vignette|La Pagode au Pilier unique est un temple historique Mahayana bouddhiste à Hanoi, capitale du Viêt Nam. vignette|222x222px|La Pagode Bái Đính est un complexe de temples bouddhistes Mahayana sur la montagne Bai Dinh.

Le bouddhisme au Vietnam est principalement de la tradition du Mahayana (tăng hùng Phật ou Phật Giáo en Vietnamien). Il s'est installé au Viêt Nam dès le avant notre ère, provenant de l'Asie du Sud ou de la Chine dans le de notre ère. Le bouddhisme vietnamien a eu une relation syncrétique avec certains éléments du Taoïsme, de la religion traditionnelle chinoise et de la religion populaire vietnamienne (animiste). En 2014, il concernait 12,2 %. de la population dans l'ensemble de ses obédiences ou 13,6 % si l'on y intègre Hòa Hảo. vignette|Feuilles de Bodhi en terre cuite avec motif de dragon (dynasties Ly-Trần, - ). vignette|Pagode en céramique avec lotus, feuille de bodhi, et danseurs en décoration, Hanoi (dynastie Lý, - ). L'histoire gauche|vignette|Statue d'Avalokiteśvara (Quan Âm en vietnamien), en bois laqué et doré, pagode Bút Tháp, datant de la période de la Dynastie Lê postérieure, portant l'inscription "Automne de l'année Bính Thân" (1656), qui permet une datation précise de la statue. Période dynastique Deux théories concurrentes datent l'arrivée du bouddhisme au Vietnam. L'une au avant notre ère par les délégations d'Inde, l'autre au cours du depuis la Chine. Dans les deux cas, à la fin du de notre ère, le Vietnam devient dans un centre régional majeur du bouddhisme mahāyāna à Luy Lâu (actuelle province de Bắc Ninh, au nord-est de la capitale, Hanoi). Luy Lâu était la capitale de la région du fleuve Han de Jiaozhi et a été un endroit fréquenté par de nombreux moines indiens bouddhistes missionnaires sur la route vers la Chine. Les moines ont suivi les voies de commerce maritime depuis le sous-continent indien, utilisées par les commerçants Indiens. Un certain nombre de soutras du Mahayana et le āgamas ont été traduits en chinois classique, y compris le Sūtra en quarante-deux articles et l'Ānāpānasati.

Jiaozhi a aussi été le berceau du missionnaire bouddhiste Kang Senghui qui était d'origine sogdienne.

Au cours des dix-huit siècles suivants, le Vietnam et la Chine partagèrent de nombreuses traits communs de leur patrimoine culturel, philosophique et religieux. Cela était dû au fait de leur proximité géographique et aux deux annexions par la Chine du Vietnam. Le bouddhisme vietnamien est donc lié au bouddhisme chinois en général, et dans une certaine mesure, reflète la formation du bouddhisme en Chine après la dynastie Song. Le bouddhisme Theravāda, pour sa part, serait apparu dans le sud à la suite de l'annexion des Khmers et de leurs territoires.

Au cours de la dynastie Đinh (968 - 980), le bouddhisme a été reconnu par l'état comme foi officielle (~ 971), estimé par les monarques vietnamiens . Le début de la dynastie Lê (980-1009) lui fit bénéficier de la même reconnaissance. La croissance du bouddhisme au cours de cette période est attribuée au recrutement de moines érudits à la cour, l'État nouvellement indépendant ayant eu besoin d'une base idéologique pour la construction d'un pays. Par la suite, ce rôle a été cédé au confucianisme.

Le bouddhisme vietnamien a atteint son apogée au cours de la dynastie Lý (1009 - 1225) grâce au fondateur, Lý Thái Tổ, qui grandit dans une pagode. Tous les rois au cours de la dynastie des Lý ont professé et officialisé le bouddhisme en tant que religion d'état. Cela perdura avec la dynastie Trần (1225-1400), mais le bouddhisme a eu à partager le terrain avec le confucianisme émergent.

Au , le bouddhisme tombe en disgrâce à la cour de la dernière dynastie Lê, bien que toujours pratiqué dans la population. Des responsables tels que l'ont qualifié d'hérétique et de vain. Il ne regagna les faveurs du pouvoir qu'au sous la dynastie Nguyễn, qui lui accorde le soutien royal.

Un mouvement néo-bouddhiste (Chấn hưng Phot giáo) est apparu dans les années 1920 dans le but de réformer et de renforcer le bouddhisme institutionnel, qui avait perdu tout terrain face à la propagation du christianisme et à la croissance d'autres religions sous le régime français. Le mouvement s'est poursuivi dans les années 1950. vignette|Monument à Thích Quảng Đức, qui s'est immolé, en 1963, en signe de protestation contre les persécutions des Bouddhistes sous l'administration de Ngô Đình Diệm au Vietnam du Sud.

Période républicaine

De 1954 à 1975, le Vietnam a été divisé entre le Nord et le Sud. Dans un pays où les enquêtes sur la pratique religieuse donnaient la majorité bouddhiste d'environ 50 à 70 %., la politique du président Ngô Đình Diệm a engendré des protestations et des allégations de partialité religieuse. En tant que membre de la minorité catholique vietnamienne, il a poursuivi des politiques pro-catholiques qui ont contrarié les bouddhistes.

En mai 1963, dans la ville centrale de Huế, où siégeait l'archevêque, le frère aîné du président, Ngô Đình Thục, il était interdit aux bouddhistes d'arborer des drapeaux bouddhistes lors des célébrations du Vesak. Quelques jours auparavant, des catholiques avaient été autorisés à étrenner des drapeaux religieux lors d'une célébration en l'honneur du nouvel archevêque. Cela a conduit à des rassemblements de masse contre le gouvernement de Diệm, qualifiés de Crise bouddhiste. Les conflits ont culminé avec le suicide par immolation de Thích Quảng Đức. Le frère cadet du président Diệm, Ngô Đình Nhu, s'est déclaré favorable à l'usage de la force et envoya les Forces spéciales de l'armée de la République du Viêt Nam qui lança des raids contre la pagode Xá Lợi, faisant de nombreuses victimes. Découragé par l'outrage public, le gouvernement américain retira son soutien au régime. Le président Diệm fut renversé et tué dans le coup d'État de 1963..

La force politique des bouddhistes s'est accrue dans les années 1960, alors que les différentes écoles et ordres se réunissaient pour former l'Église bouddhiste unifiée du Vietnam (Sangha). Ses dirigeants comme Thích Trí Quang ont eu une influence considérable dans la vie politique nationale, à des moments difficiles pour le gouvernement.

Avec la chute de Saigon en 1975, toute la nation passa sous la domination communiste. De nombreuses pratiques religieuses, y compris le bouddhisme, ont été découragées. Au nord, le gouvernement avait créé la Sangha bouddhiste unifiée du Vietnam, cooptant le clergé pour fonctionner sous les auspices du gouvernement, mais au sud, la sangha bouddhiste unifiée du Vietnam exerçait toujours le pouvoir et défiait le pouvoir communiste. Les dirigeants de la Sangha furent ainsi arrêtés et emprisonnés ; les propriétés de l'institution ont été saisies et elle-même a été déclarée illégale. La Sangha bouddhiste du Vietnam nouvellement créée, conçue comme l'union définitive de toutes les organisations bouddhistes, était désormais sous le contrôle total de l'État.

Depuis le Đổi Mới (1986), de nombreuses réformes ont permis la pratique relativement libre du bouddhisme pour les particuliers. Cependant, aucune sangha organisée n'est autorisée à fonctionner indépendamment de celle de l'État. Ce n'est qu'en 2007 que le bouddhisme de Terre pure, le type de bouddhisme le plus répandu au Vietnam, a été officiellement reconnu comme religion par le gouvernement. Thích Quảng Độ, le patriarche de la Sangha bouddhiste unifiée, après avoir été emprisonné, reste sous surveillance et limité dans ses déplacements.

Aujourd'hui, les bouddhistes se retrouvent partout au Vietnam, du nord au sud. Le bouddhisme est la plus grande religion organisée au Vietnam, avec entre 9 %. de la population s'identifiant comme bouddhiste. gauche|vignette|Monastère bouddhiste de Tam Bao Son, Harrington, Québec, Canada.

À l'étranger Après la chute du Sud et l'instauration du communisme en 1975, à la fin de la Guerre du Viêt Nam, la plus grande communauté bouddhiste est apparue en Amérique du Nord. Depuis lors, la communauté bouddhiste vietnamienne nord-américaine compte aujourd'hui quelque 160 temples et centres. Le prosélytisme n'est pas une priorité.

Le plus célèbre pratiquant de la branche Thiền du bouddhisme vietnamien en Occident est Thích Nhất Hạnh., auteur de dizaines de livres et cofondateur du centre du Dharma du village des Pruniers (Plum village) en France avec la moniale bhikṣuṇī et le Maître Zen Chân Không. Selon Nguyen et Barber, la renommée de Thích Nhất Hạnh dans le monde occidental en tant que défenseur du bouddhisme engagé et d'un nouveau style de Thiền n'a « aucune affinité ni aucune base dans les pratiques traditionnelles bouddhistes vietnamiennes », et selon Alexandre Soucy (2007), son style de bouddhisme zen n'est pas le reflet de l'authentique bouddhisme vietnamien. Thích Nhất Hạnh raconte souvent ses débuts au Vietnam lors de ses entretiens sur le Dharma, affirmant qu'il avait poursuivi et développé cette pratique en Occident, qui avait une saveur distincte du Thiền vietnamien.

Les enseignements bouddhistes de Thích Nhất Hạnh ont commencé à revenir au Vietnam, où le paysage bouddhiste est maintenant façonné par le bouddhisme combiné vietnamien et occidentalisé, davantage axé sur les pratiques méditatives. Pratique Au Vietnam, les adeptes pratiquent des traditions différentes sans aucun problème ni sens de contradiction. Peu de bouddhistes vietnamiens s'identifieraient comme relevant d'un type particulier de bouddhisme, comme un chrétien pourrait s'identifier par une dénomination, par exemple. Bien que le bouddhisme vietnamien n'ait pas de structure centralisée forte, la pratique est similaire dans tout le pays dans presque tous les temples et pagodes.

Gagner du mérite est la pratique la plus courante et la plus essentielle dans le bouddhisme vietnamien, avec la conviction que la libération a lieu avec l'aide de bouddhas et de bodhisattvas. Les moines bouddhistes chantent couramment des sutras, récitent les noms des bouddhas (en particulier Amitābha), se repentent et prient pour la renaissance dans la Terre Pure.

Le Sūtra du Lotus , le Sūtra d'Amitābha et la version courte de la Nilakantha Dharani(en vietnamien: Chú Đại Bi ou Đại Bi Tâm Đà La Ni, à l'intention du boddhisattva féminin Quan Âm, la Guanyin chinoise) sont les plus couramment récités. La plupart des Sutras et des textes, rédigés en chinois classique, sont psalmodiés en prononciation sinoxénique (le "Hán-Việt" en vietnamien) et sont incompréhensibles pour la plupart des pratiquants.

Trois offices sont pratiqués régulièrement à l'aube, à midi et au crépuscule. Ils comprennent la lecture de sutras avec niệm Phật et la récitation de dhāraṇī et kinh hành (la méditation en marchant). Des laïcs se joignent parfois aux services au temple et des fidèles bouddhistes pratiquent les offices chez eux. Des services spéciaux tels que Sam Nguyen/Sam Hoi (confession - repentance) ont lieu lors de la pleine lune et la nouvelle lune de chaque mois. La pratique de Niệm Phật est une façon de se repentir et de purifier le mauvais karma.

Les temples et pagodes bouddhistes jouent aussi un rôle important dans les rituels de mort et les funérailles chez les Vietnamiens d'outre-mer. Galerie Chú Đại Bi Au Viêt Nam, à l'entrée de nombreuses pagodes, notamment dans les lieux touristiques, le Chú Đại Bi (Mantra de la Grande Compassion), est proposé: soit imprimé sur simple feuillet en noir et blanc, soit sous forme de livret en couleur sur papier glacé. Ils sont réalisés à l'initiative de pratiquants bouddhistes qui en font offrande au sangha. vignette|Représentation vietnamienne de Guanyin, désignée par les noms: Quan Âm ou Quán Thế Âm, et aussi Quán Thế Âm Bồ Tát (Bodhisattva Quán Thế Âm). Utilisée comme image votive et protectrice (Auteur anonyme et année de création inconnue). vignette|Bouddha Hải Đức, statue de érigée en 1964 à la Pagode Long Sơn à Nha Trang. droite|vignette|Art vietnamien de la Terre pure de Kṣitigarbha. Pagode et temple