thumb|Pot de résine thumb|Phloème et xylème secondaires d'un gymnosperme de cinq ans du genre Pinus. Le cortex est divisé en un hypoderme externe mince de cellules de sclérenchyme lignifié et en un cortex interne plus épais de cellules de parenchyme à paroi mince contenant des chloroplastes. Les grands canaux résinifères sont entourés de parenchyme sécrétoire qui produisent résines et terpènes. Certaines cellules se développent en thylles sombres. thumb|Canal résinifère d'un pin de trois ans. En raison de la plus grande production de xylème, le cylindre vasculaire est dominé par des rayons de xylème secondaire disposés radialement entrecoupés de rayons médullaires de cellules du parenchyme. Des canaux résinifères visibles se trouvent dans le cortex, le xylème primaire et secondaire, mais rarement dans la moelle. La résine de pin est l'oléorésine des conifères du genre Pinus.

Cette résine a été exploitée au moins depuis l'Antiquité, notamment pour la fabrication de la poix. La résine exsude naturellement de l'arbre lorsqu'il est blessé. Les acides résiniques contenus dans la partie solide de la résine et les terpènes contenus dans la partie volatile de la résine contribuent tous deux à préserver l'arbre des agents pathogènes. Distillée, la résine produit colophane et essence de térébenthine. Par carbonisation du bois gras des pins, on obtenait par ailleurs du goudron de pin.

Les pins se retrouvent partout dans le monde : sur la continuité boisée de la forêt boréale, plus au sud sur la côte est des États-Unis le Pin des marais, en Californie le Pinus radiata, dans les Alpes et autour de la Méditerranée, dans le sud de la France et en Espagne le pin maritimeCharles-François Bailly de Merlieux. Maison rustique du siècle : encyclopédie d'agriculture pratique. Au bureau, 1836 Lire en ligne., ce qui fait que les opérations d'extraction de la résine ont été réalisées partout dans le monde, et la surexploitation des pins pour la résine notamment a contribué à la raréfaction voire la quasi-extinction de certaines variétés de pins.

Les produits de la résine du pin ont été et sont toujours à la base de différentes préparations médicinales.

Composition

La résine est véhiculée dans les canaux résinifères des arbres. Les canaux sont entourés de parenchyme sécrétoire qui produit des résines de nombreux terpènes toxiques. Ce matériau antiseptique se solidifie lorsqu'il est exposé à l'air, agissant pour sceller les plaies, pour protéger la plante des attaques des agents pathogènes dont champignons, insectes et bactéries et pour décourager les herbivores. Certaines cellules sécrétoires se développent en thylloides sombres qui bloquent les poussières de résine.

Chimiquement, les résines végétales contiennent des composés phénoliques et d'hydrocarbures terpéniques (acides résiniques et monoterpènes). Les terpènes sont lipophiles.

Les opérations de distillation de la térébenthine permettent en gros de séparer: les acides résiniques qui forment la colophane; les monoterpènes qui forment l'essence de térébenthine; les caractères physiques et chimiques de l'essence de Pinus palustris par exemple sont essentiellement celle d'alpha-Pinène son principal composant.

Ces produits sont dans la production de goudron de pin plus ou moins altérés par le feu.

Les polyphénols sont connus pour leur rôle antioxydant, antitumoral, cardioprotecteur, antimicrobien, nombre d’entre eux ont un goût désagréable, ce qui leur confère un pouvoir répulsifThèse en vue de l'obtention du doctorat de l’université de Toulouse. Délivré par l’Institut National Polytechnique de Toulouse (INP Toulouse) Présentée et soutenue par M. Clément Celhay, 2013 Titre : Fractionnement de coproduits de pin maritime (Pinus pinaster) et de peuplier (Populus tremula) pour l'obtention d'extraits polyphénoliques à activité antioxydante : procédé d'extraction aqueuse en extracteur bi-vis et étude des conditions subcritiques. lire en ligne..

La résine confère de la souplesse au bois. C'était du moins une qualité recherchée pour les bois de mâture. La préférence allait aux bois gras venant de Scandinavie ou de Russie, appelés « mâts du nord »Annales maritimes et coloniales. Imprimerie royale, 1834. lire en ligne.. Réputés inaltérables, certains bois, tels Pin noir d'Autriche, chargés de résine, était employés pour la fabrication de tuyaux de fontainerieAristide Frézard, Stanislas Frézard, Revue des eaux et forêts, Volume 1. Lucien Laveur, 1862. lire en ligne..

Les souches laissées dans le sol se transforment au bout de quelques années en bois gras, et elles forment un produit important, toujours exploité de nos jours pour la fabrication de l'essence de térébenthine. Inflammabilité

vignette|L'utilisation de torches en bois gras, tout en travaillant. Olaus Magnus 'Historia de gentibus septentrionalibus 1555. Le pin et plus particulièrement le bois gras de pin étaient appréciés pour leur caractère inflammable et leur pouvoir éclairant. Une des caractéristiques des bois résineux est de produire une flamme plus active et plus durable que la majorité des essences feuillues; ce qui tient à la résine de pin, constituée d'hydrocarbures terpéniques à haut pouvoir calorifique qui favorise l'inflammation du bois; mais aussi à la densité du bois qui favorise une combustion harmonieuse des gaz inflammables qui ne se consument ni trop rapidement ni trop lentementThéry-Parisot Isabelle, Thiébault Stéphanie. Le pin (Pinus sylvestris) : préférence d'un taxon ou contrainte de l'environnement ? Étude des charbons de bois de la grotte Chauvet. In: Bulletin de la Société préhistorique française, tome 102, , 2005. La grotte Chauvet à Vallon-Pont-d'Arc : un bilan des recherches pluridisciplinaires Actes de la séance de la Société préhistorique française, 11 et 12 octobre 2003, Lyon. pp. 69-75. DOI : Lire en ligne..

Cela peut être observé à la grotte Chauvet; les peintres du paléolithique portent leur choix sur Pinus sylvestris pour éclairer leur travail et par ailleurs produire le noir de charbon employé comme pigment.

Cela peut être aussi observé dans la divergence de sens du terme latin taeda qui peut désigner le pin et une torche. Philibert Monet parle de Torche de tede ou torche de tiePhilibert Monet. Abbrégé du Parallele des langues françoise et latine. 1620. lire en ligne., le bois se transforme en tede soit en bois gras. Tede, teze, teie, tie désigne la substance ligneuse fort grasse en laquelle se transmue le tronc des arbres résineux, ou de soi-même, par excessive abondance de résine ou par le soin de ceux qui dépouillant de tels arbres de leur écorcé procurent telle transmutation. « Il n'est aucun arbre qui ait le nom et la nature de Tede, quoique Pline ait écrit le contraireContra atque putauit et scripsit Plinius, nulla est arborum, cui ex suo genere insit tedae nomen, ac natura. ». Les procédés employés dans l'antiquité sont connus par Théophraste et par Pline. Voici ce que dit Théophraste dans son Historia PlantarumThéophraste. Historia PlantarumIX, 2, 7. : « A ce que racontent les habitants de l'Ida, quand ils ont ôté l'écorce du tronc (ils l'enlèvent du côté exposé au soleil, sur deux ou trois coudées à partir du sol), il faut un an au plus pour que la résine afflue et imprègne le bois mis à nu; puis, un nouvel éclat de bois étant enlevé à la hache, on recommence l'opération l'année suivante, puis la troisième année ; après quoi, du fait des entailles, l'arbre pourrit et est abattu par le vent ; on extrait alors le cœur, qui est très résineux, ainsi que celui des racines (celles-ci aussi sont riches en résine, comme nous l'avons dit) ». Théophraste nomme le bois gras, δάς (das). C'est ce même bois qui sert à l'extraction de la poixVian Francis. L'extraction de la poix et le sens de δάος chez Quintus de Smyrne. In: Revue des Études Grecques, tome 79, fascicule 376-378, juillet-décembre 1966. . lire en ligne.. Chez un commentateur de Dioscoride du confirmé par un dictionnaire de marine de 1702, dans la fabrication de la poix navale (pix navalis), on emploie de vieux pins, entièrement « devenus torches », on les tailles en pièces comme on fait pour fabriquer le charbon de boisMartin Mathée. Les six livres de Pedacion Dioscoride d'Anazarbe de la matière médicinale, translatez de latin en francoys. Balthazar Arnoullet. 1553. lire en ligne.Dictionnaire de marine contenant les termes de la navigation et de l'architecture navale Pierre Brunel, Amsterdam. 1702. lire en ligne..

Exploitation de la résine vignette|Cueillette de résine de pins des Landes entre 1900 et 1905.

L'arbre vivant est la base de l'industrie des produits résineux mais aussi les souches résinifiées et le bois gras (lightwood) – le bois résineux restant après la pourriture de l'aubier.

Les pinèdes sont exploitées de temps immémoriaux pour cette résine qui prend différents noms selon qu'elle coule sur l'écorce de l'arbre. Récoltée elle prend le terme de « gemme ». Débarrassée de son eau et clarifiée elle prend le nom de « térébenthineDescription des machines et procédés pour lesquels des brevets d'invention ont été pris sous le régime de la loi du 5 Juillet 1844. L'Imprimerie Nationale, 1889 ». La térébenthine distillée se divise en sa partie solide, la « colophane », et sa partie volatile, l'« essence de térébenthine ». La récolte se faisait par incisions successives de l'écorce, ce que l'on appelle « gemmage ». Le pin arrivé à maturité était gemmé à mort puis coupé. Le tronc pouvait encore – par pyrolyse – produire du goudron de pin, du noir de fumée, du charbon de bois, ou être utilisé comme bois de sciage. Les copeaux (galips) obtenus lors des incisions du gemmage, de même que la souche (bois gras), pouvaient faire l'objet de processus séparés (distillation ou pyrolyse) et produire de l'essence de térébenthine, de la colophane ou du goudron.

L'industrie des produits résineux produit aujourd'hui des matériaux qui trouvent un large spectre d'utilisations beaucoup plus sophistiquées - des ingrédients de la gomme à mâcher aux insecticides, en passant par les résines de protection pour sols et les essences aromatisantes. L’industrie tire toujours sa matière première des pins par la collecte d'oléorésine de pins vivants (gemmage), par extraction des matériaux du bois gras restant des souches ou des pins matures déjà récoltés, ou par la collecte des sous-produits des papeteries utilisant des pâtes à papier à base de pin, par le procédé kraft. Ces trois sources mènent à la productionFrank H. Gardner, Alvin R. Williamson. Naval Stores Wastewater Purification and Reuse by Activated Carbon Treatment, Volume 1. Environmental Protection Agency, Office of Research and Development, Industrial Environmental Research Laboratory, 1976 - 35 pages. lire en ligne. : d'essence de térébenthine de bois (gum turpentine) — obtenue par distillation de l'oléorésine récoltée sur des pins vivants; mélange d'hydrocarbures terpéniques dont le point d'ébullition est supérieur à et dont 90 % distillent à moins de , seule définition retenue en France par exempleOffice québécois de la langue française, gum turpentine. Sur gdt.oqlf.gouv.qc.ca; d'essence de térébenthine de bois (wood turpentine) — dérivée de l'extraction des souches de pins avec un solvant organique; d'huiles terpéniques (terpene oils) ; de colophane (gum rosin) — résidu solide obtenu par distillation à partir de l'oléorésine récoltée sur des pins vivants, par opposition à la colophane provenant du traitement de bois abattusOffice québécois de la langue française, colophane. Sur gdt.oqlf.gouv.qc.ca.; de colophane (wood rosin, colophane de bois, colophane extractive) — colophane obtenue par extraction par solvants à partir de souches ou d'autres bois résineux de pins (bois gras), le plus souvent après qu'on en a préalablement obtenu l'essence de térébenthine par distillation avec entraînement de vapeurOffice québécois de la langue française, colophane de bois. Sur gdt.oqlf.gouv.qc.ca. ;