L'Apocalypse de Pierre est un texte apocryphe chrétien en grec, probablement rédigé dans le premier tiers du en Égypte, et attribué à l'apôtre Pierre.

Date et lieu de rédaction LApocalypse de Pierre cite l'Apocalypse d'Esdras, écrite au , et la Deuxième épître de Pierre, écrite entre 60 et 130 selon les exégètes. Elle figure dans le Fragment de Muratori, la plus ancienne liste connue d'écrits considérés comme authentiques (« canoniques ») par des chrétiens, daté du tournant entre les , avec ce commentaire : .. Elle est utilisée par Théophile d'Antioche et Clément d'Alexandrie, ce qui indique qu'elle a déjà une large diffusion vers 180, et qu'elle a probablement été écrite quelques décennies plus tôt . Une datation plus précise vers 135 ou peu après s'appuie sur l'utilisation dans le chapitre 2 de la parabole du figuier s'appliquant au soulèvement juif de Shimon bar Kokhba contre les romains de 132 à 135. Cette Apocalypse a été écrite en Égypte, probablement à Alexandrie, par un judéo-chrétien, qui s'appuie sur des sources eschatologiques juives et grecques.

Manuscrits Jusqu'au , le texte grec n'est connu que par les extraits cités par Clément d'Alexandrie ; un fragment du texte est découvert au cours de l’hiver 1886-1887 lors de fouilles archéologiques sur le site de la nécropole d'Akhmîm en Haute-Égypte, dans la tombe d'un moine ; le manuscrit date des -Régis Burnet, Figure des apôtres dans le premier christianisme, conférence, 2011, École pratique des hautes études.Lire en ligne. Le codex contient également des fragments de la traduction grecque du livre d'Hénoch ainsi qu'un fragment en grec de l'''Évangile de Pierre.

Le texte d'un autre document également appelé lApocalypse de Pierre figure dans le codex VII des papyrus retrouvés à Nag Hammadi en 1945, conservés au musée copte du Caire.

Diffusion Une version grecque et une version éthiopienne du texte sont conservées. L'Apocalypse de Pierre se répand à partir de 150 après J.C., elle est citée par certains pères de l'Église grecs, comme Clément d'Alexandrie, mais reste controversée.

Elle n'a jamais été traduite en latin, mais est citée, comme dans le Codex Claromontanus, manuscrit du , bilingue (grec et latin), contenant les épîtres de Paul : à la fin, dans un catalogue stichométrique de l'Ancien et du Nouveau Testament, qui serait la reproduction d'une liste de livres saints datant du , figure la mention de l'Apocalypse de Pierre, avec d'autres apocryphes bibliques, ce qui indique que ces œuvres jouissaient d'un certain prestige.

Contenu vignette|Mosaïque du Jugement dernier à la basilique de Torcello (détail) Ce texte court se présente comme une apocalypse, au sens de « révélation », que le Christ fait à Pierre. Il donne une description du Ciel et de l'Enfer, dont il décrit les supplices ; il a nourri l'imagination chrétienne dans les représentations du Ciel et des Enfers au Moyen Âge, jusqu'à la Divine Comédie de Dante.

Références

Annexes Bibliographie Traductions François Bovon et Pierre Geoltrain (éds.), Écrits apocryphes chrétiens, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, , 1997, vol. I. Adolphe Lods, L’évangile et l’apocalypse de Pierre, Ernest Leroux, 1893.

Études Caspar Detlef Gustav Müller: Offenbarung des Petrus (Einleitung und deutsche Übersetzung). In: Wilhelm Schneemelcher (Hrsg.): Neutestamentliche Apokryphen in deutscher Übersetzung. Band 2: Apostolisches, Apokalypsen und Verwandtes. 5. Auflage. Mohr, Tübingen 1989, , S. 562–578. Albrecht Dieterich, Nekyia: Beiträge zur Erklärung der neuentdeckten Petrusapokalypse, Leipzig, Teubner, 1893 Lire en ligne. A. Wabnitz, « Les fragments de l'Évangile et de l'Apocalypse de Pierre », dans Revue de théologie et des questions religieuses, 1893, n° 6, p. 474-487. Maurice Goguel, « A propos du texte nouveau de l'Apocalypse de Pierre », dans Revue de l'histoire des religions, 1924, vol. 89, p. 191-209 Aperçu en ligne. David Fiensy, « Lex Talionis in the Apocalypse of Peter », dans Harvard Theological Review'', vol. 76, n° 2, , p. 255-258. .

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