vignette|120px|Insigne de la armée, 1915. La austro-hongroise est une grande unité (armée) de l'armée austro-hongroise pendant la Première Guerre mondiale. Elle fait toute la guerre sur le front de l'Est. Elle est dissoute en .

Historique 1914 vignette|280px|Première phase de la bataille de Lemberg, août 1914 : la armée (Cetrta) est entre la (Prva) et la (Tretja). vignette|Pièce d'artillerie austro-hongroise, 1914-1918. vignette|Cuisine de campagne de la brigade de la Légion polonaise sous commandement austro-hongrois, 1914-1917. vignette|Prisonniers de guerre austro-hongrois en Galicie, The Times history of the war (1914). vignette|Troupes austro-hongroises en Pologne, 1914-1918. Lors de la mobilisation de l'été 1914, la , sous le commandement du General der Infanterie Moritz von Auffenberg, est déployée en Galicie, autour de la grande forteresse de Przemyśl, à la frontière de la Pologne russe. Elle est couverte à l'ouest par la armée (Viktor von Dankl) sur la rivière San, à l'est par la armée autour de Lemberg (Lviv), sur le Sambir. Le plan initial du chef d'état-major général austro-hongrois, Franz Conrad von Hötzendorf, prévoit une avance rapide de ces trois armées vers la Pologne centrale en profitant de la relative lenteur de la mobilisation russe. Ce calcul se base sur une sous-estimation du système ferroviaire russe qui, en 1914, arrivera à acheminer 260 trains par jour vers le front contre 153 pour les Austro-Hongrois. Pour contrer la supériorité numérique russe, Conrad rappelle une partie des forces de la armée, engagée sur le front de Serbie, mais elles arriveront trop tard. La se met en marche le : partant d'une ligne Zamość–Tomaszów, elle doit atteindre Chełm, couper la voie ferrée de Brest-Litovsk et former une tête de pont sur le Boug. Elle comprend alors 138 bataillons et demi d'infanterie, 47 escadrons de cavalerie et 432 pièces d'artillerie et se compose des unités suivantes : () , et d'infanterie (Svetozar Borojević von Bojna) , et d'infanterie (général von Friedel remplacé le par ) et d'infanterie En seconde ligne, trois corps en formation doivent appuyer l'offensive : ( remplacé le par Karl Křitek) puis d'infanterie (archiduc Joseph-Ferdinand de Habsbourg-Toscane) Corps de cavalerie et de cavalerie Le est recruté principalement en Autriche germanophone, le parmi les Allemands de Bohême et Moravie, le en Hongrie.

Cependant, les reconnaissances de cavalerie des et sont interceptées par la cavalerie russe démontée et les deux armées avancent pratiquement à l'aveuglette. Le décryptage du code secret de l'armée russe constitue le seul avantage des Austro-Hongrois, leur permettant de lire les messages radio russes. Lors de la bataille de Komarów ( - ), la repousse la russe, à la grande surprise de Conrad qui, lorsque Guillaume II le fait décorer de la croix de fer, dit ironiquement aux envoyés allemands : .. Cependant, lors de la bataille de Rava-Rouska (6 - ), la se déporte vers l'est pour porter secours à la en difficulté. Les 6 et , les unités austro-hongroises flottent entre des instructions contradictoires : Auffenberg, chef de la , ordonne au corps de l'archiduc Joseph-Ferdinand de couvrir ses arrières menacés par la contre-attaque de la russe tandis que Conrad, passant par-dessus la tête de ses subordonnés, demande à l'archiduc de venir en renfort de la armée, puis de diviser ses forces, envoyant 3 divisions à Dankl et 2 à Auffenberg. Joseph-Ferdinand, en fin de compte, ordonne au corps de revenir en soutien de la mais trop tard pour empêcher le désastre : la russe exploite la brèche, obligeant les forces austro-hongroises à battre en retraite précipitamment. Le , le austro-hongrois est enfoncé par le russe : la doit se retirer en hâte et Conrad donne un ordre de repli général en abandonnant la Galicie orientale. Le , Auffenberg est limogé et remplacé par l'archiduc Joseph-Ferdinand.

La première campagne de Galicie est un désastre pour les Austro-Hongrois qui, en 17 jours, ont perdu , , et 216 pièces d'artillerie..

À la fin de septembre, la parvient à établir un nouveau front entre Radymno et Medyka. Pendant la bataille de la Vistule ( - ), les et conduisent des attaques de diversion sur le San pour soutenir l'offensive de la allemande en Pologne centrale.

Entre le , la russe mène une nouvelle offensive en direction de la ville fortifiée de Cracovie. Le austro-hongrois () parvient à arrêter l'avance russe sur le Dunajec, près de Tarnów. Lors de la (16-), les , et de la doivent se replier vers une ligne Wieliczka - Dobczyce. La Légion polonaise, nouvellement créée au sein des forces austro-hongroises, couvre la retraite de l'armée. La (17-) est le premier engagement important des légionnaires polonais et leur chef, Józef Piłsudski, les appelle .

Lors de la bataille de Limanowa ( - ), l'Armeegruppe du général , avant-garde de la renforcée par la de réserve allemande et la de Schützen (Eduard von KreysaÖsterreichisches Biographisches Lexikon und biographische Dokumentation, "Kreysa, Eduard von (1860-1923), Feldmarschalleutnant" ), mène une contre-offensive avec succès contre la russe.

vignette|280px|Le front de mai à : avance de la armée de Tarnów à Brest-Litovsk.

1915 vignette|Traversée du Wieprz par le régiment d'infanterie de Haute-Autriche, .|gauche vignette|Remise de décorations au régiment d'infanterie de Haute-Autriche, . vignette|La rue de la cathédrale à Loutsk, carte postale en allemand, v. 1915-1916. vignette|Construction d'un pont sur le Styr, près de Loutsk, par l'armée austro-hongroise en 1916.|gauche vignette|Position défensive près du pont du Styr, 1916. vignette|Moment de détente du régiment d'infanterie de Beroun sur le front de Galicie, v. 1915-1917. vignette|L'archiduc Charles (futur empereur) visitant l'état-major du corps à Loutsk, 1916.|gauche vignette|Tranchée austro-hongroise près de Pidhaïtsi, v. 1915-1917. vignette|Prisonniers de guerre austro-hongrois en Russie, v. 1914-1915.|gauche vignette|Gare de ravitaillement de la armée à Kovel, v. 1917. vignette|Entrepôts de la armée à Kovel, v. 1917.|gauche vignette|Troupes d'occupation austro-hongroises à Odessa, 1918. À la fin d', la est intégrée, avec la allemande, au nouveau groupe d'armées von Mackensen commandé par le général allemand August von Mackensen. Elle prend part à l'offensive de Gorlice-Tarnów qui permet de reconquérir la Galicie orientale. La franchit le Dunajec avec huit divisions d'infanterie, une de cavalerie et d'artillerie répartis dans les unités suivantes : combinée (Rudolf Stöger-Steiner von Steinstätten) et troupes de Landwehr () d'infanterie () d'infanterie (Ludwig von Fabini) de réserve allemande (Alfred von Besser) () d'infanterie () d'infanterie () Le opère dans le secteur de Tarnów, le part de Gromnik en direction de Brzostek.

La , avec la allemande, participe à la reprise de Przemyśl (4-), puissante forteresse austro-hongroise prise par les Russes trois mois plus tôt. Le , le jette deux ponts sur le San à Leżachów tandis que le austro-hongrois ( autrichienne et hongroise) déborde la forteresse par l'est pour empêcher les Russes d'établir une nouvelle ligne de défense. À la fin de la journée, les et ont élargi leur tête de pont jusqu'à Piskorowice.

À la fin de juin, la couvre l'aile gauche du groupe d'armées von Mackensen lors de l'offensive du Boug. Elle subit, du , une contre-offensive de la russe qui l'oblige à reculer vers Kraśnik. À partir du , l'offensive menée par les forces allemandes en Pologne centrale détourne les réserves russes et permet à la de reprendre son avance : les et corps franchissent la Krzna à l'ouest de Bielsko-Biała et font leur jonction avec le corps allemand Woyrsch sur la Klukowka.

Cependant, la situation des forces austro-hongroises devient critique sur le front italien où elles doivent faire face à l'offensive italienne de l'Isonzo. Le , Conrad décide de retirer le du front russe pour le transférer à la , commandée par le général Borojević von Bojna, en Frioul. Le , le Feld-maréchal Erich von Falkenhayn, chef d'état-major général des forces allemandes, oppose son veto à cette décision qui affaiblirait l'offensive principale sur le front russe : le reste finalement en Pologne.

Le , deux corps allemands, le et le de réserve, prennent d'assaut la nouvelle ligne de défense russe entre la Krzna et le Boug. La , appuyée par la allemande, franchit le Boug dans le secteur de Janów Lubelski. Le , les et austro-hongrois atteignent la boucle de la Koterka entre Tokary et Vowchyn.

À la fin d'août, la Grande Retraite de l'armée russe permet à la de reprendre son avance et d'entrer en Volhynie russe. À partir du , les et sont engagées dans la bataille de Rivne (Rovno). Le , la s'empare de l'important nœud de communications de Loutsk. Mais, le , une contre-offensive de la russe reprend Loutsk, tenue par le (Josef Roth), et met la en grave difficulté : les Russes capturent près de austro-hongrois et s'emparent d'une telle quantité d'armes légères et de munitions austro-hongroises qu'ils peuvent rééquiper à neuf leurs propres unités. Le , une contre-attaque du corps allemand Gerok, franchissant le Styr sur le flanc des Russes, permet aux Austro-Hongrois de se dégager et de reprendre Loutsk.

Entre-temps, compte tenu de l'état d'épuisement des forces austro-hongroises, Conrad doit accepter une subordination de l'armée impériale et royale au haut-commandement allemand. Le , Falkenhayn dicte à Conrad la nouvelle organisation des forces des Empires centraux sous tutelle allemande : le front des Balkans est placé sous le commandement du Feld-maréchal von Mackensen tandis que la , avec l'armée du Boug allemande, forme le nouveau groupe d'armées germano-austro-hongrois commandé par Alexander von Linsingen.. Cependant, Conrad n'ose pas annoncer cette décision à l'archiduc Joseph-Ferdinand, membre de la famille impériale et jusque-là chef nominal de ce groupe d'armées : c'est seulement le , à la suite de la perte de Loutsk, qu'il se résout à placer l'archiduc sous les ordres de Linsingen. Il était impossible de blâmer l'archiduc pour la défaite de Loutsk car, depuis le début de la guerre, les communiqués austro-hongrois lui accordaient le rôle le plus brillant : c'est donc son chef d'état-major, Joseph von Paić, qui est démis de ses fonctions. Conrad lui donne pour successeur le général Berndt que l'archiduc ignore ostensiblementNorman Stone, The Eastern Front 1914-1917, Penguin, 1975..

Au total, la campagne de Galicie de 1915 a coûté à l'armée austro-hongroise dont , pour la plupart faits prisonniers. À l'automne 1915, le front se stabilise bien que des combats de position se prolongent sur l'Ikva. La compte alors 76 bataillons et demi d'infanterie, 73 escadrons de cavalerie () et 316 pièces d'artillerie, répartis dans les unités suivantes : Corps de cavalerie et de cavalerie (Josef Roth) , et d'infanterie () et d'infanterie (Rudolf Králíček) et d'infanterie

1916 Pendant la trêve hivernale, l'archiduc Joseph-Ferdinand et son supérieur Linsingen se livrent à une petite guerre de prestige, l'archiduc affectant d'ignorer les visites d'inspection dépêchées par Linsingen. Le , Joseph-Ferdinand est promu colonel-général, ce qui fait de lui le supérieur hiérarchique de Linsingen : le commandement allemand réplique en conférant le même grade à Linsingen et en l'antidatant du , ce qui lui donne l'avantage de l'ancienneté.