L' est une pathologie correspondant à l'absence de dents dans une bouche adulte. L'édentement commence lorsqu'au moins une dent manque à la denture d'un adulte, hors dent de sagesse. L’édentement complet ou édentement total représente une situation de handicap majeur, . Cette pathologie concerne environ 158 millions de personnes dans le monde en 2010, soit 2,3 % de la population mondiale.
L'édentement était une pathologie autrefois fort commune, mais aujourd'hui cette pathologie concerne en premier lieu les personnes âgées et/ou précaires dans les pays développés. De nombreux autres facteurs entrent en ligne de compte : alimentation, prédisposition génétique, hygiène buccale, toxicomanie, etc.
Un édenté est une personne souffrant d'édentement. Dans l'imaginaire collectif, les édentés représentent les personnes âgées, les pauvres. Les édentés sont source d'inspiration dans l'art, notamment en peinture et au cinéma.
Diagnostic et pathologie Description vignette|Remplacement des dents naturelles par des dents en or.
Chez l'homme, on parle d'édentement quand il manque une ou plusieurs dents dans une bouche. L'absence des dents de sagesse (troisièmes molaires), ne constitue pas un édentement.
La denture complète d'un humain adulte comporte 32 dents. Souvent, les dents de sagesse, ou les troisièmes molaires, sont extraites. Dans ce cas, la bouche va comporter 28 dents, à savoir 8 incisives, 4 canines, 8 prémolaires et 8 molaires.
Un édentement est dit encastré quand il est bordé de dents sur ses deux côtés. Il est libre quand les dents manquantes se trouvent au fond de la bouche et qu'il ne reste des dents que d'un côté de l'édentement.
Classification La classification de Kennedy tient son nom du chirurgien-dentiste Edward Kennedy qui a eu l'idée d'organiser les édentements en quatre classes (origine 1923). Elle est utilisée quotidiennement par les chirurgiens-dentistes pour qualifier les édentements : la classe 1 : désigne un édentement postérieur bi-latéral. Pour faire plus simple, c'est le cas où le patient ne garde que les dents antérieures (incisives et canines) alors que les autres dents sont absentes. De face, on ne rend pas tellement compte de l'absence des dents postérieures, mais latéralement, cet édentement est très visible. Classe 1 parce que c'est probablement l'édentement le plus fréquent et il est dû aux caries le plus souvent. Les dents postérieures étant les plus sollicitées lors de la mastication, ce sont elles qui sont perdues en premier en cas de problèmes. L'édentement de classe 1 est un édentement libre ; la classe 2 : édentement postérieur unilatéral. Un patient classe 2 a donc plus de dents qu'un classe 1. L'édentement de classe 2 est aussi un édentement libre. C'est un édentement dû le plus souvent aux caries ; la classe 3 : édentement encastré uni-latéral. La définition est très large et englobe un nombre important de cas cliniques ; la classe 4 : édentement encastré antérieur de part et d'autre de la ligne sagittale médiane. Cet édentement est le plus visible puisqu'il touche des dents antérieures comme les incisives et les canines. Il est rare et le plus souvent dû à un traumatisme (accident, coup…). Le préjudice esthétique est important et la phonation compromise. La classification ne tient pas compte de l'arcade où l'édentement a lieu, mais surtout de la structure de celui-ci. L'édentement peut être différent en maxillaire et en mandibulaire.
Conséquence vignette|Un édentement encastré.
Les conséquences négatives d'un édentement partiel ou complet sont nombreux au niveau de la sphère oro-faciale : elle engendre un fort déficit esthétique en raison du manque de soutien des tissus et de la musculature faciale ; elle engendre un déficit fonctionnel important pouvant avoir des répercussions importantes sur l’état nutritionnel du sujet atteint ; elle s’accompagne d’une résorption osseuse des maxillaires qui est inéluctable en l’absence de traitement implantaire ; de plus, les sentiments d’inconfort et de fragilité qui en découlent sont vécus comme un véritable handicap psychologique par le patient édenté total pouvant avoir des répercussions très importante sur sa vie sociale.
L'édentement complet ou édentement total représente une situation de handicap majeur : esthétique, fonctionnel et psychologique .
Épidémiologie Échelon mondial L’évolution démographique montrant une augmentation constante de l’espérance de vie, force est de constater également une augmentation des cas d’édentés totaux et ce malgré la prévention et des soins conservateurs de plus en plus performants. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) prévoit 30 % d’édentés totaux dans le monde en 2030. D'un point de vue épidémiologique, l'édentement concerne environ 158 millions de personnes dans le monde en 2010 (2,3 % de la population mondiale). Cela est plus commun chez les femmes (2,7 % de la population) que chez les hommes (1,9 % de la population).
Dans les pays développés, les sans-abris sont particulièrement touchés, et c'est dans cette population que l'on peut retrouver des édentés complets, c'est-à-dire sans aucune dent.
Europe Il y a peu d'études épidémiologiques sur l’édentement et la perte des dents dans bon nombre de pays européens. D’une manière générale, la prévalence de l’édentement et l’incidence des dents perdues sont en voie de régression au cours de ces dernières décennies, mais sont en augmentation avec l’âge. D’importantes divergences subsistent néanmoins entre différents pays et différentes zones géographiques, en fonction également de facteurs contextuels (aspect socio-économique, niveau de formation) et individuels (tabagisme, habitudes d’hygiène). Bien que leur rôle soit incontestable, il n’y a cependant pas de véritable consensus quant à l’implication plus ou moins importante des facteurs extrinsèques ou intrinsèques dans la perte des dents. Les personnes résidant en institution présentent globalement une santé bucco-dentaire compromise, et continuent à être dépourvues des soins dentaires de première nécessité et de l’attention adéquate..
France En France, un rapport du Centre de recherche, d'études et de documentation en économie de la santé (CREDES) datant de 2002 souligne les problèmes dentaires liés à la précarité. Il pointe notamment le fait que le nombre de dents manquantes est beaucoup plus élevé chez les précaires et que l'écart augmente fortement avec l'âgeRapport du CREDES de 2002.
Prévention et politique de santé vignette|Une prothèse maxillaire.
Échelon mondial
Santé bucco-dentaire et fluorures La mesure la plus efficace pour prévenir la carie dentaire est de maintenir en permanence un faible niveau de fluorures dans la cavité buccale L’objectif des programmes communautaires de santé publique devrait donc être de mettre en œuvre le moyen le plus approprié pour maintenir ce niveau faible mais constant de fluorures chez autant de personnes que possible. Pour cela, on peut avoir recours à l’eau de boisson, au sel, au lait, aux bains de bouche et aux dentifrices fluorés, ou à l’application de fluorures par un professionnel ou bien encore à une combinaison de dentifrice fluoré et d’une autre source de fluorures. Les données montrent clairement que l’exposition prolongée à un niveau optimal de fluorures se traduit par une diminution de la carie tant chez l’enfant que chez l’adulte..
Alimentation, nutrition, tabac et santé bucco-dentaire Existent dans le monde deux types de malnutrition, le premier associé à la faim ou aux carences nutritionnelles et le second à la suralimentation. L’effet de la consommation de sucre après l’éruption des dents est l’un des facteurs étiologiques de la carie dentaire ; le lait maternel prévient la survenue des caries de la petite enfance, provoquées par une exposition fréquente et prolongée des dents au sucre (biberon d'eau sucrée, eau sucrée à volonté pendant la journée) ; la consommation de boissons sucrées est le risque majeur pour la carie dentaire ; recours aux produits naturels de bonne valeur nutritionnelle à la place de produits alimentaires raffinés et industrialisés ; la consommation excessive d’alcool est un important facteur de risque dans l’étiologie des lésions précancéreuses et cancéreuses de la cavité buccale ; le tabac est un facteur de risque pour le cancer de la cavité buccale, les récidives de ce cancer, les maladies parodontales de l’adulte.
Santé bucco-dentaire à l'école et chez les jeunes Les programmes visant à améliorer la santé bucco-dentaire des jeunes doivent tenir compte des facteurs à risques développés par cette tranche d'âge notamment la consommation de bonbons, de boissons sucrées, de tabac ou d’alcool. Des alliances efficaces entre l’environnement familial, le milieu scolaire, les professionnels et les organisations communautaires sont nécessaires si l’on veut contrôler les risques pour la santé bucco-dentaire des jeunes.
Amélioration de la santé bucco-dentaire chez les personnes âgées Les maladies bucco-dentaires sont généralement évolutives et cumulatives. Le processus du vieillissement peut directement ou indirectement accroître le risque de maladies bucco-dentaires et de perte des dents, phénomène que complique encore un mauvais état de santé générale. Chez les personnes âgées, on observe une prévalence élevée de co-morbidité et des obstacles aux soins, en même temps que des problèmes de santé bucco-dentaire liés aux phénomènes suivants : évolution de l’état de la denture ; prévalence de la carie et besoins de soins non satisfaits ; poches parodontales/perte d’attache parodontale et mauvaise hygiène bucco-dentaire ; édentation et perte fonctionnelle ; conséquences de prothèses dentaires amovibles mal adaptées ; douleur et gêne cranio-faciales. Il faut donc fournir des services de santé bucco-dentaire adaptés, qui soient accessibles, appropriés et acceptables. L’état de santé des personnes âgées doit également être pris en compte avant de planifier un traitement complexe pouvant comporter des interventions chirurgicales.
Santé bucco-dentaire, état de santé générale et qualité de vie
En France
vignette|Prothèse amovible en résine. vignette|Couronne fixe. vignette|Prothèse mixte.
Dispositif M’T Dents Créé en 2007, le dispositif M’T Dents favorise un contact précoce avec un chirurgien-dentiste et des rendez-vous réguliers pour les enfants aux âges à risque de caries (6, 9, 12, 15 et 18 ans), incluant la prise en charge d’une visite d’examen et des soins consécutifs à 100 %. Le programme inclut aussi une phase de sensibilisation collective à l’école et une prévention personnalisée en cabinet dentaire. En , l’UFSBD (Union française pour la santé bucco-dentaire) affirme que ce programme est supprimé et dénonce une décision politique qui compromet la santé globale des futures générations et favorise l’inégalité d’accès aux soins.. La dénonciation de cette suppression a été repris par Jean-Luc Mélenchon lors de l'affaire des "sans-dent"., mais est démentie par la suite. En 2018, ce dispositif est toujours en place..
Accès aux soins L’accès aux soins bucco-dentaires. s’améliore en France mais les traitements de réparation ne sont pas ou mal pris en charge par les caisses d’assurance maladie. La proportion de Français qui respectent les prescriptions en matière de suivi dentaire est en hausse : 59 % des Français consultent leur dentiste au moins une fois par an (contre 52 % en 2009).
L’image des dentistes auprès des Français est toujours aussi bonne : 91 % des personnes interrogées ont bonne image de leur dentiste
Néanmoins, plus d’un Français sur trois (35 %) a déjà renoncé à des soins dentaires en raison du coût du traitement : les personnes ayant déjà dû y renoncer pour des raisons financières étant surreprésentées en Île-de-France (46 %) et chez les personnes ne bénéficiant pas de couverture complémentaire (46 %).