Le de dragons (également appelé , le ou encore ), basé à Fontevraud-l'Abbaye (Maine-et-Loire), est une unité de l'arme blindée et cavalerie de l'armée de terre française, créée sous la Révolution à partir du régiment de Condé-dragons, un régiment de cavalerie français d'Ancien Régime.

Depuis , ce régiment est spécialisé dans la défense NRBC à la suite de la fusion du de dragons et du groupe de défense NBC (GD-NBC) stationné à Draguignan. Il conserve les traditions du de dragons et se spécialise comme unité de défense NRBC.

Le de dragons est rattaché à la brigade du génie. Il s'agit du plus ancien régiment de cavalerie de France encore en activité.

Création et différentes dénominations 1556 : existence d'une compagnie d'ordonnance de 50 lances appartenant à la maison de Condé, au service du roi. : création, à partir de cette compagnie d'ordonnance, du régiment d'Enghien-cavalerie (nommé en référence au titre du fils aîné de la maison de Condé, duc d'Enghien). : le régiment est renommé Condé-cavalerie, à la suite de la transmission du titre de prince de Condé au duc d'Enghien. 1761 : à la suite des lourdes pertes subies au cours de la guerre de Sept Ans, fusion de l'unité avec le régiment de Lautrec-cavalerie. : à la suite de la réorganisation des corps de cavalerie français, assimilant les dragons à la cavalerie, il devient régiment de dragons et est renommé régiment de Condé-dragons. Au , les régiments sont numérotés selon l'ordre d'ancienneté, Condé-dragons devient le de dragons. En mai 1814, le de dragons incorpore les de la compagnie des guides-interprètes (ancêtres des interprètes militaires) formée à Boulogne en 1803 en prévision de l'invasion de la Grande-Bretagne et est renommé régiment des dragons du Roi : le régiment redevient pour la période des Cents-Jours, le de dragons. : le décret royal du , prenant effet le , licencie le . : reformé (avec les mêmes hommes et officiers), sous l'appellation de régiment de dragons du Doubs. : renommé de dragons. : dissolution à Lyon du de dragons, dont les effectifs sont versés au 9e régiment de cuirassiers. : recréé comme unité mécanisée (avec compagnies de side-cars, motocyclistes, et auto-chenilles) sous le nom de de dragons portés. : devient le de dragons portés. : dissolution du de dragons portés. : recréation du de dragons à Auch au sein de l'armée d'armistice. : dissous sur ordre du général Bérard, commandant la Région Militaire ( R.M.) après, investissement de la zone Sud (zone libre) par l'armée allemande. Ses hommes prêtent alors le serment d'Auch. : le capitaine de Neuchèze s'évade avec l'étendard du régiment, qui devient le seul emblème de l'armée française à recevoir la médaille des évadés le par le maréchal de France Jean de Lattre de Tassigny. : reformé à Sfax (Tunisie) (P.V. Intendance militaire de Gabes-Sous) comme régiment de blindés chasseurs de chars. : dissolution du régiment à Laon-Couvron. : recréation du régiment au camp de Fontevraud-l'Abbaye. : fusion avec le GD-NBC et renommé de dragons - nucléaire, biologique et chimique ( RD-NBC). Le régiment reprend ensuite comme dénomination officielle de dragons. "Condé-dragons" est depuis l'unique régiment de l'Armée de terre organisé pour faire face aux menaces nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques.

Composition actuelle

Le régiment est actuellement armé par : 1 état-major. 1 escadron "école des dragons" destiné à la formation des personnels et à l’instruction spécialisée. Composé de pelotons formation générale initiale (FGI), de pelotons formation générale élémentaire (FGE) et de pelotons destinés à la formation spécialisés. 4 escadrons mixtes composés de pelotons d'équipes de reconnaissance et d'évaluation (ERE), de pelotons de reconnaissance mobile embarquée (RME) et de pelotons de décontamination (DCT). 1 escadron de commandement et de logistique. 2 escadrons de réserve. centré|vignette|888x888px|Organisation théorique du 2ème RD en 2020 Le GAOS En 2012, avec l'utilisation d'armes chimiques dans les conflits au Levant, notammement la guerre civile syrienne, le COS a exprimé un besoin de disposer d'opérateurs compétents dans le domaine NRBC. C'est donc en fin 2012 que des premières expérimentations d'intégrations de dragons du 2ème à l'intérieur de la structure du COS sont effectuées à Djibouti, ce qui conduit début 2013, à la création et aux premiers exercices du détachement d'investigation et sécurisation (DIS).

En 2015, le commandant des forces spéciales terre décide de la création du GAOS, un vivier de spécialistes de plusieurs domaines (artillerie, guerre électronique, NRBC, déminage, cynotechnie, etc.), ce qui conduit les chefs de corps des régiments concernés à créer les structures nécessaires à l'intérieur de leurs régiments respectifs. Cela se matérialisa au 2ème régiment de Dragon en 2018 par la création d'un peloton GAOS spécifique.

Ce peloton est constitué :

4 détachés de liaison (DL), insérés au sein d’un poste de commandement opérationnel des forces spéciales terres. 5 binômes multicapacitaires, intégrés au sein d'une unité de forces spéciales lors d'une opération.

Les missions du peloton GAOS NRBC sont, selon une directive régimentaire faisant office de doctrine :

Porter assistance au détachement dans la phase de préparation de la mission. Cette mission inclut la formation technique et matérielle du personnel, ainsi que la prise en compte des cas non conformes NRBC lors de l'opération. Apporter une aide à une autre unité, spontanément ou sur ordre, par le mouvement ou par le feu. Exploiter des ressources ou du renseignement afin de produire des éléments de réponses techniques aux autorités supérieures. Et enfin, conseiller les officiers au sein d’un poste de commandement des forces spéciales terres en produisant des éléments de réponse face aux risques ou menaces et en proposant l’emploi d’un ou plusieurs détachements NRBC. Les opérateurs du peloton sont capables de réaliser des missions de détection, de prélèvement et analyse des agents NRBC sur le terrain, de décontamination des opérateurs et du matériel présents sur site, et de produire du renseignement dans le domaine NRBC au profit du commandement. Les opérateurs disposent d'une autonomie accrue permettant une intégration plus fluide au sein des Task Force, grâce à une formation accrue aux procédures communes des forces spéciales (hélitransport, furtivité, rapidité d’exécution…).

Les opérateurs du GAOS NRBC sont notamment qualifiés pour les opérations de type Sensitive Site Exploitation (similaire aux Nuclear Disablement Teams de l'US Army), afin de pouvoir produire du renseignement par l'analyse d'un site précédemment occupé par un ennemi. Ils disposent aussi de qualifications hors NRBC, telles que plusieurs opérateurs qualifiés « opérateurs de premiers secours de combat » (OPSC), ainsi que des télépilotes de drones.

Depuis 2018, les dragons du peloton GAOS ont participé à plusieurs exercices réguliers, tels que les exercices Gorgonnes des forces spéciales terres, Acynomyx de la 11ème brigade parachutiste, Baccarat de la 4ème brigade d'aérocombat, Vent d’automne au profit du 2e REP ou encore Bambari au profit du 1er RPIMa. On peut aussi citer la participation à l'opération Chammal depuis 2015 via un officier conseillant au commandement des forces spéciales terrestres, à l'opération Sabre où 4 équipiers ont été projetés en 2020 dans le cadre de la pandémie de Covid-19. La participation à l'opération Chammal a été étendue au troisième trimestre 2022, via un détachement d'instruction opérationnelle (DIO) au profit de l'armée irakienne afin de les former sur le danger et les mesures à adopter en ambiance NRBC. Il est prévu que les opérateurs français les "recyclent" tous les ans.

Missions Le de dragons est l’unique régiment de l’Armée de terre spécialisé contre les menaces nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques (NRBC). Il est ainsi capable de mettre sur pied des modules de défense NRBC, voire de constituer le noyau d’un bataillon NRBC multinational dans l'OTAN. Le de dragons peut intervenir soit en appui des forces terrestres engagées sur un théâtre d’opération extérieure, soit sur le territoire national en renfort des moyens de la sécurité civile.

Les missions du de dragons s’articulent en quatre axes : appuyer les forces armées sur les théâtres d’opération contre les menaces et risques NRBC (nucléaire, radiologique, biologique et chimique) ; participer à la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive ; contribuer à la protection des populations civiles, y compris sur le théâtre national ; participer aux missions de sécurité en métropole et outre-mer.

Matériels Véhicules et systèmes d'armes VAB de reconnaissance NRBC VLRA NBC TRM 10000 SDA (système de décontamination approfondi) CERPE (centre de reconditionnement du personnel) Masstech T4 PVP VT4 GBC 180

Armements HK 416 Glock 17 MAG 58 Browning M2 FAMAS (en cours de versement) MAC 50 (en cours de versement)

Chefs de corps régiment de dragons thumb|upright=0.5|Emmanuel de Grouchy, colonel du de dragons en 1792. 1792 : colonel Emmanuel de Grouchy, marquis de Grouchy 1792-1793 : colonel Pierre Colomb 1793: chef de brigade Louis Cloquet de Vrigny 1793-1794 : chef de brigade Étienne Leclerc 1794: chef de brigade Humbert Richer 1794-1795 : chef de brigade François Macquart 1795 : chef de brigade Jacques Marguerite Étienne de Fornier 1796 : chef de brigade Raymond Gaspard de Bonardi, comte de Saint-Sulpice 1796-1803 : chef de brigade Jacques Marguerite Étienne de Fornier (dit Fénérolles ou de Fénérols) 1803-1807 : colonel Ythier Sylvain Pryvé 1807-1813 : colonel Pierre Ismert 1813-1814 : colonel Laurent Hoffmayer 1814: colonel Jean-Baptiste Bouquerot des Essarts, baron Première restauration 1814-1815 : colonel Paul Marie Rapatel, baron régiment de dragons 1815: colonel Jean-Baptiste Dubessy 1815: colonel François-Joseph de Planzeaux Dragons du Doubs 1815-1823 : colonel Paul Marie Rapatel, baron 1823-1833 : colonel comte de Châteaubodeau régiment de dragons 1833-1846 : colonel baron Bernard-Marthe Imbert de Saint-Amand 1846-1850 : colonel vicomte Charles-Marie-Augustin de Goyon 1850-1857 : colonel baron Joachim Ambert 1857-1863 : colonel Decroix 1863-1865 : colonel Joseph Bachelier 1865-1873 : colonel Amédée Mercier du Paty de Clam 1873-1876 : colonel Gontier 1876-1880 : colonel de Joybert 1880-1885 : colonel Rozier de Linage 1885-1890 : colonel Philippe Lichtenstein 1890-1893 : colonel Cuny 1893-1900 : colonel Achille de Valentin de Latour 1900: colonel Jean Léon Albert de Pontac 1900: colonel Gérard Amanrich 1900-1901 : colonel Desprez 1901-1903 : colonel Jean Léon Albert de Pontac 1903-1906 : colonel Georges Charlery de La Masselière 1906-1907 : colonel Ferand-Giraud 1907-1910 : colonel Fleury 1910-1916 : colonel Schultz 1916-1917 : colonel Théron 1917: colonel Magnin 1917-1920 : colonel Detroyat 1920-1926 : colonel Donop 1926-1927 : colonel Vignon 1927-1929 : colonel Boscals de Réals 1929-1930 : colonel Baruteau 1930-1935 : colonel Revouy 1935-1937 : colonel Richard Boutaud de la Villéon 1937-1938 : colonel Larréra de Morel 1938-1940 : colonel Perraud 1940: lieutenant-colonel L’Hotte 1940: lieutenant-colonel Watteau 1940-1943 : colonel Guy SchlesserGuy Schlesser (1896-1970), général français, commandant de l'ESM Saint-Cyr en 1946. 1943-1944 : colonel Sauzey 1944-1945 : colonel André Demetz 1945-1947 : colonel de Clerck 1947-1948 : colonel de Toulouse-Lautrec 1948-1951 : colonel Sauve 1951-1953 : colonel Dorange 1953-1955 : colonel Loyseau 1955-1957 : colonel Paul Caravéo 1957-1959 : colonel Jean Périn 1959-1961 : colonel de Torquat de la Coulerie 1961-1963 : colonel de Butler 1963-1965 : colonel Lévesque 1965-1967 : colonel Rozec 1967-1969 : colonel Michaut 1969-1971 : colonel Xavier d’Arras 1971-1973 : colonel Henri Lalande