquête en travaillant avec l'aide d'une commission d'experts tels que des théologiens et des médecins. L'enquête comprend l'interrogatoire des visionnaires présumés et des témoins ; l'examen des comme les conversions, les miracles et les guérisons ; l'évaluation de la , de la du (ou des) visionnaire(s). À la fin de l'enquête, l'évêque peut ou non déclarer que l'apparition est , ou solliciter l'aide de la conférence des évêques nationaux. Si la conférence des évêques ne parvient pas à une conclusion, l'affaire est renvoyée au pape, qui demande ensuite à la Congrégation pour la doctrine de la foi de mener sa propre enquête.. Ainsi les apparitions de Lourdes n'ont été reconnues , ni le Saint-Siège ni la Congrégation pour la doctrine de la foi ne s'étant jamais prononcés sur la véracité des apparitions, laissant ce soin à l'évêque.
Quelques chiffres