Aimé Lucien Duval, mieux connu sous le nom de Père Duval, né le au Val-d'Ajol, dans les Vosges et mort le à Metz (Moselle), est un prêtre jésuite français, auteur-compositeur-interprète et guitariste, qui eut beaucoup de succès dans les années 1950 et 1960.

Biographie Cinquième d'une famille paysanne de neuf enfants, Aimé Duval fréquente l'école du Hariol, hameau du Val d'Ajol, puis l'école Saint-Augustin de Plombières. C'est dans cette commune qu'il rencontre le père Lefoul auprès duquel il trouve sa vocation.

Formation religieuse En 1936, Aimé Duval entre au noviciat des Jésuites à Florennes (Belgique) où il effectue presque toute sa formation jusqu'à son ordination sacerdotale à Enghien (Belgique), le .

Carrière musicale Doué d'une belle capacité d'expression lyrique, il agrémente ses sermons de chansons qu'il accompagne personnellement à la guitare. À partir de 1953, il se donne entièrement à la chanson, toujours en solo-guitariste. Il fait la connaissance de Georges Brassens, qui le surnomme amicalement « la calotte chantante » et fera un clin d'œil malicieux à cette rencontre dans Les Trompettes de la renommée :Le ciel en soit loué, je vis en bonne entente Avec le père Duval, la calotte chantante Lui, le catéchumène et moi, l'énergumène Il me laisse dire « merde », je lui laisse dire « Amen » Il a été surnommé le « Brassens en soutane ».

Au cours de sa carrière, le père Duval donne plus de dans . Il rassemble plus de au seul concert de Berlin en 1958.

Sur les grandes scènes nationales où il s'est produit, le palais de Chaillot (1961) et l'Olympia (1964), son directeur d'orchestre et arrangeur fut Mario Bua. Musicien prolixe, Mario Bua (1921-2008) travailla pour Aimé Barelli ou encore Henri Salvador.

Alcoolisme Comme beaucoup de vedettes de cinéma ou de la chanson, il est perpétuellement en voyage de ville en ville, et cette existence effrénée, ainsi que le manque de soutien et d'attention de ses supérieurs, lui sont néfastes. Il sombre dans un alcoolisme dont il a beaucoup de peine à se libérer. Il donne un témoignage de son calvaire, de sa résurrection et de l'aide qu'il apporte ensuite à d'autres alcooliques dans un livre autobiographique : L'Enfant qui jouait avec la lune : Chanteur, Jésuite, Alcoolique (éditions Salvator, 1983). En 2014, ce livre en était à sa neuvième édition.

Mort Aimé Duval meurt le après un concert donné à Metz. Ses obsèques sont célébrés en la basilique Saint-Epvre de Nancy le . Il est enterré à Nancy, au cimetière de Préville.

Postérité Influencés par le succès musical rencontré par le jésuite Aimé Duval, d'autres religieux suivent un chemin proche : le père Cocagnac pour les Dominicains, le père Bernard pour les Franciscains, le frère Didier ou encore Sœur SourirePhilippe Meyer, « Radio nostalgie », Vanity Fair n°52, novembre 2017, pages 108-113., et, parmi les protestants, le pasteur Jean-Louis Decker en AlsaceSerge Dillaz, La chanson française de contestation. Des barricades de la Commune à celles de Mai 1968, Seghers, Paris, 1973, .

Chansons Parmi ses chansons célèbres, figurent :

Notes et références

Voir aussi Bibliographie, discographie Lucien (un pseudonyme : il s'agit de son deuxième prénom), L'Enfant qui jouait avec la lune, Mulhouse, 1983. Paul Tihon : Le Père Duval ou la chanson fraternelle, Bruxelles, 1960. Ignacio Echaniz : Passion and Glory (vol.4), Anand (India), Gujarat Sahitya Prakash, 2000, pp. 236–243. Intégrale 1956-1961 : coffret 4 CD, Monthabor Music, 2014-2016

Liens externes

Le père Duval, site officiel Interview du père Duval par Pierre Dumayet au cours de l'émission Cinq colonnes à la une le sur le site de l'INA Entretien entre Georges Brassens et le père Duval sur le site de l'INA, interview du 29/02/1960 par Robert Beauvais

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