La châtellenie de Maurienne est une circonscription féodale dans le cadre de la gestion du comté, puis du duché de Savoie, du au . Elle est située dans la vallée intra-alpine de la Maurienne.

La châtellenie appartient au domaine comtal, puis ducal, et elle est administrée par un châtelain, désigné par le souverain, qui intervient dans les domaines militaire, administratif et judiciaire.

Situation La châtellenie de Maurienne recouvre un territoire constitué d'une partie de la moyenne et de la haute Maurienne, correspondant à la vallée de l'Arc.. Cette partie de territoire relève du comté de Maurienne, placé sous le contrôle des Humbertiens, à l'origine de la Maison de Savoie et donc communément dits comtes de Savoie, depuis le .. Le comte Humbert se fait concéder le titre entre 1043-1046. Le comte possède par ailleurs la partie basse de la vallée relevant de la châtellenie d'Aiguebelle.

Le reste de la vallée est placé sous l'autorité du pouvoir épiscopal de Saint-Jean-de-Maurienne, avec qui les comtes en Maurienne, sont en concurrence. Les évêques possèdent six châtellenies au , notamment dans la partie centrale de la vallée (sauf Argentine, située en basse Maurienne), avant que ces possessions soient réduites à trois, au siècle suivant, à la suite d'une jacquerie où le comte a dû intervenir... Ces terres épiscopales prendront le nom désormais de Terre limitée, à l'issue du traité d'association de 1327.. Il faut par ailleurs compter avec les seigneurs de La Chambre, hommes-liges du comte, qui portent le titre de vicomte de Maurienne, dont dépendent deux châtellenies, la baronnie de La Chambre et sa mestralie de Pontamafrey et Avrieux (soit une vingtaine de villages.).

Selon l'érudit local, le comte de Mareschal de Luciane, à l'origine, la vallée de la Maurienne, relevant des comte de Savoie, correspondait à une seule châtellenie ayant pour centre le château d'Hermillon, lieu de résidence du châtelain. Il faut attendre l'année 1271 pour avoir la mention d'un châtelain d'Aiguebelle également métral de Maurienne et d'Hermillon.. À partir de 1287, la vallée est séparée en deux châtellenies, celle d'Aiguebelle, avec pour centre le château de Charbonnières, située en deçà du verrou d'Épierre, et celle de Maurienne..

La châtellenie de Maurienne , alors qu'une châtellenie traditionnellement réunie une quinzaine de paroisses selon Bernard Demotz. Sa mise en place, tout comme pour le reste du comté, se fait à partir du milieu du . Toutefois, ce territoire n'est pas immédiatement une châtellenie, mais une métralie (mistralie). Sa première mention, correspond à un compte de châtellenie (-).. En 1272, le métral de Maurienne est le châtelain d'Hermillon.

La châtellenie relève du bailliage de Savoie, tout comme les terres de la Savoie Propre ou de la vallée de la Tarentaise....

La vallée de la Maurienne revêt un intérêt stratégique particulier puisqu'elle commande l'axe de communication majeur reliant, en aval, le comté de Savoie et le Dauphiné, et au-delà une partie de l'Europe du Nord, à la péninsule italienne, par le col du Mont-Cenis. Les versants des massifs possèdent par ailleurs de nombreuses ressources minières.

Centre de la châtellenie Le centre politique de cette châtellenie varie au cours des périodes. À l'origine, la châtellenie est gérée par un seul châtelain, installé à Hermillon. (dit également « tour du Châtel »), semble-t-il, de s'installer à La Chambre où le comte fait édifier une résidence.. Selon le chanoine et historien local Saturnin Truchet (1828-1904), le châtelain Humbert de la Salle avait fait construire une maison forte dans le bourg, mentionnée dans une charte du .

Il semble que le châtelain s'installe par la suite à Pontamafrey, qui devient ainsi la .

Saint-Michel est également donné comme centre de la châtellenie. Le siège peut-être la maison forte qui contrôle l'accès à la ville en venant de la plaine. Il s'agit d'ailleurs, jusqu'à ce que la cité épiscopale de Saint-Jean entre dans le giron comtal, de la cité la plus importante de la vallée.

Les mestralies de Maurienne La châtellenie s'étire sur une soixantaine de kilomètres.. En raison de sa taille (regroupement d'une quarantaine de paroisses), elle est subdivisée en mestralies (mistralies). Leurs nombres varient au cours des périodes, les principales sont centrées autour des bourgs de Termignon, de Modane, de Saint-Michel et de La Chambre.. Pontamafrey semble remplacer le bourg de La Chambre en tant que centre de la mestralie..

D'autres centres apparaissent à certaines périodes comme : Saint-Julien., bourg viticole et villefranche ; Les Villars ;

Les chefs-lieux des châtellenies de Modane (Amodane), de Saint-Michel et de La Chambre sont devenus par la suite les sièges de canton dans l'organisation administrative française, après l'Annexion de 1860.

Mestralie de La Chambre La mestralie de La Chambre est constituée de vingt villages ou paroisses appartenant aux comtes puis ducs de Savoie, situés entre le pont d'Épierre, pour l'aval, frontalier de la châtellenie d'Aiguebelle, et Hermillon, en amont de la vallée de la Maurienne. Son centre se trouve à La Chambre avant de se déplacer dans la partie droite de Pontamafrey. Située de part et d'autre de l'Arc, si la partie droite appartient aux Savoie, la rive gauche relevait d'une baronnie appartenant aux seigneurs de La Chambre. D'ailleurs, les terres relèvant directement des seigneurs de La Chambre sont imbriquées dans cette mestralie, créant une situation où deux communautés distinctes cohabitent, les ducaux et les chambrains.

Les habitants de cette mestralie obtiennent une charte de franchises, en date du .

Dans un autre article, le comte de Mareschal de Luciane précise que Pontamafrey est une ferme qui ..

Mestralie de Saint-Michel vignette|gauche|Entrée basse de la ville contrôlée par une maison forte qui a pu être la résidence du châtelain. Le châtelain a semble-t-il résidé dans la maison forte qui forme une voute à l'entrée basse de la ville. Elle doit être distingué du château-fort situé sur les hauteurs du chef-lieu.

Au , la mestralie comprend les paroisses suivantes . En 1599, la châtellenie comprend 9 paroisses Saint-Michel ; Saint-Julien-Montdenis ; Saint-Martin-Outre-Arc (aujourd'hui Loutraz, hameau de Modane, ancienne paroisse de Saint-Martin-d'Arc) ; Valmeinier ; Saint-Martin-de-la-Porte ; Beaune ; Le Thyl et Orelle.

Mestralie de (A)Modane Le territoire de la mestralie de Modane comprend les paroisses de Modane, Le Bourget et Villarodin, Fourneaux, Freney et Avrieux.

Mestralie de Termignon Termignon est le centre de la mestralie, avant d'être remplacée par Lanslebourg. Cette mestralie possède un péage permettant le passage du col du Mont-Cenis.

Le territoire réunit les paroisses de Termignon, de Lanslebourg, d'Aussois et de Sollières.

Inféodation de la châtellenie (-) En , le duc Charles-Emmanuel de Savoie, qui a besoin d'argent, vend pour à Pierre de Duin, dit Maréchal, baron de la Val d'Isère, gouverneur du château de la ville de Conflans, et son frère Jean-Balthazard, le revenu de la châtellenie de Saint-Michel.. En 1608, ils obtiennent la juridiction sur celle-ci"Maurienne, 1000 ans" p.743.. En 1609, cette dernière vente est annulée, suivant une volonté des habitants de la mestralie et le domaine rejoint les possessions ducales.

En , le duc Charles-Emmanuel de Savoie donne, pour trois ans, puis en à vie, l'usufruit du domaine de Maurienne au comte Odin Sandry.. Toutefois, à la mort du duc (1630), en l'absence de lettres patentes, le domaine entre à nouveau dans le domaine ducal.

Le duc vend, pour , en , le reste du domaine de Maurienne à Philibert de la Valdisère de Duin, dit Mareschal, seigneur de Saint-Michel.

Les châtelains Le châtelain administre, tient les comptes et possède un rôle militaire majeur, pour le comte de Savoie., à partir du .. Il est un ... Il est chargé de la gestion de la châtellenie, il perçoit les revenus fiscaux du domaine, et il s'occupe de l'entretien du château..

Afin de l'aider dans sa gestion, le châtelain est secondé par un vice-châtelain ou lieutenant, ainsi que par des métraux (ou mistraux) pour gérer les mestralies. (chanoine Garin), ils appartiennent très généralement à la noblesse locale ou du comté. Le chanoine Garin précise par ailleurs que .

Le châtelain est aussi parfois aidé par un receveur des comptes, qui rédige « au net [...] le rapport annuellement rendu par le châtelain ou son lieutenant »..

Selon le comte François-Clément de Mareschal de Luciane, dans une publication en lien avec le Congrès des Sociétés savantes de Savoie (1895), les châtelains sont d'abord mentionnés comme châtelains d'Hermillon, jusqu'à l'année 1281 dans les différents actes, avant d'avoir la mention d'un premier châtelain de Maurienne en 1287. L'auteur , sans précisions. L'année précédente, le bulletin Travaux de la Société d'histoire et d'archéologie de la province de Maurienne (1894) publiait de son côté une liste de châtelains.

Avertissement : les personnalités en italique sont celles citées comme châtelains dans le bulletin Travaux de la Société d'histoire et d'archéologie de la province de Maurienne (1894) ou d'autres documents, dont nombre n'apparaissent pas dans les comptes de châtellenie des Archives départementales.

1150 : Noble Antoine Du Pont (Dupont) ; 1210 : Noble Jean Mareschal ; 1240 : Noble Antoine Champion, de St-Michel-de-Maurienne ;

Mestralie de Maurienne - : André de Greysier (Grésier), métral et receveur de la mestralie de Maurienne de la Verne en sus ; - : Pierre Gerbaix et Gautier de Boze, métraux et receveurs des mestralies de Novaleyse et de Maurienne ; 1270 : Noble Dieulefils de Saint-Alban - : Guillaume de Celliers, châtelain d'Aiguebelle et Hermillon, métral de Maurienne receveur des revenus d'icelles châtellenies et mestralies, ancien châtelain de Saint-Cassin et métral de Chambéry. ; 1273-1276 : Hugues de Macôt, châtelains et receveurs des revenus de la châtellenie d'Hermillon et mestralie de Maurienne ; - : Guichard de Livron et Humbert de Nucey, châtelains et receveurs des revenus des lieux et mandements de la châtellenie d'Hermillon et mestralie de Maurienne ; 1281 : Noble Aldet Deschamps de Rieu ; 1282 : Noble Pierre de La Balme ; 1287 : Noble Martin de Châtillon ;

Châtellenie de Maurienne 1284-1288 : Damoiseau Pierre de La Balme extrait de sa Thèse de doctorat d'Histoire dirigée par Etienne Hubert, Université Lumière-Lyon-II (lire en ligne)., châtelain et receveur ; 1287-1288 : Martin de Châtillon ; 1292-1296 : Noble Guillaume Reynard et Hugues Amblard ; - : Dieufils de Saint-Alban ; 1300 : Noble Berlion de La Mare (Mari, voire de la Mays ou de la Mars) ; - : Pierre d'Hauteville ; - : Pierre de Clermont ; - : Hugues Amblard ; - : Berlion de La Mare (Mari), châtelain et receveur ; 1310 : Noble Jean Broncin ; - : Berlion de La Mare et Pierre d'Herbeis ; - : Noble Pierre de Duin et son fils Péronet ; - : Noble Humbert de La Sale, professeur de Droit ; 1319 : Noble Oddet de la Chandée ; 1320 : Noble Aimon Sibille, qualifié de ministre de Maurienne ; - : Rolet de Miolans ; 1323 : Noble Pierre de Hauteville ; - : Antoine de Clermont ; - : Boniface de Scalengues, châtelain et receveur ; - : Odon de Chandey (Chandeyaco, Chandée) ; - : Jean Reynard ou Renard (Reynardi) ; - : Rodolphe de Blonay ; - : Pierre de Verdon ; 1336 : Noble Nicolas Perrier ; - : Pierre Thomas ; - : Aymon de Chalomd (?) ; 1339 : Noble Léonet (Hugonet) Barrai, de Suse ; - : Lyonnet/Lionnet Barral (Barralis) ; - : Noble Guillaume Droz, des Rivoles ; - : chevalier Pierre de Montgellaz (Montgelat Montgelas), de Chambéry, futur maître et auditeur des comptes. ; - : Humbert dit le « Bâtard de Savoie », seigneur d'Arvillard. Son vice-châtelain Guillaume de la Forêt en 1346 ; 1347 : Noble Hugues Amblard ; - : Nicod (Nicolet) François ; 1354-1355 : Nicolas Provana, co-seigneur de Druent (Piémont) ;