vignette|Photo d'une forêt d'Ulva Island Ulva (), est une île de Nouvelle-Zélande.

Géographie

Elle mesure environ de long. Elle se situe dans le Paterson Inlet (Whaka a Te Wera en maori), lui-même situé sur l'île Stewart (Rakiura en maori), qui est la troisième île de Nouvelle-Zélande en superficie.

Ulva a un périmètre de et une surface de , dont la grande majorité fait partie du parc national de Rakiura. Tout autour d’Ulva, une réserve marine de a été créée en 2004 et porte le nom de l’île, Ulva Island-Te Wharawhara Marine Reserve..

Ulva s'appelait autrefois Coopers Island.

Une petite partie de l'île (environ huit hectares entre Sydney Cove et Post Office Bay) est une propriété privée. La majorité de l'île est publique et gérée par le Department of Conservation (DoC), dont l'action vise à lui conserver son statut d’île exempte de prédateurs.

Histoire Les Maoris de la tribu Ngāi Tahu, la tribu principale de la région sud de l’île du Sud, se rendaient de temps en temps à Ulva pour récolter l’écorce des tōtara, un conifère endémique de la Nouvelle-Zélande. Certains sites où des tōtara ont été abattus sont âgés de et constituent les premières preuves de présence humaine à Ulva Island.

En 1872, Charles Traill y crée le premier bureau de poste à Post Office Bay. Il s'agit du premier bureau de poste dans la région de Stewart Island. Post Office Bay est un point central du Paterson Inlet. Traill peut ainsi prévenir les habitants de l’arrivée du bateau postal en provenance de la ville de Bluff en levant un drapeau. Grâce au bureau de poste, Ulva Island est devenue un lieu de rencontre sociale important pour les habitants de Stewart Island.. vignette|Vue de Post Office Bay sur Ulva Island (Nouvelle-Zélande) La poste a été transférée en 1923 à Oban, seule ville de Stewart Island qui compte de nos jours un peu moins de . Ulva est restée inhabitée depuis, mais reste accessible aux visiteurs. En effet, dans les années 1880, le Département du tourisme finance des chemins de randonnée sur l’île et Ulva devient en 1922 l’une des premières réserves panoramiques de Nouvelle-Zélande.

L'île est visitée depuis plus d’un siècle et demeure accessible par le ferry en partance d’Halfmoon Bay ou de Golden Bay depuis Stewart Island. Elle ne se visite qu’en journée et il est interdit d'y camper..

Faune et flore De nombreuses espèces aviaires endémiques et migratoires peuvent être observées sur l'île tout au long de l'année, comme la Sarcelle de Campbell, le Pluvier roux, le Kākā (un perroquet vivant en forêt), le pingouin du Fiordland, le Mōhua à tête jaune, le Fernbird de Stewart Island, le Weka de Stewart Island, le Robin de Stewart Island, le Cormoran de Stewart Island, le Manchot antipode, le Pluvier à double collier, le Puffin fuligineux, le Xénique grimpeur, le Manchot pygmée, le Kererū (une espèce de pigeon), le Bellbird, le Grimpereau brun, la Mésange Miro, le Fantail, le Kiwi de Stewart Island, le Saddleback de l’île du Sud ou encore la Perruche de Sparrman. vignette|Photo d'un weka sur une plage d'Ulva Island Outre des oiseaux, il y a aussi de nombreuses espèces de poissons, de reptiles ou d’insectes mais aussi les seules espèces de mammifères endémiques de la Nouvelle-Zélande comme certaines espèces de chauves-souris telle que la chauve-souris à longue queue. Par exemple la Daphné de sable (une espèce de papillon), le Gecko Harlequin, le Jewelled Gecko, le Green Skink, le Skink à petites oreilles et le Southern Skink (trois espèces de lézards), le Gollum Galaxias (une espèce de poisson), le Bully à nageoire rouge, le Kōkopu géant (deux espèces de poissons) ou encore quelques espèces endémiques d’escargots, de mouches ou de scarabées.

Comme Ulva Island a été peu touchée par l’activité humaine, la végétation de l’île est restée dans un état bien conservé, même si elle a aussi été touchée par les espèces invasives (moins que les espèces d’oiseaux, et moins que la végétation en Nouvelle-Zélande en raison de l’absence d’opossums), leur éradication a permis le repeuplement du sous-bois. De plus, la rareté des mauvaises herbes sur Ulva Island a laissé la place à une couverture du sol par différentes espèces de mousses dont certaines sont endémiques.

Autour des zones côtières, Ulva Island a majoritairement des petits arbustes qui font office de tampon avec la mer. Dans les zones plus abritées, il existe un grand nombre de fougères et d’espèces de feuillus. Le Rimu est le plus grand des arbres de l’île, le Tōtara est très connu pour son importance pour les Maoris, mais d’autres arbres comme le Southern rātā ou le Kāmahi peuvent également être observés sur Ulva Island. vignette|Photo de la forêt primaire à Ulva Island. Le retour de toute cette faune et flore sur Ulva Island est dû notamment au travail de conservation et de restauration débuté par le DoC en 1992 lors de l’extermination des espèces invasives sur Ulva Island, et les réintroductions d’espèces qui ont suivi.

Protection environnementale

Lutte contre les prédateurs importés par l’homme La Nouvelle-Zélande a souffert de l’introduction de mammifères tels que l’opossum, différentes espèces de rats, de mustélidés (belettes) et de félins.

Des études scientifiques (notamment de John Innes et de Graeme Hill) ont permis d’estimer l’impact de ces différents prédateurs à une perte de et de jeunes oiseaux chaque année pour les espèces d’oiseaux endémiques de la Nouvelle-Zélande. Leur introduction a aussi causé des pertes importantes sur le tourisme et la production primaire du pays ainsi qu’à des dommages importants sur les espèces végétales imputables notamment à l’opossum qui est omnivore..

L’arrivée de l’homme en Nouvelle-Zélande il y a 700 ans a ainsi eu un impact énorme sur les oiseaux en introduisant de nouveaux prédateurs. Aujourd'hui, un quart des espèces d’oiseaux endémiques de Nouvelle-Zélande sont ainsi éteintes.

La Nouvelle-Zélande fait partie des pays insulaires pionniers dans la lutte et l’éradication de ces prédateurs nuisibles, ayant créé dès 1964 des plans d’éradications dans certaines îles au large du pays. La Nouvelle-Zélande distingue en effet ses deux îles principales (l’île du Nord et l’île du Sud) considérées comme le « continent » de toutes les autres petites îles du pays considérées comme les « îles au large du continent ». Le pourcentage de superficie des îles au large sans aucun prédateur importé est ainsi passé grâce aux plans d’éradication de 0,5 % en 1963 à 10 % en 2014. De plus, au vu de leur réussite des plans d’éradication, notamment dans les grandes îles de Stewart Island (au sud de l’île du Sud) et de Great Barrier Island (au large d’Auckland dans le nord du pays), ce pourcentage pourrait dépasser les 50 % d’ici 2025. vignette|Photo de West End Beach sur Ulva Island Grâce à sa situation géographique à la fois isolée du continent mais facilement accessible depuis Stewart Island, Ulva Island a été choisie par la Nouvelle-Zélande pour bénéficier d’un plan d’extermination des espèces invasives en 1992. La méthode utilisée dans ce plan est l’utilisation de stations d’appâts contenant du brodifacoum, un produit capable de tuer les rongeurs..

Le DoC a également considéré le plan d’extermination sur Ulva Island comme une opportunité d’apprentissage. Cela lui a permis de tester la densité minimale efficace du point d'appât, les charges minimales d'appât et les approches frontales avant l'application de l'appât. Seulement cinq ans plus tard, en 1997, l’île a été déclarée débarrassée de ses espèces nuisibles et les résultats positifs ont permis au DoC d’améliorer ses futurs plans d’extermination.

Malgré quelques réapparitions d’espèces invasives (notamment d’espèces de rats) durant l’été 1998/1999, en 2006, en 2010, en 2011 ou en 2012, l’île est devenue un refuge pour de nombreuses espèces d’oiseaux menacées, et certaines espèces qui vivent sur Stewart Island (qui a encore des espèces de rats présentes) se servent d’Ulva Island comme lieu de reproduction.

Découvertes et difficultés rencontrées lors de la réintroduction de certaines espèces d’oiseaux à Ulva Island Plusieurs études ont été menées par les scientifiques pour voir les résultats de la réintroduction de différentes espèces d’oiseaux. A savoir les travaux de Stephen Oppel et Brent Beaven sur le Robin de Stewart Island publié en 2002 et le Mōhua à tête jaune publié en 2004, ou l’article de Tara Leech, Emma Craig, Brent Beaven, David Mitchell et Philip Seddon sur le Rifleman (Xénique grimpeur) publié en 2007.

En , de Stewart Island ont été réintroduits à Ulva Island juste avant la saison de reproduction, l’objectif étant de repeupler les Robins dans un de leurs anciens habitats où ils s’étaient éteints à cause des espèces invasives peu de temps après le début du . Un mois après avoir relâché les , le DoC n’a réussi à en retrouver que 14, mais seulement 9 étaient encore sur Ulva Island (les deux autres sont supposés morts). Les cinq autres oiseaux ont réussi à revenir dans leur lieu de vie d’origine à Stewart Island, à environ 25 km d’Ulva Island. De plus, 4 autres ont quitté l’île durant la dernière semaine d’octobre sans retourner dans leur lieu de vie d’origine, ce qui fait qu’une petite partie des Robins seulement se sont réellement installés à Ulva Island..

Cette découverte a cependant permis de montrer que les Robins de Stewart Island sont capables de retrouver le chemin de leur foyer sur une distance de plus de et de franchir des étendues d’eau de 800 mètres, ce qui démontre de bonnes capacités de navigation. Et comme les de Robin de Stewart Island n’avaient pas eu de retour des oiseaux vers leurs lieu d’origine, cela a entrainé des changements dans la gestion des Robin de Stewart Island qui sont relocalisés après la saison de reproduction, mais aussi dans la relocalisation de juvéniles sans territoire établi. vignette|Photo d'un Robin de Stewart Island pris sur Ulva Island En 2001, à tête jaune, un passereau insectivore qui est endémique de l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande et de Stewart Islandont été transférés des Blue Mountains en Otago vers Ulva Island. À cause de la perte d’habitat et des espèces invasives, le Mōhua à tête jaune a disparu de 75 % de son habitat naturel au cours du dernier siècle. Sur les à tête jaune introduits à Ulva Island, 24 ont été retrouvés vivants 4 mois après avoir été relâchés. Autre point positif, les oiseaux se sont dispersés partout sur l’île, parfois en groupe (un maximum de se déplaçant ensemble a été observé)..

Outre le succès de la réintroduction des Mōhuas à tête jaune, l’autre bonne découverte de cette étude est que cinq d'entre eux ont réussi à joindre Tamihau Island, une île qui est presque entièrement couverte de broussaille et de quelques Ratas (une espèce d’arbre), de , à au sud-ouest d’Ulva Island en . Les cinq oiseaux s'y sont installés , ont survécu à l’hiver et ont réussi à se reproduire durant l’été 2002/2003.

L’établissement d’une colonie de Mōhua à tête jaune sur Tamihau Island est une grosse surprise car l’habitat sur l’île paraissait moins favorable qu’à Ulva Island mais surtout parce que jamais le Mōhua à tête jaune n’avait traversé une telle étendue d’eau (un maximum de environ seulement avait été observé auparavant). Cette étude suggère qu’un échantillon d’îles sans prédateur beaucoup plus important peut être envisagé pour de futurs transferts du Mōhua à tête jaune en vue d’augmenter la population de cet oiseau.