Les récifs coralliens de l'Île de la Réunion appartiennent aux récifs comptabilisés au sein des DOM-TOM français.
L'ensemble des DOM-TOM abrite 10 % des récifs coralliens mondiaux, avec une quarantaine d'aires marines protégéesAnne Lemahieu, Gwenaëlle Pennober, Gilbert David, Franck Lavigne, Karine Pothin et Léa Gérard, « Élaboration d’un protocole de suivi de la fréquentation au sein de la Réserve naturelle marine de la Réunion, France, Océan Indien », VertigO - la revue électronique en sciences de l'environnement, volume 13, , avril 2013, mis en ligne le 16 avril 2013, consulté le 24 novembre 2018 : ; DOI : 10.4000/vertigo.13379 .
L'Île de La Réunion connaît une croissance démographique très importante. Les prévisions indiquent 1 million d'habitants dès 2037. , 82 % de la population s'est établie sur la frange littorale à cause du paysage escarpé de l'îleÉmilie Mirault et Gilbert David, « Fonctions et logiques d’interface des récifs coralliens sur le littoral de la Réunion », Les Cahiers d’Outre-Mer , octobre-novembre 2009, mis en ligne le 01 octobre 2012, consulté le 24 novembre 2018 : ; DOI : 10.4000/com.5820 , ce qui engendre des enjeux de durabilité dans cette région.
Le tourisme s'est également développé avec notamment l'apparition de sports nautiques et balnéaires, comme la plongée sous-marine, le surf, la baignade. Les récifs coralliens de l'Île de la Réunion sont donc non seulement soumis à des stress d'origine anthropique mais aussi climatique. Il est en effet communément admis que les coraux font partie des premiers écosystèmes touchés par le changement climatique.
Depuis 2007, 75 % des récifs coralliens ont obtenu le statut de Réserve naturelle nationale marine en vue de les protéger et de favoriser ainsi un développement durable de l'îleEmmanuel Tessier, Lionel Bigot, Christophe Cadet, Bruce Cauvin, Pascale Chabanet, Chantai Conand, Jean-Benoit Nicet, Jean-Pascal Quod, Les récifs coralliens de la Réunion en 2007 : état des lieux et réseau de suivi, 2008..
L'Île de la Réunion
Présentation de l'Île et de ses enjeux L'Île de la Réunion est un Département d'Outre-Mer français, tout comme la Martinique et la Guadeloupe. Elle est donc soumise aux réglementations métropolitaines. Elle fait partie de la Zone Économique Exclusive française (ZEE), dont les DOM-TOM contribuent à hauteur de 97 %, ce qui place la France juste derrière les États-Unis avec de km² d'océans.
C'est une île isolée dans l'Océan Indien, émergée il y a près de d'années, proche de Madagascar et constituant l'archipel des Mascareignes avec l'Île Maurice et Rodrigues. Elle se différencie des autres îles par ses deux volcans : le Piton de la Fournaise, , qui est toujours actif et le Piton des Neiges qui culmine à . Quant aux fonds sous-marins entourant l'île, ils sont particulièrement escarpés allant très rapidement jusque sous l'océan. Son paysage est donc unique, car il est à la fois sauvage, montagneux et exotique avec ses lagons bordés de sable noir dû à l’activité – ancienne et actuelle - des volcans.
La Réunion, avec une surface de et un diamètre de , comptabilisait en 2015, ce qui en fait une île densément peuplée. À cause d'un paysage très escarpé (montagnes, cirques, volcans…), l’île est fortement affectée par le fait que 82 % de la population se concentre sur la frange littorale. Cela représente une densité estimée 3 à 4 fois supérieure au reste de l'île et a pour conséquences d'engendrer d'importants enjeux d’urbanisme, de croissance économique et d’impacts sur la biodiversité de l’île. De plus, une croissance démographique particulièrement importante est à prévoir sur l'île. En effet, plus d'un million d'habitants devraient être recensés à partir de 2037. vignette|Plage de St-Leu avec vue sur la plateforme récifale sur laquelle les vagues se brisent. À la forte densité démographique, s'ajoute le développement du tourisme. L'Île de la Réunion est l'un des DOM-TOM les plus visités à l'année, avec la Martinique et la Guadeloupe. Alors qu'en 1974, seulement touristes y étaient recensés, ce chiffre a bondi à en 2000 pour retomber de quelque peu à en 2015, après une grosse crise au début des années 2000. En 2017, la Réunion a dépassé le chiffre de touristes. Selon l'INSEE, hors touristes de la métropole, les Allemands étaient les premiers européens attirés par l'île en 2015, suivis par les Belges et par les Suisses. 80 % des touristes réunionnais vont à la plage pendant leurs vacances. Mais la Réunion regorge de bien d'autres activités terrestres - de multiples sentiers de randonnée sont répertoriés et celui du Piton de la Fournaise est particulièrement prisé - et balnéaires : plongée sous-marine, kayak, voile, surf, kitesurf, planche à voile... En général, les touristes se concentrent sur la partie sud et ouest de l'île, car les offres d'accueil y sont plus nombreuses, ce qui alourdit un peu plus les enjeux démographiques. vignette|Vanille de l'île de la Réunion, en train de sécher. Le développement économique se fait donc à travers le tourisme ( d'euros en 2017) mais surtout à travers l'agriculture. Cette catégorie comprend la culture de canne à sucre et de bananes, le maraîchage et l'élevage. Il est à noter, que grâce à l'agriculture locale, plus de la moitié des besoins alimentaires des insulaires sont couverts. La pêche fait également partie intégrante de la vie réunionnaise, puisque les produits en étant issus sont, avec le sucre, les plus exportés. De plus, la Réunion est reconnue parmi les DOM-TOM pour la qualité de sa vanille.
Cependant, en 2008, l'île comptait 33 % de chômage. Le taux a légèrement diminué en 2015 pour atteindre 24,6 %. Elle restait cependant la région française qui enregistrait le plus fort taux de chômage.
L'Île de la Réunion est donc une île attrayante pour les touristes, densément peuplée, mais enregistrant des difficultés économiques illustrées par le fort taux de chômage.
Biodiversité marine La Réunion fait partie du hotspot Madagascar et îles de l'Océan Indien. Il en existe 34 au monde et ils ont pour mission de représenter les hauts-lieux de biodiversité. Cela comprend une biodiversité riche conjuguée à une disparition d'au moins 70 % de la végétation primaire.
Les fonds marins de l'île participent à cette richesse. En effet, lors des dernières études réalisées début 2010, de nombreuses espèces marines avaient été recensées : d'échinodermes - étoiles de mer, oursins… - , de coraux, plus de de crustacés - langoustes, crabes, crevettes… -, environ de poissons - raies, mérous, poissons-perroquets… - et de mollusques - limaces de mer, gastéropodes….
De plus, les profondeurs autour de l'île attirent de plus grands mammifères marins, telles que les dauphins, les baleines bleues, les baleines à bosse… De même, plusieurs espèces de tortues marines ont été recensées, ainsi que de nombreuses sortes de requin : requin corail, requin tigre, requin bouledogue et requin blanc.
Cependant, la biodiversité marine réunionnaise se trouve sous forte pression anthropique. Cela se confirme par le fait que presque 40% des espèces de poissons recensées sont sur la Liste Rouge mondiale des espèces menacées.
État des lieux des coraux à la Réunion
Emplacement géographique Les récifs coralliens de la Réunion bordent les parties ouest et sud-ouest de l'île sur , allant du Cap La Houssaye à Grand Bois. Cela représente 12% du littoral réunionnais avec . L'indice récifal est de 0,005 ce qui en fait la plus petite surface corallienne des DOM-TOM (à titre de comparaison, celui de Mayotte est de 4). Le reste de la côte n'abrite pas de récifs de coraux car le climat n'y est pas favorable. En effet, le côté sud-ouest est plus venteux que la partie nord-est, et favorise ainsi le développement de l'écosystème corallien.
Familles Les récifs coralliens présents à la Réunion sont peu développés. Cela s'explique pour deux raisons : ils sont relativement jeunes, car n'étant apparus il y a moins de . la volcanicité de l'île. vignette|Vue d'en haut de St-Denis, capitale de la Réunion Il existe trois types de récifs présents autour de l'île: le banc récifal : il comporte un infime platier et aucune dépression récifale (ou chenal d'arrière-récif) ; la plateforme récifale : elle compte un platier développé mais peu de dépression récifale (le platier borde donc la plage) ; les récifs frangeants : ils sont caractérisés par un platier très développé accompagné d'un chenal d'arrière-récif important.
Le chenal d'arrière-récif représente en fait ce que l'on appelle à la Réunion, le lagon. Il permet aux insulaires de se baigner dans une eau peu profonde de à .
de coraux durs ont été répertoriées, dont la Scleratinia, appelée auparavant Madrépodaires, appartenant au principal ordre des coraux durs ; ainsi que d'hydrocoraux ou coraux mous, dont le Millepora aussi appelé corail de feu car il contient des capsules urticantes pouvant transpercer la peau des êtres humains avec un effet semblable à celui d'une brûlure. Ce type de corail peut devenir envahissant si les conditions de l'écosystème se dégradent.
Importance Au même titre que l'écosystème de la forêt tropicale, l'écosystème corallien étonne par sa complexité, sa richesse et sa diversification. En effet, de nombreux scientifiques ont démontré qu'environ 1 million d'espèces - végétales et animales- vivaient parmi les coraux, ce qui représente 25% de la biodiversité marine. Pourtant les coraux ne représentent que 0,2% des fonds marins, c'est dire la richesse de cet écosystème.
De plus, les récifs coralliens doivent être considérés différemment d'autres formes de littoral. En effet, leur existence est directement liée aux organismes d'êtres vivants. Les coraux sont un amas de carbonate de calcium provenant d'un animal appelé polype. À l'intérieur de cet animal se développent des algues appelées zooxanthelles. Le polype va se nourrir de multiples nutriments utilisés par les zooxanthelles comme : la lumière solaire, le gaz carbonique présent dans l'eau de mer, l'azote et le phosphore minéral. Il rejettera ensuite de l'azote et du phosphore qui seront de nouveau utilisés par les algues. Les récifs coralliens sont donc le résultat d'une symbiose parfaite.
À l'île de la Réunion, trois fonctions ont été répertoriées, permettant de mesure l'importance des récifs pour l'île : une fonction de polarisation entre les activités humaines et marines. D'un côté, les activités humaines sont extrêmement liées aux coraux, avec des nuances apportées entre les usages directs - pêche à pied, plongée sous-marine…-, les usages semi-directs - baignade, habitations en front de mer…- et les activités indirectes - hébergements touristiques, recherches scientifiques… - . De l'autre côté, les coraux représentent aussi un véritable refuge pour les espèces marines, afin de se nourrir et de se reproduire. une fonction de filtre. Les coraux permettent effectivement d'éviter une érosion trop importante du littoral grâce à leur fonction de brise-vague et de brise-vent. une fonction d'enrichissement à la fois pour la vie terrestre et la vie marine. Les récifs sont une source de revenus pour les pêcheurs et pour le secteur du tourisme tandis qu'ils représentent une source de biodiversité pour les espèces marines, grâce à ses caractéristiques de garde-manger et de nurserie. La richesse des poissons y est caractéristique : sur les répertoriées, 250 à 300 sont directement reliées aux récifs.
Menaces Les récifs coralliens sont sujets à de multiples menaces pouvant être divisées en deux grandes familles : les menaces anthropiques et les menaces naturelles.
Les menaces naturelles L'île de la Réunion, avec un climat tropical, subit régulièrement des cyclones, source de destruction des coraux. Ils sont aussi une menace indirecte pour les récifs à cause des matières terrigènes transportées par les rivières jusqu'aux récifs, ce qui entraîne à terme l'asphyxie des coraux.