Doris More Lusk (Dunedin, – Christchurch ) est une peintre, graveuse, potière et professeure d'université néo-zélandaise.

Elle a reçu à titre posthume le Prix artistique du Gouverneur général pour l'ensemble de sa carrière et de son œuvre en .

Biographie Jeunesse et formation Lusk est née à Dunedin, dans l'Île du Sud, le . Elle était fille d'Alice Mary Coats et Thomas Younger Lusk, dessinateur et architecte, qui avaient déjà deux enfants, Marion et Paxton..

La famille a déménagé dans l'Île du Nord, à Hamilton, où Lusk est allée à l'école primaire. Une femme qui avait un atelier près de chez eux l'a encouragée à peindre. En 1928, la famille est repartie à Dunedin, où Thomas Lusk a rejoint le cabinet d'architectes Mandeno and Frazer. Lusk a passé un an à l'école primaire d'Arthur Street avant d'entrer au lycée pour filles d'Otago en 1930.

En 1933, elle a quitté le lycée avant son diplôme pour entrer à , l'école d'art de Dunedin. Lusk s'y est inscrite contre la volonté de son père et a raconté plus tard que « ça avait bardé » au moment de sa décision..

Lusk a étudié à King Edward de 1934 à 1939. L'école était membre du programme de l'Université La Trobe (de Melbourne), qui engageait des artistes du Royaume-Uni dans les écoles de Nouvelle-Zélande. Parmi ces artistes, et Robert Nettleton Field, arrivés en 1925, ont eu un impact majeur sur la scène artistique de Dunedin.

Lusk a été élève de Charlton Edgar et a pris des cours de nu dans l'atelier de Russell Clark.. Grâce à sa condisciple Anne Hamblett, elle a rencontré Colin McCahon et Toss Woollaston.

Carrière de peintre En 1939, Lusk et un petit groupe de ses camarades ont loué un atelier dans le centre de Dunedin, au coin de Moray Place et de Princes Street. Sa première exposition personnelle y a eu lieu en 1940..

En , Lusk a épousé Dermot Holland, avec lequel elle est partie à Christchurch en 1943.. Elle s'y est rapidement liée avec , une association artistique locale qui avait des liens avec des artistes de tout le pays. La production de Lusk était réduite, à cause de ses enfants en bas âge, mais elle est vite devenue connue pour ses peintures de paysages. À cette époque, les expositions collectives organisées par lui convenaient mieux qu'une carrière indépendante, comme elle l'a dit plus tard : .

Dans les années 1940, Lusk a réalisé une série de tableaux, notamment Landscape, Overlooking Kaitawa, Waikaremoana (1948), qui rend compte des importants travaux accompagnant le projet de centrale hydro-électrique du Lac Waikaremoana, dans le centre de l'Île du Nord.. Elle était très proche d'Adelaide et Ian McCubbin, lequel était ingénieur sur le projet du Lac Waikaremoana. Grâce aux McCubbin, Lusk a découvert le hameau d' à Golden Bay, à l'extrême-nord de l'Île du Sud, et particulièrement les ruines de la grande jetée construite dans les années 1920 pour exporter la fonte brute des aciéries voisines. Elle a peint ce paysage pendant les 25 années suivantes..

En 1979, deux ans avant d'arrêter d'enseigner à l'école d'art, Lusk a commencé une série d'œuvres sur des bâtiments du centre de Christchurch en train d'être détruits pour faire place à des immeubles d'habitation et de bureaux. Elle a travaillé à partir de photos qu'elle avait prises et d'autres trouvées dans les journaux, qu'elle a utilisées dans des collages avec un mélange d'aquarelle, de peinture acrylique et de crayon de couleurs. Dans un entretien de 1983, elle a nié que ce sujet ait eu un sens psychologique (son époux était mort l'année précédente) :

La dernière série d'aquarelles de Lusk, The Arcade Awnings, basée sur la très touristique Place Saint-Marc de Venise, est conservée au Musée d'art d'Auckland..

Réception critique

Dans l'ouvrage de Gordon H. Brown et de 1969, (le premier panorama moderne de la peinture dans le pays), l'œuvre de Lusk est mise en rapport avec celle d'artistes comme Rita Angus, Colin McCahon et Toss Woollaston. Les auteurs écrivent :

Dans le catalogue accompagnant l'exposition de 1996 , dont elle était co-commissaire, l'historienne d'art Lisa Beaven réfute cette affirmation :

Dans un article sur , l'historienne d'art Julie King note que cette exposition a offert l'occasion d'évaluer les œuvres tardives de Lusk et . King affirme que la mauvaise réception par les critiques d'Auckland de l'exposition rétrospective précédente (organisée en 1973 par le et présentée aussi au Musée d'art d'Auckland) avait reflété et la façon dont l'histoire de l'art en Nouvelle-Zélande avait été écrite,

Dans le même article, King examine comment le fait d'être une artiste femme a pu infléchir la carrière de Lusk et ses opportunités :

Dans un article de 1996, l'historien d'art Grant Banbury note que, bien qu'on parle habituellement de Lusk pour sa peinture de paysage, elle a aussi fait des portraits et des autoportraits et a défendu le dessin de nu, aussi bien comme artiste que comme enseignante.. Lusk a surtout peint ses amis intimes, sa famille et ses collègues, plus un petit nombre de commandes et quelques œuvres à partir de coupures de journaux dans les années 1970. En 1939, à l'école d'art, elle avait fait un portrait de Colin McCahon ; presque 50 ans plus tard, en 1987, après la mort de celui-ci, elle a peint , un portrait d'Anne (Hamblett) McCahon et de leur fils William.

Carrière de potière Outre sa carrière de peintre, Lusk a été une pionnière de la poterie en Nouvelle-Zélande. Elle a découvert cet art grâce à Robert Nettleton Field à à Dunedin. La plupart de ses œuvres sont en faïence, et généralement produites sous son nom d'épouse, Doris Holland.

Entre 1947 et 1967, elle a enseigné la poterie au centre communautaire Risingholme de Christchurch. Elle a été présidente de la de 1970 à 1972. En 1970, elle a reçu une bourse de voyage de la , qu'elle a utilisée pour étudier la céramique contemporaine australienne à Canberra, Adelaide, Alice Springs et Melbourne.

Carrière de graveuse On connaît de Doris Lusk des linogravures et des eaux-fortes..

Elle a reçu à titre posthume le Prix artistique du Gouverneur général pour l'ensemble de sa carrière et de son œuvre en ..

Carrière d'enseignante En 1966, Lusk a été nommée tutrice à l'école des beaux-arts de l'Université de Canterbury, dont elle est devenue membre permanente un an et demi plus tard, et où elle a enseigné jusqu'en 1981..

Expositions et rétrospectives Lusk a surtout exposé avec à Christchurch dans les années 1940 et 1950. Dans les années 1950 et 1960 son travail a été régulièrement retenu dans l'enquête annuelle du Musée d'art d'Auckland sur la peinture néo-zélandaise récente..

La première rétrospective de son œuvre a été organisée à la en 1966. Une deuxième rétrospective a eu lieu à Lower Hutt au en 1973. Une grande exposition de ses paysages, , a eu lieu à la Galerie d'art de Christchurch en 1996, accompagnée d'un catalogue de Lisa Beaven et Grant Banbury.

En 2016, pour le centenaire de sa naissance, des expositions a été organisée à la (Doris Lusk 1916-1990) et à la ()..

Collections La plupart des musées d'art de Nouvelle-Zélande possèdent des œuvres de Doris Lusk. La Bibliothèque Hocken possède Tāhunanui.., le Musée d'art d'Auckland Tobacco Fields, Pangatotara, Nelson (1943). et (1958)., la Power House, Tuai (1948), Landscape, Overlooking Kaitawa, Waikaremoana (1948) et Canterbury Plains from Cashmere Hills (1952) et Te Papa Tongarewa Akaroa Harbour, Banks Peninsula (1949)....

Notes et références

Liens externes

Courtney Johnston, « Review of Doris Lusk centenary exhibitions », Radio New Zealand, .

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