vignette|300x300px|Système de redevance carbone avec redistribution des revenus La politique climatique d'une organisation internationale, d'un État, d'un groupe d'États ou d'une collectivité territoriale définit les actions à entreprendre pour lutter contre le réchauffement climatique. Elle se traduit par un plan d'action stratégique, souvent appelé plan climat. Généralement, elle se décline en deux grands objectifs : l'atténuation du changement climatique et l'adaptation au changement climatique.

Le climat étant affecté à l'échelle planétaire, avec des impacts inégalement répartis, les plans climat intègrent généralement des actions interrégionales et de coopération décentralisée.

Les plans climat s'appuient habituellement sur : un état des lieux (Bilan des émissions de gaz à effet de serre, bilan carbone) ; un travail de prospective (tendances lourdes, phénomènes émergents) ; des objectifs quantifiés dans l'espace et dans le temps (exemples : facteur 4 dans les pays riches, « 3 x 20 » pour l'Union européenne) ; des indicateurs (généralement d'état, pression et réponse..) à l'échelle du territoire considéré (national, régional, municipal, etc.).

Niveau mondial

Objectifs La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques a été adoptée au cours du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992.

L'objectif adopté par l'Accord de Paris sur le climat est de limiter le réchauffement à 2 °C, et si possible 1,5 °C, d'ici 2100 par rapport aux niveaux préindustrielsAykut S.C & Dahan A (2011) Dossier «Adaptation aux changements climatiques»-Le régime climatique avant et après Copenhague: sciences, politiques et l’objectif des deux degrés. Natures Sciences Sociétés, 19(2), 144-157.. Pour cela, il faut ., c'est-à-dire atteindre la neutralité carbone.

Contenu des plans nationaux vignette|Adoption de l'Accord de Paris sur le climat, en 2015. À l'occasion de la COP21 (2015), le secrétariat de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques a publié un rapport résumant 119 plans d'action climat nationaux en réponse à une demande faite à 146 pays[Synthesis report on the aggregate effect of the intended nationally determined contributions et version française : Rapport de synthèse sur l'effet global des contributions prévues déterminées au niveau national, 65 pp), ONU, 2015 et Synthèse. Le rapport donne des estimations d'émissions de GES pour la période 2025-2030 si ces plans sont mis en œuvre et en les comparant aux émissions estimées pour 1990, 2000 et 2010 . Le rapport présente les solutions possibles à plus long terme et offre une . (ce travail ne tient toutefois pas compte des émissions des transports aériens et maritimes internationaux.)

Ces plans s'étendent souvent sur 5 ou 10 ans et ont choisi 1990 ou 2005 comme « année de référence » (qui sont les années souvent citées comme références ailleurs), mais certaines parties ont choisi d'autres dates (2000, 2010, 2013, 2014 ou 2015), avec des cibles temporelles qui sont souvent à horizon 2030 (et parfois 2025 ou un même plan vise 2015 pour une partie de ses objectifs et 2013 pour l'autre), ces deux dates pouvant avoir un caractère « intermédiaire » (avec pour quelques parties une seconde vague d'actions et objectifs prévus à horizon 2035, 2040 ou 2050). Quelques parties annoncent 2020 comme année du début de mise en œuvre de leurs actions). Les objectifs se superposent souvent aux besoins listés par le GIEC (énergie, procédés industriels et utilisation de produits, agriculture, UTCATF et déchets… et parfois ). Certaines parties décrivent les moyens prévus pour la gouvernance du plan, ou développent leurs priorités (ex : .

Par pays Union européenne Le Paquet climat-énergie adopté le par la Commission européenne vise un objectif européen dit « 3×20 », consistant à : diminuer de 20 % les émissions de gaz à effet de serre ; réduire de 20 % la consommation d'énergie ; atteindre 20 % d'énergies renouvelables dans le bouquet énergétique d'ici à 2020.

France

La France a adopté en 2000 un programme national de lutte contre le changement climatique (PNLCC). Le bilan dressé en 2002 a conclu que ce plan n'avait pas atteint ses objectifs en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre . Le plan climat français de 2004 a ensuite visé, selon son prologue, à Il a été élaboré sur la base de scénarios du GIEC et d'une analyse des scénarios de réduction d’émissions en 2050, faite par la Mission interministérielle de l’effet de serre (Mies), avec l'aide de l'ONERC et de nombreux experts, de l'Ademe notamment. Il comprend un plan d'action qui prévoit les mesures suivantes, notamment pour maintenir les émissions françaises à leur niveau de 1990 : une campagne nationale de sensibilisation et adaptation (21) ; un volet Transports durables (26) ; un volet Bâtiment et écohabitat (32) ; un volet Industrie, énergie et déchets (41) ; un volet Agriculture durable et forêts (54) ; un volet Climatisation durable (58) ; un volet Plans climats territoriaux et État exemplaire (61) ; un volet Recherche, international et prospective après 2010 (66). En 2007, Le grenelle de l'environnement a conclu qu'il fallait des objectifs plus ambitieux et plus rapidement concrétisés. En particulier la loi Grenelle II (promulguée le 12/07/2010) devrait permettre aux régions d'élaborer un Schéma Régional Climat Air Energie (SRCAE) incluant un bilan énergétique et des émissions de gaz à effet de serre et de la qualité de l’air (Cf. ancien PRQA), puis des scénarios à horizon 2020, compatibles avec les engagements dits « 3x20 » et Facteur 4 qui serviront de base à des objectifs et seuils à atteindre en matière d'énergie renouvelables et économies d'énergie. Chaque schéma comprendra aussi une analyse de la vulnérabilité, et un volet adaptation au changement climatique. Le le premier Plan climat au niveau du territoire d'un SCOT est signé au SCot Grand Douaisis, La Gazette Nord-Pas de Calais, 18 décembre 2009.. L'outil Climat Pratic, créé par le Réseau Action Climat-France, l'ADEME, Etd et le CLER, vise à appuyer l'élaboration, la mise en place et le suivi d'une politique « climat énergie » ou d'un Plan Climat Énergie Territorial (PCET). Destiné aux communes et intercommunalités de moins de , aux pays et aux PNR, il est mis à disposition gratuitement. Cet outil a été testé pendant six mois sur dix territoires pilotes et il est inspiré de l'outil « Climate Compass » de l'association Climate Alliance Climate compass.. Un Plan national d'adaptation au changement climatique a été officialisé en 2011 par le ministère de l'Écologie et du développement durable. Il fait suite à la stratégie nationale de développement durable adoptée le pour permettre à la France de respecter le Protocole de Kyoto, et stabiliser sur la période 2008-2012 ses émissions de gaz à effet de serre à leur niveau de 1990, en divisant les émissions par 4 à horizon de 2050. Il ajoute des mesures de fiscalité écologique (taxation du charbon ; la proposition d'une taxe carbone aux frontières de l'Union européenne) et d'information et étiquetage, de réduction de la mobilité, sur les grands chantiers d'alternatives à la route, sur les bio- ou agrocarburants et sur l'efficacité énergétique des bâtiments dont anciens. Il s'appuie notamment sur un PNAQ - Plan national d’allocation des quotas (pour 2005-2007). Un plan climat est annoncé par Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, le avec l’idée . Il comprend les points principaux suivants avec pour objectifs : la neutralité carbone en 2050 ; ramener de 75 % à 50 % la part du nucléaire dans la production d'électricité, donc fermer des réacteurs. Cette mesure est, pour certains observateurs, contradictoire avec l’interdiction des ventes de voitures thermiques (voir ci-dessous). ; la sortie des hydrocarbures et du charbon, avec par exemple un projet de loi pour l’automne 2017 interdisant les nouveaux permis d'exploration d'hydrocarbures ; le soutien aux énergies renouvelables ; un renforcement du prix du carbone ; la fin de la vente des voitures à essence et Diesel d'ici 2040, et des aides pour inciter les ménages modestes à changer leur véhicule polluant. ; la rénovation thermique des bâtiments, pour faire disparaître les sept millions de et encourager les énergies bas-carbone. Ce point semblerait contradictoire avec les réglementations thermiques RT2012 et la RE2018, qui favorisent les énergies fossiles dont l'empreinte carbone est supérieure à celle de l'électricité. ; la transformation des systèmes agricoles, avec par exemple la réduction des engrais azotés ou la lutte contre l'artificialisation des sols ; la fin des importations de produits forestiers ou agricoles contribuant à la déforestation.

En , le Haut Conseil pour le climat publie son premier rapport, qui émet de sérieux doutes sur la capacité de la France à tenir les engagements qu'elle a pris dans le cadre de l'accord de Paris. Le budget carbone 2015-2018 n'a pas été respecté : la limite des 442 mégatonnes d'équivalent par an fixée sur cette période a été, in fine, dépassée de 62 mégatonnes. Les émissions de GES de la France ont baissé de 1,1 % par an, alors qu'il aurait fallu les baisser de 1,9 % par an. La France a budgété ses émissions de GES, mais les lois qu'elle vote n'en tiennent aucunement compte, par exemple la loi agriculture et alimentation (Egalim) et le projet de loi sur les mobilités (LOM), alors que ces deux secteurs pèsent très lourd dans le bilan carbone de la France avec respectivement 19 % et 31 % des émissions comptabilisées en 2018. On connaît l'impact financier de chaque réforme. De la même façon, il faudrait aussi en donner le coût carbone. Le HCC préconise aussi inclure dans la comptabilité carbone de la France les émissions liées aux transports d'internationaux et à ses importations : en prenant en compte les importations, les émissions de la France sont 60 % plus élevées, et se sont accrues de 20 % entre 1995 et 2015 pour atteindre 11 tonnes par personne ; les émissions de GES liées aux importations sont devenues plus élevées que les émissions domestiques (hors exportations) depuis 2010La France n'en fait pas assez pour lutter contre le réchauffement climatique, Les Échos, 25 juin 2019.

États-Unis

Depuis 2001, les États du Texas, de la Californie et du New Hampshire ont instauré un dispositif de contrôle des émissions de gaz pour différents secteurs industriels et énergétiques. Le dispositif adopté par la Californie, qui s'applique depuis 2009, prévoit de réduire les émissions de gaz polluants de 22 % en moyenne d'ici 2012 et de 30 % d'ici 2016.

En outre, le principe des marchés des permis d’émission consiste à accorder aux industriels « pollueurs », gratuitement, à prix fixe ou aux enchères, des quotas d'émissions de , que ceux-ci peuvent ensuite s'échanger. Chaque émetteur de doit alors vérifier qu’il détient autant de permis d'émission que ce qu'il va émettre. Dans le cas contraire, il se trouve contraint soit de diminuer ses émissions, soit d’acheter des permis. Inversement, si ses efforts de maîtrise des émissions lui permettent de posséder un excédent de permis, il peut les vendre.

De tels procédés ont été réalisés pour réduire les pluies acides aux États-Unis et ont connu des succès (programme « Acid rain »). Ce système des marchés de permis d’émission fait partie du dispositif du protocole de Kyoto qui n'était pas ratifié par les États-Unis en Kyoto protocolstatus of ratification, UNFCCC, 10 juillet 2006 ..

En 2004, le sénateur républicain John McCain et le démocrate Joseph Lieberman déposent un projet de loi visant à limiter les rejets dans l’atmosphère ; soutenu par les grandes entreprises Alcoa, DuPont de Nemours et American Electric Power, il n’est pourtant pas adopté.