vignette|L'écureuil est une espèce synurbique capable d'accéder aux mangeoires d'oiseaux. vignette|Scinque à langue bleue dans la rue d'une banlieue de Canberra. Les espèces synurbiques sont des populations d'êtres vivants (flore urbaine, faune urbaine) dont la densité est plus élevée en milieu urbain qu’en milieu naturel, participant ainsi à la richesse de la biodiversité urbaine. Ce terme est utilisé pour caractériser des populations plutôt qu’une espèce car celle-ci peut contenir différentes populations synurbiques ou non en fonction de leur localisation. Il est évidemment possible qu’une espèce ne comporte que des populations synurbiques et dans ce cas-là, on emploie le terme synurbique pour l’ensemble de l’espèce.

Il est important aussi de distinguer synurbique du terme synanthrope. Une espèce est dite synanthrope si elle est associée au mode de vie humain, tire profit de création humaine (par exemple, une habitation) et non domestiquée. On observe alors une explosion de démographie pour les populations de ces espèces vivant au contact de nombreuses activités anthropogéniques, tel qu’en milieu urbain. Le synurbisme est lui lié aux particularités de l’écosystème urbain, que ce soit pour les facteurs empêchant ou favorisant la vie.

Éléments historiques ..

Le milieu urbain

Il existe plusieurs définitions pour ce mot. Pour MacGregor-Fors, il s’agit d’une zone, dont la plupart de la superficie est recouverte d’une surface imperméable, habitée de plus de 10 habitants par hectare et desservie par plusieurs services publics.

Un milieu particulier

Deux différences abiotiques majeures qui caractérisent le milieu urbain du milieu rural sont le pourcentage de surfaces imperméable et la température.

Surfaces imperméables

La majorité des revêtements des villes est non-naturel. La plupart du temps, l’asphalte ou le béton ont remplacé le sol naturel qui est en grande partie composé de nature vivante.

Ainsi, 80 % des zones de centres urbains sont recouverts de surfaces imperméables ce qui laisse peu d’espaces à la végétation pour se développer.. La végétation étant des éléments clés de la plupart, si pas tous, des écosystèmes terrestres, ce facteur a un impact non négligeable sur l’installation d’espèces animales en ville.

Îlots de chaleur urbain

De plus, ces revêtements jouent un rôle important dans la création de ce qu’on appelle l’îlot de chaleur urbain, « un secteur urbanisé où les températures sont plus élevées que dans les secteurs environnants », qui peut atteindre jusqu’à de plus que dans les zones rurales environnantes dans certaines villes. On note ainsi 4 facteurs participant à sa formation :

Les surfaces qui en fonction de leur capacité à absorber les rayons du soleil, accumulent et libèrent ensuite une certaine quantité de chaleur. Tous les matériaux utilisés dans le revêtement urbain présentent une grande capacité à accumuler les rayons du soleil et libérer de la chaleur. Le manque de végétation et de points d’eau qui normalement, permettent la dissipation de la chaleur par phénomène d’évapotranspiration. L’activité humaine en général, comme l’utilisation d’usine, de climatisation, génère de la chaleur qui est relâchée dans la zone d’activité. L’architecture des villes et ses bâtiments augmente les surfaces d’absorption des rayons solaires, ceux-ci sont donc capturés et réchauffent les bâtiments. Cette chaleur qui est censée se dissiper la nuit, est alors piégée par une couche d’air frais au-dessus de ces bâtiments et le refroidissement nocturne de la ville ne peut s’opérer.

L’écosystème urbain L’écosystème urbain est décrit par deux composantes : les zones de végétation (habitat) et les zones imperméabilisées et construites (la matrice urbaine). L'urbanisation est une des causes majeures de l'érosion de la biodiversité. Elle induit des fragmentation d'habitats qui subsistent sous forme de taches d'habitats, « îlots de nature » en ville qui constituent des réservoirs de biodiversité mais contribuent aussi à l'homogénéisation biotique de la biodiversité (processus qui contribue à la disparition d'espèces rares, spécialisées voire endémiques, et à l'introduction d'espèces bien répandues, généralistes et/ou exotiques voire envahissantes)... Cette fragmentation induit en effet une diminution de la connectivité et de la dispersion des espèces, ce qui a d'importantes conséquences sur la biodiversité à travers ses effets sur la démographie et la génétique des populations (diminution de la diversité alpha et augmentation de l'abondance des espèces synurbiques). Néanmoins, différents facteurs permettent d'expliquer la diversité animale et végétale du milieu urbain. : .

Le milieu urbain englobe ainsi plusieurs écosystèmes : des rues bordées d’arbres, des parcs, des forêts urbaines, des zones humides, des cours d’eau et des lacs. Chacun de ses écosystèmes comporte des caractéristiques végétales et de sol différentes et accueille une certaine population animale et végétaleMilliken, S. (2018). Ecosystem Services in Urban Environments. Nature Based Strategies for Urban and Building Sustainability, 29, 17–27. https://doi.org/10.1016/B978-0-12-812150-4.00002-1. L’ensemble de ces écosystèmes sont souvent comparés à ceux semblables que l’on retrouve en milieu naturel et qui servent de « point de référence ». Plusieurs études ont permis de mettre en évidence aussi bien les avantages que les désavantages que présentent les écosystèmes urbains pour les organismes qui y vivent.

Composantes négatives

Ainsi, plusieurs facteurs affectent négativement la biodiversité locale. De manière évidente, l’abondance de surface imperméable limite le développement de la végétation. Couplé au désherbage des arbustes et à l’augmentation des pelouses, on assiste alors à une simplification de la structure végétale, ce qui affecte négativement les populations d’organismes qui y sont liées. Les activités humaines constituent aussi une source de stress pour les organismes qui sont parfois obligés de modifier leur comportement pour y échapper, comme en passant d’un mode de vie diurne à nocturne, changement surtout remarqué chez les grands prédateurs. Les milieux urbains sont aussi des points chauds d’introduction d’espèces exotiques, parfois invasives et véhiculées par les flux humains, qui peuvent supplanter certaines espèces locales et mener à leurs disparitions.

Composantes positives

D’un autre côté, la disparité de l’utilisation du territoire urbain et des espèces végétales à une petite échelle géographique offre une grande diversité d’habitat, ce qui permet dans certains cas d’accueillir une plus grande diversité que dans les aires rurales environnante. Cela crée aussi des différences importantes de diversité béta entre ces deux milieux, plus élevée en zone urbaine. De plus, en ce qui concerne les espèces végétales, on retrouve souvent une plus grande productivité primaire en milieu urbain dû à une plus grande abondance de fertilisants, d’eau et des températures plus douces en saisons froides. L’augmentation de la productivité primaire résulte souvent en une augmentation de la diversité. Les écosystèmes urbains sont aussi souvent caractérisés par une abondance de nourriture, souvent dû aux déchets alimentaires qui constituent une ressource facilement accessible pour bon nombre d’animaux, qui peut attirer et soutenir une grande population animale Il est aussi souvent admis qu’il y a un manque de prédateurs en milieu urbain qui permet le développement de grande population de leurs proies

L’expansion du milieu urbain et ses impacts

L’urbanisation mondiale

Il s’agit d’un phénomène assez récent dans l’histoire de l’humanité. Son origine date d’il y a approximativement . À cette époque, les avancées en agriculture ont mené les Hommes à se regrouper en village et villes, dont la densité n’a par la suite cessé d’augmenter.

Avant le , 5 % de la population mondiale habitait en ville. Au , ce pourcentage grimpe à 7 % puis à 16 % au . C’est à partir de cette période que le phénomène a pris de l’ampleur et a commencé à suivre une croissance exponentielle. En effet, on estime que d’ici 2030, l’humanité comptera dont 60 % vivront en milieu urbain. La plupart du développement urbain est prévu dans des zones déjà hautement affectées par l’activité humaine, augmentant ainsi les effets déjà ressentis sur les bassins versants, habitats naturels et ressources en eaux disponibles.

Non seulement, l’impact se fait ressentir à l’endroit même de l’expansion de la zone urbaine, mais aussi à une plus grande distance. En effet, une ville en expansion est une ville dont les besoins sont aussi en expansion. Pour répondre à cette demande grandissante, on détruit des habitats naturels pour les transformer par exemple, en champs. On observe alors une fragmentation du territoire qui conduit à l’isolation de la biodiversité.

Les espèces synurbiques

Comme décrit précédemment, les espèces synurbiques tirent profit des écosystèmes urbains pour s’y développer de manière importante, jusqu’à dépasser la densité des populations dites naturelles. Ce phénomène est surtout répertorié pour les mammifères et les oiseaux. Ainsi, en Europe, l’écureuil (Sciurus vulgaris), le renard roux (Vulpes vulpes) ou encore le faucon pèlerin (Falco peregrinus) ont vu leur population urbaine augmentée ces dernières années. Processus de synurbisation

Il s’agit donc du processus qui conduit à la création d’une espèce synurbique, le terme synurbisation désignant phénomène d’adaptation d’une population à un environnement urbain. Il est étroitement lié aux effets actuels de l’urbanisation mondiale sur la vie sauvage. En effet, l’urbanisation détruit et menace l’habitat de la plupart de la faune et de la flore mais en crée aussi. Ceux-ci constituent des nouvelles niches écologiques libres d’être colonisées. Ces niches agissent comme un aimant qui attire toutes sortes de populations aux alentours.

Cependant, seules celles capables d’outrepasser les barrières écologiques que posent ce milieu sont capables de coloniser cette niche. Pour cela, les individus colonisateurs doivent présenter certaines caractéristiques. Typiquement, les espèces synurbiques sont à l’origine d’individus présentant une amplitude écologique (« distingue et estime une étendue des valeurs d'un facteur écologique donné permettant la vie d'un organisme donné ») large, une plasticité comportementale et dans l’utilisation de l’habitat et une tolérance aux perturbations liées aux activités humaines. Ainsi des animaux capables d’exploiter différents types d’habitats au sein de leur aire de répartition et dont le régime alimentaire est varié, ont plus de chance de s’établir avec succès en milieu urbain.

La colonisation d’une nouvelle niche implique aussi régulièrement un changement de phénotype. Il a été plusieurs fois mis en évidence qu’une population synurbique différait par plusieurs caractéristiques d’une population naturelle.

Différence entre populations urbaines et rurales

Plusieurs études ont permis de mettre en évidence que les populations rurales et urbaines d’une même espèce présentaient des différences notoires au niveau de leur trait d’histoire de vie (Théorie des histoires de vie). C’est évidemment affecté par le changement d’habitat car la sélection naturelle favorise les traits d’histoire les plus appropriés à celui-ci.

Les changements les plus répertoriés, pour des populations de mammifères et d’oiseaux européens, sont les suivants :

La diminution des prédateurs et des espaces habitables verts causent l’augmentation de la densité des populations et une diminution des espaces occupés par des individus apparentés. L’augmentation de la densité mène à un comportement plus agressif envers les animaux de la même espèce.