La destruction de Varsovie est l'anéantissement de la capitale polonaise par le Troisième Reich après l'Insurrection de Varsovie dés le . Cette dernière exaspère les dirigeants allemands qui décident de faire de cette ville un exemple. La cité était déjà choisie depuis longtemps pour une reconstruction majeure dans le cadre du projet de germanisation de l'Europe centrale.

Même avant l'insurrection, les Allemands envisageaient que, quelques mois plus tard, Varsovie tomberait aux mains des Alliés. Malgré cela, ils consacrent un effort sans précédent à la dévastation de la ville. Leur décision bloqua des ressources considérables qui auraient pu être utilisées sur le front de l'Est et sur celui de l'Ouest récemment ouvert à la suite du débarquement de Normandie.

Les Allemands via les Vernichtungskomanndo détruisent plus 85 % des bâtiments du centre de Varsovie selon l'UNESCO, de manière délibérée en démolissent, incendient ou volent une grande partie de son patrimoine culturel. Ainsi de nombreux bâtiments historiques font partie des destructions, tels que le palais royal. De même que des quartiers de Varsovie, tels que la Vieille Ville, Wola et Ochota, où sont plusieurs dizaines de milliers de civils qui y ont péri.

Ainsi à la fin de la répression, dans une ville qui comptait avant cela plus d’un million d'habitants n’en avait gardé que mille.

Contexte

Origine de la destruction

vignette|Le Plan Pabst pour Varsovie Varsovie était considérée par les occupants allemands comme le centre de la résistance polonaise contre le « nouvel ordre » nazi. Bien que l'ancienne capitale de la Pologne ait été reléguée au rôle de ville de province au sein du Gouvernement général de Pologne, ainsi elle demeurait le cœur de la vie politique, intellectuelle et culturelle polonaise. Elle était également le siège de l'État polonais clandestin et le lieu de structures de résistance particulièrement fortes et bien organisées. Le gouverneur général Hans Frank écrivait dans son journal le :  « Sans Varsovie au sein du Gouvernement général, nous n'aurions pas les quatre cinquièmes des difficultés auxquelles nous sommes confrontés. Varsovie est et restera l'épicentre des troubles, le point de départ de la propagation de l'agitation dans ce pays. » Dès le , Frank déclarait que « concernant Varsovie, le Führer a décidé que la reconstruction de cette ville en métropole était absolument hors de question. Le Führer souhaite qu'avec le développement général du Gouvernement général, Varsovie soit réduite au statut de ville de province. ». Le « plan Pabst » conçu part les urbanistes Friedrich Pabst, Hubert Gross et Otto Nurnberg prévoyait de ramener la population de Varsovie à 130 000 habitants et sa superficie à , avec par exemple la construction d’un Gauforum, une vaste terrasse sur la Vistule, ou encore une « salle du peuple ». En 1942, le projet fut modifié pour loger les « élites allemandes » afin qu’elles administrent les territoires de l’Est. La « Nouvelle ville allemande de Varsovie » ( allemand : Die neue Deutsche Stadt Warschau) devait être construite au sud et au sud-ouest de la vieille ville de Varsovie, qui devait être préservée comme preuve de la prétendue germanité de Varsovie. En étant inspiré des villages de l’époque médiévale allemande, c’est-à-dire compacts et tournés vers leur autonomie ainsi que leur défense. Mais les défaites subies par le Troisième Reich sur tous les fronts ont empêché la mise en œuvre du « plan Pabst ». Ainsi Adolf Hitler a déclaré à Hans Frank lors d'une conversation le :  « Varsovie doit être détruite dès que l'occasion se présente. »Dans ce contexte, l'insurrection de Varsovie du fut perçu par les dirigeants nazis comme une excellente occasion de régler le « problème polonais ». Lors d'un discours prononcé devant les commandants de district militaire et les directeurs d'école à Jägerhöhe le , le Reichsführer-SS Heinrich Himmler raconta qu'à l'annonce du soulèvement, il s'était immédiatement rendu auprès d'Hitler et lui avait dit :  « Mon Führer, le moment n'est guère favorable. D'un point de vue historique, c'est une aubaine que les Polonais agissent ainsi. Dans cinq ou six semaines, nous en serons sortis. Et après cela, Varsovie, la capitale, le cœur et l'intelligentsia de cette ancienne nation polonaise de 16 à 17 millions d'habitants, seront anéanties, cette nation qui nous barre la route vers l'Est depuis 700 ans et qui nous entrave depuis la bataille de Grunwald, la première Bataille de Tannenberg . Alors, historiquement, le problème polonais ne sera plus un problème majeur pour nos enfants et pour tous ceux qui viendront après nous, ni même pour nous-mêmes. »Lors d'une réunion tenue le soir du ou le lendemain matin, Hitler donna à Himmler et au chef d'état-major du Haut Commandement de l'Armée, le général Heinz Guderian, l'ordre oral de raser Varsovie et d'exterminer tous ses habitants. Selon le SS-Obergruppenführer Erich von dem Bach-Zelewski, nommé commandant des forces chargées de réprimer l'insurrection, l'ordre était probablement formulé ainsi :« Tous les habitants doivent être tués, aucun prisonnier ne doit être fait. Varsovie doit être rasée, et ainsi un exemple terrifiant doit être créé pour toute l'Europe. »Quelques jours après le début de l’insurrection, Frank écrit dans son journal à propos de l’anéantissement à venir :« Varsovie est presque entièrement en flammes. Incendier les maisons est le moyen le plus sûr de priver les insurgés de leurs cachettes. Lorsque nous aurons écrasé le soulèvement, Varsovie aura ce qu'elle mérite : l'anéantissement total. »

Déroulement alt=Église Sainte-Croix de Varsovie en 1939|vignette|Église Sainte-Croix de Varsovie en 1939|gauche|177x177px Les Soviétiques se contentèrent de maintenir leurs têtes de pont sur la Vistule de part et d'autre de la ville, tandis que la ville était en train d’être détruite, sachant que Joseph Staline considérait l’insurrection de l’État polonais clandestin comme une « rixe insensée menée par des aventuriers ». Il est ainsi considéré que l’inaction soviétique a participé, voire aggravé, la destruction de Varsovie. Bien qu'il faille souligner que le quartier de Praga, rive gauche, fut relativement épargné, étant donné que l'Armée rouge avait chassé les Allemands vers l'autre côté du fleuve Vistule dès septembre 1944 .

Les soldats de la Werhmacht ont ainsi arpenté la ville, détruisant ou endommageant de manière irréversible 93 % des logements de Varsovie .

Conséquences

Après la guerre

Architecture alt=Adolf Ciborowski présente en 1961 son plan d'urbanisme pour Varsovie. |vignette|Adolf Ciborowski présente en 1961 son plan d'urbanisme pour Varsovie. À la suite de la guerre, Varsovie, devenue un champ de ruines, était devenue un objet d'étude pour les architectes et les urbanistes voulant répondre à une question : comment reconstruire une ville ? Ainsi, selon le sociologue Stanisław Ossowski : . Mais la Varsovie d'avant ne pouvait revenir, étant donné que le régime et la société n'étaient plus les mêmes, entre le traumatisme de la guerre et le bloc communiste.

Il aura fallu 10 ans d'efforts à la Pologne afin de reconstruire le centre historique de la ville, prenant appui à la fois sur des inspirations de la Renaissance et contemporaines . La reconstruction fit l'objet d'une telle effort populaire qu'en 1965, la ville comptait environ 1 million d'habitants . Sous la direction de l'architecte en chef de ces travaux, Adolf Ciborowski via sont plan de reconstruction et d'aménagement .

Consacrant leurs efforts de la reconstruction en 1979, avec l'inscription de cette reconstruction par l'UNESCO au patrimoine mondial de l'humanité .Et le Bureau de reconstruction de Varsovie entra au sein du programmes Mémoire du monde en 2011 .

Bibliographie

Voir aussi Insurrection de Varsovie Bombardements de Varsovie pendant la Seconde Guerre mondiale

Notes et références

Catégorie:Histoire de Varsovie Catégorie:Relations entre l'Allemagne et la Pologne Catégorie:Histoire culturelle de la Pologne Catégorie:Ville détruite par une guerre ou un conflit Catégorie:Insurrection de Varsovie